Hypothyroïdie : Le point de vue de la santé fonctionnelle par Guénaëlle Abéguilé

Les hormones thyroïdiennes régulent à elles seules la quasi-totalité de nos fonctions : fonctions digestives, microbiotales, métaboliques, thermorégulation, reproduction, immunoinflammatoires, neuropsychiques… Elles permettent même la régulation de l’équilibre hormonal dans sa globalité.

Les troubles de la fonction thyroïdienne vont alors altérer la santé du patient dans son ensemble et peuvent être responsables de très nombreux signes cliniques diverses et variés.

L’hypothyroïdie est pourtant largement sous-estimée dans notre population.

Pour cause, son évaluation repose essentiellement sur le dosage de la TSH. Pourtant de nombreuses situations expliquent une absence de relation entre le taux de la TSH et le taux d’hormones thyroïdiennes.

Ces patients hypothyroïdiens à TSH normale ne vivent pas à leur plein potentiel.

De par la diversité des actions des hormones thyroïdiennes, l’hypothyroïdie peut prendre de nombreux visages différents, ce qui ne facilite pas le diagnostic.

 Quand évaluer la fonction thyroïdienne?

De par la fréquence des troubles thyroïdiens et leur impact sur l’ensemble des fonctions de l’organisme, il me semble nécessaire de procéder à une évaluation clinique de la thyroïde pour tous nos patients. Celle-ci sera complétée d’une investigation biologique que si la clinique est évocatrice.

Quels sont les signes cliniques à rechercher ?

Les signes cliniques qui doivent nos orienter vers une hypothyroïdie sont diverses et variés. Nous pouvons retrouver :

  • Une prise de poids ou une difficulté à la perte de poids
  • Une frilosité, des extrémités froides, voire un syndrome de Raynaud
  • Une fatigue, souvent plus importante le matin. Une sensation d’être au « ralenti »
  • Une perte de cheveux diffuse, parfois une perte de la queue du sourcil
  • Une constipation, des reflux, une lenteur digestive, des ballonnements
  • Une peau sèche (tout particulièrement au niveau des tibias)
  • Une baisse de libido, de l’hypofertilité, des fausses couches
  • Des œdèmes autour des yeux, des doigts et des pieds (plus présents le matin)
  • Une coloration jaune-orangée de la paume des mains, plante des pieds ou du voile du palais

Nous pourrions ajouter de nombreux signes cliniques, mais plus nous en ajoutons, plus nous perdons en spécificité.

La spécificité, là est le problème! Vous pouvez constater qu’aucun signe clinique n’est pathognomonique de l’hypothyroïdie. En effet, les causes de prise de poids, de troubles digestifs ou de fatigue sont nombreuses… Il est donc nécessaire d’aborder le patient avec un certain recul, dans sa globalité et de s’interroger  pour  savoir si ce signe peut être révélateur d’une autre dysfonction.

C’est tout l’art de la démarche fonctionnelle en micronutrition.

Lorsque la clinique est évocatrice, elle doit être complétée d’une investigation biologique. Bien que l’investigation clinique prime sur la biologie, cette dernière s’avère indispensable pour quantifier l’importance de l’hypothyroïdie, pour permettre d’objectiver l’impact de la prise en charge et surtout pour identifier les causes biologiques de l’hypothyroïdie, celle qui nous permettront d’élaborer la prise en charge fonctionnelle.

Comment évaluer la fonction thyroïdienne par la biologie ?

Faire doser la TSH ?

Face à toute suspicion d’hypothyroïdie, la haute autorité de santé recommande de faire le dosage de la TSH.

La TSH n’est pas une hormone thyroïdienne mais une hormone produite par le cerveau, au niveau de l’hypophyse. On évalue alors la fonction thyroïdienne de manière indirecte.

La TSH à pour but de stimuler la production d’hormone thyroïdienne par la thyroïde elle-même lorsque ces hormones viennent à manquer. On comprend alors la logique : Les hormones thyroïdiennes baissent, le cerveau reçoit l’information, en retour l’hypophyse augmente sa production de TSH pour normaliser la situation. S’en suit alors une augmentation de la production d’hormone thyroïdienne et donc une régulation de la TSH… Donc, en partant de ces constats, lorsque les hormones thyroïdiennes sont basses  (hypothyroïdie) la TSH monte et lorsque les hormones thyroïdiennes sont hautes (hyperthyroïdie) la TSH baisse.

Jusque-là tout va bien.

Mais en réalité, il existe de nombreuses situations où la TSH ne reflète pas le statut en hormones thyroïdiennes !

Dans quelle situation peut-il avoir discordance entre TSH et hormones thyroïdiennes ?

 Ces tableaux sont loin d’être rares. Citons :

  • L’hypothyroïdie centrale : dans cette situation, l’hypophyse n’est plus en mesure de synthétiser de la TSH. La TSH baisse et la thyroïde n’est plus stimulée, les hormones thyroïdiennes viennent alors à manquer…On aura alors une hypothyroïdie à TSH basse !
  • La normalisation de la TSH par des hormones thyroïdiennes non actives : Nous verrons plus loin que seule l’hormone thyroïdienne T3 est active. Cependant elle n’est pas la seule à normaliser la TSH. La T4, pré-hormone, non active exerce également le rétrocontrôle sur la TSH. On peut donc avoir une TSH normale avec un taux de T4 « inactive » normale et un déficit de T3 active. Il y a encore hypothyroïdie (par déficit de T3) à TSH normale.
  • Cette même situation se retrouve avec un excès de T3 reverse, qui exerce également un rétrocontrôle sur la TSH. Nous en reparlerons plus loin.
  • La résistance à la TSH : les récepteurs à la TSH répondent plus difficilement à la présence de l’hormone, ainsi pour normaliser la synthèse d’hormones thyroïdiennes, l’hypophyse synthétise plus de TSH. Dans cette situation, on peut alors avoir un patient normothyroïdien à TSH haute.

On comprend alors que la TSH n’est pas un bon marqueur du fonctionnement thyroïdien.

Ce bilan doit être complété à minima par le dosage des hormones thyroïdiennes.

Quelles sont les hormones thyroïdiennes ?

La thyroïde fabrique de la T4 en quantité et un peu de T3. La T4 est une hormone très peu active, pour être fonctionnelle, elle nécessite d’être convertie en T3 par les tissus périphériques (notamment foie et rein).

De quoi avons-nous besoin pour convertir la T4 en T3 ?

En plus d’avoir des organes périphériques fonctionnels (foie, rein…), il faut avoir des enzymes de conversion fonctionnelles dans un environnement optimal.

Je m’explique :

Les enzymes qui interviennent dans la conversion de T4 en T3 sont appelées les désiodases. La principale intéressée est la 5’desiodase  de type D2. Elle se charge d’enlever un atome d’iode à la T4 (4 atomes d’iode) pour en faire de la T3 (3 atomes d’iode).

Il existe de grandes variations au niveau de la fonctionnalité de ces enzymes. Une des causes de ces variations d’activité est génétique. Certains de nos patients ont hérité d’une mauvaise version du gène par un ou deux de leurs parents, ainsi ils ont une enzyme plus ou moins fonctionnelle, et une aptitude à convertir la T4 en hormone active plus ou moins importante.

Ce n’est pas tout, comme pour toute opération biochimique, ces enzymes doivent être dans un environnement optimal.

Un environnement optimal nécessite notamment que ces enzymes aient à leur disposition tous les micronutriments nécessaires à leurs fonctionnements. Il en faut de nombreux, mais les principaux concernés sont le sélénium et le zinc. Ces micronutriments sont alors pertinents à faire doser en cas de défaut de conversion de T4 en T3.

Un environnement optimal c’est aussi l’absence d’éléments perturbateurs pour le fonctionnement de l’enzyme en question. Citons par exemple l’importance de la gestion du stress, de l’absence des métaux lourds, tout particulièrement le mercure, le plomb et le cadmium ou encore l’absence de déficit énergétique.

Mais alors la T4 ne sert à rien ?

La T4 est une hormone considérée comme non active (bien que ce concept ne soit pas tout à fait juste), mais son dosage est nécessaire. En effet, en tant que « pré-hormone » de la T3, il faut s’assurer que la synthèse de la T4 soit suffisante pour permettre une bonne réserve de précurseur de l’hormone active. En cas d’hypothyroïdie par manque de T3, le dosage de T4 permettra de savoir si l’optimisation de la conversion T4 en T3 suffira à normaliser la T3 ou s’il semble également nécessaire d’optimiser le réservoir.

De quoi avons-nous besoin pour fabriquer de la T4 ?

 La T4 est fabriquée à partir de la tyrosine, un acide aminé. Il faut donc des apports journaliers protéiques suffisant pour assurer les besoins. 4 atomes d’iode sont nécessaires à la synthèse de la T4. Une évaluation de l’iode dans les urines (iodurie de 24 h ou du matin si le patient n’urine pas la nuit) permettra d’évaluer le statut et d’individualiser les apports au besoin. Les carences d’iode sont encore aujourd’hui extrêmement fréquentes même chez les mangeurs de poissons et crustacés. Croyez mon expérience de praticien Bretonne, avec des patients ostréiculteurs….

