Intolérant à tout, tolérant à rien, le point de vue de la santé fonctionnelle : Et si c’était les surrénales ?

En tant que praticien en micronutrition, j’imagine que vous rencontrez souvent des patients qui ne tolèrent plus rien ! « Je ne sais plus que manger, tout me rend malade ». Nausées, ballonnements, diarrhées, constipations, vomissements, maux de tête, fatigue, peu importe ce qu’ils ingèrent, plus rien ne passe, tout provoque souffrance et désespoir.

Ils cumulent alors tout type de régime d’éviction. Ils commenceront souvent par éliminer le gluten, ils ressentiront un soulagement, mais les troubles digestifs ne tarderont pas à revenir. Et si c’était le lactose ? Et c’est au tour de l’éviction des produits laitiers ! De la même façon après une période de répit, les troubles reviendront. Ils seront certainement de plus en plus fréquents et de plus en plus invalidants.  Surfant sur le net à la recherche de solutions, à la lecture des différents témoignages, ils chercheront L’aliment ou LE composant de l’aliment dont l’éviction fait des miracles. Et si c’était l’histamine ? Les lectines ? Les FODMAPs ? C’est ainsi que ces patients parviendront à éliminer un peu près tout de leur alimentation…

S’en suit de la fatigue liée aux carences provoquées par ces régimes toujours plus restrictifs, des dysfonctions métaboliques, endocriniennes, neuropsychiques, dysimmunitaires…

Ces patients en mode survie recherchent désespérément des solutions à leurs problèmes. En errance médicale, ils font partie des incompris de la médecine. C’est dans ce cadre qu’ils parviennent dans votre cabinet.

Que lui proposerez-vous pour le soulager ? Ne serait-il pas mieux sans oxalates ? Sans sulfites ? Allez-vous de nouveau leur proposer un énième régime d’éviction ? Des compléments alimentaires ? Vous remarquerez d’ailleurs que ces patients tolèrent généralement très peu de compléments.

Et si l’aliment n’était pas en cause ?

Avez-vous pensé à explorer les surrénales ?

Les surrénales sont des glandes endocrines qui sécrètent différentes hormones dont le fameux cortisol. Cette hormone couramment appelée « hormone du stress », car sécrétée en réponse au stress, est souvent perçue comme une hormone délétère.

Et pourtant le cortisol est l’hormone nous permettant de faire face au stress ! Il nous permet d’affronter toutes les situations la tête haute ! Ainsi, en cas de déficit de cortisol, nous ne sommes plus aptes à réagir face au stress, nous n’avons plus les ressources nécessaires pour le faire !  Cette situation se rencontre en cas de fatigue des glandes surrénales.

S’en suit une fatigue intense, des sensations d’épuisement, de confusion, un brouillard mental, une hypotension. Ces patients à bout de force ne parviennent plus à affronter les événements de la vie quotidienne. Le moindre imprévu, la moindre contrariété prend des proportions inimaginables, tout leur paraît insurmontable. « Je ne suis plus capable de…. ».

Fatigue surrénalienne – baisse de cortisol : Quel rapport avec les intolérances ?

J’y arrive ! Et vous verrez que les liens sont nombreux !!!!

Tout d’abord, en tant qu’anti-inflammatoire naturel, on comprend que lorsque le cortisol vient à manquer, le patient sera bien plus vulnérable aux inflammations. Ceci peut notamment contribuer à l’inflammation digestive.

De nombreux autres liens existent entre perte de tolérance digestive et fatigue surrénalienne. Une partie des explications se trouvent dans les mécanismes adaptatifs de régulation du cortisol.

Cortisol bas – tentative de régulation centrale :

Par principe homéostasique, lorsque les surrénales fatiguent et diminuent leur production de cortisol, l’organisme va tout faire pour réguler la situation.

Les surrénales s’endorment, le cerveau va tenter de les réveiller, de les booster afin qu’elles relancent leur production hormonale !

En langage plus physiologique : l’axe hypothalamo-hypophysaire, tour de contrôle du système endocrinien, va stimuler davantage les surrénales afin de leur donner l’ordre de remonter le cortisol. Pour ce faire, l’hypothalamus (qui contrôle l’hypophyse) va produire une forte quantité de CRH (Cortisol Releasing Hormone), qui à son tour stimulera la production d’ACTH au niveau de l’hypophyse (qui contrôle les glandes périphériques, dont les surrénales). L’ACTH pourra alors à son tour stimuler les surrénales. Mais…. C’est peine perdue… Les surrénales sont à plat… L’hypophyse a beau crier, les surrénales ne réagissent pas. Les réserves sont vides, le cortisol ne remonte pas : c’est la fatigue surrénalienne.

On se retrouve alors avec une CRH élevée et un cortisol qui reste bas.

Nous avons déjà vu qu’un taux de cortisol bas entraînait de nombreuses dysfonctions, mais à cela s’ajoute les désagréments provoqués par la montée de la CRH.

Quelles sont les dysfonctions entraînées par la hausse de la CRH ?

À haute dose, la CRH stimule la synthèse d’une hormone appelée somatostatine (ou GHIH pour Growth Hormone-Inhibiting Hormone). Cette hormone est connue pour inhiber l’hormone de croissance. Son action ne se limite pas à cela, la somatostatine est une hormone inhibitrice à large spectre.

Lorsqu’elle est en excès, elle va inhiber la TSH, l’hormone qui stimule la thyroïde. La TSH s’abaisse, la thyroïde est alors mise au repos, elle diminue sa production d’hormones thyroïdiennes. Le patient a donc une TSH basse malgré des hormones thyroïdiennes basses : c’est l’hypothyroïdie centrale. Le médecin qui persiste dans la croyance que la TSH est un bon marqueur du fonctionnement thyroïdien passera complètement à côté…. Cela dit, vous l’aurez compris, l’hypothyroïdie est ici une conséquence de la dysfonction maitresse : la dysfonction surrénalienne !

Les hormones thyroïdiennes étant essentielles à la digestion (notamment via la synthèse d’acide chlorhydrique gastrique ou bien encore via l’activation du péristaltisme intestinal), on comprend alors que ces patients se plaindront d’un défaut de vidange gastrique, de constipation, de lenteur digestive. À cela s’ajouteront bien entendu de nombreux autres signes cliniques caractéristiques de l’hypothyroïdie.

Ceci illustre parfaitement un des nombreux liens existants entre thyroïde et surrénales.

Pour comprendre davantage le fonctionnement thyroïdien, je vous invite à lire mon article intitulé « Hypothyroïdie, le point de vue de la santé fonctionnelle »

Et ce n’est pas tout, la somatostatine va mettre la pagaille au niveau de toutes les fonctions digestives :

Elle va inhiber les hormones produites au niveau du duodénum (1re partie de l’intestin grêle). Vous avez probablement entendu parlé de ces hormones : cholécystokinine (CCK), sécrétine et même la motiline. De doux noms pour de formidables hormones !

La sécrétine et la CCK, agissent en synergie pour permettre la synthèse et l’excrétion dans les voies digestives, de la bile et des sucs pancréatiques. Ainsi en cas de fatigue surrénalienne, les fonctions digestives biliaires et pancréatiques peuvent être grandement impactées.

Avec une insuffisance biliaire, impossible de digérer et d’absorber les graisses. Dès qu’il en consommera, le patient sera écœuré, barbouillé, ses selles deviendront collantes, salissantes.

Les sucs pancréatiques quant à eux digèrent absolument tout : glucides, lipides et protéines ! Ainsi les capacités digestives du patient seront très rapidement dépassées. Le patient diminuera ses rations et aura l’impression de digérer de moins en moins.

La motiline, quant à elle, permet entre autres d’activer le complexe moteur migrant (CMM). Ce dernier s’active à distance des repas, et permet de chasser les résidus alimentaires de l’intestin grêle. Ainsi les aliments ne stagnent pas, ils poursuivent leur chemin vers le colon. Ceci permet d’éviter un développement excessif des bactéries et donc de fermentation dans cette partie de l’intestin.

En cas de fatigue surrénalienne, il est donc probable que le patient se plaigne de ballonnements intenses et souvent douloureux rapidement après le repas. En effet, tous les facteurs sont réunis pour que les bactéries fermentent dans le grêle ! Pourquoi poursuivraient-elles leur chemin jusqu’au colon si les conditions sont optimales à leur développement en amont : pas de sécrétion biliaire corrosive, pas d’acide chlorhydrique déversé et plein d’aliments servis sur un plateau d’argent alors que dans le côlon elles devraient se satisfaire des « restes ». Vous l’avez reconnu : ceci fait alors le lit du… SIBO. Votre patient se sentira soulagé par les régimes sans FODMAPs, en revanche en aucun cas celui-ci ne résoudra la fatigue surrénalienne qui est ici la cause maitresse de tous ses problèmes.

Loin de moi de dire que tous les SIBO sont liés à des insuffisances surrénaliennes ! Cependant lorsque le tableau clinique est évocateur, il me semble essentiel de pousser l’investigation.

Pour clôturer cet article, terminons par expliquer un dernier lien, et pas des moindres, entre fatigue surrénalienne et troubles digestifs : l’histaminose

Le cortisol n’est pas qu’un anti-inflammatoire, c’est également une molécule antiallergique. Un des mécanismes d’action lui conférant cette propriété est sa fonction de « modulateur mastocytaire ». Les mastocytes sont les cellules immunitaires sécrétrices d’histamine. Cette dernière est libérée lorsque le mastocyte est activé. Cette activation peut être déclenchée par des antigènes alimentaires, des virus, les lectines, l’alcool, des médicaments comme la pilule contraceptive, les AINS, des myorelaxants… L’histamine libérée en quantité provoque alors différents types de symptômes caractéristiques des allergies tels que des démangeaisons, le nez qui coule, des rougeurs, les yeux et lèvres qui gonflent. L’histamine en excès peut également entraîner des signes neuropsychiques tels que de l’anxiété, des insomnies, de l’hyperexcitabilité ou bien encore des signes digestifs tels que des diarrhées, du reflux, des nausées, voire des vomissements.

Par ailleurs, en abaissant le seuil d’excitabilité neuronal, l’histamine en excès entraîne une hypersensibilité viscérale. Ainsi un stimuli censé ne pas déclencher de douleur peut être perçu comme douloureux pour les personnes ayant trop d’histamine. S’en suivent des douleurs abdominales, des spasmes.

Le cortisol permet de moduler l’activation des mastocytes et donc de diminuer leur sécrétion d’histamine. Ainsi, lorsque le cortisol vient à manquer, les mastocytes s’excitent pour un rien ! Ainsi le moindre stress, l’alcool, les lectines, le gluten ou autres antigènes alimentaires, vont entraîner un relargage excessif d’histamine. Bourré d’histamine, le patient remarquera alors que lorsqu’il suit un régime pauvre en histamine et en aliments activateurs des mastocytes, il se sentira soulagé. Il éliminera de nouveau de nombreux aliments de son assiette.

N’ayant pas traité l’origine de l’activation mastocytaire, ce répit ne sera que de courte durée. La cause maitresse étant, encore une fois, dans ce cas de figure, l’insuffisance surrénalienne. Tant qu’elle ne sera pas prise en charge, le cortisol restera bas et entraînera de nombreuses autres dysfonctions.

En résumé :

Nombreux sont nos patients en errance médicale qui souffrent de troubles non compris et surtout, non considérés. À la recherche de solutions, certains pratiquent des évictions alimentaires mettant en danger leur santé pour des résultats non satisfaisants.

En entraînant de multiples dysfonctions, telles que de l’inflammation, une hypothyroïdie, une histaminose, une altération de la synthèse et de l’excrétion des enzymes digestives,  l’insuffisance surrénalienne peut expliquer la perte de tolérance digestive de bon nombre de nos patients.

Seule, la mise en évidence clinique et biologique de la cause maitresse et sa prise en charge sera efficace. Elle permettra au patient de retrouver ses capacités digestives de manière pérenne.

Guénaëlle Abéguilé, Consultante et formatrice en santé fonctionnelle – Cofondatrice de DFM Formations

Pour allez plus loin :

Pilule contraceptive : Le point de vue de la santé fonctionnelle

Symbole de l’émancipation de la femme dans les années 60, perçue comme une évolution par les mouvements féministes, la pilule contraceptive respecte-t-elle véritablement la femme ?

Dans cet article, je vous expose mon point de vue de praticien en santé fonctionnelle.

Qu’est-ce qu’une pilule contraceptive ?

Pour faire simple, une pilule contraceptive est un médicament contenant des hormones de synthèse ayant pour but d’empêcher la conception.

Le type de pilule le plus couramment prescrit est la pilule oestroprogestative.

Comme son nom l’indique, elle contient un œstrogène de synthèse ainsi qu’un progestatif. Ces hormones de synthèse contenues dans la pilule ne sont pas les mêmes que les hormones que nous produisons naturellement au cours du cycle ovulatoire. Leurs structures biochimiques diffèrent sensiblement de leurs homologues naturelles. C’est la structure d’une molécule qui lui confère sa fonction. Nous comprenons alors que les fonctions des hormones de synthèse diffèrent de celles des hormones naturelles que notre organisme a apprivoisé depuis la nuit des temps.

En effet, l’éthinylestradiol, œstrogène de synthèse contenu dans la pilule contraceptive, ne peut pas se vanter de mimer les bienfaits santé des œstrogènes naturels ! De la même manière, les progestatifs (progestérone de synthèse) ne peuvent pas égaler notre formidable, notre bien-aimée, notre meilleure amie pour la vie, je nomme : la progestérone !

Par ailleurs, la pilule contraceptive inhibe l’axe hypothalamo hypophysaire, tour de contrôle du système hormonal, ce qui empêche la synthèse ovarienne de ces formidables hormones sexuelles naturelles. Je vous invite à lire mon article intitulé : « J’ovule donc je suis », pour mieux comprendre l’intérêt des hormones du cycle sur la santé.

Vous l’aurez compris, en bloquant le cycle ovulatoire, la pilule contraceptive prive la femme des effets santé des hormones sexuelles.

Pour quels motifs, la pilule contraceptive est-elle prescrite ?

Initialement prescrite pour la femme souhaitant éviter une grossesse, la pilule contraceptive est aujourd’hui prescrite pour toutes les indications possibles et imaginables :

  1. Régulariser les cycles
  2.  Arrêter les règles douloureuses
  3. Diminuer les règles abondantes
  4. Prévenir le syndrome prémenstruel
  5.  Anticiper (voire modifier) le jour des règles
  6. Arrêter les règles
  7. Corriger une anémie
  8. Traiter l’acné
  9. Détendre monsieur
  10. Rassurer la belle-mère….
Et alors, la pilule fonctionne-t-elle pour toutes ces indications ?

