Cycle et neuropsychologie : Cohabiter avec les 5 versions de soi par Guénaëlle Abéguilé

« T’es chiante ! Tu vas avoir tes règles ? »

Chiante avant vos règles ? Peut-être parfois ? Et encore… peut-être est-ce simplement votre sensibilité prémenstruelle exacerbée qui vous fait réagir à la stupidité du monde qui vous entoure…

Quoi qu’il en soit, si on vous fait remarquer ces particularités émotionnelles de cette phase du cycle, on devrait également vous dire « Waouh, tu déchires tout en ce moment ! Tu vas ovuler ? »

Sauf si vous faites exception, j’imagine que vous ne l’avez pourtant jamais entendu. Vous ne l’aviez même probablement jamais remarqué.

Chaque phase du cycle se caractérise par un climat hormonal qui lui est propre. Les taux de vos hormones sexuelles œstrogènes et progestérone évoluent en permanence, ainsi elles influencent jour après jour vos fonctions physiques et psychologiques. Alors, non, nous ne sommes pas des femmes lisses, nous sommes en perpétuelle métamorphose.

Les règles étant le phénomène le plus visible du cycle, il est facile de les mettre en relation avec l’humeur plus « instable » de cette période. C’est ainsi qu’une majorité de femmes n’apprécie pas leur cycle à sa juste valeur.

Laissez-moi vous embarquer dans ce récit, celui qui changera, je l’espère la vision de votre cycle. Celui qui vous permettra de mieux vous connaître, de mieux vous comprendre afin de faire de votre cycle un véritable allié au quotidien.

Plongeons à la découverte des 5 versions de nous !

Phase 1 : début de phase folliculaire

C’est le début du cycle, le début de la phase folliculaire. Le big boss, l’axe hypothalamo-hypophysaire au cœur de votre cerveau, envoie un message hormonal, connu sous le nom de FSH, à vos ovaires. Une dizaine de follicules contenant tous un ovocyte (futurs potentiels ovules) par ovaires sont recrutés. Ils se placent alors sur la ligne de départ et c’est le coup d’envoi pour une nouvelle course à l’ovulation.

Vous repérez facilement cette phase, car elle commence le 1er jour de vos règles. Vos hormones sexuelles, œstrogènes et progestérones sont alors au plus bas du cycle. Vous êtes plutôt calme avec un niveau d’énergie assez bas, mais qui s’apprête à remonter.

C’est le moment du renouveau. Les évènements que vous vivez peuvent impacter positivement ou négativement la qualité de vos ovulations à venir, et donc votre équilibre hormonal pendant les 3 prochains mois.

C’est le moment de parfaire l’état des lieux d’entrée du cycle pour une santé hormonale optimale à venir.

Mon conseil : privilégiez les activités physiques relativement douces, épargnez-vous du stress, prenez rendez-vous avec vous-même. 

Phase 2 : fin de phase folliculaire

Stimulés par le big boss, les follicules grossissent progressivement. Au fur et à mesure leur synthèse d’œstrogènes augmente.

Ces hormones sont dynamisantes.  Elles favorisent un métabolisme glucidique, favorable à l’activité physique plutôt intense. Les œstrogènes sont également neuroexcitateurs et stimulent la dopamine, neurotransmetteur de la motivation, la concentration, la bonne humeur.

Votre niveau d’énergie augmente rapidement au cours de cette phase, vous vous sentez de plus en plus dynamique, motivée et créative.

C’est le moment parfait pour initier de nouveaux projets. Si votre entourage vous trouve très intense, préparez-les ! Ce sera bientôt pire !

Phase 3 : phase péri-ovulatoire

Au cours de cette phase, un follicule prend la dominance sur les autres. C’est lui, le destiné, le futur gagnant de la course à l’ovulation.

C’est le plus sensible à la FSH, the best, le meilleur producteur d’hormones. Vos œstrogènes sont alors à leur maximum ! Vous vous sentez ultra motivée, combative. La prise de risque ne vous fait pas peur. Votre énergie est à son maximum et les idées fusent dans tous les sens.

C’est parfois … un peu « too much »… La raison et la modération repasseront plus tard…

Une autre hormone domine au cours de cette phase : la testostérone.  Juste avant l’ovulation, elle est à son maximum. Oestro et testo au max expliquent que votre libido est au top ! La nature fait bien les choses (ou pas), car c’est le moment du cycle où vous êtes le plus fertile !

C’est aussi le meilleur moment pour le dépassement de soi, pour performer. Programmez vos entrainements à haute intensité et augmentez vos charges. Attention c’est aussi un moment où vous risquez davantage de vous blesser !

Cette phase se termine par le moment clé du cycle : l’ovulation ! Le pic d’œstrogènes provoque la synthèse d’une autre hormone par le big boss, la LH. C’est elle qui déclenche la rupture du follicule dominant. Son ovocyte est alors libéré de l’ovaire : c’est l’ovulation.

Phase 4 : début de phase lutéale

Suite à l’ovulation, le follicule débarrassé de son ovocyte devient « le corps jaune ». C’est dorénavant lui qui produit les hormones sexuelles. Les œstrogènes voient leur production chuter momentanément avant de repartir de plus belle. Mais cette phase est surtout marquée par l’apparition d’une nouvelle hormone : la progestérone !

Elle augmente progressivement pour atteindre son maximum 7 jours après l’ovulation. Son taux est d’ailleurs dépendant de la qualité ovulatoire : plus votre ovulation est au top, plus vous secrétez de progestérone.

La magie de cette hormone réside dans sa formidable complémentarité avec les œstrogènes !

Ses effets neuromodulateur et sérotoninergique lui confèrent des propriétés antistress, prise de recul. C’est votre Xanax®️ naturel !

C’est elle qui vous permet de faire le tri dans la tonne de projets que vous aviez initié perfusée aux œstro lors de la phase précédente… Elle fait de vous une femme organisée, raisonnée et raisonnable !

Mon conseil : c’est le moment de faire votre « To do List du cycle » pour les semaines à venir.

Au niveau métabolique, elle favorise plutôt l’utilisation des graisses. Ce carburant énergétique est celui qui permet les sports d’endurance. Tenez-en compte dans vos programmations d’entrainements !

