HĂ©ritage pasteurien oblige, nous avons une vision de la lutte contre les maladies infectieuses très manichĂ©enne, dualiste : le bien contre le mal, une guerre acharnĂ©e entre les microorganismes (virus, bactĂ©rie) d’un cĂ´tĂ© et le système immunitaire de l’autre. Cette conception très simpliste qui date du 19e siècle s’est bien ancrĂ©e dans nos croyances au 20e avec les stratĂ©gies vaccinales. Inutile de dĂ©monter combien elle perdure aujourd’hui dans les stratĂ©gies mĂ©dicales mainstream. Or, la science, la vraie (pas celle que l’on agite dans les mĂ©dias pour faire passer certaines pilules… enfin pas vraiment la pilule si vous voyez ce que je veux dire) depuis près de deux dĂ©cennies, a littĂ©ralement rĂ©volutionnĂ© notre vision de l’immunitĂ©. Une fois n’est pas coutume, pour expliquer ce concept moderne de l’immunitĂ©, je vais parler comme un vieux sage !Â
Connaissez-vous la légende indienne « Les 6 aveugles et l’éléphant » que l’on retrouve déjà dans un texte bouddhique datant de 500 ans av. J.-C. ? Vous pourrez en trouver une version complète ici.  Comme je suis un sage un peu moderne et surtout pressé (!), je vais vous en donner une version « post » !
C’est l’histoire de 6 hommes aveugles, mais très instruits et curieux qui dĂ©cident pour la première fois de rencontrer un Ă©lĂ©phant. Lors de cette rencontre, chaque homme touche une partie diffĂ©rente de l’élĂ©phant et arrive Ă une conclusion concernant sa nature. Le premier qui touche le flanc dĂ©crète qu’un Ă©lĂ©phant est comme un mur. Le second qui touche une dĂ©fense est certain qu’un Ă©lĂ©phant est comme un sabre. Le troisième qui saisit la trompe l’identifie avec un serpent. Pour le quatrième qui s’empare de l’oreille, nul doute un Ă©lĂ©phant est comme une grande feuille. Pour le sixième qui prend Ă bras le corps une jambe, un Ă©lĂ©phant ressemble Ă un arbre. Enfin, pour que le sixième qui attrape la queue, la rĂ©alitĂ© d’un Ă©lĂ©phant est proche d’une corde. Des discussions vives s’en suivent alors et l’apaisement entre les 6 hommes ne sera dĂ» qu’à l’arrivĂ©e d’un sage qui confirmera Ă chacun la vĂ©racitĂ© de sa dĂ©couverte, et les encouragera Ă une mise en commun de leur savoir pour une juste vision de la nature d’un Ă©lĂ©phant. Â
Transposons cette fable à notre sujet de l’immunité ! Depuis 20 ans, les sciences biologiques ont complètement révolutionné la vision de l’être humain et au passage ont questionné la nature de l’immunité. Qu’est-ce donc que cette capacité biologique d’une complexité inimaginable* ? Nous avons, six aveugles, médecins ou scientifiques, qui s’approchent de l’immunité et en touche une partie.
Le premier aveugle est immunologiste et fort du fait que ce sujet est sa discipline, il décline son savoir énorme sur les cellules de l’immunité et leurs très complexes interactions, ainsi que les dizaines de substances, appelées cytokines qui participe de la communication de ce système. Il pourrait d’ailleurs avoir écrit ce livre qui traduit bien la complexité de ce système.
Le deuxième est gastroentérologue, il est convaincu que l’immunité se forge au cœur de l’intestin dans un système complexe qu’il appelle l’écosystème intestinal.
Le troisième est endocrinologue, il argumente sur le fait que lorsque ses patients sont en hypothyroïdie ou très stressés (cortisol très élevé) ils montent des faiblesses immunitaires.
Le quatrième est chercheur-généticien. Pour lui, une grande partie de nos capacités immunitaires (forces et faiblesses) se retrouvent dans les gènes à travers ce que l’on appelle des polymorphismes fonctionnels.
Le cinquième est psychiatre. Comme le troisième, « il palpe, il capte l’immunité » à travers son expérience clinique. Si mes patients sont déprimés, explique-t-il aux cinq autres aveugles, ils sont beaucoup plus vulnérables aux infections.
Le sixième est un chercheur-gériatre, spécialisé dans la dénutrition et la sarcopénie. Pour lui, l’immunité est affaire de muscles. Cela ne fait aucun doute, un sénior sans muscles est un sénior à l’immunité faible.