Avant de répondre à cette question, interrogeons-nous : Que signifie « fonctionner » ?

Est-ce que faire taire un symptôme est satisfaisant ? La femme qui a des règles douloureuses, abondantes ou un syndrome prémenstruel se verra très certainement soulagée par la pilule. Mais cette solution permet-elle de corriger les causes de ses troubles ? Et si ce n’est pas le cas, quelles en sont les conséquences ?

Les désagréments prémenstruels et les règles douloureuses et/ou abondantes proviennent généralement d’un déséquilibre oestroprogestatif (la femme est plus fortement imprégnée d’œstrogènes que de progestérone). En prenant une pilule, la femme va empêcher la sécrétion endogène des 2 hormones œstrogènes et progestérone. Il n’y a alors plus de sécrétion d’œstrogènes ni de progestérone, on se retrouve ainsi avec l’équation suivante : 0/0= 0. Il n’y a donc plus de déséquilibre oestroprogestatif !!

Les connaisseurs pardonneront cette vulgarisation approximative, car d’une part, toutes les pilules ne réduisent pas à zéro la production ovarienne d’œstrogènes et progestérone et d’autre part les ovaires ne sont pas les seules glandes à produire ces hormones….

Cependant, je suis ici, bien plus dans le vrai que ceux qui disent que la pilule régularise les cycles !!!

Comment pourrait-elle régulariser quelque chose qu’elle fait ….. disparaitre !!!????

En privant la femme de ses hormones sexuelles, la pilule contraceptive ne traite pas l’origine des problèmes et fait le lit de nombreuses autres dysfonctions potentielles.

Donc faudrait-il laisser la femme souffrir ?

Bien sûr que non ! Les souffrances liées au cycle nous informent que quelque chose ne va pas !!! C’est un super message qui se doit d’être écouté et d’être considéré !

Prenons l’exemple des règles douloureuses. Celles-ci doivent nous interroger sur l’existence d’un déséquilibre oestroprogestatif. Nous devons alors investiguer ces différentes hypothèses :

  •  Y a-t-il ou non un déséquilibre oestroprogestatif en faveur des œstrogènes ?
  • Est-il lié à un excès d’œstrogènes et/ou à un déficit de progestérone ?
  • Quelles sont les causes de ce déficit ou de cet excès ?

Le traitement fonctionnel consistera à traiter l’origine du problème. En retrouvant l’équilibre entre œstrogènes et progestérone, les règles douloureuses vont disparaître et la femme pourra alors jouir des bienfaits des hormones du cycle !

Outre des règles douloureuses, ce déséquilibre peut également être responsable de syndrome prémenstruel, de règles abondantes et augmenter le risque de cancer hormono dépendant comme le cancer du sein, de l’utérus ou des ovaires.

Mais la pilule traite aussi les règles douloureuses !!!??

Il serait plus juste de dire que la pilule arrête les règles. Donc pas de règles = pas de douleurs !

Les saignements qu’a la femme au cours de la pause mensuelle de la pilule ne sont pas des règles, car il n’y a pas eu d’ovulation.

Quoi qu’il en soit, grâce à la pilule, la femme saigne sans avoir mal, mais la pilule ne traite en aucun cas les causes du déséquilibre oestroprogestatif.

Nous venons d’évoquer que les femmes souffrant de ce déséquilibre sont plus à risque de cancer hormono dépendant. Sachez que le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer) reconnait la pilule oestroprogestative comme cancérogène de 1re catégorie (plus haut niveau de preuve) pour les cancers du sein, utérus et foie/vésicule biliaire.

La solution proposée à ces femmes à risque est donc une véritable bombe à retardement !!

Libre à la femme de choisir la solution pilule, mais pas sans l’informer sur les conséquences de ce choix et sur les alternatives possibles pour traiter ses troubles !

Je vous invite à lire mon article intitulé : « règles douloureuses, que faire » pour mieux comprendre les règles douloureuses et les solutions physiologiques.

Et pour les autres motifs de prescriptions, la pilule ça marche ?

Reprenons les motifs un à un :

  • Contraception : oui ça marche, mais ce n’est pas très fiable en utilisation courante comme l’indique l’indice de PEARL.
  • Régulariser les cycles : Non ça ne régularise pas les cycles mais ça les fait disparaitre ! À l’arrêt de la pilule, les causes des cycles irréguliers sont toujours présentes et même souvent accentuées par les effets de la pilule !  Ça ne traite donc en aucun cas l’origine du problème.
  • Arrêter les règles douloureuses et les règles abondantes : Non, ça les fait disparaitre et n’en traite pas les causes.
  • Prévenir le syndrome prémenstruel : Pas de menstruation = pas de syndrome prémenstruel à proprement parler. En revanche lors de la pause mensuelle de la pilule, il y aura une chute d’hormones artificielles, pouvant reproduire les symptômes du syndrome prémenstruel : c’est ballot…
  • Anticiper (voire modifier) le jour d’arrivée des règles : Non, car elle fait disparaitre les règles… Mais anticiper ou modifier l’arrivée des saignements oui, c’est possible avec la pilule. Cela ne veut pas dire que la solution pilule est sans conséquences !
  • Corriger une anémie : Oui ça peut fonctionner, car on saigne moins abondamment. Il y a donc moins de perte en fer, mais des solutions physiologiques existent !!!!
  • Traiter l’acné : Suivant le type de progestatif utilisé dans la pilule, oui, ça peut marcher. En revanche, ces pilules dites « anti androgéniques », risquent de diminuer la libido et à l’arrêt d’accentuer l’acné. Cette solution risque aussi de masquer voire d’aggraver un trouble endocrinien appelé SOPK (Syndrome des ovaires polykystiques). Des solutions physiologiques existent également.
  • Détendre monsieur : S’il a besoin de ça pour se détendre…
  • Rassurer la belle-mère : Oui suivant la belle-mère ça peut marcher…. Vous pouvez aussi lui faire croire que vous la prenez ou lui envoyer cet article !
  • ….
Quelles sont les plaintes fréquentes des femmes sous pilule ?

Les plaintes les plus fréquentes sont la prise de poids et la baisse de libido. Mais de nombreux autres troubles peuvent être induits par la pilule tels que la fatigue, la déprime, l’anxiété, les migraines, les infections vaginales et urinaires. La pilule augmente également les risques de cancer du sein, de l’utérus et les troubles thromboemboliques…

Quels sont les déficits micronutritionnels induits par la pilule ?

La femme prenant la pilule sera sujette à des carences micronutritionnelles.

En effet, afin d’éliminer les hormones de synthèse, l’organisme surutilise le magnésium, les vitamines du groupe B (notamment B1, B2, B3, B6, B9, B12). Ces micronutriments sont indispensables à la synthèse énergétique, mais aussi à la synthèse des neurotransmetteurs responsables du bien-être. S’en suit alors de la fatigue, une plus grande vulnérabilité au stress, mais aussi des tensions musculaires, des réveils nocturnes….

Ces déficits induits limitent la capacité de détoxication hépatique. La patiente se retrouve alors à prendre une pilule dont elle ne pourra pas éliminer correctement les hormones. L’éthinylestradiol, œstrogène de synthèse ultra puissant contenu dans la pilule, va alors s’accumuler, favorisant le développement des cellules cancéreuses oestrogéno-dépendantes.

Les statuts en zinc, en sélénium, en coQ10, en glutathion, en vitamine E et C sont également diminués chez la consommatrice de pilule oestroprogestative. Ces micronutriments participent tous à limiter le stress oxydatif. La femme sous pilule est donc plus à risque de stress oxydatif, mécanisme co-responsable du vieillissement et de catabolisme accéléré, de défaut de cicatrisation, de pathologies neurodégénératives, cardiovasculaires et de cancer. Ceci est encore plus évident lorsque l’on sait que les statuts en cuivre explosent chez ces femmes. Le cuivre en excès est pro-oxydant, ce qui va aggraver le phénomène.

Un déficit de zinc et un excès de cuivre entrainent un déséquilibre Zinc / Cuivre en faveur du cuivre. Ce déséquilibre favorise les troubles neuropsychiques et les risques de démence.

Quels sont les effets de la pilule sur le système endocrinien ?

La pilule contraceptive a été créée dans le but de perturber le fonctionnement ovarien. En signalant au cerveau qu’il y a une certaine quantité d’œstrogènes et de progestérone de synthèse, l’axe hypothalamo-hypophysaire bloque le cycle. Il abaisse alors la sécrétion des hormones stimulant les ovaires (appelées FSH et LH), les ovaires sont ainsi au repos.

C’est l’effet recherché. Recherché, ne veut pas dire sans conséquences, car, vous l’aurez compris, les hormones ovariennes sont très bénéfiques pour notre santé physique et psychique, et les hormones de synthèse ne miment pas ces effets ! (article “J’ovule donc je suis”).

L’effet perturbateur endocrinien de la pilule (appelons un chat un chat), ne se limite pas au système ovarien. Le fonctionnement hormonal est une machinerie incroyablement complexe où toutes les hormones sont en interactions permanentes. Il est donc illusoire de croire que l’on peut bloquer l’ovulation sans conséquences plus globales.

La pilule contraceptive est un perturbateur endocrinien à large spectre !!

L’éthinylestradiol contenu dans la pilule entraine une augmentation de la synthèse hépatique de SHBG (Sexe Hormone Binding Globuline). Cette SHBG est le transporteur des œstrogènes, il n’est donc pas étonnant que l’apport d’œstrogènes méga puissants entraîne une augmentation de son transporteur ! En revanche la SHBG ne transporte pas que les œstrogènes ! Elle transporte également nos hormones masculines, notamment la testostérone ! La fraction d’une hormone transportée n’est pas active. Ainsi, plus il y a de transporteurs, moins nous sommes imprégnées de l’hormone. La pilule contraceptive entraine donc une baisse de la testostérone active, la forme libre, non transportée. Là vous allez vous dire : chouette ! Je suis une femme, pas besoin de testostérone ! C’est bien mal vous connaitre ! Car la testo, mesdames, nous rend plus confiantes, plus sûre de soi, favorise la prise de décision, les projets et elle améliore grandement la libido ! Elle a également des intérêts métaboliques, osseux, cardio-vasculaires. Il n’y a donc pas que les hormones féminines qui ont de supers pouvoirs ! On comprend alors que la femme sous pilule peut voir sa libido diminuée, voir disparaitre, mais aussi perdre en confiance, en assurance, etc…

Bien que la pilule soit censée impacter uniquement le fonctionnement ovarien, ses actions ne s’arrêtent pas là. À l’image du nuage de Tchernobyl, la pilule contraceptive n’a pas de frontière. Elle ne perturbe pas que les hormones sexuelles. Elle possède également le pouvoir de perturber le fonctionnement thyroïdien et surrénalien !!

En effet, la prise de pilule contraceptive va également entraîner une augmentation de la synthèse des autres transporteurs hormonaux : Le TBG (transporteurs des hormones thyroïdiennes) et le CBG (transporteur des d’hormones surrénaliennes).

Plus de transporteurs = Moins d’hormones libres actives.

Il y aura donc moins d’hormones thyroïdiennes libres, ce qui peut conduire à une hypothyroïdie par excès de transporteurs. Rappelons aussi que la synthèse des hormones thyroïdiennes nécessite du sélénium, du zinc, du coQ10, du magnésium et que ces micronutriments sont tous déplétés par la pilule ! Enfin, la pilule favorise la synthèse de T3 reverse, hormone s’opposant à l’action des hormones thyroïdiennes.

En résumant l’impact de la pilule sur le fonctionnement thyroïdien, on retrouve :

  • Défaut de synthèse d’hormones thyroïdiennes (à cause des déficits de Sélénium, CoQ10, Zinc et magnésium induits)
  • Baisse de la fraction libre active (liée à l’augmentation du TBG)
  • Excès d’hormone parasite T3R (lié au défaut de conversion des hormones thyroïdiennes)…

Autant vous dire que la thyroïde est mise à rude épreuve et que l’hypothyroïdie est extrêmement courante sous pilule !

Ceci peut expliquer les prises de poids et les fatigues si fréquentes sous pilules et contribue également à la baisse de libido, les dysbioses, ou les baisses de moral également souvent rencontrés.

Pour mieux comprendre le fonctionnement thyroïdien, je vous invite à lire mon article intitulé « Hypothyroïdie : le point de vue de la santé fonctionnelle »

De la même façon, le transporteur CBG (transporteur du cortisol) étant également augmenté, la pilule contraceptive peut entrainer une baisse du cortisol libre pouvant aggraver à peu près tous les signes cliniques et toutes les dysfonctions endocriniennes évoquées…

Alors, pilule or not pilule ?

Vous et vous seule pouvez faire votre choix. En revanche, avoir accès à l’information est nécessaire pour éclairer votre choix.

Cancérogène de 1re catégorie, perturbateur endocrinien à large spectre, médicament responsable de nombreuses carences micronutritionnelles, contraception pas si efficace et médicament ne respectant pas ses promesses pour traiter les troubles du cycle….

Avez-vous été informée de ceci lorsque l’on vous a proposé la pilule ? Cette information aurait-elle pu modifier votre choix ?

Vous souhaitez contribuer à la diffusion de ces informations capitales ? N’hésitez pas à partager cet article !!

Et surtout, parlez-en à votre belle-mère !

Guénaëlle Abéguilé, Consultante et formatrice en santé fonctionnelle, cofondatrice de DFM formation

 

 

Hypothyroïdie : Le point de vue de la santé fonctionnelle

Les hormones thyroïdiennes régulent à elles seules la quasi-totalité de nos fonctions : fonctions digestives, microbiotales, métaboliques, thermorégulation, reproduction, immunoinflammatoires, neuropsychiques… Elles permettent même la régulation de l’équilibre hormonal dans sa globalité.

Les troubles de la fonction thyroïdienne vont alors altérer la santé du patient dans son ensemble et peuvent être responsables de très nombreux signes cliniques diverses et variés.

L’hypothyroïdie est pourtant largement sous-estimée dans notre population.

Pour cause, son évaluation repose essentiellement sur le dosage de la TSH. Pourtant de nombreuses situations expliquent une absence de relation entre le taux de la TSH et le taux d’hormones thyroïdiennes.

