Pilule contraceptive : Le point de vue de la santé fonctionnelle

Symbole de l’émancipation de la femme dans les années 60, perçue comme une évolution par les mouvements féministes, la pilule contraceptive respecte-t-elle véritablement la femme ?

Dans cet article, je vous expose mon point de vue de praticien en santé fonctionnelle.

Qu’est-ce qu’une pilule contraceptive ?

Pour faire simple, une pilule contraceptive est un médicament contenant des hormones de synthèse ayant pour but d’empêcher la conception.

Le type de pilule le plus couramment prescrit est la pilule oestroprogestative.

Comme son nom l’indique, elle contient un œstrogène de synthèse ainsi qu’un progestatif. Ces hormones de synthèse contenues dans la pilule ne sont pas les mêmes que les hormones que nous produisons naturellement au cours du cycle ovulatoire. Leurs structures biochimiques diffèrent sensiblement de leurs homologues naturelles. C’est la structure d’une molécule qui lui confère sa fonction. Nous comprenons alors que les fonctions des hormones de synthèse diffèrent de celles des hormones naturelles que notre organisme a apprivoisé depuis la nuit des temps.

En effet, l’éthinylestradiol, œstrogène de synthèse contenu dans la pilule contraceptive, ne peut pas se vanter de mimer les bienfaits santé des œstrogènes naturels ! De la même manière, les progestatifs (progestérone de synthèse) ne peuvent pas égaler notre formidable, notre bien-aimée, notre meilleure amie pour la vie, je nomme : la progestérone !

Par ailleurs, la pilule contraceptive inhibe l’axe hypothalamo hypophysaire, tour de contrôle du système hormonal, ce qui empêche la synthèse ovarienne de ces formidables hormones sexuelles naturelles. Je vous invite à lire mon article intitulé : « J’ovule donc je suis », pour mieux comprendre l’intérêt des hormones du cycle sur la santé.

Vous l’aurez compris, en bloquant le cycle ovulatoire, la pilule contraceptive prive la femme des effets santé des hormones sexuelles.

Pour quels motifs, la pilule contraceptive est-elle prescrite ?

Initialement prescrite pour la femme souhaitant éviter une grossesse, la pilule contraceptive est aujourd’hui prescrite pour toutes les indications possibles et imaginables :

  1. Régulariser les cycles
  2.  Arrêter les règles douloureuses
  3. Diminuer les règles abondantes
  4. Prévenir le syndrome prémenstruel
  5.  Anticiper (voire modifier) le jour des règles
  6. Arrêter les règles
  7. Corriger une anémie
  8. Traiter l’acné
  9. Détendre monsieur
  10. Rassurer la belle-mère….
Et alors, la pilule fonctionne-t-elle pour toutes ces indications ?

Avant de répondre à cette question, interrogeons-nous : Que signifie « fonctionner » ?

Est-ce que faire taire un symptôme est satisfaisant ? La femme qui a des règles douloureuses, abondantes ou un syndrome prémenstruel se verra très certainement soulagée par la pilule. Mais cette solution permet-elle de corriger les causes de ses troubles ? Et si ce n’est pas le cas, quelles en sont les conséquences ?

Les désagréments prémenstruels et les règles douloureuses et/ou abondantes proviennent généralement d’un déséquilibre oestroprogestatif (la femme est plus fortement imprégnée d’œstrogènes que de progestérone). En prenant une pilule, la femme va empêcher la sécrétion endogène des 2 hormones œstrogènes et progestérone. Il n’y a alors plus de sécrétion d’œstrogènes ni de progestérone, on se retrouve ainsi avec l’équation suivante : 0/0= 0. Il n’y a donc plus de déséquilibre oestroprogestatif !!

Les connaisseurs pardonneront cette vulgarisation approximative, car d’une part, toutes les pilules ne réduisent pas à zéro la production ovarienne d’œstrogènes et progestérone et d’autre part les ovaires ne sont pas les seules glandes à produire ces hormones….

Cependant, je suis ici, bien plus dans le vrai que ceux qui disent que la pilule régularise les cycles !!!

Comment pourrait-elle régulariser quelque chose qu’elle fait ….. disparaitre !!!????

En privant la femme de ses hormones sexuelles, la pilule contraceptive ne traite pas l’origine des problèmes et fait le lit de nombreuses autres dysfonctions potentielles.

Donc faudrait-il laisser la femme souffrir ?

Bien sûr que non ! Les souffrances liées au cycle nous informent que quelque chose ne va pas !!! C’est un super message qui se doit d’être écouté et d’être considéré !

Prenons l’exemple des règles douloureuses. Celles-ci doivent nous interroger sur l’existence d’un déséquilibre oestroprogestatif. Nous devons alors investiguer ces différentes hypothèses :

  •  Y a-t-il ou non un déséquilibre oestroprogestatif en faveur des œstrogènes ?
  • Est-il lié à un excès d’œstrogènes et/ou à un déficit de progestérone ?
  • Quelles sont les causes de ce déficit ou de cet excès ?

Le traitement fonctionnel consistera à traiter l’origine du problème. En retrouvant l’équilibre entre œstrogènes et progestérone, les règles douloureuses vont disparaître et la femme pourra alors jouir des bienfaits des hormones du cycle !

Outre des règles douloureuses, ce déséquilibre peut également être responsable de syndrome prémenstruel, de règles abondantes et augmenter le risque de cancer hormono dépendant comme le cancer du sein, de l’utérus ou des ovaires.

Mais la pilule traite aussi les règles douloureuses !!!??

Il serait plus juste de dire que la pilule arrête les règles. Donc pas de règles = pas de douleurs !

Les saignements qu’a la femme au cours de la pause mensuelle de la pilule ne sont pas des règles, car il n’y a pas eu d’ovulation.

Quoi qu’il en soit, grâce à la pilule, la femme saigne sans avoir mal, mais la pilule ne traite en aucun cas les causes du déséquilibre oestroprogestatif.

Nous venons d’évoquer que les femmes souffrant de ce déséquilibre sont plus à risque de cancer hormono dépendant. Sachez que le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer) reconnait la pilule oestroprogestative comme cancérogène de 1re catégorie (plus haut niveau de preuve) pour les cancers du sein, utérus et foie/vésicule biliaire.

La solution proposée à ces femmes à risque est donc une véritable bombe à retardement !!

Libre à la femme de choisir la solution pilule, mais pas sans l’informer sur les conséquences de ce choix et sur les alternatives possibles pour traiter ses troubles !

Je vous invite à lire mon article intitulé : « règles douloureuses, que faire » pour mieux comprendre les règles douloureuses et les solutions physiologiques.

Et pour les autres motifs de prescriptions, la pilule ça marche ?

Reprenons les motifs un à un :

  • Contraception : oui ça marche, mais ce n’est pas très fiable en utilisation courante comme l’indique l’indice de PEARL.
  • Régulariser les cycles : Non ça ne régularise pas les cycles mais ça les fait disparaitre ! À l’arrêt de la pilule, les causes des cycles irréguliers sont toujours présentes et même souvent accentuées par les effets de la pilule !  Ça ne traite donc en aucun cas l’origine du problème.
  • Arrêter les règles douloureuses et les règles abondantes : Non, ça les fait disparaitre et n’en traite pas les causes.
  • Prévenir le syndrome prémenstruel : Pas de menstruation = pas de syndrome prémenstruel à proprement parler. En revanche lors de la pause mensuelle de la pilule, il y aura une chute d’hormones artificielles, pouvant reproduire les symptômes du syndrome prémenstruel : c’est ballot…
  • Anticiper (voire modifier) le jour d’arrivée des règles : Non, car elle fait disparaitre les règles… Mais anticiper ou modifier l’arrivée des saignements oui, c’est possible avec la pilule. Cela ne veut pas dire que la solution pilule est sans conséquences !
  • Corriger une anémie : Oui ça peut fonctionner, car on saigne moins abondamment. Il y a donc moins de perte en fer, mais des solutions physiologiques existent !!!!
  • Traiter l’acné : Suivant le type de progestatif utilisé dans la pilule, oui, ça peut marcher. En revanche, ces pilules dites « anti androgéniques », risquent de diminuer la libido et à l’arrêt d’accentuer l’acné. Cette solution risque aussi de masquer voire d’aggraver un trouble endocrinien appelé SOPK (Syndrome des ovaires polykystiques). Des solutions physiologiques existent également.
  • Détendre monsieur : S’il a besoin de ça pour se détendre…
  • Rassurer la belle-mère : Oui suivant la belle-mère ça peut marcher…. Vous pouvez aussi lui faire croire que vous la prenez ou lui envoyer cet article !
  • ….
Quelles sont les plaintes fréquentes des femmes sous pilule ?

Les plaintes les plus fréquentes sont la prise de poids et la baisse de libido. Mais de nombreux autres troubles peuvent être induits par la pilule tels que la fatigue, la déprime, l’anxiété, les migraines, les infections vaginales et urinaires. La pilule augmente également les risques de cancer du sein, de l’utérus et les troubles thromboemboliques…

Quels sont les déficits micronutritionnels induits par la pilule ?

La femme prenant la pilule sera sujette à des carences micronutritionnelles.

En effet, afin d’éliminer les hormones de synthèse, l’organisme surutilise le magnésium, les vitamines du groupe B (notamment B1, B2, B3, B6, B9, B12). Ces micronutriments sont indispensables à la synthèse énergétique, mais aussi à la synthèse des neurotransmetteurs responsables du bien-être. S’en suit alors de la fatigue, une plus grande vulnérabilité au stress, mais aussi des tensions musculaires, des réveils nocturnes….

