Extrait du livre : OVULATION POWER | Reprenez le pouvoir sur vos troubles hormonaux par Guénaëlle Abéguilé

Extrait du livre

OVULATION POWER
Reprenez le pouvoir sur vos troubles hormonaux

Partie 1 : the OVULATION POWER

Lorsque l’on demande à une femme de nous parler de ses cycles menstruels, nous nous exposons généralement à un rictus, une grimace, un soupir, un agacement ou bien encore un long silence. Ces expressions traduisent différentes émotions propres à chaque femme. Elles sont le reflet de leur vécu, leur éducation, mais aussi des idées reçues sur les cycles féminins.

Comment ce processus physiologique, acteur de la santé de la femme, aboutissant à la procréation, indispensable à la survie de l’espèce, peut-il être synonyme de souffrance, gène, dégout, tristesse ? Comment cette machinerie hormonale incroyablement sophistiquée peut-elle être aussi mal considérée ?

Pour pouvoir considérer un processus à sa juste valeur, faut-il encore le connaître ? Contrairement à ce qu’elles croient, très peu de femmes connaissent leur cycle. Et pour cause, il est mal enseigné, mal compris, plein de tabous et d’idées reçues. La preuve la plus évidente est son nom : LE CYCLE MENSTRUEL.

Cycle menstruel : vous trouvez ça beau ? J’avoue que lorsque je l’écris, je dois légèrement froncer les sourcils. Menstruel fait référence aux menstruations : les règles, les menstrues, les ragnagnas, les bringues, ou bien encore les « trucs » …. Tous ces mots familiers, plus laids les uns que les autres, voici ce à quoi la femme pense lorsqu’on fait référence à son cycle menstruel. Il n’y a pas de quoi esquisser un sourire !

En effet, lorsque vous demandez à une femme, combien de temps durent ses cycles, elle vous répond une fois sur deux : entre 3 à 7 jours. Elle confond alors son cycle menstruel avec sa période de règles.

Les menstruations ne sont pourtant qu’un évènement annexe au cycle. Elles ne sont que la conséquence d’une incroyable aventure hormonale dont l’épisode central est L’OVULATION.

Il est vrai que la femme repère plus facilement ses règles que son ovulation. On comprend que la présence de sang explique aisément ceci. Mais la mauvaise considération du cycle est largement entretenue par l’éducation, l’enseignement, le matraquage marketing, les lobbyings pharmaceutiques, le patriarcat, qui ont tous intérêt à présenter le cycle aux femmes de manière erronée.

Redorer le blason du cycle serait, redonner le pouvoir aux femmes, pointer du doigt les véritables responsables des troubles hormonaux féminins. Le limiter à sa vision de « cycle menstruel », simplifie l’enseignement, élargit les indications de prescription de pilule contraceptive. Mettre des œillères sur l’évènement central du cycle, donne le sentiment aux hommes de détenir le pouvoir, ou du moins, nous fait croire qu’on ne peut pas rivaliser. Ne dit-on pas d’un homme charismatique, entrepreneur : « Il a une sacrée paire de couilles ! » ?

Et si vos ovaires, mesdames, n’avaient rien à envier aux gonades de ces messieurs ? Et si les moments où vous vous sentez forte, belle et toute-puissante étaient la conséquence de votre activité ovarienne ? Et si nous laissions nos ovaires exprimer leur plein potentiel ?

Pourquoi un homme est -il si fier de parler de ses testicules, tandis qu’une femme ignore le POUVOIR tout-puissant de ses ovaires ! Nous aussi, mesdames, nous avons une sacrée paire d’ovaires. Vous en faire prendre conscience ? Tel est la mission de ce livre !

Pour en être intimement convaincue et cultiver le plein potentiel de vos gonades, il est essentiel de reconsidérer le cycle à sa juste valeur, de replacer ses différents évènements à leur juste place.

L’ovulation étant l’épisode dominant le cycle, nous ne parlerons plus de cycle menstruel, mais bien, de cycle ovulatoire. Les ovaires méritent de sortir de l’ombre : elles sont les héroïnes de notre aventure.

Dans la première partie de ce livre, nous étudierons ce qui se passe aux différents moments du cycle. Chaque épisode permettra de prendre conscience de l’impact de chacune de ces phases sur la santé physique et psychique de la femme. La connaissance du cycle nous permettra de transformer les particularités propres à chaque instant en véritable atout dans le développement personnel de la femme.

Pour mieux aborder le cycle, j’ai choisi de le découper en 5 phases. Ce n’est pas une classification qui existe, mais c’est celle qui me semble la plus fonctionnelle. Chacune de ces phases se caractérise par un climat hormonal particulier.

Ces phases sont narrées dans un récit à 3 voix :

  • Au cœur de vos ovaires, le follicule ovarien nous raconte les différentes étapes de son incroyable course à l’ovulation.
  • Laura refait le point sur sa journée. Comme toutes les femmes en activité ovarienne, son tempérament, son humeur, ses réflexions, ses envies, ses doutes, sa sensibilité et ses performances physiques évoluent au cours du cycle. Elle observe ses fluctuations intrigantes, sans trop les comprendre et sans les mettre en lien avec ce qui se passe au cœur de ses ovaires.
  • Enfin, en tant qu’expert du cycle, je vous explique le lien entre Laura et ses ovaires. Vous comprendrez la formidable magie hormonale du cycle qui fait de nous des femmes non-lisses, non-stables, non-linéaires, des femmes parfaitement imparfaites. La compréhension du cycle permet de mieux s’approprier les particularités de chaque phase pour en faire une force, pour mieux se réaliser en tant que femme.

Rappelons que la 1re partie est consacrée au cycle physiologique. Nous parlons donc ici du cycle où l’ovulation est de qualité.

Si vous faites partie de ces femmes chanceuses qui ovulent bien, vous vous reconnaitrez probablement dans le récit de Laura.

Si ce n’est pas le cas (ou si vous prenez une contraception hormonale), ce sera peut-être pour vous le but à atteindre ! Voici un avant-goût de ce qui vous attendra quand vous aurez retrouvé le pouvoir de vos ovaires !

Si vous êtes prête à vous reconnecter avec vos ovaires, retrouvez moi pour la suite de cette aventure : sortie du livre en octobre 2023 !!!

Guénaëlle Abéguilé, Consultante et formatrice en santé fonctionnelle – Cofondatrice de DFM Formations

Place des analyses avec la vision Hormon’holistiK par Guénaëlle Abéguilé

En tant que praticien en santé fonctionnelle, je reçois régulièrement ce genre de demande de la part d’individus inconnus : « Madame, que pensez-vous de mes analyses biologiques ? » ; « Que dois-je faire pour améliorer ma biologie ? ».

Ma réponse est toujours la même : « Je n’en sais rien ».

Cette réponse est alors souvent perçue comme de la rétention d’informations, voire de l’incompétence.

En termes d’analyses fonctionnelles, je reste persuadée que cette réponse est la seule à être juste et que toute autre réponse est au mieux, approximative, au pire, preuve de notre incompétence et risque de conduire à des conseils inefficaces, voire contre-productifs !

J’ai choisi d’illustrer ma réponse dans mon domaine de prédilection : l’hormono fonctionnelle. Ceci est toutefois applicable à l’ensemble des autres analyses fonctionnelles.