Ces patients hypothyroïdiens à TSH normale ne vivent pas à leur plein potentiel.

De par la diversité des actions des hormones thyroïdiennes, l’hypothyroïdie peut prendre de nombreux visages différents, ce qui ne facilite pas le diagnostic.

 Quand évaluer la fonction thyroïdienne?

De par la fréquence des troubles thyroïdiens et leur impact sur l’ensemble des fonctions de l’organisme, il me semble nécessaire de procéder à une évaluation clinique de la thyroïde pour tous nos patients. Celle-ci sera complétée d’une investigation biologique que si la clinique est évocatrice.

Quels sont les signes cliniques à rechercher ?

Les signes cliniques qui doivent nos orienter vers une hypothyroïdie sont diverses et variés. Nous pouvons retrouver :

  • Une prise de poids ou une difficulté à la perte de poids
  • Une frilosité, des extrémités froides, voire un syndrome de Raynaud
  • Une fatigue, souvent plus importante le matin. Une sensation d’être au « ralenti »
  • Une perte de cheveux diffuse, parfois une perte de la queue du sourcil
  • Une constipation, des reflux, une lenteur digestive, des ballonnements
  • Une peau sèche (tout particulièrement au niveau des tibias)
  • Une baisse de libido, de l’hypofertilité, des fausses couches
  • Des œdèmes autour des yeux, des doigts et des pieds (plus présents le matin)
  • Une coloration jaune-orangée de la paume des mains, plante des pieds ou du voile du palais

Nous pourrions ajouter de nombreux signes cliniques, mais plus nous en ajoutons, plus nous perdons en spécificité.

La spécificité, là est le problème! Vous pouvez constater qu’aucun signe clinique n’est pathognomonique de l’hypothyroïdie. En effet, les causes de prise de poids, de troubles digestifs ou de fatigue sont nombreuses… Il est donc nécessaire d’aborder le patient avec un certain recul, dans sa globalité et de s’interroger  pour  savoir si ce signe peut être révélateur d’une autre dysfonction.

C’est tout l’art de la démarche fonctionnelle en micronutrition.

Lorsque la clinique est évocatrice, elle doit être complétée d’une investigation biologique. Bien que l’investigation clinique prime sur la biologie, cette dernière s’avère indispensable pour quantifier l’importance de l’hypothyroïdie, pour permettre d’objectiver l’impact de la prise en charge et surtout pour identifier les causes biologiques de l’hypothyroïdie, celle qui nous permettront d’élaborer la prise en charge fonctionnelle.

Comment évaluer la fonction thyroïdienne par la biologie ?

Faire doser la TSH ?

Face à toute suspicion d’hypothyroïdie, la haute autorité de santé recommande de faire le dosage de la TSH.

La TSH n’est pas une hormone thyroïdienne mais une hormone produite par le cerveau, au niveau de l’hypophyse. On évalue alors la fonction thyroïdienne de manière indirecte.

La TSH à pour but de stimuler la production d’hormone thyroïdienne par la thyroïde elle-même lorsque ces hormones viennent à manquer. On comprend alors la logique : Les hormones thyroïdiennes baissent, le cerveau reçoit l’information, en retour l’hypophyse augmente sa production de TSH pour normaliser la situation. S’en suit alors une augmentation de la production d’hormone thyroïdienne et donc une régulation de la TSH… Donc, en partant de ces constats, lorsque les hormones thyroïdiennes sont basses  (hypothyroïdie) la TSH monte et lorsque les hormones thyroïdiennes sont hautes (hyperthyroïdie) la TSH baisse.

Jusque-là tout va bien.

Mais en réalité, il existe de nombreuses situations où la TSH ne reflète pas le statut en hormones thyroïdiennes !

Dans quelle situation peut-il avoir discordance entre TSH et hormones thyroïdiennes ?

 Ces tableaux sont loin d’être rares. Citons :

  • L’hypothyroïdie centrale : dans cette situation, l’hypophyse n’est plus en mesure de synthétiser de la TSH. La TSH baisse et la thyroïde n’est plus stimulée, les hormones thyroïdiennes viennent alors à manquer…On aura alors une hypothyroïdie à TSH basse !
  • La normalisation de la TSH par des hormones thyroïdiennes non actives : Nous verrons plus loin que seule l’hormone thyroïdienne T3 est active. Cependant elle n’est pas la seule à normaliser la TSH. La T4, pré-hormone, non active exerce également le rétrocontrôle sur la TSH. On peut donc avoir une TSH normale avec un taux de T4 « inactive » normale et un déficit de T3 active. Il y a encore hypothyroïdie (par déficit de T3) à TSH normale.
  • Cette même situation se retrouve avec un excès de T3 reverse, qui exerce également un rétrocontrôle sur la TSH. Nous en reparlerons plus loin.
  • La résistance à la TSH : les récepteurs à la TSH répondent plus difficilement à la présence de l’hormone, ainsi pour normaliser la synthèse d’hormones thyroïdiennes, l’hypophyse synthétise plus de TSH. Dans cette situation, on peut alors avoir un patient normothyroïdien à TSH haute.

On comprend alors que la TSH n’est pas un bon marqueur du fonctionnement thyroïdien.

Ce bilan doit être complété à minima par le dosage des hormones thyroïdiennes.

Quelles sont les hormones thyroïdiennes ?

La thyroïde fabrique de la T4 en quantité et un peu de T3. La T4 est une hormone très peu active, pour être fonctionnelle, elle nécessite d’être convertie en T3 par les tissus périphériques (notamment foie et rein).

De quoi avons-nous besoin pour convertir la T4 en T3 ?

En plus d’avoir des organes périphériques fonctionnels (foie, rein…), il faut avoir des enzymes de conversion fonctionnelles dans un environnement optimal.

Je m’explique :

Les enzymes qui interviennent dans la conversion de T4 en T3 sont appelées les désiodases. La principale intéressée est la 5’desiodase  de type D2. Elle se charge d’enlever un atome d’iode à la T4 (4 atomes d’iode) pour en faire de la T3 (3 atomes d’iode).

Il existe de grandes variations au niveau de la fonctionnalité de ces enzymes. Une des causes de ces variations d’activité est génétique. Certains de nos patients ont hérité d’une mauvaise version du gène par un ou deux de leurs parents, ainsi ils ont une enzyme plus ou moins fonctionnelle, et une aptitude à convertir la T4 en hormone active plus ou moins importante.

Ce n’est pas tout, comme pour toute opération biochimique, ces enzymes doivent être dans un environnement optimal.

Un environnement optimal nécessite notamment que ces enzymes aient à leur disposition tous les micronutriments nécessaires à leurs fonctionnements. Il en faut de nombreux, mais les principaux concernés sont le sélénium et le zinc. Ces micronutriments sont alors pertinents à faire doser en cas de défaut de conversion de T4 en T3.

Un environnement optimal c’est aussi l’absence d’éléments perturbateurs pour le fonctionnement de l’enzyme en question. Citons par exemple l’importance de la gestion du stress, de l’absence des métaux lourds, tout particulièrement le mercure, le plomb et le cadmium ou encore l’absence de déficit énergétique.

Mais alors la T4 ne sert à rien ?

La T4 est une hormone considérée comme non active (bien que ce concept ne soit pas tout à fait juste), mais son dosage est nécessaire. En effet, en tant que « pré-hormone » de la T3, il faut s’assurer que la synthèse de la T4 soit suffisante pour permettre une bonne réserve de précurseur de l’hormone active. En cas d’hypothyroïdie par manque de T3, le dosage de T4 permettra de savoir si l’optimisation de la conversion T4 en T3 suffira à normaliser la T3 ou s’il semble également nécessaire d’optimiser le réservoir.

De quoi avons-nous besoin pour fabriquer de la T4 ?

 La T4 est fabriquée à partir de la tyrosine, un acide aminé. Il faut donc des apports journaliers protéiques suffisant pour assurer les besoins. 4 atomes d’iode sont nécessaires à la synthèse de la T4. Une évaluation de l’iode dans les urines (iodurie de 24 h ou du matin si le patient n’urine pas la nuit) permettra d’évaluer le statut et d’individualiser les apports au besoin. Les carences d’iode sont encore aujourd’hui extrêmement fréquentes même chez les mangeurs de poissons et crustacés. Croyez mon expérience de praticien Bretonne, avec des patients ostréiculteurs….

Une T3 « normale » me permet d’exclure une hypothyroïdie ?

Et bien non plus…

Ouvrons tout d’abord le sujet de la « normalité ». Est-ce qu’être dans la norme est satisfaisant ? Ne faisons pas durer le suspense, la réponse est clairement non ! Les normes présentées par le labo ne sont en aucun cas des normes santé. Ce sont des normes statistiques qui reprennent les valeurs regroupant 95% des données biologiques des patients du laboratoire.

Pour reprendre les propos de Dr Stéphane Résimont, médecin fonctionnel spécialisé dans les troubles hormonaux : « ne prendre en charge que les patients qui sortent des normes des labos, reviendrait à ne mettre des lunettes qu’aux patients qui sont presqu’aveugles et de dire aux autres : circulez ». J’oserai ajouter : « y’a rien à voir » !

Donc : non, une T3 dans la norme ne veut pas dire que tout va bien, il faut plutôt s’assurer que le patient soit autour de la norme santé, c’est-à-dire autour de 5 pmol/L. Mais encore une fois de plus, c’est la clinique qui prime, si un patient n’a pas de symptômes à 4,5 pmol/L, ne cherchons pas de problèmes là où il n’y en a pas.

Donc une T3 optimale autour de 5 pmol/L me permet d’exclure une hypothyroïdie ?

Et bien, non, toujours pas….

Plusieurs situations expliquent que la T3 ne puisse exercer « son job ».

Parmi ces situations citons :

  • L’excès de T3 reverse : hormone obtenue à partir de T4 lorsque que nous sommes en présence de métaux lourds, de déficit en sélénium ou zinc, lorsque nous sommes stressés ou lorsqu’il y a un déséquilibre œstroprogestatif. La T3 reverse bloque l’action de la T3 en prenant sa place sur les récepteurs.
  • Le déficit de Vitamine A et de magnésium tous deux indispensables au fonctionnement du récepteur.
  • Le déficit de cortisol qui accélère le catabolisme de la T3
  • La dysbiose associée à une porosité intestinale. Dans cette situation, des molécules, appelées Lipopolysaccharides, franchiront la barrière intestinale et prendront la place des hormones thyroïdiennes sur les récepteurs, ainsi la T3 ne pourra plus s’y fixer.
  • L’inflammation qui peut altérer le fonctionnement des récepteurs, rendant le patient résistant aux hormones thyroïdiennes.
  • Les polymorphismes génétiques concernant les récepteurs aux hormones thyroïdiennes

Face à la complexité du fonctionnement thyroïdien, il semble évident que son évaluation à partir du dosage de la TSH seule est plus qu’approximatif et laisse de nombreux patients hypothyroïdiens sur le banc de touche.

L’investigation fonctionnelle de la thyroïde doit faire appel avant tout à la clinique. Un patient présentant des signes cliniques d’hypothyroïdie avec une biologie « normale » ne fonctionne pas à son optimum.

Les conséquences sont multiples et touchent les fonctions reproductives, digestives, immuno-inflammatoires, métaboliques, neuropsychiques et endocriniennes.

Le rôle de praticien en santé fonctionnelle est de rechercher pourquoi il y a une discordance entre la clinique et la biologie et de prendre en charge de manière très spécifiques les dysfonctions causales.

Guénaëlle Abéguilé, Consultante et formatrice en santé fonctionnelle, cofondatrice de DFM formation

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Règles douloureuses : Que faire ?

  • C’est normal d’avoir mal au ventre quand t’as tes règles !

  • Moi je vais quand même au travail !

  • Quelle chochotte !

  • C’est comme ça, prend un médicament et arrête de te plaindre.

Vous ne supportez plus ces réflexions de la part personnes incapables de considérer que chaque femme vit son cycle de manière très différente ? Des personnes qui ne comprennent pas que ces douleurs ne sont pas dans votre tête et qu’elle peuvent s’accompagner d’autres signes cliniques comme des troubles du transit, des ballonnements,  de la congestion mammaire ou des maux de tête.

Ce que ces personnes malveillantes ignorent également, c’est que vos règles douloureuses peuvent  éventuellement s’accompagner d’autres signes tels que de l’irritabilité ou de l’agressivité qui les exposent à un risque de strangulation à  chaque réflexion non appropriées. Maintenant, elles sont prévenues !

Mais alors, si ce n’est pas du domaine de la chochotterie pourquoi avez-vous mal pdt vos règles alors que vos copines sont épargnées ? Pourquoi est-ce qu’un médicament antalgique, anti inflammatoire,  antispasmodique ou une pilule contraceptive vous soulage mais ne sont pas la solution? Pourquoi est-ce important de prendre en charge l’origine de vos troubles et ne pas se satisfaire de la prise en charge du symptôme ? Nous verrons en effet que les règles douloureuses doivent nous alerter.

 Je vous apporte des éléments de réponse dans cet article.

Pourquoi pouvons-nous avoir mal pendant nos règles ?

Il n’y a pas une seule et unique cause aux règles douloureuses.  En effet ce symptôme est la partie émergée de l’iceberg qui peut provenir de différentes dysfonctions. Seule l’identification et la prise en charge des dysfonctions qui vous sont propres seront alors efficaces.

De quelles dysfonctions peut-il s’agir ?

Les règles douloureuses peuvent trouver leur origine dans un déséquilibre en acide gras, dans un déséquilibre ionique  ou bien encore dans un déséquilibre hormonal.  Ces dysfonctions peuvent se combiner.

J’ai choisi, dans cet article de parler uniquement du déséquilibre hormonal.

Celui-ci est très souvent présent chez les femmes ayant des règles douloureuses et sa prise en charge est primordiale.

 En effet en plus d’entrainer des règles douloureuses pouvant être très invalidantes pour la femme, ce déséquilibre hormonal exposera la femme non prise en charge à  une augmentation des risques de développer un cancer hormono dépendant.

Lorsque je parle ici de prise en charge, je ne fais bien sûr pas allusion aux anti-inflammatoires, aux  anti-spasmodiques,  aux antalgiques ni à la pilule contraceptive.

En effet ces médicaments ne solutionnent absolument pas l’origine du problème. On comprend facilement qu’ils améliorent le symptôme mais ne corrige pas le déséquilibre hormonal à son origine. Ainsi  ils ne diminuent pas le risque de développer un cancer hormono dépendant et masquent le symptôme qui devrait nous alerter.