Ces déficits induits limitent la capacité de détoxication hépatique. La patiente se retrouve alors à prendre une pilule dont elle ne pourra pas éliminer correctement les hormones. L’éthinylestradiol, œstrogène de synthèse ultra puissant contenu dans la pilule, va alors s’accumuler, favorisant le développement des cellules cancéreuses oestrogéno-dépendantes.

Les statuts en zinc, en sélénium, en coQ10, en glutathion, en vitamine E et C sont également diminués chez la consommatrice de pilule oestroprogestative. Ces micronutriments participent tous à limiter le stress oxydatif. La femme sous pilule est donc plus à risque de stress oxydatif, mécanisme co-responsable du vieillissement et de catabolisme accéléré, de défaut de cicatrisation, de pathologies neurodégénératives, cardiovasculaires et de cancer. Ceci est encore plus évident lorsque l’on sait que les statuts en cuivre explosent chez ces femmes. Le cuivre en excès est pro-oxydant, ce qui va aggraver le phénomène.

Un déficit de zinc et un excès de cuivre entrainent un déséquilibre Zinc / Cuivre en faveur du cuivre. Ce déséquilibre favorise les troubles neuropsychiques et les risques de démence.

Quels sont les effets de la pilule sur le système endocrinien ?

La pilule contraceptive a été créée dans le but de perturber le fonctionnement ovarien. En signalant au cerveau qu’il y a une certaine quantité d’œstrogènes et de progestérone de synthèse, l’axe hypothalamo-hypophysaire bloque le cycle. Il abaisse alors la sécrétion des hormones stimulant les ovaires (appelées FSH et LH), les ovaires sont ainsi au repos.

C’est l’effet recherché. Recherché, ne veut pas dire sans conséquences, car, vous l’aurez compris, les hormones ovariennes sont très bénéfiques pour notre santé physique et psychique, et les hormones de synthèse ne miment pas ces effets ! (article “J’ovule donc je suis”).

L’effet perturbateur endocrinien de la pilule (appelons un chat un chat), ne se limite pas au système ovarien. Le fonctionnement hormonal est une machinerie incroyablement complexe où toutes les hormones sont en interactions permanentes. Il est donc illusoire de croire que l’on peut bloquer l’ovulation sans conséquences plus globales.

La pilule contraceptive est un perturbateur endocrinien à large spectre !!

L’éthinylestradiol contenu dans la pilule entraine une augmentation de la synthèse hépatique de SHBG (Sexe Hormone Binding Globuline). Cette SHBG est le transporteur des œstrogènes, il n’est donc pas étonnant que l’apport d’œstrogènes méga puissants entraîne une augmentation de son transporteur ! En revanche la SHBG ne transporte pas que les œstrogènes ! Elle transporte également nos hormones masculines, notamment la testostérone ! La fraction d’une hormone transportée n’est pas active. Ainsi, plus il y a de transporteurs, moins nous sommes imprégnées de l’hormone. La pilule contraceptive entraine donc une baisse de la testostérone active, la forme libre, non transportée. Là vous allez vous dire : chouette ! Je suis une femme, pas besoin de testostérone ! C’est bien mal vous connaitre ! Car la testo, mesdames, nous rend plus confiantes, plus sûre de soi, favorise la prise de décision, les projets et elle améliore grandement la libido ! Elle a également des intérêts métaboliques, osseux, cardio-vasculaires. Il n’y a donc pas que les hormones féminines qui ont de supers pouvoirs ! On comprend alors que la femme sous pilule peut voir sa libido diminuée, voir disparaitre, mais aussi perdre en confiance, en assurance, etc…

Bien que la pilule soit censée impacter uniquement le fonctionnement ovarien, ses actions ne s’arrêtent pas là. À l’image du nuage de Tchernobyl, la pilule contraceptive n’a pas de frontière. Elle ne perturbe pas que les hormones sexuelles. Elle possède également le pouvoir de perturber le fonctionnement thyroïdien et surrénalien !!

En effet, la prise de pilule contraceptive va également entraîner une augmentation de la synthèse des autres transporteurs hormonaux : Le TBG (transporteurs des hormones thyroïdiennes) et le CBG (transporteur des d’hormones surrénaliennes).

Plus de transporteurs = Moins d’hormones libres actives.

Il y aura donc moins d’hormones thyroïdiennes libres, ce qui peut conduire à une hypothyroïdie par excès de transporteurs. Rappelons aussi que la synthèse des hormones thyroïdiennes nécessite du sélénium, du zinc, du coQ10, du magnésium et que ces micronutriments sont tous déplétés par la pilule ! Enfin, la pilule favorise la synthèse de T3 reverse, hormone s’opposant à l’action des hormones thyroïdiennes.

En résumant l’impact de la pilule sur le fonctionnement thyroïdien, on retrouve :

  • Défaut de synthèse d’hormones thyroïdiennes (à cause des déficits de Sélénium, CoQ10, Zinc et magnésium induits)
  • Baisse de la fraction libre active (liée à l’augmentation du TBG)
  • Excès d’hormone parasite T3R (lié au défaut de conversion des hormones thyroïdiennes)…

Autant vous dire que la thyroïde est mise à rude épreuve et que l’hypothyroïdie est extrêmement courante sous pilule !

Ceci peut expliquer les prises de poids et les fatigues si fréquentes sous pilules et contribue également à la baisse de libido, les dysbioses, ou les baisses de moral également souvent rencontrés.

Pour mieux comprendre le fonctionnement thyroïdien, je vous invite à lire mon article intitulé « Hypothyroïdie : le point de vue de la santé fonctionnelle »

De la même façon, le transporteur CBG (transporteur du cortisol) étant également augmenté, la pilule contraceptive peut entrainer une baisse du cortisol libre pouvant aggraver à peu près tous les signes cliniques et toutes les dysfonctions endocriniennes évoquées…

Alors, pilule or not pilule ?

Vous et vous seule pouvez faire votre choix. En revanche, avoir accès à l’information est nécessaire pour éclairer votre choix.

Cancérogène de 1re catégorie, perturbateur endocrinien à large spectre, médicament responsable de nombreuses carences micronutritionnelles, contraception pas si efficace et médicament ne respectant pas ses promesses pour traiter les troubles du cycle….

Avez-vous été informée de ceci lorsque l’on vous a proposé la pilule ? Cette information aurait-elle pu modifier votre choix ?

Vous souhaitez contribuer à la diffusion de ces informations capitales ? N’hésitez pas à partager cet article !!

Et surtout, parlez-en à votre belle-mère !

Guénaëlle Abéguilé, Consultante et formatrice en santé fonctionnelle, cofondatrice de DFM formation

 

 

Hypothyroïdie: Le point de vue de la santé fonctionnelle.

Les hormones thyroïdiennes régulent à elles seules la quasi-totalité de nos fonctions : fonctions digestives, microbiotales, métaboliques, thermorégulation, reproduction, immunoinflammatoires, neuropsychiques… Elles permettent même la régulation de l’équilibre hormonal dans sa globalité.

Les troubles de la fonction thyroïdienne vont alors altérer la santé du patient dans son ensemble et peuvent être responsables de très nombreux signes cliniques diverses et variés.

L’hypothyroïdie est pourtant largement sous-estimée dans notre population.

Pour cause, son évaluation repose essentiellement sur le dosage de la TSH. Pourtant de nombreuses situations expliquent une absence de relation entre le taux de la TSH et le taux d’hormones thyroïdiennes.

Ces patients hypothyroïdiens à TSH normale ne vivent pas à leur plein potentiel.

De par la diversité des actions des hormones thyroïdiennes, l’hypothyroïdie peut prendre de nombreux visages différents, ce qui ne facilite pas le diagnostic.

 Quand évaluer la fonction thyroïdienne?

De par la fréquence des troubles thyroïdiens et leur impact sur l’ensemble des fonctions de l’organisme, il me semble nécessaire de procéder à une évaluation clinique de la thyroïde pour tous nos patients. Celle-ci sera complétée d’une investigation biologique que si la clinique est évocatrice.

Quels sont les signes cliniques à rechercher ?

Les signes cliniques qui doivent nos orienter vers une hypothyroïdie sont diverses et variés. Nous pouvons retrouver :

  • Une prise de poids ou une difficulté à la perte de poids
  • Une frilosité, des extrémités froides, voire un syndrome de Raynaud
  • Une fatigue, souvent plus importante le matin. Une sensation d’être au « ralenti »
  • Une perte de cheveux diffuse, parfois une perte de la queue du sourcil
  • Une constipation, des reflux, une lenteur digestive, des ballonnements
  • Une peau sèche (tout particulièrement au niveau des tibias)
  • Une baisse de libido, de l’hypofertilité, des fausses couches
  • Des œdèmes autour des yeux, des doigts et des pieds (plus présents le matin)
  • Une coloration jaune-orangée de la paume des mains, plante des pieds ou du voile du palais

Nous pourrions ajouter de nombreux signes cliniques, mais plus nous en ajoutons, plus nous perdons en spécificité.