Une T3 « normale » me permet d’exclure une hypothyroïdie ?

Et bien non plus…

Ouvrons tout d’abord le sujet de la « normalité ». Est-ce qu’être dans la norme est satisfaisant ? Ne faisons pas durer le suspense, la réponse est clairement non ! Les normes présentées par le labo ne sont en aucun cas des normes santé. Ce sont des normes statistiques qui reprennent les valeurs regroupant 95% des données biologiques des patients du laboratoire.

Pour reprendre les propos de Dr Stéphane Résimont, médecin fonctionnel spécialisé dans les troubles hormonaux : « ne prendre en charge que les patients qui sortent des normes des labos, reviendrait à ne mettre des lunettes qu’aux patients qui sont presqu’aveugles et de dire aux autres : circulez ». J’oserai ajouter : « y’a rien à voir » !

Donc : non, une T3 dans la norme ne veut pas dire que tout va bien, il faut plutôt s’assurer que le patient soit autour de la norme santé, c’est-à-dire autour de 5 pmol/L. Mais encore une fois de plus, c’est la clinique qui prime, si un patient n’a pas de symptômes à 4,5 pmol/L, ne cherchons pas de problèmes là où il n’y en a pas.

Donc une T3 optimale autour de 5 pmol/L me permet d’exclure une hypothyroïdie ?

Et bien, non, toujours pas….

Plusieurs situations expliquent que la T3 ne puisse exercer « son job ».

Parmi ces situations citons :

  • L’excès de T3 reverse : hormone obtenue à partir de T4 lorsque que nous sommes en présence de métaux lourds, de déficit en sélénium ou zinc, lorsque nous sommes stressés ou lorsqu’il y a un déséquilibre œstroprogestatif. La T3 reverse bloque l’action de la T3 en prenant sa place sur les récepteurs.
  • Le déficit de Vitamine A et de magnésium tous deux indispensables au fonctionnement du récepteur.
  • Le déficit de cortisol qui accélère le catabolisme de la T3
  • La dysbiose associée à une porosité intestinale. Dans cette situation, des molécules, appelées Lipopolysaccharides, franchiront la barrière intestinale et prendront la place des hormones thyroïdiennes sur les récepteurs, ainsi la T3 ne pourra plus s’y fixer.
  • L’inflammation qui peut altérer le fonctionnement des récepteurs, rendant le patient résistant aux hormones thyroïdiennes.
  • Les polymorphismes génétiques concernant les récepteurs aux hormones thyroïdiennes

Face à la complexité du fonctionnement thyroïdien, il semble évident que son évaluation à partir du dosage de la TSH seule est plus qu’approximatif et laisse de nombreux patients hypothyroïdiens sur le banc de touche.

L’investigation fonctionnelle de la thyroïde doit faire appel avant tout à la clinique. Un patient présentant des signes cliniques d’hypothyroïdie avec une biologie « normale » ne fonctionne pas à son optimum.

Les conséquences sont multiples et touchent les fonctions reproductives, digestives, immuno-inflammatoires, métaboliques, neuropsychiques et endocriniennes.

Le rôle de praticien en santé fonctionnelle est de rechercher pourquoi il y a une discordance entre la clinique et la biologie et de prendre encharge de manière très spécifiques les dysfonctions causales.

Guénaëlle Abéguilé, Consultante et formatrice en santé fonctionnelle, cofondatrice de DFM formations, auteure du Livre « Troubles Hormonaux reprenez le pouvoir« 

Le cursus Duo Pratik

DFM formations c’est tout d’abord son cursus de formation en micronutrition : le cursus « Duo Pratik » par Guénaëlle Abéguilé et Bruno Mairet. Il est la véritable colonne vertébrale de notre organisme de formation.

54 vidéos pour un tarif de 2100 € (soit une remise de 175€). Des quizz pour chaque vidéo + support de formation PDF téléchargeable. L’achat d’un module vous donne accès un groupe Facebook privé.

 13 jours de formation sur 10 mois. Avec Guénaëlle Abéguilé et Bruno Mairet. Pour voir les dates sur Lyon et Paris, cliquez sur le lien ci-dessous.

Une formation certifiante sur 13 journées (91 heures) de formation sur 6 mois pour un tarif de 2150 € (soit une remise de 190€). L’achat d’un module vous donne accès un groupe Facebook privé. Nouvelles dates 2025.

Pilule contraceptive : Le point de vue de la santé fonctionnelle par Guénaëlle Abéguilé

Symbole de l’émancipation de la femme dans les années 60, perçue comme une évolution par les mouvements féministes, la pilule contraceptive respecte-t-elle véritablement la femme ?

Dans cet article, je vous expose mon point de vue de praticien en santé fonctionnelle.

Qu’est-ce qu’une pilule contraceptive ?

Pour faire simple, une pilule contraceptive est un médicament contenant des hormones de synthèse ayant pour but d’empêcher la conception.

Le type de pilule le plus couramment prescrit est la pilule oestroprogestative.

Comme son nom l’indique, elle contient un œstrogène de synthèse ainsi qu’un progestatif. Ces hormones de synthèse contenues dans la pilule ne sont pas les mêmes que les hormones que nous produisons naturellement au cours du cycle ovulatoire. Leurs structures biochimiques diffèrent sensiblement de leurs homologues naturelles. C’est la structure d’une molécule qui lui confère sa fonction. Nous comprenons alors que les fonctions des hormones de synthèse diffèrent de celles des hormones naturelles que notre organisme a apprivoisé depuis la nuit des temps.

En effet, l’éthinylestradiol, œstrogène de synthèse contenu dans la pilule contraceptive, ne peut pas se vanter de mimer les bienfaits santé des œstrogènes naturels ! De la même manière, les progestatifs (progestérone de synthèse) ne peuvent pas égaler notre formidable, notre bien-aimée, notre meilleure amie pour la vie, je nomme : la progestérone !

Par ailleurs, la pilule contraceptive inhibe l’axe hypothalamo hypophysaire, tour de contrôle du système hormonal, ce qui empêche la synthèse ovarienne de ces formidables hormones sexuelles naturelles. Je vous invite à lire mon article intitulé : « J’ovule donc je suis », pour mieux comprendre l’intérêt des hormones du cycle sur la santé.

Vous l’aurez compris, en bloquant le cycle ovulatoire, la pilule contraceptive prive la femme des effets santé des hormones sexuelles.

Pour quels motifs, la pilule contraceptive est-elle prescrite ?

Initialement prescrite pour la femme souhaitant éviter une grossesse, la pilule contraceptive est aujourd’hui prescrite pour toutes les indications possibles et imaginables :

  1. Régulariser les cycles
  2.  Arrêter les règles douloureuses
  3. Diminuer les règles abondantes
  4. Prévenir le syndrome prémenstruel
  5.  Anticiper (voire modifier) le jour des règles
  6. Arrêter les règles
  7. Corriger une anémie
  8. Traiter l’acné
  9. Détendre monsieur
  10. Rassurer la belle-mère….
Et alors, la pilule fonctionne-t-elle pour toutes ces indications ?

Avant de répondre à cette question, interrogeons-nous : Que signifie « fonctionner » ?

Est-ce que faire taire un symptôme est satisfaisant ? La femme qui a des règles douloureuses, abondantes ou un syndrome prémenstruel se verra très certainement soulagée par la pilule. Mais cette solution permet-elle de corriger les causes de ses troubles ? Et si ce n’est pas le cas, quelles en sont les conséquences ?

Les désagréments prémenstruels et les règles douloureuses et/ou abondantes proviennent généralement d’un déséquilibre oestroprogestatif (la femme est plus fortement imprégnée d’œstrogènes que de progestérone). En prenant une pilule, la femme va empêcher la sécrétion endogène des 2 hormones œstrogènes et progestérone. Il n’y a alors plus de sécrétion d’œstrogènes ni de progestérone, on se retrouve ainsi avec l’équation suivante : 0/0= 0. Il n’y a donc plus de déséquilibre oestroprogestatif !!

Les connaisseurs pardonneront cette vulgarisation approximative, car d’une part, toutes les pilules ne réduisent pas à zéro la production ovarienne d’œstrogènes et progestérone et d’autre part les ovaires ne sont pas les seules glandes à produire ces hormones….

Cependant, je suis ici bien plus dans le vrai que ceux qui disent que la pilule régularise les cycles !!!

Comment pourrait-elle régulariser quelque chose qu’elle fait ….. disparaitre !!!????

En privant la femme de ses hormones sexuelles, la pilule contraceptive ne traite pas l’origine des problèmes et fait le lit de nombreuses autres dysfonctions potentielles.

Donc faudrait-il laisser la femme souffrir ?