Phase 5 : fin de phase lutéale (phase prémenstruelle)

Elle commence environ 7 jours après l’ovulation, parfois un peu avant si vous avez mal ovulé. À moins qu’une grossesse ait commencé, c’est le moment où le corps jaune arrive en bout de course. Il va s’atrophier et devenir un corps blanc avant de disparaître. C’est le tomber de rideau. Les hormones qu’il produit, œstrogènes et la progestérone quittent la scène à ses côtés.

La progestérone va connaître une décroissance plus rapide que les œstrogènes, laissant apparaître un déséquilibre entre ces deux hormones en faveur des œstrogènes. Ceci est d’autant plus marqué si l’ovulation passée était de mauvaise qualité.

Cette situation est responsable de votre sensibilité exacerbée au cours de cette période.

C’est le moment où vous risquez d’entendre « t’es chiante, tu vas avoir tes règles ? ». 

Vous comprendrez maintenant que vos émotions sont physiologiques et légitimes ! Cela vous aidera à les faire accepter des autres et mieux, à les accueillir vous-même. Ne rejetez pas ces émotions. Votre sensibilité vous permet de vous indigner de ce qui est injuste. C’est le meilleur moment pour donner du sens dans ce que l’on entreprend. Le côté pragmatique peut toujours attendre.

Et c’est ainsi que la boucle est bouclée. Lorsque l’artiste quitte la scène, le big boss n’attends pas. Il relance sa production de FSH, l’hormone qui murmure à l’oreille des nouveaux follicules sélectionnés « donne tout, c’est ton tour ». C’est alors que la phase prémenstruelle laisse sa place à un nouveau cycle.

Chaque phase est caractérisée par un équilibre hormonal qui lui est propre et qui influence tout votre être.

Ce véritable caméléon hormonal vous permet de bénéficier des 5 versions de vous-mêmes, toutes complémentaires les unes aux autres. C’est la magie du cycle ! Vous êtes du 5 en 1. Alors, la femme est-elle compliquée ou simplement sophistiquée ?

Guénaëlle Abéguilé

Kinésithérapeute de formation, Guénaëlle a rapidement élargi son champ de compétence. Elle a à travers son parcours validé différents diplômes, dont plusieurs DU en micronutrition. Elle est formatrice indépendante pour différents organismes et co-créatice de DFM formations. Ses domaines de prédilections sont aujourd’hui la fertilité et les troubles hormonaux. Elle vient de sortir son nouvel ouvrage consacré à l’hormonologie féminine : « Troubles Hormonaux – reprenez le pouvoir !« 

Extrait audio du Congrès Neur'Holistik le 21 juin 2025 à Paris

Glaire cervicale : témoin de l’équilibre hormonal féminin – Intérêt de cet outil d’observation du cycle en santé fonctionnelle par Guénaëlle Abéguilé

La glaire cervicale (encore appelée mucus cervical) est produite au niveau du col de l’utérus.

Ça ne vous évoque rien ?

Mais si, c’est ce qui est régulièrement appelé… « pertes blanches ». J’en vois certaines d’ici faire la grimace… En effet dans l’inconscient collectif, ces sécrétions, on ne peut plus physiologiques, sont perçues comme quelque chose de sale, de honteux… Le mythe est largement entretenu par le tabou autour de nos fluides corporels et par les vendeurs de protège-slips !!!!

Je m’engage dans cet article, à faire de vous des femmes fières de votre mucus cervical ! Vous rentrerez alors dans le gang des « décomplexées de la glaire ».

L’observation de la glaire est un outil extrêmement précieux, que j’intègre au quotidien dans mes consultations d’hormono et de fertilité en santé fonctionnelle. Elle nous donne de précieuses indications sur l’imprégnation hormonale de la patiente.

Glaire cervicale : quelques précisions s’imposent

Les œstrogènes fluidifient la glaire tandis que la progestérone l’assèche.

Ainsi, l’observation du mucus cervical nous donnera de précieuses informations sur le statut hormonal de la femme.

Les hormones évoluent en fonction du cycle. La glaire subira alors en permanence leur influence. Ceci entraînera des modifications de sensation à la vulve perceptibles par la femme. Nous utiliserons l’observation de la glaire comme témoin de l’équilibre hormonal de la femme.

Contrairement aux analyses biologiques qui permettent d’évaluer la situation à l’instant T, la femme qui sait s’observer pourra nous renseigner sur son statut hormonal jour après jour, cycle après cycle. Cet outil lui permettra alors d’évaluer sa période de fertilité, et donc d’optimiser ses chances de concevoir ou au contraire, d’éviter une grossesse. Une femme qui s’observe, pourra également identifier les événements perturbant son ovulation : stress, activité physique, médication, alimentation, fatigue, perturbation des biorythmes, infections, inflammation… Ce feedback en temps réel permettra à la femme d’adapter son mode de vie en fonction de ses sensibilités et/ou des périodes de son cycle.

Savoir identifier son ovulation permet à la femme de savoir dans quelle phase du cycle elle est : phase folliculaire avant l’ovulation, phase lutéale après l’ovulation. Ces différentes phases sont caractérisées par des imprégnations hormonales différentes. Elle comprendra alors l’influence que ses hormones ont sur son humeur, son comportement, sa forme physique, son équilibre psychique, ses compétences sportives… Ainsi, elle pourra optimiser ses performances physiques et psychiques en programmant ses activités en fonction des phases du cycle. Pour exemple, elle favorisera ses entraînements à forte intensité en période péri-ovulatoire et les entraînements plus endurants pendant la phase lutéale. Elle fera naître ses projets créatifs en fin de phase folliculaire et les concrétisera en phase lutéale… Comprendre et vivre avec son cycle au lieu de lutter contre celui-ci permet à la femme de mieux se comprendre, d’être plus tolérante envers elle-même, de renouer avec sa personnalité et de vivre pleinement sa vie de femme.

La plupart des femmes ont une vision altérée de leur cycle, en effet, elle l’assimile bien souvent à la période péri-menstruelle. Cette phase n’est pas toujours agréable pour la femme : apparition de syndrome prémenstruel (douleurs aux seins, irritabilité, troubles digestifs, fatigue, rétention d’eau…), règles douloureuses, abondantes… La femme aura alors tendance à tenir ses hormones responsables de ces désagréments. Ainsi, elle sera tentée de faire taire ses cycles à l’aide d’une pilule contraceptive.