Pire la pilule contraceptive peut  augmenter ce risque. En effet la pilule oestro-progestative est reconnue par le Centre International de Recherche sur le Cancer comme cancérogène avéré, plaçant ce produit dans la catégorie 1 des substances cancérogènes, catégorie ayant le plus fort niveau de preuve.

Ce discours peut être difficile à recevoir pour une femme qui, grâce à ces molécules, retrouve un semblant de vie normale.  Je ne dis pas que les antalgiques, les anti-inflammatoires et les antispasmodiques ne doivent pas être consommés, je dis simplement que nous ne devons pas nous en satisfaire.

Il me semble nécessaire, indispensable, de proposer  une prise en charge fonctionnelle à toute patiente ayant des règles douloureuses. Cette prise en charge consiste à rechercher l’origine du problème et à la prendre en charge. Ainsi, les douleurs disparaitront et ces médicaments ne seront plus nécessaires. Cerise sur le gâteau, si l’élément causal était le déséquilibre hormonal, sa prise en charge permettra par ailleurs de minimiser les risques de développer un cancer hormono dépendant !

Mais alors, qu’est-ce que ce déséquilibre hormonal  et pourquoi augmente-t-il les risques de cancer hormono-dépendants ?

Il s’agit du déséquilibre oestro-progestatif. Ceci fait référence à un déséquilibre entre 2 hormones sexuelles, les œstrogènes et la progestérone en faveur des premiers.

Il peut donc être la conséquence d’un excès d’œstrogène, d’un déficit de progestérone ou bien d’un excès d’œstrogène relatif, c’est-à-dire par rapport à la progestérone.

L’implication des œstrogènes dans les cancers hormono dépendants n’est plus à démontrer. En effet, par leur effet prolifératif sur les cellules oestrogéno-dépendantes, ils augmentent les risques de cancer du sein, de l’utérus et des ovaires chez la femme.

Et quels peuvent être les causes de ces troubles ?

Quelle que soit l’origine de ce déséquilibre oestroprogestatif, cela aboutit à une augmentation  de ce qu’on appelle l’imprégnation œstrogénique. Il existe alors un excès de stimulation des récepteurs aux œstrogènes. Ces récepteurs peuvent être stimulés par les œstrogènes, mais pas que, il existe en effet d’autre molécules qui stimulent ces récepteurs. Par ailleurs cette imprégnation œstrogénique doit être contrebalancée par la progestérone.

Quels sont les facteurs augmentant l’imprégnation oestrogénique ?

L’imprégnation œstrogénique est dépendante de la synthèse et de la détoxication des œstrogènes mais également de la présence des perturbateurs endocriniens. Evoquons ces différents paramètres :

  • Tout d’abord, la synthèse des œstrogènes. Nous savons que la quantité d’œstrogènes est variable en fonction de la période du cycle, de notre âge, de notre génétique. Ce qui est moins connu, c’est que la synthèse des œstrogènes est augmentée par le stress, le surpoids, la consommation d’alcool et de viande et de sucre. Ces facteurs sont donc à prendre en considération.
  • Par ailleurs, l’imprégnation œstrogénique est très dépendante de la façon dont sont détoxifiés nos œstrogènes. La grand maitre de la détox, c’est le foie. Au cours de ce processus, qui se déroule en 2 phases, les œstrogènes pourront emprunter différentes voies plus ou moins favorables.

En effet, suivant notre génétique mais également et surtout suivant notre environnement micronutritionnel, nos œstrogènes deviendront des métabolites plus ou moins oestrogéniques et génotoxiques avant d’être éliminés. 

Ils pourront alors soit diminuer notre imprégnation oestrogénique et donc nos risques de cancers hormono dépendants  soit les augmenter.  

Pour favoriser la bonne voie, nous pouvons par exemple recommander la consommation de crucifères crus ou peu cuits.

Dans la deuxième phase de détoxication, indispensable à leur élimination, ces métabolites doivent être conjugués à différentes molécules qui nécessitent des grandes quantités de micronutriments tels que du Magnésium, la vitamine B6, B9, B12, le zinc. En cas de déficit de ces micronutriments, notre imprégnation œstrogénique va alors augmenter.

Par ailleurs en cas de déséquilibre du microbiote intestinal, les œstrogènes seront recaptés dans le tube digestif, ce qui augmentera le pool d’œstrogène circulant.

  • Enfin, la présence de perturbateurs endocriniens oestrogéno-mimétiques comme les phtalates, les bisphénols, les dioxines ou les pesticides présents dans les aliments, dans les plastifiants, dans la chair des animaux que nous consommons participent grandement à l’activation des récepteurs aux œstrogènes. Ceci nécessite d’assainir notre environnement.
Y a-t-il à l’inverse des facteurs diminuant l’imprégnation œstrogénique ?

Tout à fait,  l’effet des œstrogènes est modulé par les phyto œstrogènes et contrebalancé par la progestérone. Ces facteurs sont donc protecteurs.

  • Parlons tout d’abord des phyto œstrogènes.

Ces molécules sont présentes dans les végétaux comme le soja, le lin ou autres légumineuses. Contrairement à leur réputation, les phyto œstrogènes sont des modulateurs œstrogéniques très protecteurs. Ils sont d’autant plus bénéfiques que le taux d’œstrogène est élevé. Ces aliments doivent donc régner en maitre à votre table !

Pour profiter de cet effet modulateur ils doivent subir une modification par notre microbiote. Le microbiote intestinal a donc encore son rôle à jouer. Il semble nécessaire de l‘optimiser.

Toutefois, certains phyto œstrogènes comme ceux présents dans le houblon, sont fortement œstrogéniques. Ils ne sont donc pas à recommander dans ces indications.

  • Le deuxième facteur modulant diminuant l’imprégnation œstrogénique est la progestérone !

Cette hormone est produite par le corps jaune après l’ovulation, elle contrebalance les effets des œstrogènes. Ainsi, lorsque la progestérone est basse, l’imprégnation œstrogénique augmente. Tous les facteurs diminuant la synthèse de progestérone sont alors à prendre en considération.

Parmi ces facteurs nous pouvons évoquer l’absence d’ovulation ou les ovulations  peu qualitatives. Celles-ci peuvent être influencées par l’état micronutritionnel et émotionnel de la femme. Par ailleurs les périodes de transition hormonales tels que la ménarche chez la jeune fille ou la préménopause chez la femme plus mature sont également des périodes où la synthèse de progestérone est basse. Nous pouvons alors recommander dans ces situations des plantes à activité progestative, mais nous avons compris qu’il est encore plus intéressant de s’interroger sur une éventuelle dysovulation à l’origine du déficit de progestérone et de la prendre en charge.

Il est primordial de comprendre que les règles douloureuses et les autres signes du syndrome prémenstruel ne sont pas les seules conséquences de l’excès d’imprégnation œstrogénique.

En effet, ces femmes ont également des risques majorés de développer un cancer hormono dépendant.

Sachant cela il est donc inconcevable de continuer à maltraiter ces femmes à coup de traitements symptomatiques.

Je conçois que ces traitements puissent trouver une place dans l’arsenal thérapeutique mais ne doivent pas se suffire à eux seuls.

Nous devons objectiver et prendre en charge les facteurs influençants l’imprégnation œstrogénique. Dans notre arsenal thérapeutique nous disposons de solutions pour moduler la synthèse des œstrogènes, pour favoriser leur détoxication, pour diminuer leur recapture dans l’intestin, pour moduler leur activité sur les récepteurs, nous devons également limiter l’exposition aux perturbateurs endocriniens, et optimiser la synthèse de progestérone.

La prévention commence là : Ecouter et prendre en considération les symptômes, les remettre à leur juste place, celle du CRITERE d’ALERTE.

Ce sujet vous intéresse ? Vous êtes déjà formé en micronutrition et vous souhaiteriez développer vos connaissances en hormonologie ? Découvrez la nouvelle formation « HORMONO PRATIK » chez DFM formations ! Disponible en présentiel et bientôt en E-learning .

Présentation de la formation :

Les dysfonctions hormonales sont de plus en plus fréquentes aujourd’hui. Pour cause, le vieillissement de la population, mais aussi et surtout notre mode de vie ! Stress, junkfood, sédentarité, altération des rythmes biologiques, médicaments, pilule contraceptive, perturbateurs endocriniens contribuent largement aux troubles hormonaux.

Défaut ou excès de synthèse, surutilisation, défaut de communication ou déséquilibre hormonaux : Comment repérer ces troubles ainsi que leurs causes par l’investigation de la clinique et des analyses biologiques fonctionnelles?

Altération de l’humeur, dépression, fatigue, prise de poids, trouble de sommeil, perte de libido, vieillissement accéléré, hypofertilité, fausses couches, baisse de performance sportive ou intellectuelle, augmentation des risques de cancer hormonaux dépendants, hypertrophie bénigne de la prostate, troubles du climatère, endométriose, SOPK….Comment et pourquoi les troubles hormonaux perturbent l’ensemble des fonctions indispensables à la santé physique et psychique du patient ?

 Au cours de ces 4 jours de formation, nous nous immergerons aux cœurs de nos hormones afin de mieux comprendre leur fonctionnement ainsi que les causes et conséquences de leur dysfonction. Nous apprendrons à mener une consultation de micronutrition spécialisée en hormonologie. Nous élaborerons un bilan permettant de repérer les dysfonctions à partir des signes cliniques puis de repérer les causes de ces dysfonctions.  L’acquisition de cette démarche fonctionnelle vous permettra alors d’établir un plan de prise en charge causale, fonctionnelle permettant au patient de retrouver son état de santé optimal.

Guénaëlle Abéguilé, Consultante et formatrice en santé fonctionnelle – Cofondatrice de DFM Formations

Pour en savoir plus ou vous inscrire :
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Envie de sucre : Que faire ? 2 ème partie par Guénaëlle Abéguilé

Dans le précédant article, nous avons parlé des différentes causes responsables des envies de sucre de votre patient. Nous avons mis en évidence l’aspect multicausal de ce trouble et l’importance d’évaluer la dysfonction propre à votre patient. Cette évaluation est une étape indispensable à l’élaboration d’un protocole efficace, précis, adapté et individualisé. Ainsi si vous n’avez pas lu cet article, je vous invite à le faire avant de poursuivre sur celui-ci.

Nous allons maintenant donner les grands axes de prise en charge pour chacune des dysfonctions évoquées précédemment.

  1. Prise en charge des envies de sucres d’origine sérotoninergique

En cas de manque de sérotonine, au niveau nutritionnel, nous conseillerons au patient de prendre un gouter contenant des aliments à charges glycémiques basses accompagnés de gras végétal. Ainsi, un fruit et une poignée d’oléagineux permettront de favoriser la synthèse de sérotonine jusqu’à la fin de journée. Le dîner devra être végétarien voir végétalien, en effet les protéines animales limiteront la synthèse cérébrale de sérotonine.

Au niveau micronutrition, il faudra s’assurer que le patient ne manque pas de micronutriments indispensables à la synthèse du neurotransmetteur. Notamment les vitamines B6 et B9 et surtout le magnésium (qui est presque toujours déficitaire) !

Nous pourrons lui proposer en complément alimentaire, la prise de tryptophane, précurseur de la sérotonine,  vers 17h. Celui-ci ne sera en revanche pas efficace en cas de dysbiose ou d’inflammation. Le griffonia contenant un précurseur plus direct sera alors souvent plus efficace.

L’administration de lithium à faible dose (rien à voir avec les prescriptions psychiatrique) peut également avoir son intérêt, il favorisera le détachement du tryptophane de son transporteur, ce qui favorisera son passage dans le cerveau et donc, la synthèse de sérotonine.

  1. Prise en charge des envies de sucre d’origine dopaminergique

En cas de manque de dopamine, nous insisterons très lourdement sur l’importance du petit déjeuner protéiné et peu glucidique ! Œufs, jambon de qualité, volaille, poisson, tofu, graines de courge, de chanvre, oléagineux, fromages figureront au menu quotidien !

Entre nous, le passage au petit déjeuner protéiné est, je pense, le conseil alimentaire qui a le meilleur rapport bénéfices/contraintes.  Parole d’une ancienne addict au sucre.

Si ces changements ne suffisent pas, on peut recommander au patient la prise de 1g de tyrosine, précurseur de la dopamine, 20 min avant le petit déjeuner. Si toutefois le patient maintient son petit déjeuner sucré, cette recommandation sera vouée à l’échec !  Nous veillerons également à ce que le patient ait un statut optimal en Fer, B6, B9 et Zinc, indispensables à la synthèse de dopamine.

  1. Prise en charge des envies de sucre liées à la candidose intestinale

En cas de candidose, nous devrons….. sucrer les sucres !!!! Ce qui sera très difficile car tant que la candidose est présente, les envies de sucres persisteront ! Il faut donc traiter la candidose ! Cette mission est impossible en cas d’alimentation à charge glycémique élevée !

En parallèle de ces reformes alimentaires, nous administrerons des plantes ou huiles essentielles anti fongiques sur une durée déterminée suivie généralement de l’administration de probiotiques spécifiques.

Ce traitement peut être long et les changements alimentaires doivent être plus ou moins maintenus à vie. Mais bonne nouvelle, lorsque la candidose aura disparu, les envies de sucres feront partie d’un vague souvenir, les goûts de vos patients changeront littéralement !

  1. Prise en charge des envies de sucre liées à l’hypoglycémie réactionnelle

En cas d’hypoglycémie réactionnelle, le meilleur conseil à donner est de favoriser une alimentation à charge glycémique basse ! Gardons pour l’occasion les biscuits gâteaux et autres sucreries et tronquons les céréales raffinées par des céréales complètes cuites al dente (riz complet ou semi complet, sarrasin, millet…) ou par des légumineuses (lentilles, pois chiches, quinoa…). Par ailleurs nous n’avons nul besoin de manger de grandes quantités de féculents, l’assiette doit être composée d’une forte majorité de légumes.

Nous conseillerons au patient d’augmenter sa consommation de graisses. En effet, le gras permettra, d’une part de substituer avantageusement les apports alimentaires diminués et d’autre part de diminuer la charge glycémique des repas.  Nous lui recommanderons alors d’ajouter une cuillère à soupe d’huile végétale dans toutes ses assiettes (colza- lin- olive par ex) et de favoriser les bons gras tel que les olives, avocats, oléagineux, petits poissons gras etc…

Au niveau micronutrition, nous pouvons proposer d’ajuster le statut biologique de Zinc, de Vit D et d’administrer du chrome. Ces 3 micronutriments sont indispensables à la fonctionnalité du récepteur à l’insuline.