Bien sûr que non ! Les souffrances liées au cycle nous informent que quelque chose ne va pas !!! C’est un super message qui se doit d’être écouté et d’être considéré !

Prenons l’exemple des règles douloureuses. Celles-ci doivent nous interroger sur l’existence d’un déséquilibre oestroprogestatif. Nous devons alors investiguer ces différentes hypothèses :

  •  Y a-t-il ou non un déséquilibre oestroprogestatif en faveur des œstrogènes ?
  • Est-il lié à un excès d’œstrogènes et/ou à un déficit de progestérone ?
  • Quelles sont les causes de ce déficit ou de cet excès ?

Le traitement fonctionnel consistera à traiter l’origine du problème. En retrouvant l’équilibre entre œstrogènes et progestérone, les règles douloureuses vont disparaître et la femme pourra alors jouir des bienfaits des hormones du cycle !

Outre des règles douloureuses, ce déséquilibre peut également être responsable de syndrome prémenstruel, de règles abondantes et augmenter le risque de cancer hormono dépendant comme le cancer du sein, de l’utérus ou des ovaires.

Mais la pilule traite aussi les règles douloureuses !!!??

Il serait plus juste de dire que la pilule arrête les règles. Donc pas de règles = pas de douleurs !

Les saignements qu’a la femme au cours de la pause mensuelle de la pilule ne sont pas des règles, car il n’y a pas eu d’ovulation.

Quoi qu’il en soit, grâce à la pilule, la femme saigne sans avoir mal, mais la pilule ne traite en aucun cas les causes du déséquilibre oestroprogestatif.

Nous venons d’évoquer que les femmes souffrant de ce déséquilibre sont plus à risque de cancer hormono dépendant. Sachez que le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer) reconnait la pilule oestroprogestative comme cancérogène de 1re catégorie (plus haut niveau de preuve) pour les cancers du sein, utérus et foie/vésicule biliaire.

La solution proposée à ces femmes à risque est donc une véritable bombe à retardement !!

Libre à la femme de choisir la solution pilule, mais pas sans l’informer sur les conséquences de ce choix et sur les alternatives possibles pour traiter ses troubles !

Je vous invite à lire mon article intitulé : « règles douloureuses, que faire » pour mieux comprendre les règles douloureuses et les solutions physiologiques.

Et pour les autres motifs de prescriptions, la pilule ça marche ?

Reprenons les motifs un à un :

  • Contraception : oui ça marche, mais ce n’est pas très fiable en utilisation courante comme l’indique l’indice de PEARL.
  • Régulariser les cycles : Non ça ne régularise pas les cycles mais ça les fait disparaitre ! À l’arrêt de la pilule, les causes des cycles irréguliers sont toujours présentes et même souvent accentuées par les effets de la pilule !  Ça ne traite donc en aucun cas l’origine du problème.
  • Arrêter les règles douloureuses et les règles abondantes : Non, ça les fait disparaitre et n’en traite pas les causes.
  • Prévenir le syndrome prémenstruel : Pas de menstruation = pas de syndrome prémenstruel à proprement parler. En revanche lors de la pause mensuelle de la pilule, il y aura une chute d’hormones artificielles, pouvant reproduire les symptômes du syndrome prémenstruel : c’est ballot…
  • Anticiper (voire modifier) le jour d’arrivée des règles : Non, car elle fait disparaitre les règles… Mais anticiper ou modifier l’arrivée des saignements oui, c’est possible avec la pilule. Cela ne veut pas dire que la solution pilule est sans conséquences !
  • Corriger une anémie : Oui ça peut fonctionner, car on saigne moins abondamment. Il y a donc moins de perte en fer, mais des solutions physiologiques existent !!!!
  • Traiter l’acné : Suivant le type de progestatif utilisé dans la pilule, oui, ça peut marcher. En revanche, ces pilules dites « anti androgéniques », risquent de diminuer la libido et à l’arrêt d’accentuer l’acné. Cette solution risque aussi de masquer voire d’aggraver un trouble endocrinien appelé SOPK (Syndrome des ovaires polykystiques). Des solutions physiologiques existent également.
  • Détendre monsieur : S’il a besoin de ça pour se détendre…
  • Rassurer la belle-mère : Oui suivant la belle-mère ça peut marcher…. Vous pouvez aussi lui faire croire que vous la prenez ou lui envoyer cet article !
  • ….
Quelles sont les plaintes fréquentes des femmes sous pilule ?

Les plaintes les plus fréquentes sont la prise de poids et la baisse de libido. Mais de nombreux autres troubles peuvent être induits par la pilule tels que la fatigue, la déprime, l’anxiété, les migraines, les infections vaginales et urinaires. La pilule augmente également les risques de cancer du sein, de l’utérus et les troubles thromboemboliques…

Quels sont les déficits micronutritionnels induits par la pilule ?

La femme prenant la pilule sera sujette à des carences micronutritionnelles.

En effet, afin d’éliminer les hormones de synthèse, l’organisme surutilise le magnésium, les vitamines du groupe B (notamment B1, B2, B3, B6, B9, B12). Ces micronutriments sont indispensables à la synthèse énergétique, mais aussi à la synthèse des neurotransmetteurs responsables du bien-être. S’en suit alors de la fatigue, une plus grande vulnérabilité au stress, mais aussi des tensions musculaires, des réveils nocturnes….

Ces déficits induits limitent la capacité de détoxication hépatique. La patiente se retrouve alors à prendre une pilule dont elle ne pourra pas éliminer correctement les hormones. L’éthinylestradiol, œstrogène de synthèse ultra puissant contenu dans la pilule, va alors s’accumuler, favorisant le développement des cellules cancéreuses oestrogéno-dépendantes.

Les statuts en zinc, en sélénium, en coQ10, en glutathion, en vitamine E et C sont également diminués chez la consommatrice de pilule oestroprogestative. Ces micronutriments participent tous à limiter le stress oxydatif. La femme sous pilule est donc plus à risque de stress oxydatif, mécanisme co-responsable du vieillissement et de catabolisme accéléré, de défaut de cicatrisation, de pathologies neurodégénératives, cardiovasculaires et de cancer. Ceci est encore plus évident lorsque l’on sait que les statuts en cuivre explosent chez ces femmes. Le cuivre en excès est pro-oxydant, ce qui va aggraver le phénomène.

Un déficit de zinc et un excès de cuivre entrainent un déséquilibre Zinc / Cuivre en faveur du cuivre. Ce déséquilibre favorise les troubles neuropsychiques et les risques de démence.

Quels sont les effets de la pilule sur le système endocrinien ?

La pilule contraceptive a été créée dans le but de perturber le fonctionnement ovarien. En signalant au cerveau qu’il y a une certaine quantité d’œstrogènes et de progestérone de synthèse, l’axe hypothalamo-hypophysaire bloque le cycle. Il abaisse alors la sécrétion des hormones stimulant les ovaires (appelées FSH et LH), les ovaires sont ainsi au repos.

C’est l’effet recherché. Recherché, ne veut pas dire sans conséquences, car, vous l’aurez compris, les hormones ovariennes sont très bénéfiques pour notre santé physique et psychique, et les hormones de synthèse ne miment pas ces effets ! (article « J’ovule donc je suis »).

L’effet perturbateur endocrinien de la pilule (appelons un chat un chat), ne se limite pas au système ovarien. Le fonctionnement hormonal est une machinerie incroyablement complexe où toutes les hormones sont en interactions permanentes. Il est donc illusoire de croire que l’on peut bloquer l’ovulation sans conséquences plus globales.

La pilule contraceptive est un perturbateur endocrinien à large spectre !!

L’éthinylestradiol contenu dans la pilule entraine une augmentation de la synthèse hépatique de SHBG (Sexe Hormone Binding Globuline). Cette SHBG est le transporteur des œstrogènes, il n’est donc pas étonnant que l’apport d’œstrogènes méga puissants entraîne une augmentation de son transporteur ! En revanche la SHBG ne transporte pas que les œstrogènes ! Elle transporte également nos hormones masculines, notamment la testostérone ! La fraction d’une hormone transportée n’est pas active. Ainsi, plus il y a de transporteurs, moins nous sommes imprégnées de l’hormone. La pilule contraceptive entraine donc une baisse de la testostérone active, la forme libre, non transportée. Là vous allez vous dire : chouette ! Je suis une femme, pas besoin de testostérone ! C’est bien mal vous connaitre ! Car la testo, mesdames, nous rend plus confiantes, plus sûre de soi, favorise la prise de décision, les projets et elle améliore grandement la libido ! Elle a également des intérêts métaboliques, osseux, cardio-vasculaires. Il n’y a donc pas que les hormones féminines qui ont de supers pouvoirs ! On comprend alors que la femme sous pilule peut voir sa libido diminuée, voir disparaitre, mais aussi perdre en confiance, en assurance, etc…

Bien que la pilule soit censée impacter uniquement le fonctionnement ovarien, ses actions ne s’arrêtent pas là. À l’image du nuage de Tchernobyl, la pilule contraceptive n’a pas de frontière. Elle ne perturbe pas que les hormones sexuelles. Elle possède également le pouvoir de perturber le fonctionnement thyroïdien et surrénalien !!