Pourquoi interpréter une biologie sans connaître le contexte peut-il conduire à des conseils contre-productifs ?

Prenons l’exemple d’un dosage d’hormones ovariennes : œstradiol, progestérone, ainsi que leur donneur d’ordre, les hormones hypophysaires FSH et LH.

Une femme me tend sa biologie afin de connaître mon avis.

1re erreur de ma part : je regarde son analyse. En effet, peu importe ce que j’y vois, je lui répondrai la même chose : « Je n’en sais rien ».

Son œstradiol est à 350 pg/ml et sa progestérone à 1,5 ng/ml. On serait tenté de dire : « Ici, c’est clair, il y a un fort déséquilibre œstroprogestatif en faveur des œstrogènes ! ». On imagine alors une femme avec de belles courbes féminines, mais souffrant de syndrome prémenstruel avec mastodynie, rétention d’eau, maux de tête, irritabilité, etc…

Je poursuis ma lecture, je vois la LH à 35 UI/L et la FSH à 10. Lorsque le rapport LH/FSH est supérieur à 1, il y a risque d’excès d’androgènes. En effet, la LH pousse les ovaires à produire de la testostérone tandis que la FSH favorise l’expression de l’enzyme qui les convertit en œstradiol. Ainsi, lorsque le rapport LH/FSH est élevé, le rapport testostérone/œstradiol devrait également l’être. On imagine alors cette femme également très androgénique qui pourrait souffrir de chute de cheveux, d’acné et de pilosité excessive. Elle doit être insulinorésistante, car l’insuline augmente la LH ! BINGO, en regardant l’analyse, je sais tout sur cette femme qui me tend l’analyse biologique : elle doit avoir un ventre gras (insulinorésistante), des seins volumineux (hyperœstrogéniques) et poilus, être chauve et pleine de boutons (hyperandrogénique)… Je regarde alors la personne au bout de ce bras qui me tend cette biologie… et découvre une jeune femme qui ne correspond pas du tout à ce que me dit sa biologie.

Que dois-je penser ?
  • Elle porte une culotte ultra gainante, à subit une réduction mammaire et possède un super fond de teint ultra couvrant, tout en restant ultra naturel ?
  • Je n’ai pas tout compris aux analyses biologiques ?

Pour interpréter une analyse biologique, de nombreux renseignements au sujet du patient ainsi qu’une bonne connaissance de la physiologie sont indispensables ! En aucun cas, il n’est possible d’interpréter une analyse sans ces informations capitales !

Je prends alors un peu de recul et lui pose la question :

À quel moment du cycle avez-vous fait cette analyse biologique ?

En effet, l’équilibre œstroprogestatif n’est interprétable que 7 jours après l’ovulation, lorsque la progestérone est à son maximum !

Elle me répond avoir fait son analyse 21 jours après le 1er jour des règles.

J’ai appris que la femme ovule à J14.  L’analyse étant faite à J21, elle a donc bien ovulé 7 jours avant.

BINGO ! L’analyse est bien interprétable, mes hypothèses sont bonnes !

Je peux lui dire qu’elle souffre d’un déséquilibre œstroprogestatif et certainement d’une hyperandrogénie. Je lui demande alors la marque de son fond de teint !

Pour ne pas en rester là, je lui propose des stratégies de prise en charge. Pour son déséquilibre œstroprogestatif, je lui donne des conseils pour abaisser sa production d’œstrogènes et je lui recommande également des plantes progestatives à prendre en deuxième parti du cycle.

Pour son rapport LH/FSH augmenté responsable de son hyperandrogénie bien camouflée, je suspecte la responsabilité de l’insuline, je lui conseille alors de réduire ses charges glycémiques.

Fière de moi, je me dis qu’elle a eu de la chance de croiser mon chemin… Je poursuis également le mien, la tête haute direction Séphora.

Pourquoi ce fond de teint n’aura pas l’effet escompté ?

En rentrant de chez Séphora, j’applique ce fond de teint, qui chez moi n’a pas du tout le même effet.

Je me dis :

  • Cette femme doit faire de la rétention d’informations, elle ne veut pas partager ses secrets de beauté.
  • J’accepte l’idée de ne pas maîtriser totalement le sujet et je me remets en question.

Je prends mon téléphone et l’interroge davantage sur son cycle. Ses cycles sont réguliers, mais de 35 jours. Je comprends alors qu’elle n’avait pas encore ovulé lors de son analyse biologique ! Elle a fait l’analyse en période préovulatoire ! L’interprétation est alors complètement différente ! L’ovulation nécessite un pic de LH, qui lui-même nécessite un pic d’œstradiol. Les valeurs d’œstradiol et de LH élevées indiquaient simplement que cette femme était en train de préparer son ovulation ! Ceci explique aussi alors que sa progestérone était basse. Je comprends que, lorsqu’elle m’a demandé mon avis, j’aurai dû lui répondre « je n’en sais rien » ! Je lui aurai évité d’acheter des compléments inefficaces, voire contre-productifs, et je n’aurai pas acheté ce fond de teint !

Avec mes conseils pour abaisser sa production d’œstrogène, je risque alors de la mettre en hypoœstrogénie et d’altérer davantage son cycle !

Que dois-je alors retenir de cette expérience ?
  • Cette femme n’est pas normale, car elle ovule à J21-22
  • On m’a appris n’importe quoi à l’université : une femme n’est pas un robot qui pond à J14

OK, je commence à comprendre la nécessité d’interpréter les analyses biologiques en fonction de la période du cycle.

Malgré la preuve de mon incompétence, elle n’est pas rancunière, et souhaite toujours avoir mon avis sur sa biologie.

Afin de ne pas reproduire les mêmes erreurs, je m’intéresse davantage à elle et l’interroge sur ses signes cliniques. Elle souffre en effet de syndrome prémenstruel (SPM). Avant chaque menstruation, elle a mal aux seins et prend 2 kg d’eau. Je sais que ces signes cliniques traduisent un déséquilibre œstroprogestatif. Je lui conseille alors de refaire un dosage d’œstradiol et progestérone, non pas à J21, mais 7 jours après son ovulation. Je lui explique comment reconnaître son ovulation.

(Pour en savoir plus sur l’observation du cycle, je vous invite à regarder cette vidéo, et à lire cet article.)

Quelque temps plus tard, elle revient avec sa biologie. Elle a bien perçu son ovulation et a effectué son analyse 7 jours plus tard.

Avec ses signes cliniques, j’imagine son dosage œstradiol au plafond.  Surprise : il n’est qu’à 150 pg/ml !

J’avais anticipé cela. En effet, nous savons qu’une hormone ne peut jamais être considérée seule ! Elle est toujours à interpréter en fonction des autres hormones avec lesquelles elle interagit. En l’occurrence, la progestérone contrebalance les effets des œstrogènes. Ainsi, un syndrome prémenstruel (SPM) est lié au déséquilibre œstroprogestatif qui provient soit d’un excès d’œstrogènes, soit d’un déficit de progestérone. Ici, les œstrogènes sont normaux bas, j’imagine alors que son SPM est lié à un défaut de production de progestérone.