La spécificité, là est le problème! Vous pouvez constater qu’aucun signe clinique n’est pathognomonique de l’hypothyroïdie. En effet, les causes de prise de poids, de troubles digestifs ou de fatigue sont nombreuses… Il est donc nécessaire d’aborder le patient avec un certain recul, dans sa globalité et de s’interroger  pour  savoir si ce signe peut être révélateur d’une autre dysfonction.

C’est tout l’art de la démarche fonctionnelle en micronutrition.

Lorsque la clinique est évocatrice, elle doit être complétée d’une investigation biologique. Bien que l’investigation clinique prime sur la biologie, cette dernière s’avère indispensable pour quantifier l’importance de l’hypothyroïdie, pour permettre d’objectiver l’impact de la prise en charge et surtout pour identifier les causes biologiques de l’hypothyroïdie, celle qui nous permettront d’élaborer la prise en charge fonctionnelle.

Comment évaluer la fonction thyroïdienne par la biologie ?

Faire doser la TSH ?

Face à toute suspicion d’hypothyroïdie, la haute autorité de santé recommande de faire le dosage de la TSH.

La TSH n’est pas une hormone thyroïdienne mais une hormone produite par le cerveau, au niveau de l’hypophyse. On évalue alors la fonction thyroïdienne de manière indirecte.

La TSH à pour but de stimuler la production d’hormone thyroïdienne par la thyroïde elle-même lorsque ces hormones viennent à manquer. On comprend alors la logique : Les hormones thyroïdiennes baissent, le cerveau reçoit l’information, en retour l’hypophyse augmente sa production de TSH pour normaliser la situation. S’en suit alors une augmentation de la production d’hormone thyroïdienne et donc une régulation de la TSH… Donc, en partant de ces constats, lorsque les hormones thyroïdiennes sont basses  (hypothyroïdie) la TSH monte et lorsque les hormones thyroïdiennes sont hautes (hyperthyroïdie) la TSH baisse.

Jusque-là tout va bien.

Mais en réalité, il existe de nombreuses situations où la TSH ne reflète pas le statut en hormones thyroïdiennes !

Dans quelle situation peut-il avoir discordance entre TSH et hormones thyroïdiennes ?

 Ces tableaux sont loin d’être rares. Citons :

  • L’hypothyroïdie centrale : dans cette situation, l’hypophyse n’est plus en mesure de synthétiser de la TSH. La TSH baisse et la thyroïde n’est plus stimulée, les hormones thyroïdiennes viennent alors à manquer…On aura alors une hypothyroïdie à TSH basse !
  • La normalisation de la TSH par des hormones thyroïdiennes non actives : Nous verrons plus loin que seule l’hormone thyroïdienne T3 est active. Cependant elle n’est pas la seule à normaliser la TSH. La T4, pré-hormone, non active exerce également le rétrocontrôle sur la TSH. On peut donc avoir une TSH normale avec un taux de T4 « inactive » normale et un déficit de T3 active. Il y a encore hypothyroïdie (par déficit de T3) à TSH normale.
  • Cette même situation se retrouve avec un excès de T3 reverse, qui exerce également un rétrocontrôle sur la TSH. Nous en reparlerons plus loin.
  • La résistance à la TSH : les récepteurs à la TSH répondent plus difficilement à la présence de l’hormone, ainsi pour normaliser la synthèse d’hormones thyroïdiennes, l’hypophyse synthétise plus de TSH. Dans cette situation, on peut alors avoir un patient normothyroïdien à TSH haute.

On comprend alors que la TSH n’est pas un bon marqueur du fonctionnement thyroïdien.

Ce bilan doit être complété à minima par le dosage des hormones thyroïdiennes.

Quelles sont les hormones thyroïdiennes ?

La thyroïde fabrique de la T4 en quantité et un peu de T3. La T4 est une hormone très peu active, pour être fonctionnelle, elle nécessite d’être convertie en T3 par les tissus périphériques (notamment foie et rein).

De quoi avons-nous besoin pour convertir la T4 en T3 ?

En plus d’avoir des organes périphériques fonctionnels (foie, rein…), il faut avoir des enzymes de conversion fonctionnelles dans un environnement optimal.

Je m’explique :

Les enzymes qui interviennent dans la conversion de T4 en T3 sont appelées les désiodases. La principale intéressée est la 5’desiodase  de type D2. Elle se charge d’enlever un atome d’iode à la T4 (4 atomes d’iode) pour en faire de la T3 (3 atomes d’iode).

Il existe de grandes variations au niveau de la fonctionnalité de ces enzymes. Une des causes de ces variations d’activité est génétique. Certains de nos patients ont hérité d’une mauvaise version du gène par un ou deux de leurs parents, ainsi ils ont une enzyme plus ou moins fonctionnelle, et une aptitude à convertir la T4 en hormone active plus ou moins importante.

Ce n’est pas tout, comme pour toute opération biochimique, ces enzymes doivent être dans un environnement optimal.

Un environnement optimal nécessite notamment que ces enzymes aient à leur disposition tous les micronutriments nécessaires à leurs fonctionnements. Il en faut de nombreux, mais les principaux concernés sont le sélénium et le zinc. Ces micronutriments sont alors pertinents à faire doser en cas de défaut de conversion de T4 en T3.

Un environnement optimal c’est aussi l’absence d’éléments perturbateurs pour le fonctionnement de l’enzyme en question. Citons par exemple l’importance de la gestion du stress, de l’absence des métaux lourds, tout particulièrement le mercure, le plomb et le cadmium ou encore l’absence de déficit énergétique.

Mais alors la T4 ne sert à rien ?

La T4 est une hormone considérée comme non active (bien que ce concept ne soit pas tout à fait juste), mais son dosage est nécessaire. En effet, en tant que « pré-hormone » de la T3, il faut s’assurer que la synthèse de la T4 soit suffisante pour permettre une bonne réserve de précurseur de l’hormone active. En cas d’hypothyroïdie par manque de T3, le dosage de T4 permettra de savoir si l’optimisation de la conversion T4 en T3 suffira à normaliser la T3 ou s’il semble également nécessaire d’optimiser le réservoir.

De quoi avons-nous besoin pour fabriquer de la T4 ?

 La T4 est fabriquée à partir de la tyrosine, un acide aminé. Il faut donc des apports journaliers protéiques suffisant pour assurer les besoins. 4 atomes d’iode sont nécessaires à la synthèse de la T4. Une évaluation de l’iode dans les urines (iodurie de 24 h ou du matin si le patient n’urine pas la nuit) permettra d’évaluer le statut et d’individualiser les apports au besoin. Les carences d’iode sont encore aujourd’hui extrêmement fréquentes même chez les mangeurs de poissons et crustacés. Croyez mon expérience de praticien Bretonne, avec des patients ostréiculteurs….

Une T3 « normale » me permet d’exclure une hypothyroïdie ?

Et bien non plus…

Ouvrons tout d’abord le sujet de la « normalité ». Est-ce qu’être dans la norme est satisfaisant ? Ne faisons pas durer le suspense, la réponse est clairement non ! Les normes présentées par le labo ne sont en aucun cas des normes santé. Ce sont des normes statistiques qui reprennent les valeurs regroupant 95% des données biologiques des patients du laboratoire.

Pour reprendre les propos de Dr Stéphane Résimont, médecin fonctionnel spécialisé dans les troubles hormonaux : « ne prendre en charge que les patients qui sortent des normes des labos, reviendrait à ne mettre des lunettes qu’aux patients qui sont presqu’aveugles et de dire aux autres : circulez ». J’oserai ajouter : « y’a rien à voir » !

Donc : non, une T3 dans la norme ne veut pas dire que tout va bien, il faut plutôt s’assurer que le patient soit autour de la norme santé, c’est-à-dire autour de 5 pmol/L. Mais encore une fois de plus, c’est la clinique qui prime, si un patient n’a pas de symptômes à 4,5 pmol/L, ne cherchons pas de problèmes là où il n’y en a pas.

Donc une T3 optimale autour de 5 pmol/L me permet d’exclure une hypothyroïdie ?

Et bien, non, toujours pas….

Plusieurs situations expliquent que la T3 ne puisse exercer « son job ».

Parmi ces situations citons :

  • L’excès de T3 reverse : hormone obtenue à partir de T4 lorsque que nous sommes en présence de métaux lourds, de déficit en sélénium ou zinc, lorsque nous sommes stressés ou lorsqu’il y a un déséquilibre œstroprogestatif. La T3 reverse bloque l’action de la T3 en prenant sa place sur les récepteurs.
  • Le déficit de Vitamine A et de magnésium tous deux indispensables au fonctionnement du récepteur.
  • Le déficit de cortisol qui accélère le catabolisme de la T3
  • La dysbiose associée à une porosité intestinale. Dans cette situation, des molécules, appelées Lipopolysaccharides, franchiront la barrière intestinale et prendront la place des hormones thyroïdiennes sur les récepteurs, ainsi la T3 ne pourra plus s’y fixer.
  • L’inflammation qui peut altérer le fonctionnement des récepteurs, rendant le patient résistant aux hormones thyroïdiennes.
  • Les polymorphismes génétiques concernant les récepteurs aux hormones thyroïdiennes

Face à la complexité du fonctionnement thyroïdien, il semble évident que son évaluation à partir du dosage de la TSH seule est plus qu’approximatif et laisse de nombreux patients hypothyroïdiens sur le banc de touche.

L’investigation fonctionnelle de la thyroïde doit faire appel avant tout à la clinique. Un patient présentant des signes cliniques d’hypothyroïdie avec une biologie « normale » ne fonctionne pas à son optimum.