En effet, la prise de pilule contraceptive va également entraîner une augmentation de la synthèse des autres transporteurs hormonaux : Le TBG (transporteurs des hormones thyroïdiennes) et le CBG (transporteur des d’hormones surrénaliennes).

Plus de transporteurs = Moins d’hormones libres actives.

Il y aura donc moins d’hormones thyroïdiennes libres, ce qui peut conduire à une hypothyroïdie par excès de transporteurs. Rappelons aussi que la synthèse des hormones thyroïdiennes nécessite du sélénium, du zinc, du coQ10, du magnésium et que ces micronutriments sont tous déplétés par la pilule ! Enfin, la pilule favorise la synthèse de T3 reverse, hormone s’opposant à l’action des hormones thyroïdiennes.

En résumant l’impact de la pilule sur le fonctionnement thyroïdien, on retrouve :

  • Défaut de synthèse d’hormones thyroïdiennes (à cause des déficits de Sélénium, CoQ10, Zinc et magnésium induits)
  • Baisse de la fraction libre active (liée à l’augmentation du TBG)
  • Excès d’hormone parasite T3R (lié au défaut de conversion des hormones thyroïdiennes)…

Autant vous dire que la thyroïde est mise à rude épreuve et que l’hypothyroïdie est extrêmement courante sous pilule !

Ceci peut expliquer les prises de poids et les fatigues si fréquentes sous pilules et contribue également à la baisse de libido, les dysbioses, ou les baisses de moral également souvent rencontrés.

Pour mieux comprendre le fonctionnement thyroïdien, je vous invite à lire mon article intitulé « Hypothyroïdie : le point de vue de la santé fonctionnelle »

De la même façon, le transporteur CBG (transporteur du cortisol) étant également augmenté, la pilule contraceptive peut entrainer une baisse du cortisol libre pouvant aggraver à peu près tous les signes cliniques et toutes les dysfonctions endocriniennes évoquées…

Alors, pilule or not pilule ?

Vous et vous seule pouvez faire votre choix. En revanche, avoir accès à l’information est nécessaire pour éclairer votre choix.

Cancérogène de 1re catégorie, perturbateur endocrinien à large spectre, médicament responsable de nombreuses carences micronutritionnelles, contraception pas si efficace et médicament ne respectant pas ses promesses pour traiter les troubles du cycle….

Avez-vous été informée de ceci lorsque l’on vous a proposé la pilule ? Cette information aurait-elle pu modifier votre choix ?

Vous souhaitez contribuer à la diffusion de ces informations capitales ? N’hésitez pas à partager cet article !!

Et surtout, parlez-en à votre belle-mère !

Guénaëlle Abéguilé, Consultante et formatrice en santé fonctionnelle, cofondatrice de DFM formation

Devenez expert de la démarche fonctionnelle en hormonologie

Cycle et neuropsychologie : Cohabiter avec les 5 versions de soi par Guénaëlle Abéguilé

« T’es chiante ! Tu vas avoir tes règles ? »

Chiante avant vos règles ? Peut-être parfois ? Et encore… peut-être est-ce simplement votre sensibilité prémenstruelle exacerbée qui vous fait réagir à la stupidité du monde qui vous entoure…

Quoi qu’il en soit, si on vous fait remarquer ces particularités émotionnelles de cette phase du cycle, on devrait également vous dire « Waouh, tu déchires tout en ce moment ! Tu vas ovuler ? »

Sauf si vous faites exception, j’imagine que vous ne l’avez pourtant jamais entendu. Vous ne l’aviez même probablement jamais remarqué.

Chaque phase du cycle se caractérise par un climat hormonal qui lui est propre. Les taux de vos hormones sexuelles œstrogènes et progestérone évoluent en permanence, ainsi elles influencent jour après jour vos fonctions physiques et psychologiques. Alors, non, nous ne sommes pas des femmes lisses, nous sommes en perpétuelle métamorphose.

Les règles étant le phénomène le plus visible du cycle, il est facile de les mettre en relation avec l’humeur plus « instable » de cette période. C’est ainsi qu’une majorité de femmes n’apprécie pas leur cycle à sa juste valeur.

Laissez-moi vous embarquer dans ce récit, celui qui changera, je l’espère la vision de votre cycle. Celui qui vous permettra de mieux vous connaître, de mieux vous comprendre afin de faire de votre cycle un véritable allié au quotidien.

Plongeons à la découverte des 5 versions de nous !

Phase 1 : début de phase folliculaire

C’est le début du cycle, le début de la phase folliculaire. Le big boss, l’axe hypothalamo-hypophysaire au cœur de votre cerveau, envoie un message hormonal, connu sous le nom de FSH, à vos ovaires. Une dizaine de follicules contenant tous un ovocyte (futurs potentiels ovules) par ovaires sont recrutés. Ils se placent alors sur la ligne de départ et c’est le coup d’envoi pour une nouvelle course à l’ovulation.

Vous repérez facilement cette phase, car elle commence le 1er jour de vos règles. Vos hormones sexuelles, œstrogènes et progestérones sont alors au plus bas du cycle. Vous êtes plutôt calme avec un niveau d’énergie assez bas, mais qui s’apprête à remonter.

C’est le moment du renouveau. Les évènements que vous vivez peuvent impacter positivement ou négativement la qualité de vos ovulations à venir, et donc votre équilibre hormonal pendant les 3 prochains mois.

C’est le moment de parfaire l’état des lieux d’entrée du cycle pour une santé hormonale optimale à venir.

Mon conseil : privilégiez les activités physiques relativement douces, épargnez-vous du stress, prenez rendez-vous avec vous-même. 

Phase 2 : fin de phase folliculaire

Stimulés par le big boss, les follicules grossissent progressivement. Au fur et à mesure leur synthèse d’œstrogènes augmente.

Ces hormones sont dynamisantes.  Elles favorisent un métabolisme glucidique, favorable à l’activité physique plutôt intense. Les œstrogènes sont également neuroexcitateurs et stimulent la dopamine, neurotransmetteur de la motivation, la concentration, la bonne humeur.

Votre niveau d’énergie augmente rapidement au cours de cette phase, vous vous sentez de plus en plus dynamique, motivée et créative.

C’est le moment parfait pour initier de nouveaux projets. Si votre entourage vous trouve très intense, préparez-les ! Ce sera bientôt pire !

Phase 3 : phase péri-ovulatoire

Au cours de cette phase, un follicule prend la dominance sur les autres. C’est lui, le destiné, le futur gagnant de la course à l’ovulation.

C’est le plus sensible à la FSH, the best, le meilleur producteur d’hormones. Vos œstrogènes sont alors à leur maximum ! Vous vous sentez ultra motivée, combative. La prise de risque ne vous fait pas peur. Votre énergie est à son maximum et les idées fusent dans tous les sens.

C’est parfois … un peu « too much »… La raison et la modération repasseront plus tard…

Une autre hormone domine au cours de cette phase : la testostérone.  Juste avant l’ovulation, elle est à son maximum. Oestro et testo au max expliquent que votre libido est au top ! La nature fait bien les choses (ou pas), car c’est le moment du cycle où vous êtes le plus fertile !

C’est aussi le meilleur moment pour le dépassement de soi, pour performer. Programmez vos entrainements à haute intensité et augmentez vos charges. Attention c’est aussi un moment où vous risquez davantage de vous blesser !

Cette phase se termine par le moment clé du cycle : l’ovulation ! Le pic d’œstrogènes provoque la synthèse d’une autre hormone par le big boss, la LH. C’est elle qui déclenche la rupture du follicule dominant. Son ovocyte est alors libéré de l’ovaire : c’est l’ovulation.

Phase 4 : début de phase lutéale

Suite à l’ovulation, le follicule débarrassé de son ovocyte devient « le corps jaune ». C’est dorénavant lui qui produit les hormones sexuelles. Les œstrogènes voient leur production chuter momentanément avant de repartir de plus belle. Mais cette phase est surtout marquée par l’apparition d’une nouvelle hormone : la progestérone !

Elle augmente progressivement pour atteindre son maximum 7 jours après l’ovulation. Son taux est d’ailleurs dépendant de la qualité ovulatoire : plus votre ovulation est au top, plus vous secrétez de progestérone.

La magie de cette hormone réside dans sa formidable complémentarité avec les œstrogènes !

Ses effets neuromodulateur et sérotoninergique lui confèrent des propriétés antistress, prise de recul. C’est votre Xanax®️ naturel !

C’est elle qui vous permet de faire le tri dans la tonne de projets que vous aviez initié perfusée aux œstro lors de la phase précédente… Elle fait de vous une femme organisée, raisonnée et raisonnable !