Nouvelle surprise, la progestérone est excellente à 20 ng/ml : digne d’une ovulation de compet’ !

L’analyse biologique ne va donc pas du tout dans le sens que j’avais imaginé ! Il n’y a clairement pas de déséquilibre œstroprogestatif  !

Que vous dites-vous :

  • Son SPM : c’est clairement dans sa tête !!!
  • Je ne maîtrise visiblement pas tout… Je cherche à comprendre ce qui pourrait expliquer que cette femme souffre de SPM malgré cette biologie.
Qu’est-ce qui pourrait alors expliquer cette discordance clinique/biologique ?

Nous savons maintenant qu’il existe des discordances entre le statut biologique hormonal et l’impact des hormones sur nos tissus. Nous parlerons alors de la notion d’imprégnation hormonale. Celle-ci est le reflet de l’effet de nos hormones sur les tissus cibles. L’imprégnation hormonale est bien sûr dépendante de la quantité d’hormone, mais pas que. La quantité d’hormone n’est qu’un facteur favorisant l’imprégnation hormonale parmi de nombreux autres ! Ainsi, toute discordance entre la clinique et la biologie doit nous interroger sur ces autres facteurs.

L’imprégnation hormonale est une notion beaucoup plus fonctionnelle, plus globale, plus réaliste que la simple notion de quantité identifiable à la biologie.

Revenons à notre cas clinique : quels sont les paramètres pouvant augmenter l’imprégnation en œstrogène ?

Outre le déficit de progestérone, déjà éliminé, les autres facteurs influençant l’imprégnation œstrogénique sont :

  • Les transporteurs hormonaux :

Le dosage d’œstradiol correspond au taux total d’œstradiol : c’est-à-dire à la quantité d’hormones liées à leurs transporteurs additionnée des hormones libres, non transportées.  Seule la fraction hormonale libre est active !  Il est alors intéressant de vérifier si le taux de transporteur n’est pas abaissé, ce qui expliquerait que la fraction libre active soit augmentée et pourrait donc être responsable de cette forte imprégnation œstrogénique.

Le dosage SHBG est ici de 70 nmol/L, ce qui est tout à fait optimal. L’hypothèse pour cette femme est rejetée.

  • La sensibilité des récepteurs :

Vous savez que nous ne réagissons pas tous de la même manière à l’insuline ? Certains patients doivent produire 3 fois plus d’insuline que d’autres pour normaliser leur glycémie !

Pour les autres hormones, c’est pareil !

Nous sommes tous plus ou moins sensibles à chaque hormone. Concernant les œstrogènes, les raisons sont multiples, parmi lesquels : les polymorphismes génétiques, l’inflammation, le statut en iode, en progestérone…

En poussant l’enquête, nous découvrons que cette femme à un très fort déficit en iode ! Sa iodurie indique 20 ug/L ! Ceci explique une hypersensibilité aux œstrogènes !

BINGO !!! En normalisant le statut en iode, nous la rendrons moins sensible aux œstrogènes ! Ainsi même si sa production hormonale reste identique, sa clinique peut être considérablement améliorée !

Le raisonnement commence à être plus satisfaisant, nous commençons à percevoir la différence entre le taux d’hormones produites et la notion d’imprégnation hormonale. Après avoir repéré une discordance entre la clinique et la biologie, mais nous avons trouvé une explication. La carence en iode, serait-elle la seule responsable ?

Lorsque nous repérons un responsable, nous faisons souvent l’erreur de penser que cette dernière explique l’ensemble des dysfonctions. Sauf exception, les dysfonctions sont toujours plurifactorielles. Rares sont les cas où un paramètre est dans le rouge et l’ensemble des autres dans le vert. La plupart du temps, nous aurons quelques paramètres verts, quelques autres rouges, mais la grande majorité dans l’orange. Il est alors judicieux d’évaluer l’ensemble des critères pouvant être responsables de la dysfonction repérée. Poursuivons alors notre enquête.

Quels autres facteurs peuvent augmenter l’imprégnation œstrogénique ?

  • Évaluation des autres ligands des récepteurs aux œstrogènes :

Les œstrogènes ne sont pas les seules molécules à se fixer sur leurs récepteurs. En effet, les perturbateurs endocriniens oestrogénomimétiques tels que les bisphénols, les phtalates, les pesticides ont également la capacité à activer ces récepteurs. L’analyse biologique ne reflète absolument pas ce paramètre ! Seule l’enquête du mode de vie pourra valider cette hypothèse.

Les œstrogènes de synthèse de la pilule contraceptive ne sont pas en reste. L’éthinylestradiol de la pilule se fixe en effet sur les récepteurs aux œstrogènes et les active bien plus fortement que nos propres œstrogènes. Pourtant, la biologie de votre patiente sous pilule contraceptive indiquera un taux d’œstradiol très bas. Rappelons que la femme sous pilule contraceptive est exposée à un puissant perturbateur endocrinien oestrogénomimétique, cancérogène de 1re catégorie (pour le cancer du sein, utérus, foie/VB). Voici encore un bel exemple de la nécessité d’interpréter les analyses avec beaucoup de recul !

D’autres types de ligands peuvent à l’inverse moduler les récepteurs aux œstrogènes, il s’agit des phytoœstrogènes contenus dans les végétaux. Leurs modes d’action sont complexes, ils sont phytoœstrogènes dépendants, aliments dépendants, statut hormonal dépendant, microbiote dépendant.

La patiente ne prend pas de pilule, fait attention aux perturbateurs endocriniens, mange bio. En revanche, elle consomme peu de végétaux riches en phytoœstrogènes modulateurs, je lui conseille alors d’en consommer davantage.

  • La détoxication des œstrogènes :

Enfin, suivant notre bagage génétique, épigénétique, notre exposition aux polluants, notre statut micronutritionnel, notre fonction thyroïdienne, nous ne détoxiquons pas nos œstrogènes de la même manière. La détoxication hépatique se fait en 2 phases.

Au niveau de la première phase de détoxication, certaines femmes fabriquent beaucoup de molécules intermédiaires, très œstrogéniques (les 16 OH œstrones), d’autres parviennent difficilement à les conjuguer au niveau de la 2e phase. Enfin, certaines gèrent très bien ces 2 phases, mais possèdent un microbiote qui favorise la recapture des œstrogènes qui étaient sur la voie de l’élimination.

Notre enquête clinique, complétée de certaines investigations biologiques, peut parfaitement compléter le bilan. Dans ce cas clinique, la phase 2 ainsi que la phase d’élimination se passaient bien. En revanche, lors de la phase 1, la patiente synthétise beaucoup de 16 OH œstrones. En effet, son rapport 2/16 OH est abaissé. Je lui administre alors une phytothérapie adaptée favorisant la voie du 2OH œstrones (molécules intermédiaires protectrices peu œstrogéniques).