Les conséquences sont multiples et touchent les fonctions reproductives, digestives, immuno-inflammatoires, métaboliques, neuropsychiques et endocriniennes.

Le rôle de praticien en santé fonctionnelle est de rechercher pourquoi il y a une discordance entre la clinique et la biologie et de prendre en charge de manière très spécifiques les dysfonctions causales.

Guénaëlle Abéguilé, Consultante et formatrice en santé fonctionnelle, cofondatrice de DFM formation

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Règles douloureuses : Que faire ?

  • C’est normal d’avoir mal au ventre quand t’as tes règles !

  • Moi je vais quand même au travail !

  • Quelle chochotte !

  • C’est comme ça, prend un médicament et arrête de te plaindre.

Vous ne supportez plus ces réflexions de la part personnes incapables de considérer que chaque femme vit son cycle de manière très différente ? Des personnes qui ne comprennent pas que ces douleurs ne sont pas dans votre tête et qu’elle peuvent s’accompagner d’autres signes cliniques comme des troubles du transit, des ballonnements,  de la congestion mammaire ou des maux de tête.

Ce que ces personnes malveillantes ignorent également, c’est que vos règles douloureuses peuvent  éventuellement s’accompagner d’autres signes tels que de l’irritabilité ou de l’agressivité qui les exposent à un risque de strangulation à  chaque réflexion non appropriées. Maintenant, elles sont prévenues !

Mais alors, si ce n’est pas du domaine de la chochotterie pourquoi avez-vous mal pdt vos règles alors que vos copines sont épargnées ? Pourquoi est-ce qu’un médicament antalgique, anti inflammatoire,  antispasmodique ou une pilule contraceptive vous soulage mais ne sont pas la solution? Pourquoi est-ce important de prendre en charge l’origine de vos troubles et ne pas se satisfaire de la prise en charge du symptôme ? Nous verrons en effet que les règles douloureuses doivent nous alerter.

 Je vous apporte des éléments de réponse dans cet article.

Pourquoi pouvons-nous avoir mal pendant nos règles ?

Il n’y a pas une seule et unique cause aux règles douloureuses.  En effet ce symptôme est la partie émergée de l’iceberg qui peut provenir de différentes dysfonctions. Seule l’identification et la prise en charge des dysfonctions qui vous sont propres seront alors efficaces.

De quelles dysfonctions peut-il s’agir ?

Les règles douloureuses peuvent trouver leur origine dans un déséquilibre en acide gras, dans un déséquilibre ionique  ou bien encore dans un déséquilibre hormonal.  Ces dysfonctions peuvent se combiner.

J’ai choisi, dans cet article de parler uniquement du déséquilibre hormonal.

Celui-ci est très souvent présent chez les femmes ayant des règles douloureuses et sa prise en charge est primordiale.

 En effet en plus d’entrainer des règles douloureuses pouvant être très invalidantes pour la femme, ce déséquilibre hormonal exposera la femme non prise en charge à  une augmentation des risques de développer un cancer hormono dépendant.

Lorsque je parle ici de prise en charge, je ne fais bien sûr pas allusion aux anti-inflammatoires, aux  anti-spasmodiques,  aux antalgiques ni à la pilule contraceptive.

En effet ces médicaments ne solutionnent absolument pas l’origine du problème. On comprend facilement qu’ils améliorent le symptôme mais ne corrige pas le déséquilibre hormonal à son origine. Ainsi  ils ne diminuent pas le risque de développer un cancer hormono dépendant et masquent le symptôme qui devrait nous alerter.

Pire la pilule contraceptive peut  augmenter ce risque. En effet la pilule oestro-progestative est reconnue par le Centre International de Recherche sur le Cancer comme cancérogène avéré, plaçant ce produit dans la catégorie 1 des substances cancérogènes, catégorie ayant le plus fort niveau de preuve.

Ce discours peut être difficile à recevoir pour une femme qui, grâce à ces molécules, retrouve un semblant de vie normale.  Je ne dis pas que les antalgiques, les anti-inflammatoires et les antispasmodiques ne doivent pas être consommés, je dis simplement que nous ne devons pas nous en satisfaire.

Il me semble nécessaire, indispensable, de proposer  une prise en charge fonctionnelle à toute patiente ayant des règles douloureuses. Cette prise en charge consiste à rechercher l’origine du problème et à la prendre en charge. Ainsi, les douleurs disparaitront et ces médicaments ne seront plus nécessaires. Cerise sur le gâteau, si l’élément causal était le déséquilibre hormonal, sa prise en charge permettra par ailleurs de minimiser les risques de développer un cancer hormono dépendant !

Mais alors, qu’est-ce que ce déséquilibre hormonal  et pourquoi augmente-t-il les risques de cancer hormono-dépendants ?

Il s’agit du déséquilibre oestro-progestatif. Ceci fait référence à un déséquilibre entre 2 hormones sexuelles, les œstrogènes et la progestérone en faveur des premiers.

Il peut donc être la conséquence d’un excès d’œstrogène, d’un déficit de progestérone ou bien d’un excès d’œstrogène relatif, c’est-à-dire par rapport à la progestérone.

L’implication des œstrogènes dans les cancers hormono dépendants n’est plus à démontrer. En effet, par leur effet prolifératif sur les cellules oestrogéno-dépendantes, ils augmentent les risques de cancer du sein, de l’utérus et des ovaires chez la femme.

Et quels peuvent être les causes de ces troubles ?

Quelle que soit l’origine de ce déséquilibre oestroprogestatif, cela aboutit à une augmentation  de ce qu’on appelle l’imprégnation œstrogénique. Il existe alors un excès de stimulation des récepteurs aux œstrogènes. Ces récepteurs peuvent être stimulés par les œstrogènes, mais pas que, il existe en effet d’autre molécules qui stimulent ces récepteurs. Par ailleurs cette imprégnation œstrogénique doit être contrebalancée par la progestérone.

Quels sont les facteurs augmentant l’imprégnation oestrogénique ?

L’imprégnation œstrogénique est dépendante de la synthèse et de la détoxication des œstrogènes mais également de la présence des perturbateurs endocriniens. Evoquons ces différents paramètres :

  • Tout d’abord, la synthèse des œstrogènes. Nous savons que la quantité d’œstrogènes est variable en fonction de la période du cycle, de notre âge, de notre génétique. Ce qui est moins connu, c’est que la synthèse des œstrogènes est augmentée par le stress, le surpoids, la consommation d’alcool et de viande et de sucre. Ces facteurs sont donc à prendre en considération.
  • Par ailleurs, l’imprégnation œstrogénique est très dépendante de la façon dont sont détoxifiés nos œstrogènes. La grand maitre de la détox, c’est le foie. Au cours de ce processus, qui se déroule en 2 phases, les œstrogènes pourront emprunter différentes voies plus ou moins favorables.

En effet, suivant notre génétique mais également et surtout suivant notre environnement micronutritionnel, nos œstrogènes deviendront des métabolites plus ou moins oestrogéniques et génotoxiques avant d’être éliminés. 

Ils pourront alors soit diminuer notre imprégnation oestrogénique et donc nos risques de cancers hormono dépendants  soit les augmenter.  

Pour favoriser la bonne voie, nous pouvons par exemple recommander la consommation de crucifères crus ou peu cuits.

Dans la deuxième phase de détoxication, indispensable à leur élimination, ces métabolites doivent être conjugués à différentes molécules qui nécessitent des grandes quantités de micronutriments tels que du Magnésium, la vitamine B6, B9, B12, le zinc. En cas de déficit de ces micronutriments, notre imprégnation œstrogénique va alors augmenter.

Par ailleurs en cas de déséquilibre du microbiote intestinal, les œstrogènes seront recaptés dans le tube digestif, ce qui augmentera le pool d’œstrogène circulant.

  • Enfin, la présence de perturbateurs endocriniens oestrogéno-mimétiques comme les phtalates, les bisphénols, les dioxines ou les pesticides présents dans les aliments, dans les plastifiants, dans la chair des animaux que nous consommons participent grandement à l’activation des récepteurs aux œstrogènes. Ceci nécessite d’assainir notre environnement.
Y a-t-il à l’inverse des facteurs diminuant l’imprégnation œstrogénique ?

Tout à fait,  l’effet des œstrogènes est modulé par les phyto œstrogènes et contrebalancé par la progestérone. Ces facteurs sont donc protecteurs.

  • Parlons tout d’abord des phyto œstrogènes.

Ces molécules sont présentes dans les végétaux comme le soja, le lin ou autres légumineuses. Contrairement à leur réputation, les phyto œstrogènes sont des modulateurs œstrogéniques très protecteurs. Ils sont d’autant plus bénéfiques que le taux d’œstrogène est élevé. Ces aliments doivent donc régner en maitre à votre table !

Pour profiter de cet effet modulateur ils doivent subir une modification par notre microbiote. Le microbiote intestinal a donc encore son rôle à jouer. Il semble nécessaire de l‘optimiser.

Toutefois, certains phyto œstrogènes comme ceux présents dans le houblon, sont fortement œstrogéniques. Ils ne sont donc pas à recommander dans ces indications.

  • Le deuxième facteur modulant diminuant l’imprégnation œstrogénique est la progestérone !