Mon conseil : c’est le moment de faire votre « To do List du cycle » pour les semaines à venir.

Au niveau métabolique, elle favorise plutôt l’utilisation des graisses. Ce carburant énergétique est celui qui permet les sports d’endurance. Tenez-en compte dans vos programmations d’entrainements !

Phase 5 : fin de phase lutéale (phase prémenstruelle)

Elle commence environ 7 jours après l’ovulation, parfois un peu avant si vous avez mal ovulé. À moins qu’une grossesse ait commencé, c’est le moment où le corps jaune arrive en bout de course. Il va s’atrophier et devenir un corps blanc avant de disparaître. C’est le tomber de rideau. Les hormones qu’il produit, œstrogènes et la progestérone quittent la scène à ses côtés.

La progestérone va connaître une décroissance plus rapide que les œstrogènes, laissant apparaître un déséquilibre entre ces deux hormones en faveur des œstrogènes. Ceci est d’autant plus marqué si l’ovulation passée était de mauvaise qualité.

Cette situation est responsable de votre sensibilité exacerbée au cours de cette période.

C’est le moment où vous risquez d’entendre « t’es chiante, tu vas avoir tes règles ? ». 

Vous comprendrez maintenant que vos émotions sont physiologiques et légitimes ! Cela vous aidera à les faire accepter des autres et mieux, à les accueillir vous-même. Ne rejetez pas ces émotions. Votre sensibilité vous permet de vous indigner de ce qui est injuste. C’est le meilleur moment pour donner du sens dans ce que l’on entreprend. Le côté pragmatique peut toujours attendre.

Et c’est ainsi que la boucle est bouclée. Lorsque l’artiste quitte la scène, le big boss n’attends pas. Il relance sa production de FSH, l’hormone qui murmure à l’oreille des nouveaux follicules sélectionnés « donne tout, c’est ton tour ». C’est alors que la phase prémenstruelle laisse sa place à un nouveau cycle.

Chaque phase est caractérisée par un équilibre hormonal qui lui est propre et qui influence tout votre être.

Ce véritable caméléon hormonal vous permet de bénéficier des 5 versions de vous-mêmes, toutes complémentaires les unes aux autres. C’est la magie du cycle ! Vous êtes du 5 en 1. Alors, la femme est-elle compliquée ou simplement sophistiquée ?

Guénaëlle Abéguilé

Kinésithérapeute de formation, Guénaëlle a rapidement élargi son champ de compétence. Elle a à travers son parcours validé différents diplômes, dont plusieurs DU en micronutrition. Elle est formatrice indépendante pour différents organismes et co-créatice de DFM formations. Ses domaines de prédilections sont aujourd’hui la fertilité et les troubles hormonaux. Elle vient de sortir son nouvel ouvrage consacré à l’hormonologie féminine : « Troubles Hormonaux – reprenez le pouvoir !« 

Extrait audio du Congrès Neur'Holistik le 21 juin 2025 à Paris

Glaire cervicale : témoin de l’équilibre hormonal féminin – Intérêt de cet outil d’observation du cycle en santé fonctionnelle par Guénaëlle Abéguilé

La glaire cervicale (encore appelée mucus cervical) est produite au niveau du col de l’utérus.

Ça ne vous évoque rien ?

Mais si, c’est ce qui est régulièrement appelé… « pertes blanches ». J’en vois certaines d’ici faire la grimace… En effet dans l’inconscient collectif, ces sécrétions, on ne peut plus physiologiques, sont perçues comme quelque chose de sale, de honteux… Le mythe est largement entretenu par le tabou autour de nos fluides corporels et par les vendeurs de protège-slips !!!!

Je m’engage dans cet article, à faire de vous des femmes fières de votre mucus cervical ! Vous rentrerez alors dans le gang des « décomplexées de la glaire ».

L’observation de la glaire est un outil extrêmement précieux, que j’intègre au quotidien dans mes consultations d’hormono et de fertilité en santé fonctionnelle. Elle nous donne de précieuses indications sur l’imprégnation hormonale de la patiente.

Glaire cervicale : quelques précisions s’imposent

Les œstrogènes fluidifient la glaire tandis que la progestérone l’assèche.

Ainsi, l’observation du mucus cervical nous donnera de précieuses informations sur le statut hormonal de la femme.

Les hormones évoluent en fonction du cycle. La glaire subira alors en permanence leur influence. Ceci entraînera des modifications de sensation à la vulve perceptibles par la femme. Nous utiliserons l’observation de la glaire comme témoin de l’équilibre hormonal de la femme.

Contrairement aux analyses biologiques qui permettent d’évaluer la situation à l’instant T, la femme qui sait s’observer pourra nous renseigner sur son statut hormonal jour après jour, cycle après cycle. Cet outil lui permettra alors d’évaluer sa période de fertilité, et donc d’optimiser ses chances de concevoir ou au contraire, d’éviter une grossesse. Une femme qui s’observe, pourra également identifier les événements perturbant son ovulation : stress, activité physique, médication, alimentation, fatigue, perturbation des biorythmes, infections, inflammation… Ce feedback en temps réel permettra à la femme d’adapter son mode de vie en fonction de ses sensibilités et/ou des périodes de son cycle.

Savoir identifier son ovulation permet à la femme de savoir dans quelle phase du cycle elle est : phase folliculaire avant l’ovulation, phase lutéale après l’ovulation. Ces différentes phases sont caractérisées par des imprégnations hormonales différentes. Elle comprendra alors l’influence que ses hormones ont sur son humeur, son comportement, sa forme physique, son équilibre psychique, ses compétences sportives… Ainsi, elle pourra optimiser ses performances physiques et psychiques en programmant ses activités en fonction des phases du cycle. Pour exemple, elle favorisera ses entraînements à forte intensité en période péri-ovulatoire et les entraînements plus endurants pendant la phase lutéale. Elle fera naître ses projets créatifs en fin de phase folliculaire et les concrétisera en phase lutéale… Comprendre et vivre avec son cycle au lieu de lutter contre celui-ci permet à la femme de mieux se comprendre, d’être plus tolérante envers elle-même, de renouer avec sa personnalité et de vivre pleinement sa vie de femme.

La plupart des femmes ont une vision altérée de leur cycle, en effet, elle l’assimile bien souvent à la période péri-menstruelle. Cette phase n’est pas toujours agréable pour la femme : apparition de syndrome prémenstruel (douleurs aux seins, irritabilité, troubles digestifs, fatigue, rétention d’eau…), règles douloureuses, abondantes… La femme aura alors tendance à tenir ses hormones responsables de ces désagréments. Ainsi, elle sera tentée de faire taire ses cycles à l’aide d’une pilule contraceptive.

Remettons le responsable à sa juste place : ce ne sont pas les hormones qui sont en cause de ces désagréments, mais le déséquilibre hormonal. Cette nuance à une importance capitale. En effet, ces signes cliniques sont la partie émergée de l’iceberg. Ils nous informent de la présence d’une dysfonction. À nous, praticien en santé fonctionnelle, d’utiliser ces symptômes comme signe d’alerte et de remonter au(x) coupable(s). La prise en charge causale permettra de faire disparaître ces troubles tout en respectant la physiologie de la femme. Ainsi, elle profitera pleinement de ses formidables hormones naturelles le plus longtemps possible !

Pour en savoir plus sur l’intérêt du cycle physiologique et le rôle des hormones féminines sur la santé, je vous invite à lire mon article : « J’ovule donc je suis. »

Quels genres d’informations la femme observant sa glaire peut-elle nous apporter lors des consultations en santé fonctionnelle ?

La femme qui s’observe avec des outils tels que la glaire cervicale pourra nous alerter en cas de troubles hormonaux. Ses observations nous apporteront de précieux indices sur les responsables de ses troubles : hyper ou hypo-œstrogénie ? dysovulation ? Insuffisance de progestérone ? Type de saignement ? ….

La recherche de la cause des troubles constitue l’objectif numéro 1 de notre investigation en santé fonctionnelle. Ainsi, cet outil d’observation des cycles vient s’ajouter à nos outils d’investigation cliniques et biologiques. La patiente devient alors une véritable actrice de cette mission.

Ce n’est pas tout. La patiente qui se prête au jeu sera en mesure de reconnaître son ovulation, elle pourra alors réaliser les analyses biologiques au bon moment du cycle et prendre ses compléments alimentaires, plantes ou hormones bioidentiques au moment le plus physiologique. Gage de réussite dans nos prises en charge.

Que se passe-t-il pendant la phase folliculaire ?

Lors de la phase folliculaire, les œstrogènes montent progressivement. Ceux-ci offrent à la femme une belle énergie, de la motivation, des envies, des projets, de l’assurance, une bonne libido, une belle puissance physique et intellectuelle. Cette âme de guerrière, c’est l’effet œstrogène ! Ces hormones sont à leur maximum autour de l’ovulation. Ovulation power !!! Comment ne pas vouloir la conserver !