Pour résumer ce cas clinique 

Cette femme souffrait de déséquilibre œstroprogestatif. Son analyse hormonale postovulatoire indiquait que les responsables n’étaient ni un excès d’œstrogènes ni un déficit de progestérone. Cette discordance clinique/biologie nous invite alors à explorer les autres facteurs augmentant l’imprégnation œstrogénique. Parmi ceux-ci, nous avons repéré chez la patiente un défaut de modulation des œstrogènes par insuffisance de consommation de phytoœstrogènes, une hypersensibilité des récepteurs aux œstrogènes par déficit d’iode, et un trouble de la détoxication conduisant à la synthèse de molécules intermédiaires hyperœstrogéniques. On comprend donc que les recommandations effectuées n’auront rien à voir avec ce que nous avions fait en première intention suite à l’interprétation biaisée de la 1re analyse ! Seule la prise en charge causale sera efficace. Elle permettra alors de faire disparaître le syndrome prémenstruel de cette femme. Elle bénéficiera également d’effets secondaires collatéraux : optimisation de la fonction thyroïdienne, protection hépatique, et même prévention de l’apparition d’un cancer hormonodépendant.

Ce cas clinique illustre bien la vision globale à développer lors de l’investigation fonctionnelle d’une analyse biologique.

Lorsque le praticien répond « je n’en sais rien » à une personne qui lui demande d’interpréter sa biologie en dehors d’une consultation, ce n’est en aucun cas de la rétention d’informations ! Cette réponse fait preuve au contraire de compétence. Les mécanismes qui sous-tendent l’équilibre hormonal sont tellement complexes, qu’ils ne peuvent en aucun cas être identifiables à l’analyse biologique seule.

Si vous ne souhaitez pas un praticien qui pense que vous cachiez vos boutons derrière un fond de teint, n’acceptez pas un praticien qui vous fait croire qu’il a la solution à vos problèmes après avoir jeté un œil à votre biologie.

Guénaëlle Abéguilé, Consultante et formatrice en santé fonctionnelle – Cofondatrice de DFM Formations – auteure du livre « Troubles Hormonaux reprenez le pouvoir« 

Pour aller plus loin :

Pratik Fonctionnelle en Hormono Médicale

Améliorer la prise en charge de l’équilibre œstroprogestatif grâce à l’assiette

Intolérant à tout, tolérant à rien, le point de vue de la santé fonctionnelle : Et si c’était les surrénales ? par Guénaëlle Abéguilé

En tant que praticien en micronutrition, j’imagine que vous rencontrez souvent des patients qui ne tolèrent plus rien ! « Je ne sais plus que manger, tout me rend malade ». Nausées, ballonnements, diarrhées, constipations, vomissements, maux de tête, fatigue, peu importe ce qu’ils ingèrent, plus rien ne passe, tout provoque souffrance et désespoir.

Ils cumulent alors tout type de régime d’éviction. Ils commenceront souvent par éliminer le gluten, ils ressentiront un soulagement, mais les troubles digestifs ne tarderont pas à revenir. Et si c’était le lactose ? Et c’est au tour de l’éviction des produits laitiers ! De la même façon après une période de répit, les troubles reviendront. Ils seront certainement de plus en plus fréquents et de plus en plus invalidants.  Surfant sur le net à la recherche de solutions, à la lecture des différents témoignages, ils chercheront L’aliment ou LE composant de l’aliment dont l’éviction fait des miracles. Et si c’était l’histamine ? Les lectines ? Les FODMAPs ? C’est ainsi que ces patients parviendront à éliminer un peu près tout de leur alimentation…

S’en suit de la fatigue liée aux carences provoquées par ces régimes toujours plus restrictifs, des dysfonctions métaboliques, endocriniennes, neuropsychiques, dysimmunitaires…

Ces patients en mode survie recherchent désespérément des solutions à leurs problèmes. En errance médicale, ils font partie des incompris de la médecine. C’est dans ce cadre qu’ils parviennent dans votre cabinet.

Que lui proposerez-vous pour le soulager ? Ne serait-il pas mieux sans oxalates ? Sans sulfites ? Allez-vous de nouveau leur proposer un énième régime d’éviction ? Des compléments alimentaires ? Vous remarquerez d’ailleurs que ces patients tolèrent généralement très peu de compléments.

Et si l’aliment n’était pas en cause ?

Avez-vous pensé à explorer les surrénales ?

Les surrénales sont des glandes endocrines qui sécrètent différentes hormones dont le fameux cortisol. Cette hormone couramment appelée « hormone du stress », car sécrétée en réponse au stress, est souvent perçue comme une hormone délétère.

Et pourtant le cortisol est l’hormone nous permettant de faire face au stress ! Il nous permet d’affronter toutes les situations la tête haute ! Ainsi, en cas de déficit de cortisol, nous ne sommes plus aptes à réagir face au stress, nous n’avons plus les ressources nécessaires pour le faire !  Cette situation se rencontre en cas de fatigue des glandes surrénales.

S’en suit une fatigue intense, des sensations d’épuisement, de confusion, un brouillard mental, une hypotension. Ces patients à bout de force ne parviennent plus à affronter les événements de la vie quotidienne. Le moindre imprévu, la moindre contrariété prend des proportions inimaginables, tout leur paraît insurmontable. « Je ne suis plus capable de…. ».

Fatigue surrénalienne – baisse de cortisol : Quel rapport avec les intolérances ?

J’y arrive ! Et vous verrez que les liens sont nombreux !!!!

Tout d’abord, en tant qu’anti-inflammatoire naturel, on comprend que lorsque le cortisol vient à manquer, le patient sera bien plus vulnérable aux inflammations. Ceci peut notamment contribuer à l’inflammation digestive.

De nombreux autres liens existent entre perte de tolérance digestive et fatigue surrénalienne. Une partie des explications se trouvent dans les mécanismes adaptatifs de régulation du cortisol.

Cortisol bas – tentative de régulation centrale :

Par principe homéostasique, lorsque les surrénales fatiguent et diminuent leur production de cortisol, l’organisme va tout faire pour réguler la situation.

Les surrénales s’endorment, le cerveau va tenter de les réveiller, de les booster afin qu’elles relancent leur production hormonale !

En langage plus physiologique : l’axe hypothalamo-hypophysaire, tour de contrôle du système endocrinien, va stimuler davantage les surrénales afin de leur donner l’ordre de remonter le cortisol. Pour ce faire, l’hypothalamus (qui contrôle l’hypophyse) va produire une forte quantité de CRH (Cortisol Releasing Hormone), qui à son tour stimulera la production d’ACTH au niveau de l’hypophyse (qui contrôle les glandes périphériques, dont les surrénales). L’ACTH pourra alors à son tour stimuler les surrénales. Mais…. C’est peine perdue… Les surrénales sont à plat… L’hypophyse a beau crier, les surrénales ne réagissent pas. Les réserves sont vides, le cortisol ne remonte pas : c’est la fatigue surrénalienne.

On se retrouve alors avec une CRH élevée et un cortisol qui reste bas.

Nous avons déjà vu qu’un taux de cortisol bas entraînait de nombreuses dysfonctions, mais à cela s’ajoute les désagréments provoqués par la montée de la CRH.

Quelles sont les dysfonctions entraînées par la hausse de la CRH ?

À haute dose, la CRH stimule la synthèse d’une hormone appelée somatostatine (ou GHIH pour Growth Hormone-Inhibiting Hormone). Cette hormone est connue pour inhiber l’hormone de croissance. Son action ne se limite pas à cela, la somatostatine est une hormone inhibitrice à large spectre.