Contrairement aux hommes de la légende indienne, ces différents aveugles, scientifiques ou médecins, pourraient se comprendre et s’entendre s’ils se retrouvaient et s’ils prenaient le temps de s’intéresser au savoir des autres. Car leurs savoirs sont universels (publiés) et ils peuvent se comprendre mutuellement.
Mais bizarrement personne, aucun sage, ou presque, « ne les encourage à une mise en commun de leur savoir pour une juste vision de la nature de l’éléphant (immunité) » !
Dans la société d’aujourd’hui confrontée à une épidémie, seul le point de vue de l’aveugle immunologiste est considéré !! (Et encore, son savoir très complexe est ultra-simplifié pour être utilisé commercialement). Qu’en est-il du savoir des autres aveugles pour nous donner une juste vision de l’immunité.**
En médecine ou santé fonctionnelle, nous essayons face aux pathologies que nous abordons d’être ce sage qui invite à intégrer un savoir global, systémique : une vision de l’éléphant avec les différents points de vue des aveugles !
Ainsi par exemple, une dépression est approchée et considérée avec le point de vue :
- De l’aveugle-gastroentĂ©rologue : lien intestin cerveauÂ
- Mais aussi avec le point de vue de l’aveugle-endocrinologue : une bonne fonction thyroĂŻdienne – encore elle – est importante pour de bonnes fonctions psychiques
- De certains autres aveugles : comme un gynécologue qui nous apprend que la progestérone est un psychotrope naturel de la femme
- De l’aveugle-généticien : des polymorphismes génétiques – MTHFR par exemple – jouent un rôle causal dans la dépression
Sans oublier bien sûr celui de l’aveugle spécialiste, le psychiatre… etc. …
C’est tout l’art de la médecine ou santé fonctionnelle d’essayer d’approcher cette complexité grâce à différents outils dont nous avons parlé dans un précédent article.  C’est la compréhension et l’utilisation de ces outils que nous apprenons dans les formations de DFM pour devenir ces « sages » qui « encourage à une mise en commun du savoir pour une juste vision de la nature d’un éléphant » !!
Bruno Mairet, Consultant et formateur en santé fonctionnelle – Cofondateur de DFM Formations
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*J’emploie souvent ce terme pour parler des fonctions biologiques. On me l’a fait remarquer ! Ce n’est pas qu’une façon de parler. La pensée humaine n’est pas capable (inimaginable) de comprendre les systèmes biologiques. Leur complexité est telle qu’une nouvelle science, la biologie systémique, approche la description des systèmes biologiques grâce aux mathématiques et à des modélisations numériques très poussées. Grâce à ces outils, elle peut au mieux actuellement, effleurer cette complexité du vivant ! Alors quand on entend affirmer que tout est sous contrôle avec des processus de thérapies expérimentales, que l’on sait exactement ce que l’on fait, de deux choses l’une : soit c’est de l’ignorance, soit des mensonges impardonnables…
** j’ai essayé d’intégrer les points de vue des 6 aveugles dans mon livre « Défendez-vous, contre les infections, taillez-vous une immunité sur mesure »
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fatigue chronique importante. Les médecins du coin restent alors circonspects, ces patients sont en errance médicale… On y découvre alors 2 mères inquiètes mais combatives qui décident de mener l’enquête à bras le corps, elles contactent des scientifiques et ceux-ci recherchent plusieurs causes possibles. Certains enfants reconnaissent avoir été mordus par une tique peu avant l’apparition des symptômes, d’autres n’en ayant aucun souvenir, il faut dire que cette piqûre peut passer inaperçue car elle est indolore. Les épidémiologistes mettent alors en avant la fréquence de ces piqures dans ce comté comparativement au reste de la population américaine…Ils baptisent ce trouble de maladie de Lyme mais restent impuissants face aux causes qui leur sont alors inconnues..Jusqu’à ce qu’un chercheur, Willy Burgdorfer découvre la bactérie responsable des symptômes de la mystérieuse maladie de Lyme en 1982. On a alors donné le nom à cette bactérie Borrélia Burgdorferi.

Ces bactéries ont plus d’un tour dans leur sac afin de n’être ni détectées ni éradiquées.
Afin d’avoir une « Happy End », le praticien en santé fonctionnelle sera bien placé afin de « refaire » le film, de comprendre comment cela a commencé et de décortiquer le scénario. Il pourra ainsi davantage démasquer et éradiquer ces imposteurs. 