Remettons le responsable à sa juste place : ce ne sont pas les hormones qui sont en cause de ces désagréments, mais le déséquilibre hormonal. Cette nuance à une importance capitale. En effet, ces signes cliniques sont la partie émergée de l’iceberg. Ils nous informent de la présence d’une dysfonction. À nous, praticien en santé fonctionnelle, d’utiliser ces symptômes comme signe d’alerte et de remonter au(x) coupable(s). La prise en charge causale permettra de faire disparaître ces troubles tout en respectant la physiologie de la femme. Ainsi, elle profitera pleinement de ses formidables hormones naturelles le plus longtemps possible !

Pour en savoir plus sur l’intérêt du cycle physiologique et le rôle des hormones féminines sur la santé, je vous invite à lire mon article : « J’ovule donc je suis. »

Quels genres d’informations la femme observant sa glaire peut-elle nous apporter lors des consultations en santé fonctionnelle ?

La femme qui s’observe avec des outils tels que la glaire cervicale pourra nous alerter en cas de troubles hormonaux. Ses observations nous apporteront de précieux indices sur les responsables de ses troubles : hyper ou hypo-œstrogénie ? dysovulation ? Insuffisance de progestérone ? Type de saignement ? ….

La recherche de la cause des troubles constitue l’objectif numéro 1 de notre investigation en santé fonctionnelle. Ainsi, cet outil d’observation des cycles vient s’ajouter à nos outils d’investigation cliniques et biologiques. La patiente devient alors une véritable actrice de cette mission.

Ce n’est pas tout. La patiente qui se prête au jeu sera en mesure de reconnaître son ovulation, elle pourra alors réaliser les analyses biologiques au bon moment du cycle et prendre ses compléments alimentaires, plantes ou hormones bioidentiques au moment le plus physiologique. Gage de réussite dans nos prises en charge.

Que se passe-t-il pendant la phase folliculaire ?

Lors de la phase folliculaire, les œstrogènes montent progressivement. Ceux-ci offrent à la femme une belle énergie, de la motivation, des envies, des projets, de l’assurance, une bonne libido, une belle puissance physique et intellectuelle. Cette âme de guerrière, c’est l’effet œstrogène ! Ces hormones sont à leur maximum autour de l’ovulation. Ovulation power !!! Comment ne pas vouloir la conserver !

Au fur et à mesure de la montée des œstrogènes, la femme ressentira une glaire de plus en plus présente. Ses sensations à la vulve vont évoluer jusqu’au jour sommet (encore appelé jour pic) : le jour où la glaire est la plus fluide/glissante/abondante (ces caractéristiques dépendent des méthodes utilisées). Son jour sommet sera alors identifié le lendemain de celui-ci, par l’apparition d’une glaire moins présente voir absente à la vulve.

70 % des femmes ovulent le jour pic (ou sommet) et 30% la veille ou le lendemain de celui-ci. Cette observation est alors un outil précieux pour que la femme puisse identifier son ovulation.

Que se passe-t-il pendant la phase lutéale ?

Après l’ovulation, la femme rentre dans la phase lutéale. Le follicule devient un corps jaune sécrétant de la progestérone.

Cette hormone est une puissante régulatrice hormonale. Elle module l’action des œstrogènes, des androgènes, module la synthèse de prolactine et favorise la conversion des hormones thyroïdiennes inactives en hormones actives. Grâce à la progestérone, donc à l’ovulation, tous les excès sont tamponnés. Elle favorise également l’apaisement en activant la synthèse de sérotonine et les récepteurs GABA. La femme qui produit suffisamment de progestérone est alors zen, sereine, organisée.

Pendant cette phase du cycle, sous l’effet de la progestérone, la glaire cervicale s’asséchera par 2 mécanismes : elle épaissit la glaire ce qui obstrue le col de l’utérus et elle active les poches de Shaw à l’entrée du vagin qui aspirent la glaire. Ainsi, à la vulve, la femme se sentira sèche pendant cette période du cycle.

Pourquoi identifier ces différentes phases ?

Contrairement à ce que l’on apprend dans les livres ou même dans les cursus universitaires, la femme n’ovule pas forcément à J14 !

Connaitre la période ovulatoire permet tout d’abord d’optimiser ses chances de conception ou au contraire d’éviter une grossesse. Attention, cet article n’a pas pour prétention de remplacer les formations proposées par les instructrices des méthodes d’observation du cycle ! En effet, pour que ces méthodes soient efficaces en tant que méthode contraceptive, il est indispensable de se former !

Dans ma pratique de praticien en santé fonctionnelle, cet outil me permet de repérer des dysfonctions ovulatoires ainsi que les troubles et déséquilibres hormonaux. Ces méthodes permettent à la femme d’effectuer les analyses hormonales au bon moment du cycle et d’optimiser la prise en charge en utilisant les plantes à visée hormonale pendant la phase adéquate.

Intérêt de l’observation du cycle dans l’évaluation de l’équilibre hormonal féminin

En consultation, nous sommes amenés à recommander des analyses 7 jours après l’ovulation. Seules les femmes sachant « s’observer » sont en mesure de les effectuer au bon moment du cycle. Nous sommes alors en possession d’analyses hormonales très pertinentes.

Classiquement, les analyses biologiques hormonales post-ovulatoires sont demandées à J21. Ceci est lié au fait qu’on estime que le cycle dure 28 jours et que la femme ovule à J14. Les dosages de progestérone et d’œstradiol post-ovulatoire sont pertinents lorsqu’ils sont à leur maximum, c’est-à-dire 7 jours après l’ovulation. Cependant, seuls 30% des femmes ovulent à J14. Les 70 % restantes auront alors effectué leurs analyses un peu ou beaucoup trop tôt ou trop tard.

Imaginons une femme vous consulte pour un syndrome prémenstruel. Elle se plaint de tensions mammaires et de rétention d’eau avant les règles. Vous savez que le responsable de ce type de trouble est le déséquilibre oestroprogestatif. En revanche, ces signes cliniques ne vous disent pas si ce déséquilibre provient d’un excès d’œstrogènes ou d’un déficit de progestérone. L’analyse biologique post-ovulatoire vous apportera des informations complémentaires.