Au fur et à mesure de la montée des œstrogènes, la femme ressentira une glaire de plus en plus présente. Ses sensations à la vulve vont évoluer jusqu’au jour sommet (encore appelé jour pic) : le jour où la glaire est la plus fluide/glissante/abondante (ces caractéristiques dépendent des méthodes utilisées). Son jour sommet sera alors identifié le lendemain de celui-ci, par l’apparition d’une glaire moins présente voir absente à la vulve.

70 % des femmes ovulent le jour pic (ou sommet) et 30% la veille ou le lendemain de celui-ci. Cette observation est alors un outil précieux pour que la femme puisse identifier son ovulation.

Que se passe-t-il pendant la phase lutéale ?

Après l’ovulation, la femme rentre dans la phase lutéale. Le follicule devient un corps jaune sécrétant de la progestérone.

Cette hormone est une puissante régulatrice hormonale. Elle module l’action des œstrogènes, des androgènes, module la synthèse de prolactine et favorise la conversion des hormones thyroïdiennes inactives en hormones actives. Grâce à la progestérone, donc à l’ovulation, tous les excès sont tamponnés. Elle favorise également l’apaisement en activant la synthèse de sérotonine et les récepteurs GABA. La femme qui produit suffisamment de progestérone est alors zen, sereine, organisée.

Pendant cette phase du cycle, sous l’effet de la progestérone, la glaire cervicale s’asséchera par 2 mécanismes : elle épaissit la glaire ce qui obstrue le col de l’utérus et elle active les poches de Shaw à l’entrée du vagin qui aspirent la glaire. Ainsi, à la vulve, la femme se sentira sèche pendant cette période du cycle.

Pourquoi identifier ces différentes phases ?

Contrairement à ce que l’on apprend dans les livres ou même dans les cursus universitaires, la femme n’ovule pas forcément à J14 !

Connaitre la période ovulatoire permet tout d’abord d’optimiser ses chances de conception ou au contraire d’éviter une grossesse. Attention, cet article n’a pas pour prétention de remplacer les formations proposées par les instructrices des méthodes d’observation du cycle ! En effet, pour que ces méthodes soient efficaces en tant que méthode contraceptive, il est indispensable de se former !

Dans ma pratique de praticien en santé fonctionnelle, cet outil me permet de repérer des dysfonctions ovulatoires ainsi que les troubles et déséquilibres hormonaux. Ces méthodes permettent à la femme d’effectuer les analyses hormonales au bon moment du cycle et d’optimiser la prise en charge en utilisant les plantes à visée hormonale pendant la phase adéquate.

Intérêt de l’observation du cycle dans l’évaluation de l’équilibre hormonal féminin

En consultation, nous sommes amenés à recommander des analyses 7 jours après l’ovulation. Seules les femmes sachant « s’observer » sont en mesure de les effectuer au bon moment du cycle. Nous sommes alors en possession d’analyses hormonales très pertinentes.

Classiquement, les analyses biologiques hormonales post-ovulatoires sont demandées à J21. Ceci est lié au fait qu’on estime que le cycle dure 28 jours et que la femme ovule à J14. Les dosages de progestérone et d’œstradiol post-ovulatoire sont pertinents lorsqu’ils sont à leur maximum, c’est-à-dire 7 jours après l’ovulation. Cependant, seuls 30% des femmes ovulent à J14. Les 70 % restantes auront alors effectué leurs analyses un peu ou beaucoup trop tôt ou trop tard.

Imaginons une femme vous consulte pour un syndrome prémenstruel. Elle se plaint de tensions mammaires et de rétention d’eau avant les règles. Vous savez que le responsable de ce type de trouble est le déséquilibre oestroprogestatif. En revanche, ces signes cliniques ne vous disent pas si ce déséquilibre provient d’un excès d’œstrogènes ou d’un déficit de progestérone. L’analyse biologique post-ovulatoire vous apportera des informations complémentaires.

Vous lui conseillez alors un dosage de ces 2 hormones à J21. Le résultat vous indique une progestérone à 4 ng/ml. Vous vous dites : « Bingo ! Elle manque de progestérone, d’où son déséquilibre oestroprogestatif. » Vous lui proposez alors des plantes progestatives ou de la progestérone bioidentique. Ce qui vous échappe, c’est que cette femme a ovulé à J9 ! Son dosage de progestérone effectué à J 21, soit 12 jours après l’ovulation ne pouvait être que bas !!! Vous auriez fait l’analyse à J16 (7 jours après son ovulation), vous auriez peut-être trouvé une progestérone parfaite à 22 ng/ml, mais des œstrogènes explosés !!!! Donc oui, il y a bien un déséquilibre oestroprogestatif, mais vous le saviez déjà avec la clinique… En revanche, le responsable n’est absolument pas le manque de progestérone, mais c’est l’excès d’œstrogènes !!! On comprend que la prise en charge ne sera pas la même ! Pour faire disparaître les symptômes de la patiente, vous devez, non pas augmenter la progestérone qui est parfaite, mais moduler les œstrogènes ! Sans cette considération, votre prise en charge sera un échec.

C’est le même type de scénario pour les femmes qui ovulent plus tardivement. Si elle ovule à J22 et que vous faites le dosage à J21, vous trouverez des œstrogènes explosés (ce qui peut être tout à fait physiologique, car elle prépare son ovulation.), et une progestérone effondrée (puisqu’elle n’a pas encore ovulé). Cette femme aura pourtant peut-être une ovulation de compet’ qui ne nécessitera aucune intervention, mais celle-ci serait uniquement objectivable à l’analyse effectuée à J29 !

Intérêt des outils d’observation du cycle dans nos prises en charge en santé fonctionnelle

Pour corriger les troubles hormonaux chez la femme en période d’activité génitale (de la ménarche à la ménopause), nous sommes amenés à proposer des compléments alimentaires et/ou de la phytothérapie et/ou des hormones bioidentiques (pour les médecins) à certaines périodes du cycle. La femme se basant sur le calendrier prendra les plantes conseillées pour la période préovulatoire de J1 à J14 et pour la période post-ovulatoire de J15 à J28. Dans le cas où cette femme ovulerait à J9, elle prendrait alors des plantes prévues pour la phase folliculaire alors qu’elle est déjà dans la phase lutéale entre J9 à J14 ! De la même manière, si elle ovule à J19, elle prendra ses plantes ou traitements conseillés pour la phase lutéale alors qu’elle sera toujours en phase folliculaire. La prise en charge a alors peu de chance d’être efficace, pire encore, elle pourrait altérer son ovulation ou même l’empêcher, ce qui est susceptible d’aggraver ses troubles.

En conclusion

L’observation de la glaire par la femme constitue un outil à part entière dans nos investigations en santé fonctionnelle. La femme qui pratique une méthode d’observation du cycle devient actrice à part entière dans notre enquête à la recherche des causes maîtresses de ses troubles. Elle nous apportera de précieuses informations nous permettant d’identifier et de quantifier les troubles. Elle nous fournira également de nombreux indices nous conduisant à l’identification des coupables. La femme pourra effectuer ses analyses hormonales et prendra ses compléments, phyto et/ou hormones bioidentiques aux moments du cycle les plus pertinents, dans le respect de la physiologie. La prise en charge sera alors optimale. Ses observations lui permettront également d’avoir un feed-back direct sur l’efficacité de la prise en charge.

En dehors de ceci, les méthodes d’observation du cycle permettent de mieux se connaitre en tant que femme, de se reconnecter avec son corps et de percevoir toute la magie que nos hormones nous apportent.

Pour les décomplexées de la glaire convaincues qui souhaiteraient en savoir plus, je vous invite à vous procurer le livre de Marion Vallet et Dr Sophie Saab-Tsnobiladzé : « cycle féminin au naturel »

Guénaëlle Abéguilé, Consultante et formatrice en santé fonctionnelle – Cofondatrice de DFM Formations auteure du livre « Troubles Hormonaux reprenez le pouvoir« 

Pour aller plus loin :

Pratik Fonctionnelle en Hormono Médicale

Améliorer la prise en charge de l’équilibre œstroprogestatif grâce à l’assiette

Bouffées de chaleur, troubles de la ménopause : traitement naturel ou THS ? par Guénaëlle Abéguilé

Le point de vue de la santé fonctionnelle

À chaque fois que j’évoque les bouffées de chaleur, je revois cette patiente dans mon cabinet : à peine assise en face de moi lors de sa première consultation, je la vois se décomposer puis ruisseler sur mon bureau.

Je la regarde impuissante avec compassion et je lui épargne la fameuse question « qu’est-ce qui vous emmène ? ». Elle me regarde et me dit « Si c’est ça la vie maintenant, je n’en veux plus ».

Les bouffées de chaleur sont les plaintes les plus fréquentes et les plus invalidantes de la femme ménopausée. Elles font partie de ce que l’on nomme les troubles climatériques, au même titre que les troubles uro-génitaux (incontinence urinaire, sécheresse vaginale, infection vaginale, cystites, dyspareunie…). L’ensemble de ces troubles est lié à la chute hormonale et plus précisément, à la chute des œstrogènes.