Cette hormone est produite par le corps jaune après l’ovulation, elle contrebalance les effets des œstrogènes. Ainsi, lorsque la progestérone est basse, l’imprégnation œstrogénique augmente. Tous les facteurs diminuant la synthèse de progestérone sont alors à prendre en considération.

Parmi ces facteurs nous pouvons évoquer l’absence d’ovulation ou les ovulations  peu qualitatives. Celles-ci peuvent être influencées par l’état micronutritionnel et émotionnel de la femme. Par ailleurs les périodes de transition hormonales tels que la ménarche chez la jeune fille ou la préménopause chez la femme plus mature sont également des périodes où la synthèse de progestérone est basse. Nous pouvons alors recommander dans ces situations des plantes à activité progestative, mais nous avons compris qu’il est encore plus intéressant de s’interroger sur une éventuelle dysovulation à l’origine du déficit de progestérone et de la prendre en charge.

Il est primordial de comprendre que les règles douloureuses et les autres signes du syndrome prémenstruel ne sont pas les seules conséquences de l’excès d’imprégnation œstrogénique.

En effet, ces femmes ont également des risques majorés de développer un cancer hormono dépendant.

Sachant cela il est donc inconcevable de continuer à maltraiter ces femmes à coup de traitements symptomatiques.

Je conçois que ces traitements puissent trouver une place dans l’arsenal thérapeutique mais ne doivent pas se suffire à eux seuls.

Nous devons objectiver et prendre en charge les facteurs influençants l’imprégnation œstrogénique. Dans notre arsenal thérapeutique nous disposons de solutions pour moduler la synthèse des œstrogènes, pour favoriser leur détoxication, pour diminuer leur recapture dans l’intestin, pour moduler leur activité sur les récepteurs, nous devons également limiter l’exposition aux perturbateurs endocriniens, et optimiser la synthèse de progestérone.

La prévention commence là : Ecouter et prendre en considération les symptômes, les remettre à leur juste place, celle du CRITERE d’ALERTE.

Ce sujet vous intéresse ? Vous êtes déjà formé en micronutrition et vous souhaiteriez développer vos connaissances en hormonologie ? Découvrez la nouvelle formation « HORMONO PRATIK » chez DFM formations ! Disponible en présentiel et bientôt en E-learning .

Présentation de la formation :

Les dysfonctions hormonales sont de plus en plus fréquentes aujourd’hui. Pour cause, le vieillissement de la population, mais aussi et surtout notre mode de vie ! Stress, junkfood, sédentarité, altération des rythmes biologiques, médicaments, pilule contraceptive, perturbateurs endocriniens contribuent largement aux troubles hormonaux.

Défaut ou excès de synthèse, surutilisation, défaut de communication ou déséquilibre hormonaux : Comment repérer ces troubles ainsi que leurs causes par l’investigation de la clinique et des analyses biologiques fonctionnelles?

Altération de l’humeur, dépression, fatigue, prise de poids, trouble de sommeil, perte de libido, vieillissement accéléré, hypofertilité, fausses couches, baisse de performance sportive ou intellectuelle, augmentation des risques de cancer hormonaux dépendants, hypertrophie bénigne de la prostate, troubles du climatère, endométriose, SOPK….Comment et pourquoi les troubles hormonaux perturbent l’ensemble des fonctions indispensables à la santé physique et psychique du patient ?

 Au cours de ces 4 jours de formation, nous nous immergerons aux cœurs de nos hormones afin de mieux comprendre leur fonctionnement ainsi que les causes et conséquences de leur dysfonction. Nous apprendrons à mener une consultation de micronutrition spécialisée en hormonologie. Nous élaborerons un bilan permettant de repérer les dysfonctions à partir des signes cliniques puis de repérer les causes de ces dysfonctions.  L’acquisition de cette démarche fonctionnelle vous permettra alors d’établir un plan de prise en charge causale, fonctionnelle permettant au patient de retrouver son état de santé optimal.

Pour en savoir plus ou vous inscrire :

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Personnaliser, individualiser une prise en charge : pourquoi et comment ?

Vous n’entendrez jamais un praticien dire qu’il ne cherche pas à individualiser la prise en charge de ses patients, et qu’il fait pareil pour tout le monde ! C’est presque inavouable !  Et pourtant, lorsque l’on regarde bien, il y a souvent peu de sur-mesure dans l’approche de la maladie aujourd’hui. Pour s’en convaincre, prenons un sujet d’actualité : l’immunité.

On pense qu’avoir une bonne immunité c’est l’affaire du système immunitaire. Qu’il suffit d’en prendre soin, de le booster et que le tour est joué !  

Or, ce point de vue, issu d’une vision du corps humain divisé, segmenté en parties, en systèmes, qui ont chacun leurs fonctions spécifiques (le système immunitaire s’occupe de l’immunité, le système digestif s’occupe du digestif, le système musculaire du mouvement …) est révolu. 

Les progrès des sciences biologiques depuis ces 20 dernières années, ont révolutionné la vision de notre organisme. Une bonne immunité implique le système digestif, le système musculaire, le système hormonal, le système endocrinien, le système vasculaire, le tissu adipeux, le système nerveux… De là découle un concept fondamental : celui de l’immunité totale

Pour bien s’occuper de l’immunité d’une personne, il faut avoir une vision d’ensemble de sa physiologie et de sa biochimie et corriger ce qui est essentiel, voire causal. C’est ainsi qu’on peut personnaliser, faire du sur-mesure dans la prise en charge d’un patient. Or, ce qui est vrai pour l’immunité est vrai pour tous les problèmes de santé. L’art et la dynamique d’une nouvelle approche de la santé, consiste à savoir faire des liens entre les différents systèmes. De là, la possibilité de remonter à la cause. J’ai un problème de digestion, et si cela venait de la thyroïde ? J’ai un problème d’inflammation et si cela venait de mon surpoids (tissu adipeux) ?  J’ai un problème de dépression récurrente et si cela venait de mon intestin ? Etc…

La conférence qui suit illustre ce concept clef à travers le sujet de l’immunité. Elle nous fait toucher du doigt la notion de sur-mesure et l’importance de la démarche fonctionnelle :

Découvrez les nouveautés DFM pour la saison 2021 2022 !

DFM Formations propose un cursus de formation en micronutrition original qui aborde la micronutrition à la fois sous l’angle clinique et sous l’angle biologique: le Cursus Duo Pratik.

Cette formation se compose de 6 modules disponibles en présentiel ou en E-learning.  Ce cursus est très complet et pratique. Mais face à votre volonté de continuer de vous former toujours plus et à notre envie de transmettre notre passion, nous ne voulons pas en rester là !

DFM Formations vous prépare 3 nouveaux modules de formation pour la saison 2021-2022 :

  1. Module : « Mise à niveau Pratik » chimie, biochimie, biologie, physiologie, appliquée à la consultation de micronutrition

Un module de mise à niveau proposé par Bruno Mairet dispensée en présentiel le 04 et 05 Décembre 2021 à Paris et disponible e-learning dans le courant de Décembre 2021.

Inscrivez-vous dès à présent au présentiel en suivant ce lien.

    • Votre constat : Vous manquez de base en chimie, biochimie, biologie, physiologie, et avez peur de ne pas pouvoir comprendre et intégrer les concepts des cursus de micronutrition et notamment du cursus Duopratik
    • Votre volonté : vous voulez combler ces lacunes, mais vous ne voulez pas plancher 300 heures sur des concepts inutiles et abstraits!
    • Notre réponse : vous apporter un enseignement de base dans ces disciplines, nécessaire et suffisant, pour la consultation de micronutrition.
    • Notre engagement concret: à chaque concept appris, une ou plusieurs illustrations pratiques de consultation.
    • Public et prérequis : professionnel de santé souhaitant mettre à niveau son savoir de base pour s’investir dans un cursus de micronutrition, notamment le cursus Duo Pratik
  1. Module :  « Hormono Pratik »

Un module de formation de prise en charge fonctionnelle des troubles hormonaux présenté par Guénaëlle Abéguilé. Disponible en présentiel à Paris et en E Learning dans le courant du mois de Juin 2022.

  • Votre constat : Vous observez beaucoup de perturbations hormonales au cours de vos consultations. vous vous sentez démunis face aux solutions thérapeutiques à apporter.
  • Votre volonté :
    • Mieux appréhender la complexité des perturbations hormonales.
    • Vous sentir apte et légitime pour apporter des solutions thérapeutiques individualisées.
  • Les objectifs de la formation :
    • Comprendre la physiologie et la physiopathologie des fonctions endocriniennes dans leur ensemble.
    • Comprendre l’impact de ces troubles sur l’ensemble des fonctions physiques et psychiques de votre patient : digestive, microbiotale, détoxication, immuno inflammatoire, neuropsychique, métabolique, sexuelle et reproductive
    • Etre capable d’évaluer les fonctions hormonales par la clinique et la biologie.
    • Savoir individualiser une prise en charge fonctionnelle.
  • Public- prérequis :
    • Avoir déjà suivi le cursus Duo Pratik
    • Ou une autre formation très complète de micronutrition
  1. Module : « Pratik expert »

Un module complémentaire au cursus Duo Pratik présenté par Bruno Mairet et Guénaëlle Abéguilé. Disponible en E learning et Présentiel au printemps.