  1. Prise en charge des envies de sucre liées à la fatigue surrénalienne

En cas de déficit de cortisol, nous devrons prescrire au patient de la zen-attitude ! Yoga, sophro, méditation, cohérence cardiaque, chacun trouvera chaussure à son pied.

Par ailleurs impossible de remonter une carence en cortisol si nous ne donnons pas de la régularité, de l’ampleur et du contraste à nos biorythmes ! Adieux la grasse mat du week-end, qui fait plonger notre patient encore plus bas ! Se lever à heure fixe semaine et week-end. Réserver l’obscurité, le calme, le silence, l’inactivité, le sommeil à la nuit ainsi que la lumière, le bruit, l’activité, le mouvement à la journée ! Faites les sortir à la lumière dès le réveil ou conseillez leur de s’exposer devant une lumière de luminothérapie pendant leur petit déjeuner. A l’inverse le soir ils abaisseront leurs lumières pour préparer le cerveau à la synthèse de la mélatonine, notre hormone du sommeil ! 

Au niveau micronutrition, pour limiter la vulnérabilité au stress, responsable de l’épuisement du cortisol, nous proposerons une forte dose d’un magnésium de grande qualité (glycérophosphate, bisglycinate ou citrate) ainsi que des plantes adaptogènes comme la rhodiole ou l’ashwagandha. Nous pouvons en parallèle proposer des plantes pour booster la synthèse du cortisol comme la réglisse (contre indiquée en cas d’hypertension artérielle) ou la gemmothérapie de cassis.

Vous l’aurez compris, il n’existe pas et il n’existera jamais de remède universel contre l’envie de sucre. Nous chercherons alors à évaluer ce qui se cache derrière le trouble alimentaire de notre patient. Ceci nécessite de réaliser une petite enquête pour déterminer  la ou les dysfonctions présentes, ainsi que leurs causes. Seule cette démarche nous permettra de proposer une prise en charge individualisée adaptée et précise. Ceci est certes, plus complexe que de prescrire la pilule « StopOsucre », mais tellement plus efficace et satisfaisant !

Guénaëlle Abéguilé, Consultante et formatrice en santé fonctionnelle – Cofondatrice de DFM Formations

J’ovule donc je suis ! par Guénaëlle Abéguilé

Les menstruations sont souvent des périodes non confortables pour la femme. Leur caractère imprévisible, la sensation d’être sale, la peur de tâcher son pantalon, l’état de fatigue, de douleurs ou éventuellement d’irritabilité qui peuvent accompagner cette période sont souvent mal vécues…

A quoi sont dues les menstruations ?

Les menstruations sont la conséquence de la chute de 2 hormones en fin de cycle menstruel, les œstrogènes et la progestérone. Elles correspondent à la desquamation de la couche fonctionnelle de l’utérus. Les règles sont donc un mélange de sang et de muqueuse utérine. Cette muqueuse se développe sous l’effet des œstrogènes, lors de la première phase du cycle, celle qui précède l’ovulation, appelée phase folliculaire. Les œstrogènes ont donc un rôle prolifératif, ils favorisent les divisions cellulaires des cellules oestrogéno-dependantes dont font partie les cellules de la paroi utérine.

La progestérone, quant à elle, est produite par le corps jaune provenant de la transformation du  follicule ovarien après l’ovulation, pendant cette période appelé phase lutéale. La progestérone permet de stopper le développement de la muqueuse utérine et de la préparer à une éventuelle grossesse. Le corps jaune produit alors des œstrogènes et de la progestérone pendant une période de 11 à 16 jours avant de s’atrophier et d’entrainer une chute hormonale en l’absence de fécondation. C’est cette chute hormonale qui entraine les menstruations.

Les règles sont donc la preuve que j’ai ovulé ?

Oui, les règles n’apparaissent que chez les femmes ayant des cycles ovulatoires. Sans ovuler, la femme peut toutefois saigner pour d’autres raisons, ce ne sont donc pas des menstruations. La présence de saignements n’indique alors pas toujours qu’il y a eu ovulation.  

C’est d’ailleurs ce qui se passe lorsqu’elle prend une pilule contraceptive de manière séquentielle : La chute d’hormones synthétiques à l’arrêt de la pilule entraine, non pas des menstruations, mais des saignements de privation. En effet la pilule empêche le développement de  la couche fonctionnelle de l’utérus, il n’y a donc pas de menstruations possibles.

C’est pour cela que j’ai moins mal pendant mes saignements lorsque je prends la pilule ?

Les femmes souffrant de règles douloureuses, d’endométriose ou d’autres troubles hormonaux tels que l’acné androgénique ou le Syndrome des ovaires polykystiques, se verront en effet, souvent proposer la pilule contraceptive en solution magique! En apportant des hormones de synthèse, la pilule bloque l’ovulation, donc adieux les troubles hormonaux! … C’est sans considérer que la pilule ne résout absolument pas les dysfonctions à l’origine de ces troubles. Pire, elle en créera d’autre en perturbant notre fonctionnement hormonal, bien au-delà des hormones sexuelles et en causant de nombreuses carences en micronutriments. En effet, le fonctionnement des glandes thyroïdiennes et surrénaliennes pourront également être impacté par ce perturbateur endocrinien. S’en suit des troubles physiques et psychiques, effet secondaires bien connu, pourtant pas toujours reconnu des contraceptions hormonales.

La pilule n’est bien sûr pas la seule cause d’anovulation ou de dysovualtion. Le stress, les perturbateurs endocriniens, les dysfonctions métaboliques, les dysfonctions hormonales, l’insuffisance de cholestérol, l’excès de sport, la maigreur peuvent également perturber nos cycles menstruels. L’ovulation peut alors être considérée comme un signe de bonne santé physique et psychique.

Mais pourquoi devrai-je ovuler si je ne souhaite pas de bébé ?

En consultation, mes patientes sont souvent surprises par ma volonté de les faire ovuler correctement en dehors des désirs de procréation.

Elles ont parfois souffert de règles douloureuses, de troubles du comportement ou d’acné autour des périodes de menstruations. D’autres voient dans la pilule un confort, celui de pouvoir anticiper voir contrôler leur menstruations… qui… vous l’aurez compris, n’en sont pas. Elles sont donc parfois réticentes à renouveler l’expérience de l’ovulation. Et pourtant, tous ces signes dont elles ont souffert m’indiquent l’existence d’une dysfonction.  La pilule ne prend en charge que le symptôme en laissant les mécanismes physiopathologiques gagner du terrain en silence. Ces dysfonctions pourraient pourtant trouver des solutions fonctionnelles efficaces et physiologiques si nous prenions le temps d’évaluer les mécanismes à leur origine. En prime, la prise en charge des dysfonctions permet l’apparition d’effets secondaires très positifs !

Que peut m’apporter une belle ovulation ?

L’ovulation est le processus ultime d’une cascade d’évènements. Elle est déclenchée par le pic de sécrétion d’une hormone de l’hypophyse appelée hormone lutéinisante ou LH. Cette hormone est sécrétée lorsque le taux d’œstrogène, hormone ovarienne est suffisamment élevé. Celle-ci sera suffisamment élevée si et seulement si une autre hormone hypophysaire, la FSH, est présente en quantité suffisante. Avant et autour de l’ovulation, nous avons donc un taux d’œstrogène élevé.

Mais les œstrogènes c’est dangereux pour ma santé ?!

Ce qui est dangereux c’est lorsqu’ils sont en excès ou lorsqu’il n’y a pas suffisamment de progestérone pour contrebalancer leurs effets. On parle alors de déséquilibre oestro-progestatif.  Dans ces situations, on peut avoir des règles douloureuses, abondantes et majorer les symptômes de l’endométriose ou même favoriser un cancer hormono dépendant. D’où la crainte des œstrogènes. Mais si vous ovulez bien, votre progestérone sera optimale et vous protègera !

Malgré leur mauvaise réputation, les œstrogènes sont des supers hormones qui font de vous des femmes formidables ! Ils renforcent vos os, vous protègent des risques cardio-vasculaires, améliorent votre métabolisme, votre fertilité, vous rendent plus combative. Par ailleurs ces hormones sculptent vos courbes féminines, lissent votre peau, améliore votre libido, votre assurance et votre sensualité. Les études montrent mêmes que les hommes sont plus attirés par les femmes lorsque leur taux d’œstrogène est au plus haut!

Et la progestérone dans tout cela ?

La progestérone sera donc sécrétée après l’ovulation. Elle ne sera présente en quantité suffisante que si vous avez une ovulation de qualité. Et vous aurez compris, pour avoir une belle ovulation, il faut suffisamment d’œstrogène…

Pas d’œstrogènes, pas d’ovulation et pas d’ovulation, pas de progestérone !

La progestérone est tout d’abord un grand régulateur hormonal. Elle contre balance les effets des œstrogènes, elle vous protège donc de leur potentiels effets délétères qui font si peur.  Elle module également les androgènes qui sont nos hormones masculinisantes responsables, lorsqu’ils sont en excès de l’hirsutiusme, de l’acné et du syndrome des ovaires polykystiques.  La progestérone module également la prolactine et favorise la conversion des hormones thyroïdiennes T4 inactives et T3 actives.  En permettant l’obtention d’un  bon taux de progestérone, une belle ovulation optimise alors  le fonctionnement du système endocrinien dans sa globalité !

Comme les œstrogènes, la progestérone favorise également la solidité de l’os et la santé cardiovasculaire. Au niveau neuropsychique, la progestérone fera de vous en phase folliculaire des femmes zen et sereines grâce à leur action anxiolytique et sérotoninergique. Enfin la progestérone à un effet anti diurétique et favorise la nidation de l’embryon en cas de fécondation.

En cas de progestérone basse, pouvant résulter d’une ovulation non fonctionnelle, les signes de dominance œstrogénique apparaitront. Ceux-ci peuvent être à l’origine du panel de symptômes accompagnant le syndrome prémenstruel, tel que l’irritabilité, les tensions mammaires, la rétention d’eau ou encore de maux de tête. Cette situation majore également les risques de développement des pathologies hormono dépendantes.

En empêchant le déroulement de la cascade d’évènements à l’origine de l’ovulation, la pilule contraceptive ou autre contraception hormonale prive la femme de ce qui fait d’elle une femme. Des femmes combatives mais sereines, des femmes actives mais douces, des femmes avec une bonne santé osseuse et cardio vasculaire…

Alors ovulons bien parce que nous le valons bien !

Guénaëlle Abéguilé, Consultante et formatrice en Santé Fonctionnelle, co fondatrice de DFM Formations

Envie de sucre : que faire ? 1ere partie par Guénaëlle Abéguilé

  • Mon problème c’est le sucre, aidez-moi !
  • Pas d’inquiétude, nous avons la solution, avec « StopOsucre », vos envies de sucre ne seront plus un problème !

Etes-vous prêt à avaler vraiment n’importe quoi ? S’il existait une solution universelle contre les envies de sucre, je crois bien que le surpoids et l’obésité seraient un mythe ! En effet, le sucre, et autres aliments à charges glycémiques élevées sont les principaux responsables de la prise de poids de nos patients. Le sucre peut également provoquer de l’inflammation et être responsable de candidose et de leurs conséquences. Mais alors, que ce soit pour leur ligne ou pour leur santé, comment aider nos patients à lutter contre leurs envies de sucres parfois incontrôlables ?

La seule prise en charge efficace, sera la prise en charge de la ou des causes des envies de sucre de votre patient. Il n’existe malheureusement pas une seule cause à ce trouble, il y a donc de nombreuses stratégies de prises en charges possibles. Seule la prise en charge du dysfonctionnement propre à votre patient sera pertinente. Dans cet article nous allons énumérer les différentes dysfonctions pouvant être responsables de ces envies de sucre, nous expliquerons également comment différencier ces causes. Dans un prochain article nous évoqueront des stratégies de prises en charges fonctionnelles propres à chaque situation.

 Dans un premier temps, étudions les différentes dysfonctions possibles et leurs caractéristiques :

  1. Le manque de sérotonine

La sérotonine est le neurotransmetteur de la sérénité, du lâcher prise, du bienêtre, nous le synthétisons majoritairement en fin de journée.

Les envies de sucre d’origine sérotoninergique se manifesteront  plutôt en fin de journée.  Le patient cherchera à compenser quelque chose. Il trouvera dans le sucre un aliment thérapeutique, une sensation de réconfort.

Par ailleurs, le patient aura souvent d’autres signes tels que de l’irritabilité, de l’impatience, de l’impulsivité, il aura tendance à ruminer et ne parviendra souvent pas à lâcher prise. Ces signes cliniques seront améliorés suite à la consommation de sucre puis réapparaitront quelques temps plus tard. Certains patients déficitaires en sérotonine se dirigeront également vers le gras.

  1. Manque de Dopamine

La dopamine est le neurotransmetteur de la motivation, de la concentration, de la bonne humeur, c’est le starter du début de journée. Nous la synthétisons majoritairement entre 6 et 8h.

Les envies de sucre seront alors très compulsives, très difficile à maîtriser. Le patient aura besoin de sa dose tel un toxico.

Par ailleurs, la chute de dopamine est le principal responsable des échecs de sevrage de tout type (y compris du sucre). Dernièrement des recherches ont permis de mettre en évidence que la dopamine influençait l’expression de gènes qui contrôlent nos comportements addictifs ! Le manque de dopamine peut donc être responsable des envies de sucre et le sevrage du sucre va à son tour faire chuter la dopamine responsable d’une recherche de récompense que trouvera le patient en ….mangeant du sucre…. Véritable cercle vicieux à rompre absolument !

En cas de manque de dopamine le patient souffrira généralement d’autre troubles tel que : difficulté de motivation, de concentration, baisse d’envie, de projet, de libido….

  1. La candidose intestinale

La candidose correspond à une prolifération de levure de type candida dans le tube digestif. Elle se développe sur un microbiote dysbiotique et en présence de substrats énergétiques glucidiques.

Les envies de sucre seront irrépressibles et se manifesteront généralement tout au long de la journée. Le sucre nourrit alors la candidose qui entretien les envies de sucre. Se dessine alors un autre cercle vicieux.