Vous lui conseillez alors un dosage de ces 2 hormones à J21. Le résultat vous indique une progestérone à 4 ng/ml. Vous vous dites : « Bingo ! Elle manque de progestérone, d’où son déséquilibre oestroprogestatif. » Vous lui proposez alors des plantes progestatives ou de la progestérone bioidentique. Ce qui vous échappe, c’est que cette femme a ovulé à J9 ! Son dosage de progestérone effectué à J 21, soit 12 jours après l’ovulation ne pouvait être que bas !!! Vous auriez fait l’analyse à J16 (7 jours après son ovulation), vous auriez peut-être trouvé une progestérone parfaite à 22 ng/ml, mais des œstrogènes explosés !!!! Donc oui, il y a bien un déséquilibre oestroprogestatif, mais vous le saviez déjà avec la clinique… En revanche, le responsable n’est absolument pas le manque de progestérone, mais c’est l’excès d’œstrogènes !!! On comprend que la prise en charge ne sera pas la même ! Pour faire disparaître les symptômes de la patiente, vous devez, non pas augmenter la progestérone qui est parfaite, mais moduler les œstrogènes ! Sans cette considération, votre prise en charge sera un échec.

C’est le même type de scénario pour les femmes qui ovulent plus tardivement. Si elle ovule à J22 et que vous faites le dosage à J21, vous trouverez des œstrogènes explosés (ce qui peut être tout à fait physiologique, car elle prépare son ovulation.), et une progestérone effondrée (puisqu’elle n’a pas encore ovulé). Cette femme aura pourtant peut-être une ovulation de compet’ qui ne nécessitera aucune intervention, mais celle-ci serait uniquement objectivable à l’analyse effectuée à J29 !

Intérêt des outils d’observation du cycle dans nos prises en charge en santé fonctionnelle

Pour corriger les troubles hormonaux chez la femme en période d’activité génitale (de la ménarche à la ménopause), nous sommes amenés à proposer des compléments alimentaires et/ou de la phytothérapie et/ou des hormones bioidentiques (pour les médecins) à certaines périodes du cycle. La femme se basant sur le calendrier prendra les plantes conseillées pour la période préovulatoire de J1 à J14 et pour la période post-ovulatoire de J15 à J28. Dans le cas où cette femme ovulerait à J9, elle prendrait alors des plantes prévues pour la phase folliculaire alors qu’elle est déjà dans la phase lutéale entre J9 à J14 ! De la même manière, si elle ovule à J19, elle prendra ses plantes ou traitements conseillés pour la phase lutéale alors qu’elle sera toujours en phase folliculaire. La prise en charge a alors peu de chance d’être efficace, pire encore, elle pourrait altérer son ovulation ou même l’empêcher, ce qui est susceptible d’aggraver ses troubles.

En conclusion

L’observation de la glaire par la femme constitue un outil à part entière dans nos investigations en santé fonctionnelle. La femme qui pratique une méthode d’observation du cycle devient actrice à part entière dans notre enquête à la recherche des causes maîtresses de ses troubles. Elle nous apportera de précieuses informations nous permettant d’identifier et de quantifier les troubles. Elle nous fournira également de nombreux indices nous conduisant à l’identification des coupables. La femme pourra effectuer ses analyses hormonales et prendra ses compléments, phyto et/ou hormones bioidentiques aux moments du cycle les plus pertinents, dans le respect de la physiologie. La prise en charge sera alors optimale. Ses observations lui permettront également d’avoir un feed-back direct sur l’efficacité de la prise en charge.

En dehors de ceci, les méthodes d’observation du cycle permettent de mieux se connaitre en tant que femme, de se reconnecter avec son corps et de percevoir toute la magie que nos hormones nous apportent.

Pour les décomplexées de la glaire convaincues qui souhaiteraient en savoir plus, je vous invite à vous procurer le livre de Marion Vallet et Dr Sophie Saab-Tsnobiladzé : « cycle féminin au naturel »

Guénaëlle Abéguilé, Consultante et formatrice en santé fonctionnelle – Cofondatrice de DFM Formations auteure du livre « Troubles Hormonaux reprenez le pouvoir« 

Pour aller plus loin :

Pratik Fonctionnelle en Hormono Médicale

Améliorer la prise en charge de l’équilibre œstroprogestatif grâce à l’assiette

Extrait du livre : OVULATION POWER | Reprenez le pouvoir sur vos troubles hormonaux par Guénaëlle Abéguilé

Extrait du livre

OVULATION POWER
Reprenez le pouvoir sur vos troubles hormonaux

Partie 1 : the OVULATION POWER

Lorsque l’on demande à une femme de nous parler de ses cycles menstruels, nous nous exposons généralement à un rictus, une grimace, un soupir, un agacement ou bien encore un long silence. Ces expressions traduisent différentes émotions propres à chaque femme. Elles sont le reflet de leur vécu, leur éducation, mais aussi des idées reçues sur les cycles féminins.

Comment ce processus physiologique, acteur de la santé de la femme, aboutissant à la procréation, indispensable à la survie de l’espèce, peut-il être synonyme de souffrance, gène, dégout, tristesse ? Comment cette machinerie hormonale incroyablement sophistiquée peut-elle être aussi mal considérée ?

Pour pouvoir considérer un processus à sa juste valeur, faut-il encore le connaître ? Contrairement à ce qu’elles croient, très peu de femmes connaissent leur cycle. Et pour cause, il est mal enseigné, mal compris, plein de tabous et d’idées reçues. La preuve la plus évidente est son nom : LE CYCLE MENSTRUEL.

Cycle menstruel : vous trouvez ça beau ? J’avoue que lorsque je l’écris, je dois légèrement froncer les sourcils. Menstruel fait référence aux menstruations : les règles, les menstrues, les ragnagnas, les bringues, ou bien encore les « trucs » …. Tous ces mots familiers, plus laids les uns que les autres, voici ce à quoi la femme pense lorsqu’on fait référence à son cycle menstruel. Il n’y a pas de quoi esquisser un sourire !

En effet, lorsque vous demandez à une femme, combien de temps durent ses cycles, elle vous répond une fois sur deux : entre 3 à 7 jours. Elle confond alors son cycle menstruel avec sa période de règles.

Les menstruations ne sont pourtant qu’un évènement annexe au cycle. Elles ne sont que la conséquence d’une incroyable aventure hormonale dont l’épisode central est L’OVULATION.

Il est vrai que la femme repère plus facilement ses règles que son ovulation. On comprend que la présence de sang explique aisément ceci. Mais la mauvaise considération du cycle est largement entretenue par l’éducation, l’enseignement, le matraquage marketing, les lobbyings pharmaceutiques, le patriarcat, qui ont tous intérêt à présenter le cycle aux femmes de manière erronée.