  • Votre constat :
    • Vous avez développé votre démarche fonctionnelle dans vos consultations grâce au Cursus Duo Pratik.
    • Vous souhaitez continuez à vous perfectionner et à gagner en assurance.
  • Votre volonté :
    • Gagner en aisance lors de vos consultations.
    • Etre plus efficace, mieux structurer les consultation
    • Toujours mieux associer clinique et biologie
    • Développer des réflexes et faire du lien entre les différentes dysfonctions
  • Notre réponse : Nous plongerons au cœur des consultations en appliquant la Démarche Fonctionnelle en Micronutrition telle que vous la pratiquez dorénavant. Nous présenterons de nombreux cas patient, sous l’aspect clinique et biologie, nous vous ferons raisonner, échanger et partager vos idées.
    • Notre engagement concret : Ce module fera de vous des experts de la démarche fonctionnelle et vous permettra de maitriser parfaitement vos consultations.
    • Public et prérequis : Avoir suivi l’ensemble du cursus Duo Pratik

 

Pour toutes questions ou pour être informé de la sortie des différents modules , n’hésitez pas à nous contacter via notre page contact!

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Envie de sucre : Que faire ? 2 ème partie par Guénaëlle Abéguilé

Dans le précédant article, nous avons parlé des différentes causes responsables des envies de sucre de votre patient. Nous avons mis en évidence l’aspect multicausal de ce trouble et l’importance d’évaluer la dysfonction propre à votre patient. Cette évaluation est une étape indispensable à l’élaboration d’un protocole efficace, précis, adapté et individualisé. Ainsi si vous n’avez pas lu cet article, je vous invite à le faire avant de poursuivre sur celui-ci.

Nous allons maintenant donner les grands axes de prise en charge pour chacune des dysfonctions évoquées précédemment.

  1. Prise en charge des envies de sucres d’origine sérotoninergique

En cas de manque de sérotonine, au niveau nutritionnel, nous conseillerons au patient de prendre un gouter contenant des aliments à charges glycémiques basses accompagnés de gras végétal. Ainsi, un fruit et une poignée d’oléagineux permettront de favoriser la synthèse de sérotonine jusqu’à la fin de journée. Le dîner devra être végétarien voir végétalien, en effet les protéines animales limiteront la synthèse cérébrale de sérotonine.

Au niveau micronutrition, il faudra s’assurer que le patient ne manque pas de micronutriments indispensables à la synthèse du neurotransmetteur. Notamment les vitamines B6 et B9 et surtout le magnésium (qui est presque toujours déficitaire) !

Nous pourrons lui proposer en complément alimentaire, la prise de tryptophane, précurseur de la sérotonine,  vers 17h. Celui-ci ne sera en revanche pas efficace en cas de dysbiose ou d’inflammation. Le griffonia contenant un précurseur plus direct sera alors souvent plus efficace.

L’administration de lithium à faible dose (rien à voir avec les prescriptions psychiatrique) peut également avoir son intérêt, il favorisera le détachement du tryptophane de son transporteur, ce qui favorisera son passage dans le cerveau et donc, la synthèse de sérotonine.

  1. Prise en charge des envies de sucre d’origine dopaminergique

En cas de manque de dopamine, nous insisterons très lourdement sur l’importance du petit déjeuner protéiné et peu glucidique ! Œufs, jambon de qualité, volaille, poisson, tofu, graines de courge, de chanvre, oléagineux, fromages figureront au menu quotidien !

Entre nous, le passage au petit déjeuner protéiné est, je pense, le conseil alimentaire qui a le meilleur rapport bénéfices/contraintes.  Parole d’une ancienne addict au sucre.

Si ces changements ne suffisent pas, on peut recommander au patient la prise de 1g de tyrosine, précurseur de la dopamine, 20 min avant le petit déjeuner. Si toutefois le patient maintient son petit déjeuner sucré, cette recommandation sera vouée à l’échec !  Nous veillerons également à ce que le patient ait un statut optimal en Fer, B6, B9 et Zinc, indispensables à la synthèse de dopamine.

  1. Prise en charge des envies de sucre liées à la candidose intestinale

En cas de candidose, nous devrons….. sucrer les sucres !!!! Ce qui sera très difficile car tant que la candidose est présente, les envies de sucres persisteront ! Il faut donc traiter la candidose ! Cette mission est impossible en cas d’alimentation à charge glycémique élevée !

En parallèle de ces reformes alimentaires, nous administrerons des plantes ou huiles essentielles anti fongiques sur une durée déterminée suivie généralement de l’administration de probiotiques spécifiques.

Ce traitement peut être long et les changements alimentaires doivent être plus ou moins maintenus à vie. Mais bonne nouvelle, lorsque la candidose aura disparu, les envies de sucres feront partie d’un vague souvenir, les goûts de vos patients changeront littéralement !

  1. Prise en charge des envies de sucre liées à l’hypoglycémie réactionnelle

En cas d’hypoglycémie réactionnelle, le meilleur conseil à donner est de favoriser une alimentation à charge glycémique basse ! Gardons pour l’occasion les biscuits gâteaux et autres sucreries et tronquons les céréales raffinées par des céréales complètes cuites al dente (riz complet ou semi complet, sarrasin, millet…) ou par des légumineuses (lentilles, pois chiches, quinoa…). Par ailleurs nous n’avons nul besoin de manger de grandes quantités de féculents, l’assiette doit être composée d’une forte majorité de légumes.

Nous conseillerons au patient d’augmenter sa consommation de graisses. En effet, le gras permettra, d’une part de substituer avantageusement les apports alimentaires diminués et d’autre part de diminuer la charge glycémique des repas.  Nous lui recommanderons alors d’ajouter une cuillère à soupe d’huile végétale dans toutes ses assiettes (colza- lin- olive par ex) et de favoriser les bons gras tel que les olives, avocats, oléagineux, petits poissons gras etc…

Au niveau micronutrition, nous pouvons proposer d’ajuster le statut biologique de Zinc, de Vit D et d’administrer du chrome. Ces 3 micronutriments sont indispensables à la fonctionnalité du récepteur à l’insuline.

  1. Prise en charge des envies de sucre liées à la fatigue surrénalienne

En cas de déficit de cortisol, nous devrons prescrire au patient de la zen-attitude ! Yoga, sophro, méditation, cohérence cardiaque, chacun trouvera chaussure à son pied.

Par ailleurs impossible de remonter une carence en cortisol si nous ne donnons pas de la régularité, de l’ampleur et du contraste à nos biorythmes ! Adieux la grasse mat du week-end, qui fait plonger notre patient encore plus bas ! Se lever à heure fixe semaine et week-end. Réserver l’obscurité, le calme, le silence, l’inactivité, le sommeil à la nuit ainsi que la lumière, le bruit, l’activité, le mouvement à la journée ! Faites les sortir à la lumière dès le réveil ou conseillez leur de s’exposer devant une lumière de luminothérapie pendant leur petit déjeuner. A l’inverse le soir ils abaisseront leurs lumières pour préparer le cerveau à la synthèse de la mélatonine, notre hormone du sommeil ! 

Au niveau micronutrition, pour limiter la vulnérabilité au stress, responsable de l’épuisement du cortisol, nous proposerons une forte dose d’un magnésium de grande qualité (glycérophosphate, bisglycinate ou citrate) ainsi que des plantes adaptogènes comme la rhodiole ou l’ashwagandha. Nous pouvons en parallèle proposer des plantes pour booster la synthèse du cortisol comme la réglisse (contre indiquée en cas d’hypertension artérielle) ou la gemmothérapie de cassis.

Vous l’aurez compris, il n’existe pas et il n’existera jamais de remède universel contre l’envie de sucre. Nous chercherons alors à évaluer ce qui se cache derrière le trouble alimentaire de notre patient. Ceci nécessite de réaliser une petite enquête pour déterminer  la ou les dysfonctions présentes, ainsi que leurs causes. Seule cette démarche nous permettra de proposer une prise en charge individualisée adaptée et précise. Ceci est certes, plus complexe que de prescrire la pilule « StopOsucre », mais tellement plus efficace et satisfaisant !

Guénaëlle Abéguilé

J’ovule donc je suis ! par Guénaëlle Abéguilé

Les menstruations sont souvent des périodes non confortables pour la femme. Leur caractère imprévisible, la sensation d’être sale, la peur de tâcher son pantalon, l’état de fatigue, de douleurs ou éventuellement d’irritabilité qui peuvent accompagner cette période sont souvent mal vécues…

A quoi sont dues les menstruations ?

Les menstruations sont la conséquence de la chute de 2 hormones en fin de cycle menstruel, les œstrogènes et la progestérone. Elles correspondent à la desquamation de la couche fonctionnelle de l’utérus. Les règles sont donc un mélange de sang et de muqueuse utérine. Cette muqueuse se développe sous l’effet des œstrogènes, lors de la première phase du cycle, celle qui précède l’ovulation, appelée phase folliculaire. Les œstrogènes ont donc un rôle prolifératif, ils favorisent les divisions cellulaires des cellules oestrogéno-dependantes dont font partie les cellules de la paroi utérine.

La progestérone, quant à elle, est produite par le corps jaune provenant de la transformation du  follicule ovarien après l’ovulation, pendant cette période appelé phase lutéale. La progestérone permet de stopper le développement de la muqueuse utérine et de la préparer à une éventuelle grossesse. Le corps jaune produit alors des œstrogènes et de la progestérone pendant une période de 11 à 16 jours avant de s’atrophier et d’entrainer une chute hormonale en l’absence de fécondation. C’est cette chute hormonale qui entraine les menstruations.