Lorsqu’elle est en excès, elle va inhiber la TSH, l’hormone qui stimule la thyroïde. La TSH s’abaisse, la thyroïde est alors mise au repos, elle diminue sa production d’hormones thyroïdiennes. Le patient a donc une TSH basse malgré des hormones thyroïdiennes basses : c’est l’hypothyroïdie centrale. Le médecin qui persiste dans la croyance que la TSH est un bon marqueur du fonctionnement thyroïdien passera complètement à côté…. Cela dit, vous l’aurez compris, l’hypothyroïdie est ici une conséquence de la dysfonction maitresse : la dysfonction surrénalienne !

Les hormones thyroïdiennes étant essentielles à la digestion (notamment via la synthèse d’acide chlorhydrique gastrique ou bien encore via l’activation du péristaltisme intestinal), on comprend alors que ces patients se plaindront d’un défaut de vidange gastrique, de constipation, de lenteur digestive. À cela s’ajouteront bien entendu de nombreux autres signes cliniques caractéristiques de l’hypothyroïdie.

Ceci illustre parfaitement un des nombreux liens existants entre thyroïde et surrénales.

Pour comprendre davantage le fonctionnement thyroïdien, je vous invite à lire mon article intitulé « Hypothyroïdie, le point de vue de la santé fonctionnelle »

Et ce n’est pas tout, la somatostatine va mettre la pagaille au niveau de toutes les fonctions digestives :

Elle va inhiber les hormones produites au niveau du duodénum (1re partie de l’intestin grêle). Vous avez probablement entendu parler de ces hormones : cholécystokinine (CCK), sécrétine et même la motiline. De doux noms pour de formidables hormones !

La sécrétine et la CCK, agissent en synergie pour permettre la synthèse et l’excrétion dans les voies digestives, de la bile et des sucs pancréatiques. Ainsi en cas de fatigue surrénalienne, les fonctions digestives biliaires et pancréatiques peuvent être grandement impactées.

Avec une insuffisance biliaire, impossible de digérer et d’absorber les graisses. Dès qu’il en consommera, le patient sera écœuré, barbouillé, ses selles deviendront collantes, salissantes.

Les sucs pancréatiques quant à eux digèrent absolument tout : glucides, lipides et protéines ! Ainsi les capacités digestives du patient seront très rapidement dépassées. Le patient diminuera ses rations et aura l’impression de digérer de moins en moins.

La motiline, quant à elle, permet entre autres d’activer le complexe moteur migrant (CMM). Ce dernier s’active à distance des repas, et permet de chasser les résidus alimentaires de l’intestin grêle. Ainsi les aliments ne stagnent pas, ils poursuivent leur chemin vers le colon. Ceci permet d’éviter un développement excessif des bactéries et donc de fermentation dans cette partie de l’intestin.

En cas de fatigue surrénalienne, il est donc probable que le patient se plaigne de ballonnements intenses et souvent douloureux rapidement après le repas. En effet, tous les facteurs sont réunis pour que les bactéries fermentent dans le grêle ! Pourquoi poursuivraient-elles leur chemin jusqu’au colon si les conditions sont optimales à leur développement en amont : pas de sécrétion biliaire corrosive, pas d’acide chlorhydrique déversé et plein d’aliments servis sur un plateau d’argent alors que dans le côlon elles devraient se satisfaire des « restes ». Vous l’avez reconnu : ceci fait alors le lit du… SIBO. Votre patient se sentira soulagé par les régimes sans FODMAPs, en revanche en aucun cas celui-ci ne résoudra la fatigue surrénalienne qui est ici la cause maitresse de tous ses problèmes.

Loin de moi de dire que tous les SIBO sont liés à des insuffisances surrénaliennes ! Cependant lorsque le tableau clinique est évocateur, il me semble essentiel de pousser l’investigation.

Pour clôturer cet article, terminons par expliquer un dernier lien, et pas des moindres, entre fatigue surrénalienne et troubles digestifs : l’histaminose

Le cortisol n’est pas qu’un anti-inflammatoire, c’est également une molécule antiallergique. Un des mécanismes d’action lui conférant cette propriété est sa fonction de « modulateur mastocytaire ». Les mastocytes sont les cellules immunitaires sécrétrices d’histamine. Cette dernière est libérée lorsque le mastocyte est activé. Cette activation peut être déclenchée par des antigènes alimentaires, des virus, les lectines, l’alcool, des médicaments comme la pilule contraceptive, les AINS, des myorelaxants… L’histamine libérée en quantité provoque alors différents types de symptômes caractéristiques des allergies tels que des démangeaisons, le nez qui coule, des rougeurs, les yeux et lèvres qui gonflent. L’histamine en excès peut également entraîner des signes neuropsychiques tels que de l’anxiété, des insomnies, de l’hyperexcitabilité ou bien encore des signes digestifs tels que des diarrhées, du reflux, des nausées, voire des vomissements.

Par ailleurs, en abaissant le seuil d’excitabilité neuronal, l’histamine en excès entraîne une hypersensibilité viscérale. Ainsi un stimuli censé ne pas déclencher de douleur peut être perçu comme douloureux pour les personnes ayant trop d’histamine. S’en suivent des douleurs abdominales, des spasmes.

Le cortisol permet de moduler l’activation des mastocytes et donc de diminuer leur sécrétion d’histamine. Ainsi, lorsque le cortisol vient à manquer, les mastocytes s’excitent pour un rien ! Ainsi le moindre stress, l’alcool, les lectines, le gluten ou autres antigènes alimentaires, vont entraîner un relargage excessif d’histamine. Bourré d’histamine, le patient remarquera alors que lorsqu’il suit un régime pauvre en histamine et en aliments activateurs des mastocytes, il se sentira soulagé. Il éliminera de nouveau de nombreux aliments de son assiette.

N’ayant pas traité l’origine de l’activation mastocytaire, ce répit ne sera que de courte durée. La cause maitresse étant, encore une fois, dans ce cas de figure, l’insuffisance surrénalienne. Tant qu’elle ne sera pas prise en charge, le cortisol restera bas et entraînera de nombreuses autres dysfonctions.

En résumé :

Nombreux sont nos patients en errance médicale qui souffrent de troubles non compris et surtout, non considérés. À la recherche de solutions, certains pratiquent des évictions alimentaires mettant en danger leur santé pour des résultats non satisfaisants.

En entraînant de multiples dysfonctions, telles que de l’inflammation, une hypothyroïdie, une histaminose, une altération de la synthèse et de l’excrétion des enzymes digestives,  l’insuffisance surrénalienne peut expliquer la perte de tolérance digestive de bon nombre de nos patients.

Seule, la mise en évidence clinique et biologique de la cause maitresse et sa prise en charge sera efficace. Elle permettra au patient de retrouver ses capacités digestives de manière pérenne.

Guénaëlle Abéguilé, Consultante et formatrice en santé fonctionnelle – Cofondatrice de DFM Formations, auteure du Livre « Troubles Hormonaux reprenez le pouvoir« 

Pour allez plus loin :

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Règles douloureuses : Que faire ? par Guénaëlle Abéguilé

  • C’est normal d’avoir mal au ventre quand t’as tes règles !

  • Moi je vais quand même au travail !

  • Quelle chochotte !

  • C’est comme ça, prend un médicament et arrête de te plaindre.