Redorer le blason du cycle serait, redonner le pouvoir aux femmes, pointer du doigt les véritables responsables des troubles hormonaux féminins. Le limiter à sa vision de « cycle menstruel », simplifie l’enseignement, élargit les indications de prescription de pilule contraceptive. Mettre des œillères sur l’évènement central du cycle, donne le sentiment aux hommes de détenir le pouvoir, ou du moins, nous fait croire qu’on ne peut pas rivaliser. Ne dit-on pas d’un homme charismatique, entrepreneur : « Il a une sacrée paire de couilles ! » ?

Et si vos ovaires, mesdames, n’avaient rien à envier aux gonades de ces messieurs ? Et si les moments où vous vous sentez forte, belle et toute-puissante étaient la conséquence de votre activité ovarienne ? Et si nous laissions nos ovaires exprimer leur plein potentiel ?

Pourquoi un homme est -il si fier de parler de ses testicules, tandis qu’une femme ignore le POUVOIR tout-puissant de ses ovaires ! Nous aussi, mesdames, nous avons une sacrée paire d’ovaires. Vous en faire prendre conscience ? Tel est la mission de ce livre !

Pour en être intimement convaincue et cultiver le plein potentiel de vos gonades, il est essentiel de reconsidérer le cycle à sa juste valeur, de replacer ses différents évènements à leur juste place.

L’ovulation étant l’épisode dominant le cycle, nous ne parlerons plus de cycle menstruel, mais bien, de cycle ovulatoire. Les ovaires méritent de sortir de l’ombre : elles sont les héroïnes de notre aventure.

Dans la première partie de ce livre, nous étudierons ce qui se passe aux différents moments du cycle. Chaque épisode permettra de prendre conscience de l’impact de chacune de ces phases sur la santé physique et psychique de la femme. La connaissance du cycle nous permettra de transformer les particularités propres à chaque instant en véritable atout dans le développement personnel de la femme.

Pour mieux aborder le cycle, j’ai choisi de le découper en 5 phases. Ce n’est pas une classification qui existe, mais c’est celle qui me semble la plus fonctionnelle. Chacune de ces phases se caractérise par un climat hormonal particulier.

Ces phases sont narrées dans un récit à 3 voix :

  • Au cœur de vos ovaires, le follicule ovarien nous raconte les différentes étapes de son incroyable course à l’ovulation.
  • Laura refait le point sur sa journée. Comme toutes les femmes en activité ovarienne, son tempérament, son humeur, ses réflexions, ses envies, ses doutes, sa sensibilité et ses performances physiques évoluent au cours du cycle. Elle observe ses fluctuations intrigantes, sans trop les comprendre et sans les mettre en lien avec ce qui se passe au cœur de ses ovaires.
  • Enfin, en tant qu’expert du cycle, je vous explique le lien entre Laura et ses ovaires. Vous comprendrez la formidable magie hormonale du cycle qui fait de nous des femmes non-lisses, non-stables, non-linéaires, des femmes parfaitement imparfaites. La compréhension du cycle permet de mieux s’approprier les particularités de chaque phase pour en faire une force, pour mieux se réaliser en tant que femme.

Rappelons que la 1re partie est consacrée au cycle physiologique. Nous parlons donc ici du cycle où l’ovulation est de qualité.

Si vous faites partie de ces femmes chanceuses qui ovulent bien, vous vous reconnaitrez probablement dans le récit de Laura.

Si ce n’est pas le cas (ou si vous prenez une contraception hormonale), ce sera peut-être pour vous le but à atteindre ! Voici un avant-goût de ce qui vous attendra quand vous aurez retrouvé le pouvoir de vos ovaires !

Si vous êtes prête à vous reconnecter avec vos ovaires, retrouvez moi pour la suite de cette aventure : sortie du livre en octobre 2023 !!!

Guénaëlle Abéguilé, Consultante et formatrice en santé fonctionnelle – Cofondatrice de DFM Formations

Règles douloureuses : Que faire ? par Guénaëlle Abéguilé

  • C’est normal d’avoir mal au ventre quand t’as tes règles !

  • Moi je vais quand même au travail !

  • Quelle chochotte !

  • C’est comme ça, prend un médicament et arrête de te plaindre.

Vous ne supportez plus ces réflexions de la part personnes incapables de considérer que chaque femme vit son cycle de manière très différente ? Des personnes qui ne comprennent pas que ces douleurs ne sont pas dans votre tête et qu’elle peuvent s’accompagner d’autres signes cliniques comme des troubles du transit, des ballonnements,  de la congestion mammaire ou des maux de tête.

Ce que ces personnes malveillantes ignorent également, c’est que vos règles douloureuses peuvent  éventuellement s’accompagner d’autres signes tels que de l’irritabilité ou de l’agressivité qui les exposent à un risque de strangulation à  chaque réflexion non appropriées. Maintenant, elles sont prévenues !

Mais alors, si ce n’est pas du domaine de la chochotterie pourquoi avez-vous mal pdt vos règles alors que vos copines sont épargnées ? Pourquoi est-ce qu’un médicament antalgique, anti inflammatoire,  antispasmodique ou une pilule contraceptive vous soulage mais ne sont pas la solution? Pourquoi est-ce important de prendre en charge l’origine de vos troubles et ne pas se satisfaire de la prise en charge du symptôme ? Nous verrons en effet que les règles douloureuses doivent nous alerter.

 Je vous apporte des éléments de réponse dans cet article.

Pourquoi pouvons-nous avoir mal pendant nos règles ?

Il n’y a pas une seule et unique cause aux règles douloureuses.  En effet ce symptôme est la partie émergée de l’iceberg qui peut provenir de différentes dysfonctions. Seule l’identification et la prise en charge des dysfonctions qui vous sont propres seront alors efficaces.

De quelles dysfonctions peut-il s’agir ?

Les règles douloureuses peuvent trouver leur origine dans un déséquilibre en acide gras, dans un déséquilibre ionique  ou bien encore dans un déséquilibre hormonal.  Ces dysfonctions peuvent se combiner.

J’ai choisi, dans cet article de parler uniquement du déséquilibre hormonal.

Celui-ci est très souvent présent chez les femmes ayant des règles douloureuses et sa prise en charge est primordiale.

 En effet en plus d’entrainer des règles douloureuses pouvant être très invalidantes pour la femme, ce déséquilibre hormonal exposera la femme non prise en charge à  une augmentation des risques de développer un cancer hormono dépendant.

Lorsque je parle ici de prise en charge, je ne fais bien sûr pas allusion aux anti-inflammatoires, aux  anti-spasmodiques,  aux antalgiques ni à la pilule contraceptive.