En cas de candidose,  le patient aura généralement d’autres signes associés tel que des mycoses, une fatigue, un système immunitaire peu combatif, des ballonnements provoqués par les aliments glucidiques, un prurit anal…

  1. L’hypoglycémie réactionnelle

Elle est la résultante de la forte synthèse d’insuline par le pancréas suite à l’ingestion d’aliments à charge glycémique élevée et/ou de résistance à l’insuline.

Dans ce cas, les envies de sucres se manifesteront en général dans les heures qui suivent les repas glucidiques. Elles seront diminuées si le patient baisse ses charges glycémiques et qu’il augmente ses apports alimentaires de gras et de protéines au cours des repas.

Ses envies s’accompagneront d’autres signes comme de l’étourdissement, de la confusion, parfois des tremblements ou chez l’enfant par de l’énervement ou de l’agitation. Il consommera alors des « sucres  rapides » qui prépareront sa prochaine hypoglycémie, de nouveau, un véritable cercle vicieux !

  1. La fatigue surrénalienne

Dans  ce cas, il y aura une baisse de synthèse de cortisol par les glandes surrénales.

Le cortisol est connu comme étant l’hormone du stress, mais c’est aussi et surtout l’hormone qui nous permet de faire face au stress. De fuir ou de combattre. Le cortisol stimule alors l’éveil, nous permet d’avoir des substrats énergétiques très rapidement disponibles ou encore d’augmenter la force musculaire. Le cortisol étant hyperglycémiant, le patient souffrant de fatigue surrénalienne pourra avoir des glycémies relativement basses. Il cherchera alors un effet booster qu’il trouvera dans le sucre.

La fatigue surrénalienne se reconnaitra par une clinique bien marquée. Le patient sera épuisé, vaseux, confus, se sentira incapable de gérer les situations de la vie courante, sa fatigue sera majorée par le stress, il peut souffrir de maux de tête, de chute de tension (notamment en se levant), de mains moites etc. Il cherchera parfois aussi à se rebooster avec du café.

Manque de sérotonine ? Manque de dopamine ? Candidose intestinale ? Hypoglycémie réactionnelle ou fatigue surrénalienne ? Nous venons d’évoquer les différentes causes à l’origine des envies de sucre de vos patients. Sachez toutefois que plusieurs causes peuvent s’entremêler. Vous êtes maintenant en mesure d’évaluer les causes fonctionnelles propres à votre patient. Cette évaluation est indispensable à l’élaboration d’un protocole de prise en charge individualisé, précis et adapté. Protocole qui sera le seul efficace pour lutter contre son fléau. L’envie de sucre étant la partie émergée de l’iceberg, en prenant en charge l’origine du problème, votre patient profitera également de l’amélioration de nombreux autres signes cliniques.

Dans le prochain article nous parlerons de la prise en charge fonctionnelle de chacune de ces causes.

Guénaëlle Abéguilé, Consultante et formatrice en Santé Fonctionnelles, co fondatrice de DFM Formations

Candida Albicans : basta ! Par Guénaëlle Abéguilé – Partie 3

Maintenant que vous savez qui je suis, où je suis et ce que je fais, vous vous demandez certainement : « Comment se débarrasse-t-on de toi ? »

Laissez-moi-vous dire, que ce n’est pas une mince affaire! Vous devrez vous armer de patience et de motivation. Cependant, les cartes sont entre vos mains. Bien que j’influence la plupart de vos fonctions (comportement alimentaire, motivation, digestion, énergie…), vous êtes le seul à contrôler mon alimentation.

J’adore manger et je me sers avant vous ! Vous ne pourrez donc pas m’éliminer sans m’affamer ! Le secret de la réussite : arrêter de manger ce que j’aime ! Sucre et autres aliments à index glycémique élevé : bonbons, gâteaux, sucre, miel, la plupart des aliments ultra transformés, mais aussi : pain blanc, riz blanc, pâtes blanches et autres céréales raffinées.

Je sais que vos changements de comportements alimentaires peuvent m’être fatals ! C’est pour cela que je fabrique des substances chimiques te donnant des envies irrépressibles de sucre. Ce ne sera donc pas facile pour toi de lutter contre ces compulsions. Afin de rendre la bataille plus équitable, je vais t’aider en te donnant quelques astuces !

Je suis une levure, ce que je crains donc le plus sont les antifongiques. Tout comme les antibiotiques qui éliminent les bactéries, les antifongiques me sont fatals. Il en existe de synthèse, qui peuvent être prescrit par un médecin. Tout comme certaines bactéries résistent à certains antibiotiques, je ne craindrais pas tous les antifongiques de la même façon.

Il existe également plein d’antifongiques dans la nature !

– Le plus connu est l’ail, cet aliment aux mille vertus est un ennemi redoutable ! Cru, cuit, intégrez le à toutes vos recettes !

– Egalement bien documenté pour son action antifongique, je citerai l’huile de coco! L’huile végétale qui a le vent en poupe ! Et pour cause ! Malgré sa richesse en graisses saturées, ses acides gras, ont la particularité de rentrer beaucoup plus facilement dans nos chaudières énergétiques et donc d’être une bonne source d’énergie et d’être moins stockés ! Bon, là n’est pas le sujet. Cette huile contient de l’acide caprique, de l’acide caprylique et de l’acide laurique: tous les 3 ont démontré leurs actions antifongiques !!!! D’ailleurs certains laboratoires vous vendent ces acides gras en gélules pour lutter contre moi! Plus facile et plus économique: achetez de l’huile de coco ! Son point de fumé est très élevé, vous pouvez donc l’utiliser sans problème pour vos cuissons. N’hésitez pas à la rajouter également dans vos smoothies peu glucidiques, vos chia pudding, votre café (avant de le passer au blender), à faire des beurres de coco maison etc… Je tiens tout de même à préciser que cette huile ne doit pas remplacer vos huiles riches en oméga 3 qui sont indispensables à votre santé !

– La 3 ème arme naturelle est une résine antiseptique redoutable, récoltée sur les bourgeons des arbres par nos amies les abeilles afin de protéger leur ruche. Cette résine a fait ses preuves dans la lutte contre de très nombreux pathogènes et notamment sur ma prolifération ! Le nominé est : la propolis! Rapprochez vous des apiculteurs qui vous livrerons tous leurs secrets !

– 4 ème nominé antifongique et pas que … Je cite : la chlorophylle! Pigment qui donne cette couleur verte aux végétaux, la chlorophylle est un puissant antifongique. Vous profiterez également de ses autres avantages: assainissante, améliore le transit, régule la fermentation intestinale, antioxydante etc.. Où la trouver ? Dans les végétaux verts bien sûr !!! Epinards, mâche, roquette,le chou kale, brocolis, jeunes pousses, les aromates, mais aussi dans les oubliés de nos assiettes : Dans les algues, les fanes de carottes, de radis, dans les plantes sauvages : ortie, pissenlit etc… Alors mettez du vert dans vos assiettes ! N’hésitez pas à préparer à l’avance un pesto végétal, un tartare d’algue. Vous pouvez également compter sur les jus et green smoothies ! Il est également possible de trouver des gélules de chlorophylle à différentes concentrations.

– Autres armes antifongiques faciles d’utilisation, même chez l’enfant : les extraits de pépin de pamplemousse. Leur utilisation va par ailleurs soutenir votre système immunitaire ce qui est essentiel dans votre bataille.

Je ne pourrai pas faire le tour de tous les antifongiques dont regorge la nature, mais je me dois de vous toucher un mot sur les huiles essentielles !

– Produites par distillation de plantes aromatiques. L’huile essentielle est une véritable bombe de concentré de molécules actives. Certaines de ces molécules sont antifongiques. Leur indication dépendra de la nature et de la concentration en molécules aromatiques de l’huile essentielle. Certaines huiles sont très délicates d’utilisation, elles peuvent être toxiques pour le foie ou le système nerveux, je ne vous en parlerai donc pas. Leur efficacité peut cependant être redoutable ! Seul un praticien formé à l’aromathérapie pourra vous en indiquer après avoir éliminé les contres indications. Il la prescrira sur un temps bien déterminé en respectant des temps d’interruption, une posologie précise et une association permettant de limiter la toxicité.

– D’autres huiles essentielles antifongiques, sont à l’inverse très « safe » d’utilisation ! Je suis sûre que vous les connaissez déjà ! Je pense bien sur à l’huile essentielle de tea tree et de Palmarosa! Safe, ne veut pas dire inefficace !

– Certaines souches probiotiques spécifiques ont fait leur preuve de leur action contre le candida albicans. Et même certaines levures comme saccharomyces boulardii ! De très nombreuses personnes disent d’éviter les levures en cas de candidose intestinale, pourtant saccharomyces boulardii limite à lui seul ma transformation, ma multiplication et mon adhésion à l’intestin !

Voilà, maintenant que vous savez comment vous débarrasser de moi, il vous reste plus qu’à passer à l’action!

En revanche, souvenez-vous ! Je ne me développe que sur une flore intestinale altérée . En effet, un bon microbiote ne me laisse pas la place de me développer. Le secret pour te débarrasser définitivement de moi est de rétablir ton microbiote! Sans quoi, tôt ou tard, lors d’un moment de fatigue, de faiblesse, ou la prise d’un médicament je me réveillerai !

Rétablir votre microbiote passe par des changements alimentaires. C’est la composition de votre assiette et la qualité de votre digestion qui détermine la nature de votre microbiote. Pour nourrir vos bonnes bactéries, il faut consommer des fibres prébiotiques: Légumes, fruits, céréales complètes et légumineuses ! Il est également possible de prendre des prébiotiques (aliments des bactéries probiotiques) ou des probiotiques (bonnes bactéries intestinales) sous forme de compléments alimentaires. Nous pouvons également en apporter sous forme d’aliments lacto fermentés. Ceci parait simple, mais ce n’est pas toujours aussi facile ! Outre les personnes qui n’aiment pas les aliments riches en fibres, d’autres ne les tolèrent pas ! Leur ingestion leur provoque des ballonnements, des spasmes, des altérations du transit pouvant être insupportables ! Ceci peut être le témoin d’une dysbiose de fermentation ou d’un SIBO (prolifération anormale de bactéries dans l’intestin grêle, alors que celles-ci devrait plutôt migrer dans le colon), pouvant eux-mêmes provenir d’une insuffisance de fabrication ou d’excrétion d’acides biliaires par le foie. Il faudra alors intégrer les fibres très progressivement, en favorisant dans un premier temps les fibres cuites et broyées… Les probiotiques ne seront pas forcement recommandés chez ces personnes. Il sera nécessaire pour certains de travailler sur la fabrication et/ou l’excrétion des acides biliaires.

Pour assurer une bonne digestion nécessaire à l’équilibre de la flore intestinale, il est indispensable de bien mastiquer ! Les aliments insuffisamment mastiqués viendront nourrir un microbiote dysbiotique (déséquilibré). Il est également indispensable de manger dans le calme sans stress, sans quoi, vos enzymes digestives ne seront pas correctement produites ou déversées. Ceci aboutissant à la même conséquence : les aliments insuffisamment digérés parviennent dans l’intestin où ils régaleront vos bactéries indésirables, d’où l’installation d’une dysbiose .

Comme largement évoqué dans l’article précédent, il est également nécessaire d’éviter la prise de médicaments non indispensables entraînant des dysbioses.

Par ailleurs, certaines personnes possèdent des mucines intestinales (tapis muqueux protecteur) défavorables car elles ont une baisse d’activité de l’enzyme « Fucosyl Transférase » permettant d’accrocher un sucre spécifique aux mucines. Ces personnes seront beaucoup plus vulnérables aux altérations du microbiote, donc aux troubles digestifs, candidoses, infections urinaires, mycoses vaginales ou pénienne etc… Cette affection d’origine génétique se vérifie par un test génétique (pour en savoir plus lire l’article suivant) et se traite par la prise d’un complément alimentaire permettant de pallier à ce déficit.

Traiter l’origine du problème voilà tout l’intérêt du travail micronutritionnel ! En revanche n’oublions pas de traiter les conséquences ! La candidose altère la barrière intestinale conduisant à un état d’inflammation de bas grade et de très nombreux troubles associés (allergies, fatigue, altération immunitaire, risque d’autoimmunité, fatigue hépatique, etc…). Il faudra donc également traiter la porosité intestinale !

Une prise en charge par un professionnel de santé formé à la micronutrition sera alors très utile pour déterminer et traiter la cause du problème et ses conséquences !

Je tiens à préciser que les symptômes de la candidose ne sont pas uniquement spécifiques du candida albicans. Certaines maladies peuvent conduire à ce type de symptômes, d’où l’importance de consulter votre médecin afin de s’assurer de l’absence de pathologie.

De la même façon, d’autres troubles fonctionnels tels qu’une altération du fonctionnement de nos chaudières énergétiques (nos mitochondries), une dysfonction hépatique, un déficit thyroïdien ou bien encore, une porosité intestinale peuvent également donner plusieurs de ces symptômes. Le rôle du micronutritionniste ou thérapeute en santé naturel est de trouver l’origine de vos troubles et de les traiter.

Naturellement Votre !

Guénaelle Abéguilé, consultante et formatrice en Santé Fonctionnelle, co fondatrice de DFM Formations

Candida où es-tu ? Que fais-tu ? par Guénaëlle Abéguilé – Partie 2

Cet article est la suite de l’article : connaitre l’ennemi c’est mieux le combattre « Candida pas si Candide

Maintenant que vous me connaissez mieux, MOI, Candida Albicans, vous savez que je peux être responsable de différents troubles : Est-ce moi qui justifie votre fatigue, votre déprime, votre faiblesse immunitaire ? Suis- je le responsable de vos troubles digestifs, de vos mycoses récidivantes ? Est-ce que sans moi vous seriez plus motivé, plus concentré ? Votre libido serait-elle amplifiée ?

Sachez que Je ne choisis pas ma proie au hasard. Je suis peu compatible avec une bonne flore intestinale (microbiote eubiotique). Vos bactéries eubiotiques sont mes pires ennemis ! Lorsque vous préservez votre microbiote, vos bactéries me laissent peu de place pour me développer, de plus elles favorisent la fabrication d’un tapis protecteur pour l’intestin appelé mucines (mucosités protectrice de l’intestin). Les mucines de qualité représentent une formidable niche écologique favorisant le développement de vos bactéries eubiotiques et défavorisant le mien.