Vous ne supportez plus ces réflexions de la part personnes incapables de considérer que chaque femme vit son cycle de manière très différente ? Des personnes qui ne comprennent pas que ces douleurs ne sont pas dans votre tête et qu’elle peuvent s’accompagner d’autres signes cliniques comme des troubles du transit, des ballonnements,  de la congestion mammaire ou des maux de tête.

Ce que ces personnes malveillantes ignorent également, c’est que vos règles douloureuses peuvent  éventuellement s’accompagner d’autres signes tels que de l’irritabilité ou de l’agressivité qui les exposent à un risque de strangulation à  chaque réflexion non appropriées. Maintenant, elles sont prévenues !

Mais alors, si ce n’est pas du domaine de la chochotterie pourquoi avez-vous mal pdt vos règles alors que vos copines sont épargnées ? Pourquoi est-ce qu’un médicament antalgique, anti inflammatoire,  antispasmodique ou une pilule contraceptive vous soulage mais ne sont pas la solution? Pourquoi est-ce important de prendre en charge l’origine de vos troubles et ne pas se satisfaire de la prise en charge du symptôme ? Nous verrons en effet que les règles douloureuses doivent nous alerter.

 Je vous apporte des éléments de réponse dans cet article.

Pourquoi pouvons-nous avoir mal pendant nos règles ?

Il n’y a pas une seule et unique cause aux règles douloureuses.  En effet ce symptôme est la partie émergée de l’iceberg qui peut provenir de différentes dysfonctions. Seule l’identification et la prise en charge des dysfonctions qui vous sont propres seront alors efficaces.

De quelles dysfonctions peut-il s’agir ?

Les règles douloureuses peuvent trouver leur origine dans un déséquilibre en acide gras, dans un déséquilibre ionique  ou bien encore dans un déséquilibre hormonal.  Ces dysfonctions peuvent se combiner.

J’ai choisi, dans cet article de parler uniquement du déséquilibre hormonal.

Celui-ci est très souvent présent chez les femmes ayant des règles douloureuses et sa prise en charge est primordiale.

 En effet en plus d’entrainer des règles douloureuses pouvant être très invalidantes pour la femme, ce déséquilibre hormonal exposera la femme non prise en charge à  une augmentation des risques de développer un cancer hormono dépendant.

Lorsque je parle ici de prise en charge, je ne fais bien sûr pas allusion aux anti-inflammatoires, aux  anti-spasmodiques,  aux antalgiques ni à la pilule contraceptive.

En effet ces médicaments ne solutionnent absolument pas l’origine du problème. On comprend facilement qu’ils améliorent le symptôme mais ne corrige pas le déséquilibre hormonal à son origine. Ainsi  ils ne diminuent pas le risque de développer un cancer hormono dépendant et masquent le symptôme qui devrait nous alerter.

Pire la pilule contraceptive peut  augmenter ce risque. En effet la pilule oestro-progestative est reconnue par le Centre International de Recherche sur le Cancer comme cancérogène avéré, plaçant ce produit dans la catégorie 1 des substances cancérogènes, catégorie ayant le plus fort niveau de preuve.

Ce discours peut être difficile à recevoir pour une femme qui, grâce à ces molécules, retrouve un semblant de vie normale.  Je ne dis pas que les antalgiques, les anti-inflammatoires et les antispasmodiques ne doivent pas être consommés, je dis simplement que nous ne devons pas nous en satisfaire.

Il me semble nécessaire, indispensable, de proposer  une prise en charge fonctionnelle à toute patiente ayant des règles douloureuses. Cette prise en charge consiste à rechercher l’origine du problème et à la prendre en charge. Ainsi, les douleurs disparaitront et ces médicaments ne seront plus nécessaires. Cerise sur le gâteau, si l’élément causal était le déséquilibre hormonal, sa prise en charge permettra par ailleurs de minimiser les risques de développer un cancer hormono dépendant !

Mais alors, qu’est-ce que ce déséquilibre hormonal  et pourquoi augmente-t-il les risques de cancer hormono-dépendants ?

Il s’agit du déséquilibre oestro-progestatif. Ceci fait référence à un déséquilibre entre 2 hormones sexuelles, les œstrogènes et la progestérone en faveur des premiers.

Il peut donc être la conséquence d’un excès d’œstrogène, d’un déficit de progestérone ou bien d’un excès d’œstrogène relatif, c’est-à-dire par rapport à la progestérone.

L’implication des œstrogènes dans les cancers hormono dépendants n’est plus à démontrer. En effet, par leur effet prolifératif sur les cellules oestrogéno-dépendantes, ils augmentent les risques de cancer du sein, de l’utérus et des ovaires chez la femme.

Et quels peuvent être les causes de ces troubles ?

Quelle que soit l’origine de ce déséquilibre oestroprogestatif, cela aboutit à une augmentation  de ce qu’on appelle l’imprégnation œstrogénique. Il existe alors un excès de stimulation des récepteurs aux œstrogènes. Ces récepteurs peuvent être stimulés par les œstrogènes, mais pas que, il existe en effet d’autre molécules qui stimulent ces récepteurs. Par ailleurs cette imprégnation œstrogénique doit être contrebalancée par la progestérone.

Quels sont les facteurs augmentant l’imprégnation oestrogénique ?

L’imprégnation œstrogénique est dépendante de la synthèse et de la détoxication des œstrogènes mais également de la présence des perturbateurs endocriniens. Evoquons ces différents paramètres :

  • Tout d’abord, la synthèse des œstrogènes. Nous savons que la quantité d’œstrogènes est variable en fonction de la période du cycle, de notre âge, de notre génétique. Ce qui est moins connu, c’est que la synthèse des œstrogènes est augmentée par le stress, le surpoids, la consommation d’alcool et de viande et de sucre. Ces facteurs sont donc à prendre en considération.
  • Par ailleurs, l’imprégnation œstrogénique est très dépendante de la façon dont sont détoxifiés nos œstrogènes. La grand maitre de la détox, c’est le foie. Au cours de ce processus, qui se déroule en 2 phases, les œstrogènes pourront emprunter différentes voies plus ou moins favorables.

En effet, suivant notre génétique mais également et surtout suivant notre environnement micronutritionnel, nos œstrogènes deviendront des métabolites plus ou moins oestrogéniques et génotoxiques avant d’être éliminés. 

Ils pourront alors soit diminuer notre imprégnation oestrogénique et donc nos risques de cancers hormono dépendants  soit les augmenter.  

Pour favoriser la bonne voie, nous pouvons par exemple recommander la consommation de crucifères crus ou peu cuits.

Dans la deuxième phase de détoxication, indispensable à leur élimination, ces métabolites doivent être conjugués à différentes molécules qui nécessitent des grandes quantités de micronutriments tels que du Magnésium, la vitamine B6, B9, B12, le zinc. En cas de déficit de ces micronutriments, notre imprégnation œstrogénique va alors augmenter.

Par ailleurs en cas de déséquilibre du microbiote intestinal, les œstrogènes seront recaptés dans le tube digestif, ce qui augmentera le pool d’œstrogène circulant.