En effet ces médicaments ne solutionnent absolument pas l’origine du problème. On comprend facilement qu’ils améliorent le symptôme mais ne corrige pas le déséquilibre hormonal à son origine. Ainsi  ils ne diminuent pas le risque de développer un cancer hormono dépendant et masquent le symptôme qui devrait nous alerter.

Pire la pilule contraceptive peut  augmenter ce risque. En effet la pilule oestro-progestative est reconnue par le Centre International de Recherche sur le Cancer comme cancérogène avéré, plaçant ce produit dans la catégorie 1 des substances cancérogènes, catégorie ayant le plus fort niveau de preuve.

Ce discours peut être difficile à recevoir pour une femme qui, grâce à ces molécules, retrouve un semblant de vie normale.  Je ne dis pas que les antalgiques, les anti-inflammatoires et les antispasmodiques ne doivent pas être consommés, je dis simplement que nous ne devons pas nous en satisfaire.

Il me semble nécessaire, indispensable, de proposer  une prise en charge fonctionnelle à toute patiente ayant des règles douloureuses. Cette prise en charge consiste à rechercher l’origine du problème et à la prendre en charge. Ainsi, les douleurs disparaitront et ces médicaments ne seront plus nécessaires. Cerise sur le gâteau, si l’élément causal était le déséquilibre hormonal, sa prise en charge permettra par ailleurs de minimiser les risques de développer un cancer hormono dépendant !

Mais alors, qu’est-ce que ce déséquilibre hormonal  et pourquoi augmente-t-il les risques de cancer hormono-dépendants ?

Il s’agit du déséquilibre oestro-progestatif. Ceci fait référence à un déséquilibre entre 2 hormones sexuelles, les œstrogènes et la progestérone en faveur des premiers.

Il peut donc être la conséquence d’un excès d’œstrogène, d’un déficit de progestérone ou bien d’un excès d’œstrogène relatif, c’est-à-dire par rapport à la progestérone.

L’implication des œstrogènes dans les cancers hormono dépendants n’est plus à démontrer. En effet, par leur effet prolifératif sur les cellules oestrogéno-dépendantes, ils augmentent les risques de cancer du sein, de l’utérus et des ovaires chez la femme.

Et quels peuvent être les causes de ces troubles ?

Quelle que soit l’origine de ce déséquilibre oestroprogestatif, cela aboutit à une augmentation  de ce qu’on appelle l’imprégnation œstrogénique. Il existe alors un excès de stimulation des récepteurs aux œstrogènes. Ces récepteurs peuvent être stimulés par les œstrogènes, mais pas que, il existe en effet d’autre molécules qui stimulent ces récepteurs. Par ailleurs cette imprégnation œstrogénique doit être contrebalancée par la progestérone.

Quels sont les facteurs augmentant l’imprégnation oestrogénique ?

L’imprégnation œstrogénique est dépendante de la synthèse et de la détoxication des œstrogènes mais également de la présence des perturbateurs endocriniens. Evoquons ces différents paramètres :

  • Tout d’abord, la synthèse des œstrogènes. Nous savons que la quantité d’œstrogènes est variable en fonction de la période du cycle, de notre âge, de notre génétique. Ce qui est moins connu, c’est que la synthèse des œstrogènes est augmentée par le stress, le surpoids, la consommation d’alcool et de viande et de sucre. Ces facteurs sont donc à prendre en considération.
  • Par ailleurs, l’imprégnation œstrogénique est très dépendante de la façon dont sont détoxifiés nos œstrogènes. La grand maitre de la détox, c’est le foie. Au cours de ce processus, qui se déroule en 2 phases, les œstrogènes pourront emprunter différentes voies plus ou moins favorables.

En effet, suivant notre génétique mais également et surtout suivant notre environnement micronutritionnel, nos œstrogènes deviendront des métabolites plus ou moins oestrogéniques et génotoxiques avant d’être éliminés. 

Ils pourront alors soit diminuer notre imprégnation oestrogénique et donc nos risques de cancers hormono dépendants  soit les augmenter.  

Pour favoriser la bonne voie, nous pouvons par exemple recommander la consommation de crucifères crus ou peu cuits.

Dans la deuxième phase de détoxication, indispensable à leur élimination, ces métabolites doivent être conjugués à différentes molécules qui nécessitent des grandes quantités de micronutriments tels que du Magnésium, la vitamine B6, B9, B12, le zinc. En cas de déficit de ces micronutriments, notre imprégnation œstrogénique va alors augmenter.

Par ailleurs en cas de déséquilibre du microbiote intestinal, les œstrogènes seront recaptés dans le tube digestif, ce qui augmentera le pool d’œstrogène circulant.

  • Enfin, la présence de perturbateurs endocriniens oestrogéno-mimétiques comme les phtalates, les bisphénols, les dioxines ou les pesticides présents dans les aliments, dans les plastifiants, dans la chair des animaux que nous consommons participent grandement à l’activation des récepteurs aux œstrogènes. Ceci nécessite d’assainir notre environnement.
Y a-t-il à l’inverse des facteurs diminuant l’imprégnation œstrogénique ?

Tout à fait,  l’effet des œstrogènes est modulé par les phyto œstrogènes et contrebalancé par la progestérone. Ces facteurs sont donc protecteurs.

  • Parlons tout d’abord des phyto œstrogènes.

Ces molécules sont présentes dans les végétaux comme le soja, le lin ou autres légumineuses. Contrairement à leur réputation, les phyto œstrogènes sont des modulateurs œstrogéniques très protecteurs. Ils sont d’autant plus bénéfiques que le taux d’œstrogène est élevé. Ces aliments doivent donc régner en maitre à votre table !

Pour profiter de cet effet modulateur ils doivent subir une modification par notre microbiote. Le microbiote intestinal a donc encore son rôle à jouer. Il semble nécessaire de l‘optimiser.

Toutefois, certains phyto œstrogènes comme ceux présents dans le houblon, sont fortement œstrogéniques. Ils ne sont donc pas à recommander dans ces indications.

  • Le deuxième facteur modulant diminuant l’imprégnation œstrogénique est la progestérone !

Cette hormone est produite par le corps jaune après l’ovulation, elle contrebalance les effets des œstrogènes. Ainsi, lorsque la progestérone est basse, l’imprégnation œstrogénique augmente. Tous les facteurs diminuant la synthèse de progestérone sont alors à prendre en considération.