Les règles sont donc la preuve que j’ai ovulé ?

Oui, les règles n’apparaissent que chez les femmes ayant des cycles ovulatoires. Sans ovuler, la femme peut toutefois saigner pour d’autres raisons, ce ne sont donc pas des menstruations. La présence de saignements n’indique alors pas toujours qu’il y a eu ovulation.  

C’est d’ailleurs ce qui se passe lorsqu’elle prend une pilule contraceptive de manière séquentielle : La chute d’hormones synthétiques à l’arrêt de la pilule entraine, non pas des menstruations, mais des saignements de privation. En effet la pilule empêche le développement de  la couche fonctionnelle de l’utérus, il n’y a donc pas de menstruations possibles.

C’est pour cela que j’ai moins mal pendant mes saignements lorsque je prends la pilule ?

Les femmes souffrant de règles douloureuses, d’endométriose ou d’autres troubles hormonaux tels que l’acné androgénique ou le Syndrome des ovaires polykystiques, se verront en effet, souvent proposer la pilule contraceptive en solution magique! En apportant des hormones de synthèse, la pilule bloque l’ovulation, donc adieux les troubles hormonaux! … C’est sans considérer que la pilule ne résout absolument pas les dysfonctions à l’origine de ces troubles. Pire, elle en créera d’autre en perturbant notre fonctionnement hormonal, bien au-delà des hormones sexuelles et en causant de nombreuses carences en micronutriments. En effet, le fonctionnement des glandes thyroïdiennes et surrénaliennes pourront également être impacté par ce perturbateur endocrinien. S’en suit des troubles physiques et psychiques, effet secondaires bien connu, pourtant pas toujours reconnu des contraceptions hormonales.

La pilule n’est bien sûr pas la seule cause d’anovulation ou de dysovualtion. Le stress, les perturbateurs endocriniens, les dysfonctions métaboliques, les dysfonctions hormonales, l’insuffisance de cholestérol, l’excès de sport, la maigreur peuvent également perturber nos cycles menstruels. L’ovulation peut alors être considérée comme un signe de bonne santé physique et psychique.

Mais pourquoi devrai-je ovuler si je ne souhaite pas de bébé ?

En consultation, mes patientes sont souvent surprises par ma volonté de les faire ovuler correctement en dehors des désirs de procréation.

Elles ont parfois souffert de règles douloureuses, de troubles du comportement ou d’acné autour des périodes de menstruations. D’autres voient dans la pilule un confort, celui de pouvoir anticiper voir contrôler leur menstruations… qui… vous l’aurez compris, n’en sont pas. Elles sont donc parfois réticentes à renouveler l’expérience de l’ovulation. Et pourtant, tous ces signes dont elles ont souffert m’indiquent l’existence d’une dysfonction.  La pilule ne prend en charge que le symptôme en laissant les mécanismes physiopathologiques gagner du terrain en silence. Ces dysfonctions pourraient pourtant trouver des solutions fonctionnelles efficaces et physiologiques si nous prenions le temps d’évaluer les mécanismes à leur origine. En prime, la prise en charge des dysfonctions permet l’apparition d’effets secondaires très positifs !

Que peut m’apporter une belle ovulation ?

L’ovulation est le processus ultime d’une cascade d’évènements. Elle est déclenchée par le pic de sécrétion d’une hormone de l’hypophyse appelée hormone lutéinisante ou LH. Cette hormone est sécrétée lorsque le taux d’œstrogène, hormone ovarienne est suffisamment élevé. Celle-ci sera suffisamment élevée si et seulement si une autre hormone hypophysaire, la FSH, est présente en quantité suffisante. Avant et autour de l’ovulation, nous avons donc un taux d’œstrogène élevé.

Mais les œstrogènes c’est dangereux pour ma santé ?!

Ce qui est dangereux c’est lorsqu’ils sont en excès ou lorsqu’il n’y a pas suffisamment de progestérone pour contrebalancer leurs effets. On parle alors de déséquilibre oestro-progestatif.  Dans ces situations, on peut avoir des règles douloureuses, abondantes et majorer les symptômes de l’endométriose ou même favoriser un cancer hormono dépendant. D’où la crainte des œstrogènes. Mais si vous ovulez bien, votre progestérone sera optimale et vous protègera !

Malgré leur mauvaise réputation, les œstrogènes sont des supers hormones qui font de vous des femmes formidables ! Ils renforcent vos os, vous protègent des risques cardio-vasculaires, améliorent votre métabolisme, votre fertilité, vous rendent plus combative. Par ailleurs ces hormones sculptent vos courbes féminines, lissent votre peau, améliore votre libido, votre assurance et votre sensualité. Les études montrent mêmes que les hommes sont plus attirés par les femmes lorsque leur taux d’œstrogène est au plus haut!

Et la progestérone dans tout cela ?

La progestérone sera donc sécrétée après l’ovulation. Elle ne sera présente en quantité suffisante que si vous avez une ovulation de qualité. Et vous aurez compris, pour avoir une belle ovulation, il faut suffisamment d’œstrogène…

Pas d’œstrogènes, pas d’ovulation et pas d’ovulation, pas de progestérone !

La progestérone est tout d’abord un grand régulateur hormonal. Elle contre balance les effets des œstrogènes, elle vous protège donc de leur potentiels effets délétères qui font si peur.  Elle module également les androgènes qui sont nos hormones masculinisantes responsables, lorsqu’ils sont en excès de l’hirsutiusme, de l’acné et du syndrome des ovaires polykystiques.  La progestérone module également la prolactine et favorise la conversion des hormones thyroïdiennes T4 inactives et T3 actives.  En permettant l’obtention d’un  bon taux de progestérone, une belle ovulation optimise alors  le fonctionnement du système endocrinien dans sa globalité !

Comme les œstrogènes, la progestérone favorise également la solidité de l’os et la santé cardiovasculaire. Au niveau neuropsychique, la progestérone fera de vous en phase folliculaire des femmes zen et sereines grâce à leur action anxiolytique et sérotoninergique. Enfin la progestérone à un effet anti diurétique et favorise la nidation de l’embryon en cas de fécondation.

En cas de progestérone basse, pouvant résulter d’une ovulation non fonctionnelle, les signes de dominance œstrogénique apparaitront. Ceux-ci peuvent être à l’origine du panel de symptômes accompagnant le syndrome prémenstruel, tel que l’irritabilité, les tensions mammaires, la rétention d’eau ou encore de maux de tête. Cette situation majore également les risques de développement des pathologies hormono dépendantes.

 

En empêchant le déroulement de la cascade d’évènements à l’origine de l’ovulation, la pilule contraceptive ou autre contraception hormonale prive la femme de ce qui fait d’elle une femme. Des femmes combatives mais sereines, des femmes actives mais douces, des femmes avec une bonne santé osseuse et cardio vasculaire…

Alors ovulons bien parce que nous le valons bien !

Guénaëlle Abéguilé

Envie de sucre : que faire ? 1ere partie par Guénaëlle Abéguilé

  • Mon problème c’est le sucre, aidez-moi !
  • Pas d’inquiétude, nous avons la solution, avec « StopOsucre », vos envies de sucre ne seront plus un problème !

Etes-vous prêt à avaler vraiment n’importe quoi ? S’il existait une solution universelle contre les envies de sucre, je crois bien que le surpoids et l’obésité seraient un mythe ! En effet, le sucre, et autres aliments à charges glycémiques élevées sont les principaux responsables de la prise de poids de nos patients. Le sucre peut également provoquer de l’inflammation et être responsable de candidose et de leurs conséquences. Mais alors, que ce soit pour leur ligne ou pour leur santé, comment aider nos patients à lutter contre leurs envies de sucres parfois incontrôlables ?

La seule prise en charge efficace, sera la prise en charge de la ou des causes des envies de sucre de votre patient. Il n’existe malheureusement pas une seule cause à ce trouble, il y a donc de nombreuses stratégies de prises en charges possibles. Seule la prise en charge du dysfonctionnement propre à votre patient sera pertinente. Dans cet article nous allons énumérer les différentes dysfonctions pouvant être responsables de ces envies de sucre, nous expliquerons également comment différencier ces causes. Dans un prochain article nous évoqueront des stratégies de prises en charges fonctionnelles propres à chaque situation.

 Dans un premier temps, étudions les différentes dysfonctions possibles et leurs caractéristiques :

  1. Le manque de sérotonine

La sérotonine est le neurotransmetteur de la sérénité, du lâcher prise, du bienêtre, nous le synthétisons majoritairement en fin de journée.

Les envies de sucre d’origine sérotoninergique se manifesteront  plutôt en fin de journée.  Le patient cherchera à compenser quelque chose. Il trouvera dans le sucre un aliment thérapeutique, une sensation de réconfort.

Par ailleurs, le patient aura souvent d’autres signes tels que de l’irritabilité, de l’impatience, de l’impulsivité, il aura tendance à ruminer et ne parviendra souvent pas à lâcher prise. Ces signes cliniques seront améliorés suite à la consommation de sucre puis réapparaitront quelques temps plus tard. Certains patients déficitaires en sérotonine se dirigeront également vers le gras.

  1. Manque de Dopamine

La dopamine est le neurotransmetteur de la motivation, de la concentration, de la bonne humeur, c’est le starter du début de journée. Nous la synthétisons majoritairement entre 6 et 8h.