  • Enfin, la présence de perturbateurs endocriniens oestrogéno-mimétiques comme les phtalates, les bisphénols, les dioxines ou les pesticides présents dans les aliments, dans les plastifiants, dans la chair des animaux que nous consommons participent grandement à l’activation des récepteurs aux œstrogènes. Ceci nécessite d’assainir notre environnement.
Y a-t-il à l’inverse des facteurs diminuant l’imprégnation œstrogénique ?

Tout à fait,  l’effet des œstrogènes est modulé par les phyto œstrogènes et contrebalancé par la progestérone. Ces facteurs sont donc protecteurs.

  • Parlons tout d’abord des phyto œstrogènes.

Ces molécules sont présentes dans les végétaux comme le soja, le lin ou autres légumineuses. Contrairement à leur réputation, les phyto œstrogènes sont des modulateurs œstrogéniques très protecteurs. Ils sont d’autant plus bénéfiques que le taux d’œstrogène est élevé. Ces aliments doivent donc régner en maitre à votre table !

Pour profiter de cet effet modulateur ils doivent subir une modification par notre microbiote. Le microbiote intestinal a donc encore son rôle à jouer. Il semble nécessaire de l‘optimiser.

Toutefois, certains phyto œstrogènes comme ceux présents dans le houblon, sont fortement œstrogéniques. Ils ne sont donc pas à recommander dans ces indications.

  • Le deuxième facteur modulant diminuant l’imprégnation œstrogénique est la progestérone !

Cette hormone est produite par le corps jaune après l’ovulation, elle contrebalance les effets des œstrogènes. Ainsi, lorsque la progestérone est basse, l’imprégnation œstrogénique augmente. Tous les facteurs diminuant la synthèse de progestérone sont alors à prendre en considération.

Parmi ces facteurs nous pouvons évoquer l’absence d’ovulation ou les ovulations  peu qualitatives. Celles-ci peuvent être influencées par l’état micronutritionnel et émotionnel de la femme. Par ailleurs les périodes de transition hormonales tels que la ménarche chez la jeune fille ou la préménopause chez la femme plus mature sont également des périodes où la synthèse de progestérone est basse. Nous pouvons alors recommander dans ces situations des plantes à activité progestative, mais nous avons compris qu’il est encore plus intéressant de s’interroger sur une éventuelle dysovulation à l’origine du déficit de progestérone et de la prendre en charge.

Il est primordial de comprendre que les règles douloureuses et les autres signes du syndrome prémenstruel ne sont pas les seules conséquences de l’excès d’imprégnation œstrogénique.

En effet, ces femmes ont également des risques majorés de développer un cancer hormono dépendant.

Sachant cela il est donc inconcevable de continuer à maltraiter ces femmes à coup de traitements symptomatiques.

Je conçois que ces traitements puissent trouver une place dans l’arsenal thérapeutique mais ne doivent pas se suffire à eux seuls.

Nous devons objectiver et prendre en charge les facteurs influençants l’imprégnation œstrogénique. Dans notre arsenal thérapeutique nous disposons de solutions pour moduler la synthèse des œstrogènes, pour favoriser leur détoxication, pour diminuer leur recapture dans l’intestin, pour moduler leur activité sur les récepteurs, nous devons également limiter l’exposition aux perturbateurs endocriniens, et optimiser la synthèse de progestérone.

La prévention commence là : Ecouter et prendre en considération les symptômes, les remettre à leur juste place, celle du CRITERE d’ALERTE.

Ce sujet vous intéresse ? Vous êtes déjà formé en micronutrition et vous souhaiteriez développer vos connaissances en hormonologie ? Découvrez la nouvelle formation « HORMONO PRATIK » chez DFM formations ! Disponible en présentiel et bientôt en E-learning .

Présentation de la formation :

Les dysfonctions hormonales sont de plus en plus fréquentes aujourd’hui. Pour cause, le vieillissement de la population, mais aussi et surtout notre mode de vie ! Stress, junkfood, sédentarité, altération des rythmes biologiques, médicaments, pilule contraceptive, perturbateurs endocriniens contribuent largement aux troubles hormonaux.

Défaut ou excès de synthèse, surutilisation, défaut de communication ou déséquilibre hormonaux : Comment repérer ces troubles ainsi que leurs causes par l’investigation de la clinique et des analyses biologiques fonctionnelles?

Altération de l’humeur, dépression, fatigue, prise de poids, trouble de sommeil, perte de libido, vieillissement accéléré, hypofertilité, fausses couches, baisse de performance sportive ou intellectuelle, augmentation des risques de cancer hormonaux dépendants, hypertrophie bénigne de la prostate, troubles du climatère, endométriose, SOPK….Comment et pourquoi les troubles hormonaux perturbent l’ensemble des fonctions indispensables à la santé physique et psychique du patient ?

 Au cours de ces 4 jours de formation, nous nous immergerons aux cœurs de nos hormones afin de mieux comprendre leur fonctionnement ainsi que les causes et conséquences de leur dysfonction. Nous apprendrons à mener une consultation de micronutrition spécialisée en hormonologie. Nous élaborerons un bilan permettant de repérer les dysfonctions à partir des signes cliniques puis de repérer les causes de ces dysfonctions.  L’acquisition de cette démarche fonctionnelle vous permettra alors d’établir un plan de prise en charge causale, fonctionnelle permettant au patient de retrouver son état de santé optimal.

Guénaëlle Abéguilé, Consultante et formatrice en santé fonctionnelle – Cofondatrice de DFM Formations, auteure du Livre « Troubles Hormonaux reprenez le pouvoir« 

Une formation diplômante de 13 jours répartis en 6 modules. Avec Guénaëlle Abéguilé et Bruno Mairet. Disponible en, présentiel à Paris ou Lyon, en E-Learning ou Classe virtuelle.

J’ovule donc je suis ! par Guénaëlle Abéguilé

Les menstruations sont souvent des périodes non confortables pour la femme. Leur caractère imprévisible, la sensation d’être sale, la peur de tâcher son pantalon, l’état de fatigue, de douleurs ou éventuellement d’irritabilité qui peuvent accompagner cette période sont souvent mal vécues…

A quoi sont dues les menstruations ?

Les menstruations sont la conséquence de la chute de 2 hormones en fin de cycle menstruel, les œstrogènes et la progestérone. Elles correspondent à la desquamation de la couche fonctionnelle de l’utérus. Les règles sont donc un mélange de sang et de muqueuse utérine. Cette muqueuse se développe sous l’effet des œstrogènes, lors de la première phase du cycle, celle qui précède l’ovulation, appelée phase folliculaire. Les œstrogènes ont donc un rôle prolifératif, ils favorisent les divisions cellulaires des cellules oestrogéno-dependantes dont font partie les cellules de la paroi utérine.

La progestérone, quant à elle, est produite par le corps jaune provenant de la transformation du  follicule ovarien après l’ovulation, pendant cette période appelé phase lutéale. La progestérone permet de stopper le développement de la muqueuse utérine et de la préparer à une éventuelle grossesse. Le corps jaune produit alors des œstrogènes et de la progestérone pendant une période de 11 à 16 jours avant de s’atrophier et d’entrainer une chute hormonale en l’absence de fécondation. C’est cette chute hormonale qui entraine les menstruations.

Les règles sont donc la preuve que j’ai ovulé ?