Parmi ces facteurs nous pouvons évoquer l’absence d’ovulation ou les ovulations  peu qualitatives. Celles-ci peuvent être influencées par l’état micronutritionnel et émotionnel de la femme. Par ailleurs les périodes de transition hormonales tels que la ménarche chez la jeune fille ou la préménopause chez la femme plus mature sont également des périodes où la synthèse de progestérone est basse. Nous pouvons alors recommander dans ces situations des plantes à activité progestative, mais nous avons compris qu’il est encore plus intéressant de s’interroger sur une éventuelle dysovulation à l’origine du déficit de progestérone et de la prendre en charge.

Il est primordial de comprendre que les règles douloureuses et les autres signes du syndrome prémenstruel ne sont pas les seules conséquences de l’excès d’imprégnation œstrogénique.

En effet, ces femmes ont également des risques majorés de développer un cancer hormono dépendant.

Sachant cela il est donc inconcevable de continuer à maltraiter ces femmes à coup de traitements symptomatiques.

Je conçois que ces traitements puissent trouver une place dans l’arsenal thérapeutique mais ne doivent pas se suffire à eux seuls.

Nous devons objectiver et prendre en charge les facteurs influençants l’imprégnation œstrogénique. Dans notre arsenal thérapeutique nous disposons de solutions pour moduler la synthèse des œstrogènes, pour favoriser leur détoxication, pour diminuer leur recapture dans l’intestin, pour moduler leur activité sur les récepteurs, nous devons également limiter l’exposition aux perturbateurs endocriniens, et optimiser la synthèse de progestérone.

La prévention commence là : Ecouter et prendre en considération les symptômes, les remettre à leur juste place, celle du CRITERE d’ALERTE.

Ce sujet vous intéresse ? Vous êtes déjà formé en micronutrition et vous souhaiteriez développer vos connaissances en hormonologie ? Découvrez la nouvelle formation « HORMONO PRATIK » chez DFM formations ! Disponible en présentiel et bientôt en E-learning .

Présentation de la formation :

Les dysfonctions hormonales sont de plus en plus fréquentes aujourd’hui. Pour cause, le vieillissement de la population, mais aussi et surtout notre mode de vie ! Stress, junkfood, sédentarité, altération des rythmes biologiques, médicaments, pilule contraceptive, perturbateurs endocriniens contribuent largement aux troubles hormonaux.

Défaut ou excès de synthèse, surutilisation, défaut de communication ou déséquilibre hormonaux : Comment repérer ces troubles ainsi que leurs causes par l’investigation de la clinique et des analyses biologiques fonctionnelles?

Altération de l’humeur, dépression, fatigue, prise de poids, trouble de sommeil, perte de libido, vieillissement accéléré, hypofertilité, fausses couches, baisse de performance sportive ou intellectuelle, augmentation des risques de cancer hormonaux dépendants, hypertrophie bénigne de la prostate, troubles du climatère, endométriose, SOPK….Comment et pourquoi les troubles hormonaux perturbent l’ensemble des fonctions indispensables à la santé physique et psychique du patient ?

 Au cours de ces 4 jours de formation, nous nous immergerons aux cœurs de nos hormones afin de mieux comprendre leur fonctionnement ainsi que les causes et conséquences de leur dysfonction. Nous apprendrons à mener une consultation de micronutrition spécialisée en hormonologie. Nous élaborerons un bilan permettant de repérer les dysfonctions à partir des signes cliniques puis de repérer les causes de ces dysfonctions.  L’acquisition de cette démarche fonctionnelle vous permettra alors d’établir un plan de prise en charge causale, fonctionnelle permettant au patient de retrouver son état de santé optimal.

Guénaëlle Abéguilé, Consultante et formatrice en santé fonctionnelle – Cofondatrice de DFM Formations, auteure du Livre « Troubles Hormonaux reprenez le pouvoir« 

Une formation diplômante de 13 jours répartis en 6 modules. Avec Guénaëlle Abéguilé et Bruno Mairet. Disponible en, présentiel à Paris ou Lyon, en E-Learning ou Classe virtuelle.

J’ovule donc je suis ! par Guénaëlle Abéguilé

Les menstruations sont souvent des périodes non confortables pour la femme. Leur caractère imprévisible, la sensation d’être sale, la peur de tâcher son pantalon, l’état de fatigue, de douleurs ou éventuellement d’irritabilité qui peuvent accompagner cette période sont souvent mal vécues…

A quoi sont dues les menstruations ?

Les menstruations sont la conséquence de la chute de 2 hormones en fin de cycle menstruel, les œstrogènes et la progestérone. Elles correspondent à la desquamation de la couche fonctionnelle de l’utérus. Les règles sont donc un mélange de sang et de muqueuse utérine. Cette muqueuse se développe sous l’effet des œstrogènes, lors de la première phase du cycle, celle qui précède l’ovulation, appelée phase folliculaire. Les œstrogènes ont donc un rôle prolifératif, ils favorisent les divisions cellulaires des cellules oestrogéno-dependantes dont font partie les cellules de la paroi utérine.

La progestérone, quant à elle, est produite par le corps jaune provenant de la transformation du  follicule ovarien après l’ovulation, pendant cette période appelé phase lutéale. La progestérone permet de stopper le développement de la muqueuse utérine et de la préparer à une éventuelle grossesse. Le corps jaune produit alors des œstrogènes et de la progestérone pendant une période de 11 à 16 jours avant de s’atrophier et d’entrainer une chute hormonale en l’absence de fécondation. C’est cette chute hormonale qui entraine les menstruations.

Les règles sont donc la preuve que j’ai ovulé ?

Oui, les règles n’apparaissent que chez les femmes ayant des cycles ovulatoires. Sans ovuler, la femme peut toutefois saigner pour d’autres raisons, ce ne sont donc pas des menstruations. La présence de saignements n’indique alors pas toujours qu’il y a eu ovulation.  

C’est d’ailleurs ce qui se passe lorsqu’elle prend une pilule contraceptive de manière séquentielle : La chute d’hormones synthétiques à l’arrêt de la pilule entraine, non pas des menstruations, mais des saignements de privation. En effet la pilule empêche le développement de  la couche fonctionnelle de l’utérus, il n’y a donc pas de menstruations possibles.

C’est pour cela que j’ai moins mal pendant mes saignements lorsque je prends la pilule ?