Je sommeille donc tranquillement dans votre intestin afin d’attendre le moment opportun pour me développer. Le moment où vos bactéries intestinales sont au plus faibles et vos mucines sont altérées. Si vous souhaitez comprendre comment je me développe, je dois vous livrer encore quelques petits secrets.

J’ai un pécher mignon :

LE SUCRE !!!!! J’adore le sucre ! En revanche, je suis un vrai flémard : j’aime le sucre facilement disponible ! J’ai l’habitude de me faire servir sur un plateau d’argent : bonbons, gâteaux, sucre de table, confiture, yaourts industriels, soda, miel, mais aussi : pain blancs, riz blanc et pâtes blanches et autres céréales raffinées. Plus l’aliment est transformé, raffiné, plus son index glycémique est rapide, et plus je me régale !! Quand tu en manges, je suis au paradis, rien de tel pour me donner un gros coup de fouet et me multiplier. J’utilise cela contre toi, en te donnant des envies irrépressibles de sucre. Mon meilleur ami est l’industrie agroalimentaire ! D’ailleurs je me réjouis d’avance du remaniement ministériel ! Avec l’entrée de mon amie Emmanuelle Wargon, ex lobbyiste en chef de Danone au gouvernement, je sais que j’ai un bel avenir devant moi !

J’élirai plus difficilement domicile chez vous qui consommez beaucoup de fibres alimentaires (fruits, légumes, céréales complètes, légumineuses). Je n’aime pas ça moi, les fibres ! Elles me donnent beaucoup trop de travail pour récupérer les sucres qu’elles contiennent ! En plus elles boostent la croissance de mes pires ennemies : tes meilleures amies : tes bactéries eubiotiques!

Mon 2ème meilleur ami est l’industrie pharmaceutique ! Ils ont découvert plusieurs molécules, parfois utiles, mais souvent utilisées à tord, qui ont fait de moi le maître de ton intestin !

Sur la première marche du podium de ces molécules fantastiques je nommerai : les antibiotiques ! Comme vous le savez, ce sont des antibactériens. Ils n’éliminent pas que vos mauvaises bactéries, les bactéries de votre microbiote sont également très vulnérables à ces molécules. En diminuant votre diversité microbienne intestinale, c’est pour moi le moment propice de coloniser votre intestin ! C’est pour cela que vous faites des mycoses vaginales ou péniennes à chaque traitement antibiotique. Vous pouvez toujours appliquer une crème antifongique sur vos parties intimes, mais je reviendrai, car je suis dans votre intestin !

D’autres molécules interfèrent également négativement avec votre microbiote :

Si vous consommez des AINS (anti inflammatoire non stéroïdien) vous altérez vos mucines, ainsi vos bactéries eubiotiques sont plus fragiles ce qui me donne l’avantage.

Si vous prenez des inhibiteurs de la pompe à proton (anti- acides pour l’estomac), vous modifiez le PH du contenu intestinal et vous altérez la digestion de vos protéines alimentaires: ceci altère la flore intestinale. Vous me voyez venir ??? Encore une fois, c’est moi qui en profite ! Je vous vois réagir : Les IPP sont souvent donnés pour éviter les brûlures gastriques qui accompagnent la prise d’anti inflammatoires !!!! Et là, pour moi, c’est le kiffe total !

La pilule contraceptive n’est pas en reste. Elle n’a pas permis de libérer que la femme ! En diminuant la diversité microbienne de votre intestin, je suis le premier à crier « LIBERTE » !!!

Par ailleurs, Je vous ai parlé du rôle de vos mucines dans l’équilibre de votre flore. La qualité des mucines est très liée à la qualité du microbiote, mais pas uniquement. Sachez que vous avez besoin d’un outil biochimique (une enzyme) qui permet d’attacher un sucre spécifique à ce tapis protecteur. Si vous faites partie des 20% de la population ayant cet outil non fonctionnel (d’origine génétique : FUT 2 non sécréteurs), votre flore sera plus vulnérable, et vous aurez un mal fou à vous débarrasser de moi !

Votre flore sera également altérée si vous ne mastiquez pas ou que vous êtes stressé. Dans ces conditions, vous faites entrer dans votre intestin des aliments non digérés, ceci alimente une flore dysbiotique (désequilibrée), altère vos mucines, ce qui me laisse, encore une fois de plus, de la place pour me développer.

Maintenant que je me suis un peu plus livré, vous comprenez ce qu’il faut faire ou ne pas faire pour éviter ma prolifération ! Entre nous : qui peut prétendre manger suffisamment de fibres, pas trop de sucre ou d’aliments à charges glycémiques élevées? Manger sans stress, bien mâcher. Ne pas prendre de médicament ni de pilule contraceptive ? Je suis un produit de l’évolution, j’ai su profiter de l’inadaptation entre votre microbiote et votre comportement! Et tout ça avec un minimum d’effort !

Vous avez bien compris, si vous ne voulez pas de moi : respectez votre microbiote intestinal qui est l’un des piliers fondamentaux pour la santé !

Je pensais vous livrer tous mes secrets en 2 articles , mais je suis un grand bavard et je ne suis pas encore prêt pour vous présenter mon talon d’Achille. Je vous livrerai donc cela dans un troisième article ! Ceci me laisse encore quelques jours pour me servir de vous !

Naturellement Votre !

Guénaëlle Abéguilé, Consultante et formatrice en santé fonctionnelle – Cofondatrice de DFM Formations

Candida Albicans : pas si candide ! Par Guénaëlle Abéguilé – Partie 1

Candida, un nom si doux, si pur, si innocent ; Et pourtant, lorsque j’envahis votre intestin, je parviens à prendre le contrôle de votre organisme, de votre comportement, à leurrer votre système immunitaire et à interférer avec votre cerveau !

Je suis une levure naturellement présente dans votre intestin. Lorsque votre flore intestinale est de bonne qualité, je reste sous forme de spore et me multiplie peu car vos bonnes bactéries intestinales eubiotiques (votre flore intestinale équilibrée) créent un climat non propice à mon développement. Dans ces conditions, nous vivons en symbiose.

Je suis un OPPORTUNISTE, lorsqu’on m’en laisse la possibilité je me développe, me multiplie et envahit votre intestin.

Je suis également un TRANSFORMISTE : je peux me métamorphoser et passer de la forme de « spore » à une forme « micellaire » : j’émets alors des filaments me permettant de me déplacer avec aisance dans votre intestin et même au delà : dans votre milieu intérieur en traversant la barrière intestinale. Je suis alors un ENVAHISSEUR. Je peux vous créer des mycoses un peu partout dans votre organisme. Au passage j’altère votre intestin en le rendant poreux, ce qui entraîne un état inflammatoire de bas grade, faisant le lit de nombreuses maladies de civilisation.

De l’autre côté de votre intestin je côtoie votre système immunitaire. Le système immunitaire est votre système de défense et de tolérance. Lorsque tout va bien, il est censé éliminer l’ennemi (= virus, bactéries, cellules cancéreuses…) et tolérer l’ami (= fractions d’aliments issus de la digestion, bactéries eubiotiques…).

Votre système immunitaire devrait donc sortir l’artillerie lourde afin de m’éliminer. Cependant, j’ai plus d’un tour dans mon sac! Ma première ligne de défense sont les filaments que j’ai développé. En plus de m’aider dans mes déplacements ils me permettent également de mettre en difficulté les cellules immunitaires qui tentent de me phagocyter (c’est-à-dire, de m’englober dans le but de me détruire).

Puisqu’on n’est jamais trop prudent, je fabrique des toxines me permettant de leurrer votre système immunitaire, de diminuer votre système de défense afin de me faire tolérer : un vrai COLLABO !! Ce faisant, j’affaiblis vos défenses, ce qui vous rend plus vulnérable aux infections, allergies etc …

Et puisque je veux être certain de pouvoir régner en maître dans votre intestin, je développe mon propre biofilm. C’est une sorte de « mucosité » me rendant résistant aux attaques de votre organisme et aux antifongiques qui pourraient m’être délétères. Dans mon biofilm, je suis protégé et parviens à me développer à l’abri de toute attaque ennemie.

Revenons à mes armes secrètes : je suis une vraie USINE CHIMIQUE ! Je fabrique plus de 35 différentes toxines. Certaines sont capables de passer la barrière intestinale et d’interférer sur vos fonctions organiques.

Connaissez-vous l’acétaldéhyde ? Non ? Mais si ! C’est le produit provenant de la dégradation de l’alcool par l’organisme, il est responsable de la gueule de bois ! Pas besoin de boire pour s’alcooliser et métaboliser cette toxine! Je le fais à votre place ! L’acétaldéhyde est également responsable d’une diminution de synthèse de dopamine. La dopamine est le starter du début de journée, favorisant l’entrain, la motivation, la concentration, la libido!

Je suis également très fière de fabriquer du tartarate bloquant l’activité de vos chaudières énergétiques appelées mitochondries. Ceci entraîne une diminution de la synthèse d’énergie (donc de la fatigue) et une augmentation des déchets (les radicaux libres !)

Je synthétise également des toxines opioïdes responsables d’un abaissement du seuil de la douleur : je fais de vous de véritables chochottes ! Ces toxines interfèrent sur les récepteurs à l’opium au niveau du cerveau ! Elles stimulent l’aire cérébrale de la récompense, ce qui vous donne des envies irrépressible de sucre !!! Et tout ça pour : MOI, qui règne dans votre organisme!! Car le sucre est MON carburant ! Ainsi en succombant à vos pulsions, vous me nourrissez, MOI, afin que je puisse mieux vous envahir. Ceci fait de moi le meilleur des MANIPULATEUR.

Je fermente le sucre que vous consommez dans votre intestin : Une vrai USINE A GAZ ! Comme dans une bouteille de bière, la fermentation conduit à une production importante de gaz, ce qui entraîne des désagréments digestifs : ballonnements, troubles du transit, diarrhée, constipation, production de gaz, spasmes…

Opportuniste, Transformiste, envahisseur, Collabo, manipulateur, usine chimique, usine à gaz, je peux être à moi seul responsable de votre déprime, fatigue, mycoses récidivantes, envie irrépressibles de sucres, faiblesse immunitaire, allergies, baisse de motivation de concentration, troubles du transit, ballonnements, prise de poids….

Dans le prochain épisode (article 2) je vous expliquerai comment je parviens à mieux me développer chez certains individus, comment savoir si je vous habite et je vous livrerai peut-être quelques secrets afin que vous ayez une chance de vous débarrasser de moi !!!!

En attendant, n’hésitez pas à partager l’article. Cela me permettra de maintenir la motivation nécessaire pour continuer à prendre du temps pour partager mes connaissances avec vous!

Naturellement Votre !

Guénaëlle Abéguilé, Consultante et formatrice en santé fonctionnelle – Cofondatrice de DFM Formations

Irritabilité, impulsivité, compulsion alimentaire: Et si c’était un déficit de sérotonine ? Par Guénaëlle Abéguilé

La sérotonine est un neurotransmetteur (molécule chimique qui assure la transmission des messages d’un neurone à l’autre) responsable du bien-être, du lâcher prise, de la sérénité. C’est le “frein physiologique” de la fin de journée. La sérotonine est également le précurseur de la mélatonine (Hormone du sommeil): pas de bon sommeil récupérateur sans sérotonine !

Les personnes souffrant d’un manque de sérotonine seront alors souvent impatients, agacés, irritables, parfois même agressifs. Ils peuvent souffrir également de compulsions alimentaires de type sucré ou gras en fin de journée. D’autres seront reconnaissables car ils ne lâchent jamais prise, ils doivent tout maîtriser et ruminent en permanence ! « Mon cerveau ne s’éteint pas, je ne trouve pas le bouton off »…Lorsque nous leur évoquerons ce neurotransmetteur de la sérénité, du lâcher prise, nous verrons leurs yeux s’illuminer et ils nous diront « ça fait rêver », tandis que d’autres s’enfonceront dans leur chaise et vous diront : « je ne connais pas »

La sécrétion de sérotonine obéit à un rythme biologique circadien (sur 24 h). Son principal pic de sécrétion à lieu vers 17 h, permettant une fin de journée apaisée, sereine, tandis que la première partie de journée, sous la dépendance de la dopamine, doit être plus combative, plus énergique.

Ce neurotransmetteur est synthétisé à partir d’un précurseur : l’acide aminé tryptophane. La synthèse de la sérotonine à partir de cet acide aminé n’est pas un long fleuve tranquille. De l’assiette jusqu’à sa synthèse et au-delà. Voyageons au côté du tryptophane pour comprendre les différents obstacles rencontrés lors de cette grande aventure.

Les principaux freins à la synthèse de la sérotonine sont les suivants :

  • Détournement du tryptophane de la voie de synthèse de sérotonine
  • Obstacles empêchant son entrée dans le cerveau.
  • Déficits micronutritionnels de cofacteurs indispensables à sa synthèse.
  • Difficulté de communication neuronale par insuffisance de fluidité membranaire

Le tryptophane dans l’assiette

Le tryptophane est un acide aminé essentiel, c’est-à-dire que notre organisme ne peut pas le synthétiser, il doit être alors apporté en quantité suffisante par l’alimentation. Ceci représente un premier frein à la synthèse de sérotonine. Nous trouvons du tryptophane dans de nombreux aliments d’origine végétale et animale.

1 – Les voies de détournement du tryptophane:

La Dysbiose (=déséquilibre du microbiote)

Dans l’intestin il rencontrera alors son premier obstacle. Il rentre en contact avec notre microbiote intestinal. Il ne craindra pas un microbiote équilibré, en revanche, les bactéries de putréfaction telles que les clostridiums raffolent du tryptophane. Elles le dévoreront, celui-ci ne sera donc plus disponible pour synthétiser de la sérotonine. Une personne souffrant de dysbiose de putréfaction (facilement reconnaissable à l’odeur de ses gaz!) sera alors beaucoup plus sujet au déficit de sérotonine. Si nous apportons du tryptophane en complément alimentaire dans ce cas, non seulement nous n’aurons pas l’effet escompté, mais nous nourrirons ces mauvaises bactéries et aggraverons la dysbiose. Il paraît alors évident que le traitement du microbiote permettra d’améliorer la biodisponibilité du tryptophane qui pourra alors être absorbé et, si les autres obstacles sont maîtrisés, il pourra se transformer en sérotonine. Notre sujet retrouvera alors bien-être et sérénité ! Ceci illustre un des liens entre microbiote et cerveau ;-).