Les œstrogènes sont produits par les ovaires pendant la période d’activité génitale (des premières règles jusqu’à la ménopause). La fonction ovarienne cessant à la ménopause, une question se pose alors :

Pourquoi toutes les femmes ne souffrent-elles pas de bouffées de chaleur à la ménopause ?

En réalité, les ovaires ne sont pas les seules glandes/organes à fabriquer des œstrogènes. Notre tissu adipeux (nos graisses corporelles), et plus précisément les adipocytes (cellules spécifiques du tissu adipeux) ont également la capacité à en fabriquer.

Pour être tout à faire juste, vos adipocytes n’ont pas toute l’artillerie pour faire des œstrogènes à partir de leur matière première, le cholestérol. Cependant, ils ont la capacité à convertir nos hormones mâles (nos androgènes) en œstrogènes. En effet, ces cellules aux multiples pouvoirs expriment une enzyme (fabriquent un outil biochimique) : l’aromatase.

L’aromatase est l’enzyme qui convertit (transforme) nos androgènes (hormones mâles) en œstrogènes ! Ainsi, plus j’exprime d’aromatase, plus je synthétise d’œstrogènes. La chute des œstrogènes étant responsable des bouffées de chaleur, par extension on retient : plus j’ai de graisse, moins j’ai de bouffées de chaleur ! Ainsi, la femme en surpoids sera moins à risque de bouffée de chaleur.

Pourtant certaines femmes en surpoids ont des bouffées de chaleur : pourquoi ?

Les adipocytes ont la capacité à convertir les androgènes (hormones mâles) en œstrogènes. Faut-il encore qu’il y ait des androgènes à disposition. Et là encore, toutes les femmes ne sont pas égales : certaines ont bien plus d’androgènes que d’autres… Ainsi, une femme avec suffisamment d’androgènes ET suffisamment de graisses pour les convertir en œstrogène aura moins de troubles du climatère.

Qu’est-ce qui permet à la femme de fabriquer ses androgènes ?

Souvent associés à l’homme, les androgènes (testostérone, DHEA…) sont également produits par les ovaires et par les surrénales chez la femme. À la ménopause, la production d’androgènes sera davantage d’origine surrénalienne.

Les surrénales sont les glandes endocrines qui « coiffent » nos reins. Elles produisent un grand nombre d’hormones, dont le cortisol, la fameuse hormone qui nous permet de faire face au stress. Lorsque nous sommes stressés, nous produisons beaucoup de cortisol. Pour nous protéger de l’effet catabolique (qui casse) de son excès, nous synthétisons une deuxième hormone en parallèle : la DHEA. Moins connue que la testostérone, c’est également une hormone androgénique. Ainsi, grâce à l’aromatase, nos adipocytes peuvent la convertir en œstrogènes.

La capacité de synthèse de DHEA est dépendante de l’âge, mais aussi et surtout, du niveau de stress. En cas de stress chronique, la capacité de synthèse de DHEA finira par diminuer puis par s’épuiser. Nous parlons alors de fatigue surrénalienne. Ainsi, une femme arrivant à la ménopause après 5 voir 10 années de stress chronique, risque d’avoir un taux de DHEA au ras des pâquerettes.

Si vous m’avez bien suivi : pas de DHEA → pas d’œstrogènes à la ménopause ! Ainsi, une stressée chronique qui arrive à l’âge de la ménopause à davantage de risque d’avoir des bouffées de chaleurs, mais aussi des troubles uro-génitaux. Et ce, qu’elle soit maigre ou en surpoids.

Préparez votre ménopause :

Pour diminuer les risques de bouffées de chaleur, 2 conditions sont alors nécessaires :

  • Éviter le stress (ou le prendre en charge)
  • Éviter le sous poids

Ces conditions se travaillent en amont. Nous ne pouvons pas relancer la production de DHEA et l’aromatase la veille de la ménopause. Comme un compte épargne retraite, nous devons nous préoccuper de nos surrénales tout au long de notre vie.

En pratique : épargnez-vous, fuyez le stress, soyez maître de votre destin. La prise de complément alimentaire comme le magnésium, les plantes adaptogènes, la régularité des biorythmes peuvent bien sûr également trouver également leur place.

Quant à la réserve de gras, je ne vous invite pas à vous « engraisser » en prévision de la ménopause ! En effet, si la femme en surpoids aura moins de bouffées de chaleur, elle aura davantage de troubles métaboliques (diabète, hypertension artérielle…), et une augmentation des risques de cancer hormono-dépendants 1 . En effet, son tissu adipeux lui permet une production d’œstrogènes qui favorisent la multiplication des cellules oestrogéno-dépendantes, mais pas de progestérone qui contrebalance ce risque. Ainsi, ne cherchez pas à faire du gras pour faire des oestro, mais évitez la maigreur !

Est-ce que notre alimentation peut aider à prévenir ou à diminuer les bouffées de chaleur ?

En plus des grands fondamentaux de l’alimentation fonctionnelle (consommez suffisamment d’oméga 3, d’antioxydants, d’aliments à charge glycémique modérés…), les phytoœstrogènes alimentaires trouveront une place intéressante en prévention des désagréments de la ménopause. En se fixant et en activant modérément les récepteurs aux œstrogènes, ces molécules particulières reproduiront un effet oestrogénique modéré. Leur action est phytoœstrogène dépendant, préparation dépendante, microbiote dépendant et statut hormonal dépendant. Ainsi, alors que les phytoœstrogènes du soja modulent à la baisse l’imprégnation oestrogénique lors de la période d’activité génitale de la femme, ils deviennent plutôt activateurs lorsque la production oestrogénique est très basse après la ménopause. Leur consommation peut donc diminuer les troubles climatériques2 3. Nous favoriserons le soja fermenté, 3-4 fois par semaine : tofu fermenté, tamari, miso, tempeh ou pour les plus joueurs : le natto !

Leur consommation est contre-indiquée en cas de prise d’un traitement du type anti-aromatase ou SERM (traitement des cancers hormono-dépendants). En cas de doute, renseignez-vous auprès d’un professionnel de santé.

Que penser des plantes oestrogéniques pour diminuer les bouffées de chaleur ?

La phytothérapie trouve tout à fait sa place en complément des conseils d’hygiène de vie (alimentation, activité physique4, sommeil…). Les plantes oestrogéniques ont largement fait leur preuve dans l’accompagnement de la femme en ménopause. Leur mode d’action est plante dépendante. Elles contiennent, comme le soja, des phytoœstrogènes à action « œstrogènes like ». Certaines auront des actions bien plus oestrogéniques que le soja. Je fais ici référence aux plantes du type sauge officinale5, sauge sclarée et au houblon6. Elles peuvent être consommées en gélule (poudre, extraits), en tisane, en teinture mère, en EPS. Leur consommation nécessite l’avis d’un professionnel de santé formé à la phytothérapie. Il évaluera la pertinence de la plante par rapport à votre terrain et adaptera sa posologie. Ces plantes sont strictement contre-indiquées en cas d’antécédent personnel ou familial de cancer hormonodépendant.

La femme ne se résume pas à ses hormones !

Quelques mois plus tard, ma patiente ruisselante m’adressait toutes ses amies. Sa prise en charge avait été « magique » d’après ses propos. Cependant, environ un an plus tard, les problèmes recommençaient : les bouffées de chaleur avaient fait leur réapparition.

Lors de l’interrogatoire, je me rendis compte qu’elles ne se présentaient plus de la même manière. Elles étaient toujours précédées d’un stress ou d’une émotion. Ma patiente venait de traverser une période éprouvante.

Si les hormones sont grandement impliquées, la chute hormonale n’est pas la seule responsable des bouffées de chaleur. Les mécanismes ne sont pas tous élucidés, toutefois, on sait qu’il y a des récepteurs à la sérotonine (le neurotransmetteur de la sérénité), au niveau du centre thermorégulateur situé dans notre cerveau (dans l’hypothalamus).  Ainsi, les stratégies augmentant la synthèse de sérotonine peuvent également avoir leur intérêt : chronobiologie alimentaire, griffonia, nicotinamide, magnésium (indication, dose, contre-indications à évaluer avec votre professionnel de santé)…

En parallèle, l’activation du système nerveux parasympathique semble également efficace. Ainsi, la cohérence cardiaque peut faire partie de l’arsenal thérapeutique en cas de bouffées de chaleur.

Et le traitement hormonal substitutif de la ménopause dans tout cela ?

Si certaines femmes y sont farouchement opposées, le traitement hormonal substitutif (THS) peut parfois être la seule solution efficace pour mettre sous silence les troubles climatériques. Le rapport bénéfice risque sera étudié par le médecin de la patiente.

Je rappelle que je ne suis pas médecin et que cet article ne se substitue en aucun cas à une consultation. Je ne donne ici aucun conseil, mais juste de l’information.