Les femmes souffrant de règles douloureuses, d’endométriose ou d’autres troubles hormonaux tels que l’acné androgénique ou le Syndrome des ovaires polykystiques, se verront en effet, souvent proposer la pilule contraceptive en solution magique! En apportant des hormones de synthèse, la pilule bloque l’ovulation, donc adieux les troubles hormonaux! … C’est sans considérer que la pilule ne résout absolument pas les dysfonctions à l’origine de ces troubles. Pire, elle en créera d’autre en perturbant notre fonctionnement hormonal, bien au-delà des hormones sexuelles et en causant de nombreuses carences en micronutriments. En effet, le fonctionnement des glandes thyroïdiennes et surrénaliennes pourront également être impacté par ce perturbateur endocrinien. S’en suit des troubles physiques et psychiques, effet secondaires bien connu, pourtant pas toujours reconnu des contraceptions hormonales.

La pilule n’est bien sûr pas la seule cause d’anovulation ou de dysovualtion. Le stress, les perturbateurs endocriniens, les dysfonctions métaboliques, les dysfonctions hormonales, l’insuffisance de cholestérol, l’excès de sport, la maigreur peuvent également perturber nos cycles menstruels. L’ovulation peut alors être considérée comme un signe de bonne santé physique et psychique.

Mais pourquoi devrai-je ovuler si je ne souhaite pas de bébé ?

En consultation, mes patientes sont souvent surprises par ma volonté de les faire ovuler correctement en dehors des désirs de procréation.

Elles ont parfois souffert de règles douloureuses, de troubles du comportement ou d’acné autour des périodes de menstruations. D’autres voient dans la pilule un confort, celui de pouvoir anticiper voir contrôler leur menstruations… qui… vous l’aurez compris, n’en sont pas. Elles sont donc parfois réticentes à renouveler l’expérience de l’ovulation. Et pourtant, tous ces signes dont elles ont souffert m’indiquent l’existence d’une dysfonction.  La pilule ne prend en charge que le symptôme en laissant les mécanismes physiopathologiques gagner du terrain en silence. Ces dysfonctions pourraient pourtant trouver des solutions fonctionnelles efficaces et physiologiques si nous prenions le temps d’évaluer les mécanismes à leur origine. En prime, la prise en charge des dysfonctions permet l’apparition d’effets secondaires très positifs !

Que peut m’apporter une belle ovulation ?

L’ovulation est le processus ultime d’une cascade d’évènements. Elle est déclenchée par le pic de sécrétion d’une hormone de l’hypophyse appelée hormone lutéinisante ou LH. Cette hormone est sécrétée lorsque le taux d’œstrogène, hormone ovarienne est suffisamment élevé. Celle-ci sera suffisamment élevée si et seulement si une autre hormone hypophysaire, la FSH, est présente en quantité suffisante. Avant et autour de l’ovulation, nous avons donc un taux d’œstrogène élevé.

Mais les œstrogènes c’est dangereux pour ma santé ?!

Ce qui est dangereux c’est lorsqu’ils sont en excès ou lorsqu’il n’y a pas suffisamment de progestérone pour contrebalancer leurs effets. On parle alors de déséquilibre oestro-progestatif.  Dans ces situations, on peut avoir des règles douloureuses, abondantes et majorer les symptômes de l’endométriose ou même favoriser un cancer hormono dépendant. D’où la crainte des œstrogènes. Mais si vous ovulez bien, votre progestérone sera optimale et vous protègera !

Malgré leur mauvaise réputation, les œstrogènes sont des supers hormones qui font de vous des femmes formidables ! Ils renforcent vos os, vous protègent des risques cardio-vasculaires, améliorent votre métabolisme, votre fertilité, vous rendent plus combative. Par ailleurs ces hormones sculptent vos courbes féminines, lissent votre peau, améliore votre libido, votre assurance et votre sensualité. Les études montrent mêmes que les hommes sont plus attirés par les femmes lorsque leur taux d’œstrogène est au plus haut!

Et la progestérone dans tout cela ?

La progestérone sera donc sécrétée après l’ovulation. Elle ne sera présente en quantité suffisante que si vous avez une ovulation de qualité. Et vous aurez compris, pour avoir une belle ovulation, il faut suffisamment d’œstrogène…

Pas d’œstrogènes, pas d’ovulation et pas d’ovulation, pas de progestérone !

La progestérone est tout d’abord un grand régulateur hormonal. Elle contre balance les effets des œstrogènes, elle vous protège donc de leur potentiels effets délétères qui font si peur.  Elle module également les androgènes qui sont nos hormones masculinisantes responsables, lorsqu’ils sont en excès de l’hirsutiusme, de l’acné et du syndrome des ovaires polykystiques.  La progestérone module également la prolactine et favorise la conversion des hormones thyroïdiennes T4 inactives et T3 actives.  En permettant l’obtention d’un  bon taux de progestérone, une belle ovulation optimise alors  le fonctionnement du système endocrinien dans sa globalité !

Comme les œstrogènes, la progestérone favorise également la solidité de l’os et la santé cardiovasculaire. Au niveau neuropsychique, la progestérone fera de vous en phase lutéale des femmes zen et sereines grâce à leur action anxiolytique et sérotoninergique. Enfin la progestérone à un effet diurétique et favorise la nidation de l’embryon en cas de fécondation.

En cas de progestérone basse, pouvant résulter d’une ovulation non fonctionnelle, les signes de dominance œstrogénique apparaitront. Ceux-ci peuvent être à l’origine du panel de symptômes accompagnant le syndrome prémenstruel, tel que l’irritabilité, les tensions mammaires, la rétention d’eau ou encore de maux de tête. Cette situation majore également les risques de développement des pathologies hormono dépendantes.

En empêchant le déroulement de la cascade d’évènements à l’origine de l’ovulation, la pilule contraceptive ou autre contraception hormonale prive la femme de ce qui fait d’elle une femme. Des femmes combatives mais sereines, des femmes actives mais douces, des femmes avec une bonne santé osseuse et cardio vasculaire…

Alors ovulons bien parce que nous le valons bien !

Guénaëlle Abéguilé, Consultante et formatrice en Santé Fonctionnelle, co fondatrice de DFM Formations, auteure du Livre « Troubles Hormonaux reprenez le pouvoir« 

Une formation diplômante de 13 jours répartis en 6 modules. Avec Guénaëlle Abéguilé et Bruno Mairet. Disponible en, présentiel à Paris ou Lyon, en E-Learning ou Classe virtuelle.