L’inflammation

La deuxième voie de détournement du tryptophane est l’inflammation. Celle-ci fait dévier le tryptophane vers la voie de la kinurénine. Non seulement le tryptophane ne sera plus disponible pour fabriquer de la sérotonine, mais en plus, l’inflammation lui fera emprunter cette voie neuro toxique responsable de dépression et d’anxiété. Les études indiquent bien une corrélation entre inflammation et dépression. Il paraît alors nécessaire de moduler l’inflammation pour améliorer la synthèse de sérotonine. Cette prise en charge nécessite de repérer et de traiter les causes fonctionnelles responsables de cette inflammation.

Le déficit de vitamine B3

Enfin, la 3ème voie de détournement est la carence en vitamine B3. Cette dernière est fabriquée à partir du tryptophane. En cas de carence de vitamine B3, une grande quantité du tryptophane absorbé sera consommé pour synthétiser cette vitamine. Une optimisation du niveau de Vitamine B3 épargnera le tryptophane qui pourra alors emprunter la voie de synthèse de sérotonine.

Dans ces 3 conditions (inflammation, dysbiose et carence de Vit B3), l’apport de tryptophane sera inefficace. En revanche, le 5 HTP contenu dans la Griffonia échappera à ces voies de détournement. Il pourra alors trouver sa place dans le traitement des déficits de sérotonine. En revanche, contrairement au tryptophane, le 5HTP échappera au rétrocontrôle sur la synthèse de sérotonine. C’est-à-dire que si nous apportons trop de 5 HTP par rapport aux besoins, nous synthétiserons trop de sérotonine. Il faut donc rester prudent lors de son administration en cas de traitement antidépresseur type inhibiteur de la recapture de sérotonine (ISRS). Dans ce cas évitez une complémentation sans consultation auprès d’un professionnel de santé formé en micronutrition ou en phytothérapie.

Dans tous les cas, la priorité sera de repérer et de traiter les éventuelles causes de détournement du tryptophane pouvant être à l’origine du déficit de sérotonine. Le traitement du microbiote, la prise en charge de l’inflammation et la restauration d’un statut optimal en B3 pourront alors suffire pour retrouver notre sérénité.

Lorsque les voies de détournements sont maîtrisées, il faut s’assurer que le tryptophane puisse passer à travers la barrière hémato-encéphalique pour entrer dans le cerveau, lieu de la synthèse de cette sérotonine centrale.

2- Les obstacles empêchant l’entrée du tryptophane dans le cerveau

Détachement de l’albumine

Dans le sang, le tryptophane est pris en charge par un transporteur : l’albumine qui le conduit jusqu’au cerveau. Il doit alors se détacher de ce transporteur afin de traverser la barrière hémato encéphalique (barrière entourant le système nerveux central) et d’entrer dans le cerveau.

Pour favoriser son détachement de l’albumine, plusieurs stratégies existent : L’activité physique, la sexualité et la consommation de gras favoriseront cette opération (ainsi que le lithium). C’est ainsi que le sport augmente la sécrétion de sérotonine, un des facteurs responsables du bien-être ressenti pendant l’activité physique. Certains grands addicts au sport sont de grands déficitaires de sérotonine qui dès lors seront bien équilibrés par le sport. Lorsqu’ils doivent arrêter leur activité physique pour blessure ou autre, ils sont parfois très irritables, impatients et parfois même aggressifs ….D’autres trouveront une autre compensation en se jetant sur la nourriture !

En compétition pour l’entrée dans le cerveau!

Une fois détaché de l’albumine, le tryptophane emprunte un autre transporteur (sorte de porte d’entrée) pour passer la barrière hémato-encéphalique (BHE) et entrer dans le cerveau, lieu de la synthèse de sérotonine centrale. Le tryptophane doit « partager cette porte d’entrée » avec d’autres acides aminés compétiteurs, notamment ceux qu’on appelle les acides aminés branchés et la tyrosine. Plus ces acides aminés seront présents « à la porte », moins le tryptophane pourra rentrer dans le cerveau.

Ces acides aminés branchés sont présents en grande quantité dans les protéines animales. Ainsi la consommation de viandes, charcuteries (et dans de moindre proportion : les poissons, les œufs et produits laitiers) apportera de grandes quantités d’acides aminés branchés au niveau du transporteur de la BHE, limitant l’entrée du tryptophane dans le cerveau. Pour rappel, nous avons besoin de sérotonine en fin de journée. Pour améliorer sa synthèse, nous devons caler notre rythme nutritionnel sur notre rythme biologique : il est alors judicieux d’éviter les protéines animales à ce moment de la journée. Ce type d’approche porte le nom de chronobiologie alimentaire. En cas de déficit de sérotonine, privilégiez un dîner végétalien pour faciliter l’entrée du tryptophane dans le cerveau. Votre soirée sera alors plus zen et votre sommeil plus profond !

D’autres stratégies permettent de détourner les acides aminés compétiteurs du tryptophane et donc de laisser la porte totalement disponible pour l’entrée du précurseur de la sérotonine dans le cerveau. Ces stratégies consistent à faire monter notre taux d’insuline. L’insuline, hormone produite en réponse à l’augmentation du taux de « sucre » dans le sang, détournera les acides aminés branchés de notre cerveau. Ils seront alors moins nombreux à se bousculer aux portillons et le tryptophane entrera plus facilement dans le cerveau. Ainsi, la consommation d’aliments glucidiques entraîne une augmentation de la sérotonine. Ceci explique les compulsions alimentaires de fin de journée de types sucrées ressenties par les personnes souffrant de déficit de sérotonine. Le problème c’est que ces compulsions nous dirigent vers des aliments de type « sucres rapides » augmentant rapidement l’insuline donc la sérotonine (d’où un sentiment de mieux être) mais cette augmentation trop rapide sera suivie d’une hypoglycémie réactionnelle donc d’une chute de l’insuline et de sérotonine. Cette chute expliquera alors le changement d’humeur, l’irritabilité et de nouveau les compulsions alimentaires entretenues par la consommation de « sucres rapides ».

En revanche, nous pouvons utiliser cette stratégie d’une manière plus raisonnée : Prendre un goûter vers 17 heures (heure du pic de sécrétion de sérotonine pour respecter notre chronobiologie) contenant des sucres lents. Ceux-ci permettront de faire monter doucement et durablement l’insuline, entraînant une augmentation stable et durable de la sérotonine jusqu’en début de soirée permettant une humeur plus sereine, une meilleure maîtrise du stress, un meilleur contrôle des compulsions alimentaires et une bonne synthèse de mélatonine nocturne ! Ca fait rêver non ? Donc vers 17 heures, consommez quelques oléagineux accompagnés de chocolat noir ou d’un fruit !

3- Déficits micronutritionnels de cofacteurs indispensables à la synthèse de sérotonine

Par ailleurs, une fois rentré dans le cerveau, le tryptophane doit être transformé en sérotonine, pour cela il aura besoin d’un bon niveau de magnésium, vitamine B9, B12, de Zinc et de Fer. Si un seul manque, la synthèse sera limitée. Un statut optimal en vitamines et minéraux est alors indispensable.

4- Difficultés de communication neuronale par insuffisance de fluidité membranaire

Enfin, comme pour tout neurotransmetteur, pour être efficace, la sérotonine produite à besoin d’être bien déversée dans la fente synaptique (espace entre 2 neurones) et bien réceptionnée par le neurone postsynaptique pour véhiculer son « message de bien-être ».

Pour cela des membranes neuronales souples sont indispensables ! Ces membranes sont constituées de grandes quantités d’acides gras (=les graisses). Les acides gras permettant d’avoir des membranes cellulaires bien souples sont les acides gras insaturés et tout particulièrement les omégas 3. Alors usons et abusons des bonnes huiles végétales riches en oméga 3 (colza, lin, cameline) et des petits poissons gras (sardines, maquereaux, anchois, hareng).

Et puisque nous ne pouvons pas évoquer les omégas 3 sans parler des antioxydants, je rajouterais simplement un mot pour dire que ces acides gras sont magiques à condition qu’ils ne soient pas oxydés par les radicaux libres ! Pour cela une alimentation riche en anti oxydants est indispensable ! Remplissez vos assiettes de couleurs ! Les fruits et légumes les plus colorés sont souvent les plus riches en antioxydant et polyphénols ! Favorisez une alimentation biologique ou raisonnée, abusez des aliments tel que thé vert, curcuma, gingembre, aromates, chocolat noir, baies, légumes feuilles vertes ! Une étude a même démontré que l’optimisme était corrélé au taux de caroténoïde sanguin ! Le Docteur Coudron vous dirait : « Ma grand-mère avait raison ! « Les carottes, ça rend aimable » ! »

Vous avez dès lors compris qu’une bonne synthèse de sérotonine est loin d’être gagnée d’avance. Une bonne maîtrise et compréhension des voies biochimiques menant à sa synthèse est nécessaire afin de lever tous les freins responsables de son déficit. Ceci passera par la mise en place d’un protocole nutritionnel chronobiologique ainsi qu’une complémentation alimentaire adaptée, précise et individualisée en fonction de votre clinique et de votre biologie.

En vous souhaitant une belle sérénité,

Naturellement Votre 😉

Guénaelle Abéguilé, Consultante et formatrice en Santé Fonctionnelle, co fondatrice de DFM Formations

Thyroïde: ne vous inquiétez pas, votre TSH est dans les normes! Par Guénaëlle Abéguilé

Les recommandations de l’HAS (Hautes Autorité de Santé) concernant le diagnostic et la prise en charge de l’hypothyroïdie sont tout simplement DRAMATIQUES et SCANDALEUSES. Elles ne prennent absolument pas en compte la physiologie et la biochimie cellulaire. Je vous mets en pièce jointe dans les commentaires ces recommandations HAS.

La sonnette d’alarme est sonnée uniquement lorsque la TSH et la T4L sont augmentées! Si seule la TSH est augmentée, ils recommandent de redoser quelques mois plus tard!!!!!!…..? Et pendant ce temps, que se passe-t-il….? Et bien on attend que tout se dérègle pour que vous rentriez dans une case, si le patient n’est pas tombé en dépression entre temps …. A la prochaine visite, avec un peu de chance votre TSH et votre T4L seront “anormales” et on vous proposera un traitement : celui qui porte le nom d’un dinosaure digne d’un traitement de son époque (du moins s’il est pris sans assurer sa conversion en hormone active).

Effectivement cette molécule est de la T4 (et bien oui, elle est enfin basse, donc il faut la remonter!). Mais savez-vous que cette hormone est très peu active? Il faut au préalable qu’on lui retire un atome d’iode pour se transformer en T3 qui elle, est active. La T3 à dosage optimal (qui ne correspond pas aux normes des laboratoires) vous permet de “fabriquer” de l’énergie, de brûler vos calories, de réguler votre température, d’améliorer votre masse musculaire, votre libido, votre moral, etc….

Donc si vous êtes capable de transformer votre médicament en T3, tout devrait bien se passer….Mais est-ce vraiment le cas ? De quoi avons-nous besoin pour transformer ce “dinosaure” en T3 ? Cela nécessite des micronutriments, indispensables à l’activité de l’enzyme qui permet cette opération, la 5’Déiodinase. Ces micronutriments sont le zinc, le sélénium, le magnésium et le fer. Une fois synthétisée, la T3 doit passer la membrane cellulaire, cette étape des membranes cellulaires souples (oméga3). Enfin pour agir la T3 nécessite de la Vitamine A. Par ailleurs, cette conversion T4 en T3 est bloquée par la présence de stress ou de métaux lourds (qui vont entraîner une conversion T4 en T3 “reverse” qui est inactive).

En bref, l’administration du fameux médicament n’a quasiment aucune chance d’être optimale sans faire un dosage, puis optimiser les cofacteurs déficitaires (sélénium, zinc, fer, magnesium, vit A et oméga 3). Il est également nécessaire de prendre en charge le stress et de limiter l’exposition aux métaux lourds.

Mais bien avant la prise de ce médicament, si vous souffrez de quelques signes d’hypothyroïdie : fatigue, constipation, prise de poids, difficulté à perdre du poids, moral fluctuant, migraines, frilosité, gonflement des extrémités et des yeux le matin, chute des cheveux, ongles cassants, baisse de la libido, reflux ou gène gastrique, il est nécessaire de faire doser la TSH qui doit être inférieur à 1,5 et non pas à 4 comme le recommande l’HAS!!!! La T3 doit être élevée, mais la présence de T3 reverse peut induire en erreur. Si la T4 est basse par rapport à la TSH, cela peut indiquer une difficulté de synthèse pouvant évoquer un déficit d‘iode ou de fer indispensable à la synthèse de T3.

Il est très intéressant, même en prévention, de faire doser l’iode dans les urines, le dosage optimum doit être autour de 150 microgrammes/L! Même chez moi, en bord de mer, en Bretagne, je retrouve souvent des taux entre 25 et 50!!! Un faible taux d’iode prédispose à l’hypothyroïdie et favorise le développement de l’auto immunité= maladie de Hashimoto. Ceci est d’autant plus probable qu’il existe un déficit en Vit D (elle doit être au-dessus de 60 ng/ml ! Et oui, chez moi en Bretagne il m’arrive de voir des déficits en vit D ;)… Bon OK, je dois vous avouer: je n’ai jamais vu un bon dosage en vit D sans complémentation ….

Par ailleurs, un bon statut en iode chez la femme enceinte, est indispensable au développement du système nerveux de son bébé, il est dommageable de ne pas le faire doser en systématique en périconception. Un taux bas chez maman est inversement corrélé au Q.I de l’enfant… Et puis on s’étonne du développement d’hypothyroïdie après la grossesse, ceci pourrait être évité si la maman n’entamait pas sa grossesse avec un taux d’iode aussi bas.

Dans les recommandations de l’HAS, il n’y a aucune place pour le dosage de ces micronutriments (Zinc, Selenium, Fer, Magnesium, iode, vitD, Vit A, oméga 3)…. Comme si ces derniers étaient totalement ignorés du corps médical! Ce sont pourtant des substances indispensables au fonctionnement de l’organisme. Malheureusement ces derniers ne sont pas brevetables, ils n’attirent donc pas l’attention des lobbyistes.

Enfin, les signes cliniques doivent attirer l’attention même avant que la biologie soit évocatrice, car les normes de la population générales ne sont pas forcément vos normes à vous. Le bon traitement de la thyroïde, n’est pas celui qui normalise votre TSH, mais bien celui qui améliore votre bien être physique et moral !

Naturellement Votre

Guénaëlle Abéguilé