Oui, les règles n’apparaissent que chez les femmes ayant des cycles ovulatoires. Sans ovuler, la femme peut toutefois saigner pour d’autres raisons, ce ne sont donc pas des menstruations. La présence de saignements n’indique alors pas toujours qu’il y a eu ovulation.  

C’est d’ailleurs ce qui se passe lorsqu’elle prend une pilule contraceptive de manière séquentielle : La chute d’hormones synthétiques à l’arrêt de la pilule entraine, non pas des menstruations, mais des saignements de privation. En effet la pilule empêche le développement de  la couche fonctionnelle de l’utérus, il n’y a donc pas de menstruations possibles.

C’est pour cela que j’ai moins mal pendant mes saignements lorsque je prends la pilule ?

Les femmes souffrant de règles douloureuses, d’endométriose ou d’autres troubles hormonaux tels que l’acné androgénique ou le Syndrome des ovaires polykystiques, se verront en effet, souvent proposer la pilule contraceptive en solution magique! En apportant des hormones de synthèse, la pilule bloque l’ovulation, donc adieux les troubles hormonaux! … C’est sans considérer que la pilule ne résout absolument pas les dysfonctions à l’origine de ces troubles. Pire, elle en créera d’autre en perturbant notre fonctionnement hormonal, bien au-delà des hormones sexuelles et en causant de nombreuses carences en micronutriments. En effet, le fonctionnement des glandes thyroïdiennes et surrénaliennes pourront également être impacté par ce perturbateur endocrinien. S’en suit des troubles physiques et psychiques, effet secondaires bien connu, pourtant pas toujours reconnu des contraceptions hormonales.

La pilule n’est bien sûr pas la seule cause d’anovulation ou de dysovualtion. Le stress, les perturbateurs endocriniens, les dysfonctions métaboliques, les dysfonctions hormonales, l’insuffisance de cholestérol, l’excès de sport, la maigreur peuvent également perturber nos cycles menstruels. L’ovulation peut alors être considérée comme un signe de bonne santé physique et psychique.

Mais pourquoi devrai-je ovuler si je ne souhaite pas de bébé ?

En consultation, mes patientes sont souvent surprises par ma volonté de les faire ovuler correctement en dehors des désirs de procréation.

Elles ont parfois souffert de règles douloureuses, de troubles du comportement ou d’acné autour des périodes de menstruations. D’autres voient dans la pilule un confort, celui de pouvoir anticiper voir contrôler leur menstruations… qui… vous l’aurez compris, n’en sont pas. Elles sont donc parfois réticentes à renouveler l’expérience de l’ovulation. Et pourtant, tous ces signes dont elles ont souffert m’indiquent l’existence d’une dysfonction.  La pilule ne prend en charge que le symptôme en laissant les mécanismes physiopathologiques gagner du terrain en silence. Ces dysfonctions pourraient pourtant trouver des solutions fonctionnelles efficaces et physiologiques si nous prenions le temps d’évaluer les mécanismes à leur origine. En prime, la prise en charge des dysfonctions permet l’apparition d’effets secondaires très positifs !

Que peut m’apporter une belle ovulation ?

L’ovulation est le processus ultime d’une cascade d’évènements. Elle est déclenchée par le pic de sécrétion d’une hormone de l’hypophyse appelée hormone lutéinisante ou LH. Cette hormone est sécrétée lorsque le taux d’œstrogène, hormone ovarienne est suffisamment élevé. Celle-ci sera suffisamment élevée si et seulement si une autre hormone hypophysaire, la FSH, est présente en quantité suffisante. Avant et autour de l’ovulation, nous avons donc un taux d’œstrogène élevé.

Mais les œstrogènes c’est dangereux pour ma santé ?!

Ce qui est dangereux c’est lorsqu’ils sont en excès ou lorsqu’il n’y a pas suffisamment de progestérone pour contrebalancer leurs effets. On parle alors de déséquilibre oestro-progestatif.  Dans ces situations, on peut avoir des règles douloureuses, abondantes et majorer les symptômes de l’endométriose ou même favoriser un cancer hormono dépendant. D’où la crainte des œstrogènes. Mais si vous ovulez bien, votre progestérone sera optimale et vous protègera !

Malgré leur mauvaise réputation, les œstrogènes sont des supers hormones qui font de vous des femmes formidables ! Ils renforcent vos os, vous protègent des risques cardio-vasculaires, améliorent votre métabolisme, votre fertilité, vous rendent plus combative. Par ailleurs ces hormones sculptent vos courbes féminines, lissent votre peau, améliore votre libido, votre assurance et votre sensualité. Les études montrent mêmes que les hommes sont plus attirés par les femmes lorsque leur taux d’œstrogène est au plus haut!

Et la progestérone dans tout cela ?

La progestérone sera donc sécrétée après l’ovulation. Elle ne sera présente en quantité suffisante que si vous avez une ovulation de qualité. Et vous aurez compris, pour avoir une belle ovulation, il faut suffisamment d’œstrogène…

Pas d’œstrogènes, pas d’ovulation et pas d’ovulation, pas de progestérone !

La progestérone est tout d’abord un grand régulateur hormonal. Elle contre balance les effets des œstrogènes, elle vous protège donc de leur potentiels effets délétères qui font si peur.  Elle module également les androgènes qui sont nos hormones masculinisantes responsables, lorsqu’ils sont en excès de l’hirsutiusme, de l’acné et du syndrome des ovaires polykystiques.  La progestérone module également la prolactine et favorise la conversion des hormones thyroïdiennes T4 inactives et T3 actives.  En permettant l’obtention d’un  bon taux de progestérone, une belle ovulation optimise alors  le fonctionnement du système endocrinien dans sa globalité !

Comme les œstrogènes, la progestérone favorise également la solidité de l’os et la santé cardiovasculaire. Au niveau neuropsychique, la progestérone fera de vous en phase lutéale des femmes zen et sereines grâce à leur action anxiolytique et sérotoninergique. Enfin la progestérone à un effet diurétique et favorise la nidation de l’embryon en cas de fécondation.

En cas de progestérone basse, pouvant résulter d’une ovulation non fonctionnelle, les signes de dominance œstrogénique apparaitront. Ceux-ci peuvent être à l’origine du panel de symptômes accompagnant le syndrome prémenstruel, tel que l’irritabilité, les tensions mammaires, la rétention d’eau ou encore de maux de tête. Cette situation majore également les risques de développement des pathologies hormono dépendantes.

En empêchant le déroulement de la cascade d’évènements à l’origine de l’ovulation, la pilule contraceptive ou autre contraception hormonale prive la femme de ce qui fait d’elle une femme. Des femmes combatives mais sereines, des femmes actives mais douces, des femmes avec une bonne santé osseuse et cardio vasculaire…

Alors ovulons bien parce que nous le valons bien !

Guénaëlle Abéguilé, Consultante et formatrice en Santé Fonctionnelle, co fondatrice de DFM Formations, auteure du Livre « Troubles Hormonaux reprenez le pouvoir« 

Une formation diplômante de 13 jours répartis en 6 modules. Avec Guénaëlle Abéguilé et Bruno Mairet. Disponible en, présentiel à Paris ou Lyon, en E-Learning ou Classe virtuelle.