Le THS consiste à administrer des œstrogènes et de la progestérone à la femme ménopausée. Ainsi, la chute hormonale est moins brutale et les troubles climatériques régressent voire disparaissent. Sans vouloir rentrer dans le débat pour ou contre le THS, rappelons certains éléments.

  • Le THS doit contenir des hormones bioidentiques :

C’est-à-dire identiques à celles que nous produisons naturellement : de « vrais œstrogènes » ET de la « vraie progestérone ». Alors oui, ces hormones sont tout de même synthétisées en laboratoire, mais, leurs formules biochimiques sont strictement les mêmes que nos œstrogènes et notre progestérone endogènes. Contrairement aux hormones de la pilule contraceptive (généralement éthinylestradiol et un progestatif), ce sont les hormones avec lesquelles notre corps cohabite depuis plus de 35 ans avant d’arriver à la ménopause.

  • Les œstrogènes du THS doivent être administrés par voie cutanée :

Les études sont claires : l’administration de ces hormones par voie orale augmente les risques de troubles thromboemboliques 7 8. En épargnant le 1er passage hépatique, ce risque disparait avec l’administration des œstrogènes par voie cutanée.

Par ailleurs, ce mode d’administration permet d’adapter plus facilement la posologie aux besoins propres à chaque femme9.

  • La posologie du THS doit être adaptée à chaque femme :

Nous sommes toutes différentes ! La règle du « one size fits all » ne s’applique pas en hormono ! Ce n’est pas parce que votre voisine à bien supporté sa dose administrée qu’elle sera la bonne pour vous !

En effet, la sensibilité aux œstrogènes et à la progestérone est individu dépendant. Elle dépend notamment de notre génétique et de notre terrain inflammatoire. De la même manière, la capacité d’élimination des hormones dépend de nos capacités de détox hépatique, qui dépendent eux-mêmes de nombreux paramètres individuels. Ainsi, une dose optimale pour l’une sera excessive pour l’autre et insuffisante pour une troisième.

Prenons un exemple concret : en cas d’inflammation, on devient hypersensible aux œstrogènes, ainsi une dose d’œstrogène très bien tolérée par une femme pourra entraîner douleurs aux seins, rétention d’eau et augmentation des risques de cancer hormonaux dépendant chez une autre. Double peine puisqu’en plus de la rendre hypersensible aux oestro, l’inflammation va la rendre résistante à l’hormone qui contrebalance les œstrogènes : la progestérone… Ainsi, une femme en inflammation aura besoin d’une dose d’œstrogènes moindre et d’une plus forte dose de progestérone.

  • Le terrain doit être pris en charge !

Si la posologie du traitement doit être adaptée au terrain de la femme. Il semble évident que le terrain doit être optimisé afin de pleinement profiter des avantages du THS sans augmenter les risques. C’est le principe même d’une prise en charge fonctionnelle !

Reprenons l’exemple précédent : oui, la femme en inflammation devrait prendre moins d’œstrogènes, MAIS aussi et surtout, elle doit prendre en charge son terrain inflammatoire !

De la même manière, on optimisera la détoxication d’une femme qui aurait une baisse de la capacité de détox des œstrogènes. Dans le cas contraire, elle prendra des hormones qu’elle ne sera pas en mesure d’éliminer correctement. Un bilan mené par un praticien en santé fonctionnelle permet d’évaluer ces dysfonctions et de les prendre en charge.

  • Le THS n’est pas possible pour toutes les femmes.

La prescription d’un THS doit être effectuée par un médecin qui aura éliminé les contre-indications (notamment les antécédents personnels et/ou familiaux de cancer hormonodépendant) et pris le temps d’expliquer à sa patiente les signes cliniques d’hyperœstrogénie qui doivent alerter la femme. En effet, la patiente est une actrice à part entière de sa santé, elle doit informer son médecin en cas d’apparition de ces signes afin d’adapter la posologie de son traitement.

Malheureusement, le traitement est parfois insuffisamment individualisé et le terrain n’est pas toujours optimisé. On comprend alors que l’évaluation du rapport bénéfice risque du THS ne peut être évalué que pour une femme donnée dans une situation donnée et que celui-ci n’est pas figé. En effet, une prise en charge fonctionnelle permettant de prendre en charge une éventuelle inflammation, d’améliorer les capacités de détoxication hépatique (entre autres) peut largement diminuer ces risques.

Hygiène de vie, alimentation, micronutrition, phytothérapie ou traitement hormonal substitutif ne sont pas des solutions opposées, elles peuvent même parfois être très complémentaires. Les recommandations doivent être individualisées. Seul un praticien formé à l’hormonologie fonctionnelle sera à même de prendre en compte l’ensemble de ces paramètres. S’il n’est pas médecin, il saura reconnaître ses limites lorsqu’elles sont atteintes et réorientera sa patiente vers un médecin formé à l’hormono. Celui-ci pourra proposer si nécessaire (et possible) un traitement adapté à sa patiente.

Traitement naturel ou traitement médical bioidentiques ? Médecin ou non-médecin ? Il n’y a pas de règles, mais autant de solutions possibles que de femmes. L’important est que nous avancions dans la même direction : celui de la mieux traitante féminine.

Guénaëlle AbéguiléFormatrice en Santé Fonctionnelle, spécialisée en Hormonologie

(1)   Poorolajal, J.; Heidarimoghis, F.; Karami, M.; Cheraghi, Z.; Gohari-Ensaf, F.; Shahbazi, F.; Zareie, B.; Ameri, P.; Sahraee, F. Factors for the Primary Prevention of Breast Cancer: A Meta-Analysis of Prospective Cohort Studies. J Res Health Sci 2021, 21 (3), e00520. https://doi.org/10.34172/jrhs.2021.57.

(2)   Franco, O. H.; Chowdhury, R.; Troup, J.; Voortman, T.; Kunutsor, S.; Kavousi, M.; Oliver-Williams, C.; Muka, T. Use of Plant-Based Therapies and Menopausal Symptoms: A Systematic Review and Meta-Analysis. JAMA 2016, 315 (23), 2554–2563. https://doi.org/10.1001/jama.2016.8012.

(3)   Li, L.; Lv, Y.; Xu, L.; Zheng, Q. Quantitative Efficacy of Soy Isoflavones on Menopausal Hot Flashes. Br J Clin Pharmacol 2015, 79 (4), 593–604. https://doi.org/10.1111/bcp.12533.

(4)   Liu, T.; Chen, S.; Mielke, G. I.; McCarthy, A. L.; Bailey, T. G. Effects of Exercise on Vasomotor Symptoms in Menopausal Women: A Systematic Review and Meta-Analysis. Climacteric 2022, 25 (6), 552–561. https://doi.org/10.1080/13697137.2022.2097865.

(5)   Moradi, M.; Ghavami, V.; Niazi, A.; Seraj Shirvan, F.; Rasa, S. The Effect of Salvia Officinalis on Hot Flashes in Postmenopausal Women: A Systematic Review and Meta-Analysis. Int J Community Based Nurs Midwifery 2023, 11 (3), 169–178. https://doi.org/10.30476/IJCBNM.2023.97639.2198.

(6)   The effect of Hop (Humulus lupulus L.) on early menopausal symptoms and hot flashes: A randomized placebo-controlled trial – PubMed. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25982391/ (accessed 2023-07-28).

(7)   Rovinski, D.; Ramos, R. B.; Fighera, T. M.; Casanova, G. K.; Spritzer, P. M. Risk of Venous Thromboembolism Events in Postmenopausal Women Using Oral versus Non-Oral Hormone Therapy: A Systematic Review and Meta-Analysis. Thromb Res 2018, 168, 83–95. https://doi.org/10.1016/j.thromres.2018.06.014.

(8)   Mohammed, K.; Abu Dabrh, A. M.; Benkhadra, K.; Al Nofal, A.; Carranza Leon, B. G.; Prokop, L. J.; Montori, V. M.; Faubion, S. S.; Murad, M. H. Oral vs Transdermal Estrogen Therapy and Vascular Events: A Systematic Review and Meta-Analysis. J Clin Endocrinol Metab 2015, 100 (11), 4012–4020. https://doi.org/10.1210/jc.2015-2237.

(9)   Serfaty, D.; de Reilhac, P.; Eschwege, E.; Ringa, V.; Blin, P.; Nandeuil, A.; Tavera, C.; Mathieu, M. [Compliance with hormone replacement therapy in menopausal women: results of a two-year prospective French study comparing transdermal treatment with fixed oral combination therapy]. Gynecol Obstet Fertil 2003, 31 (6), 525–533. https://doi.org/10.1016/s1297-9589(03)00130-9.

Nos formations en Hormonologie

Pratik Fonctionnelle en Hormono Médicale

Prise en charge médicale en hormonologie fonctionnelle

Améliorer la prise en charge de l’équilibre œstroprogestatif grâce à l’assiette