Les envies de sucre seront alors très compulsives, très difficile à maîtriser. Le patient aura besoin de sa dose tel un toxico.

Par ailleurs, la chute de dopamine est le principal responsable des échecs de sevrage de tout type (y compris du sucre). Dernièrement des recherches ont permis de mettre en évidence que la dopamine influençait l’expression de gènes qui contrôlent nos comportements addictifs ! Le manque de dopamine peut donc être responsable des envies de sucre et le sevrage du sucre va à son tour faire chuter la dopamine responsable d’une recherche de récompense que trouvera le patient en ….mangeant du sucre…. Véritable cercle vicieux à rompre absolument !

En cas de manque de dopamine le patient souffrira généralement d’autre troubles tel que : difficulté de motivation, de concentration, baisse d’envie, de projet, de libido….

  1. La candidose intestinale

La candidose correspond à une prolifération de levure de type candida dans le tube digestif. Elle se développe sur un microbiote dysbiotique et en présence de substrats énergétiques glucidiques.

Les envies de sucre seront irrépressibles et se manifesteront généralement tout au long de la journée. Le sucre nourrit alors la candidose qui entretien les envies de sucre. Se dessine alors un autre cercle vicieux.

En cas de candidose,  le patient aura généralement d’autres signes associés tel que des mycoses, une fatigue, un système immunitaire peu combatif, des ballonnements provoqués par les aliments glucidiques, un prurit anal…

  1. L’hypoglycémie réactionnelle

Elle est la résultante de la forte synthèse d’insuline par le pancréas suite à l’ingestion d’aliments à charge glycémique élevée et/ou de résistance à l’insuline.

Dans ce cas, les envies de sucres se manifesteront en général dans les heures qui suivent les repas glucidiques. Elles seront diminuées si le patient baisse ses charges glycémiques et qu’il augmente ses apports alimentaires de gras et de protéines au cours des repas.

Ses envies s’accompagneront d’autres signes comme de l’étourdissement, de la confusion, parfois des tremblements ou chez l’enfant par de l’énervement ou de l’agitation. Il consommera alors des « sucres  rapides » qui prépareront sa prochaine hypoglycémie, de nouveau, un véritable cercle vicieux !

  1. La fatigue surrénalienne

Dans  ce cas, il y aura une baisse de synthèse de cortisol par les glandes surrénales.

Le cortisol est connu comme étant l’hormone du stress, mais c’est aussi et surtout l’hormone qui nous permet de faire face au stress. De fuir ou de combattre. Le cortisol stimule alors l’éveil, nous permet d’avoir des substrats énergétiques très rapidement disponibles ou encore d’augmenter la force musculaire. Le cortisol étant hyperglycémiant, le patient souffrant de fatigue surrénalienne pourra avoir des glycémies relativement basses. Il cherchera alors un effet booster qu’il trouvera dans le sucre.

La fatigue surrénalienne se reconnaitra par une clinique bien marquée. Le patient sera épuisé, vaseux, confus, se sentira incapable de gérer les situations de la vie courante, sa fatigue sera majorée par le stress, il peut souffrir de maux de tête, de chute de tension (notamment en se levant), de mains moites etc. Il cherchera parfois aussi à se rebooster avec du café.

Manque de sérotonine ? Manque de dopamine ? Candidose intestinale ? Hypoglycémie réactionnelle ou fatigue surrénalienne ? Nous venons d’évoquer les différentes causes à l’origine des envies de sucre de vos patients. Sachez toutefois que plusieurs causes peuvent s’entremêler. Vous êtes maintenant en mesure d’évaluer les causes fonctionnelles propres à votre patient. Cette évaluation est indispensable à l’élaboration d’un protocole de prise en charge individualisé, précis et adapté. Protocole qui sera le seul efficace pour lutter contre son fléau. L’envie de sucre étant la partie émergée de l’iceberg, en prenant en charge l’origine du problème, votre patient profitera également de l’amélioration de nombreux autres signes cliniques.

Dans le prochain article nous parlerons de la prise en charge fonctionnelle de chacune de ces causes.

Guénaëlle Abéguilé

Au sujet du gluten, y a de quoi s’engluer ! Par Bruno Mairet

En nutrition, le gluten est sans doute aujourd’hui l’ennemi publics N° 1.  Or, nous allons montrer qu’il y a parfois association de malfaiteurs (!) et que l’accusation suivie de l’exclusion systématique du gluten peut être une solution un peu (trop) facile. Mais avant d’aller plus loin, précisons certaines choses. D’un point de vue biochimique, il faut déjà préciser que ce que l’on appelle communément le gluten, n’est pas une unique substance, mais un ensemble de molécules: il s’agit précisément de deux familles de protéines. Il faut savoir que plusieurs dizaines de résidus protéiques ont été identifiés comme toxiques ! Cette précision pour dire d’emblée que le sujet du jour (le gluten) est plus complexe qu’il n’y parait. Complexité qui apparaît aussi dans les 3 types de problèmes de santé que peut générer le gluten. Il est important de les distinguer. On peut être allergique aux protéines du gluten (avec asthme, rhinite, eczéma, vomissement…) comme on peut être allergique aux protéines de lait . On peut développer avec le gluten, la maladie auto-immune appelée maladie cœliaque. Et on peut être hypersensible au gluten.  C’est de ce dernier problème, dit hypersensibilité non cœliaque au gluten, dont nous allons parler dans cet article.

Gluten free: j’y vais ou j’y vais pas ?

La description de l’hypersensibilité au gluten date de 1978, mais c’est seulement à partir de 2010 que l’intérêt d’un nombre important de scientifiques pour cette maladie se manifeste définissant les années suivantes ses caractéristiques (1). Vous avez des douleurs abdominales, des ballonnements, des diarrhées/constipations, des prurits, de la fatigue chronique, des douleurs musculaires et articulaires, et des migraines. Vous avez lu ou on vous a dit qu’il s’agissait peut être d’une série de problèmes liés au gluten… et vous avez aussi lu ou entendu qu’en supprimant le gluten de votre alimentation vous alliez retrouver la santé ! La proposition est tentante, mais vous êtes encore prudent parce que vous avez le sentiment aussi que le gluten-free est une vaste mode et/ou un problème de santé… de riche. Bref, vous hésitez à franchir le pas vers un régime contraignant pour vous et votre famille (et coûteux), sans avoir la certitude que c’est bien le gluten la clef de votre problème.  Est-ce réellement la  bonne chose à faire ? On (encore lui !!) vous a dit qu’il existait un test pour savoir si l’on était hypersensible au gluten. C’est un test de recherche des IgG anti gluten, comme il y a des tests pour la recherche d’IgG anti caséine (protéine de lait), IgG anti ovalbumine (protéine de l’œuf)… etc… Il existe des centaines de recherches d’IgG anti protéines alimentaires… Ce test vous parait la solution pour que vous soyez confirmé (ou pas) dans votre gluten-free transition !  Mais vous avez dorénavant une nouvelle question.

Le test IgG anti gluten est-il fiable ?

On retrouve les IgG anti gliadine (une des protéines du gluten) dans 56% des cas de personnes hypersensible au gluten, soit environ 1 cas sur 2. Autant dire que c’est un test peu fiable. Vous pouvez avoir des faux négatifs, c’est à dire que vous pouvez avoir une hypersensibilité au gluten (non cœliaque) sans avoir de réponses positives aux IgG anti gliadine. Il existe aussi des faux positifs: vous pouvez retrouver les IgG anti gluten élevées sans avoir de troubles fonctionnels (2). Peut-on conclure pour autant qu’il ne sert à rien de faire ce test ?! Je ne serai pas si radical. Je dirai plutôt que ce test doit être entrepris dans un cadre plus vaste d’exploration du microbiote et de la muqueuse intestinale.

Hypersensibilité au gluten et leaky gut

Savez-vous que dans des conditions de santé, la muqueuse de notre intestin doit être semi-perméable, c’est-à-dire perméable très essentiellement à des petites molécules alimentaires (acides aminés, glucose, acides gras, vitamines…), mais imperméable à des moyennes ou grosses molécules (protéines ou polypeptides notamment) et à des micro organismes comme des bactéries. Notre muqueuse intestinale a donc une double fonction. La plus connue c’est sa fonction d’absorption des nutriments. Moins connue, mais non moins fondamentale, la muqueuse possède aussi une fonction de barrière. Elle s’oppose à la pénétration des éléments protéiques non digérés qui sont dangereux pour notre corps car antigéniques. Lorsqu’une protéine de lait de vache traverse la barrière intestinale, notre corps pense qu’il est envahi par les vaches !!  Image caricaturale mais cependant bien réelle car le corps va traiter cette protéine de vache comme un élément étranger et déclencher la guerre: l’inflammation ! Ainsi, si cette fonction de barrière est altérée de nombreux antigènes passent dans notre corps et une inflammation se déclenche. C’est ce qui se passe dans le cas de l’hypersensibilité au gluten. Il a été en effet montré que la gliadine (une des protéines du gluten) provoque une altération de la fonction de barrière chez les gens hypersensibles au gluten (3). On appelle cela un leaky gut: un intestin poreux, ou intestin hyper perméable. Ce concept de leaky gut est très important pour comprendre de nombreuses souffrances  intestinales et aussi de nombreux problèmes chroniques. Le gluten donc altère la barrière intestinale. Mais c’est un cercle vicieux car l’altération de la barrière intestinale augmente le passage des protéines du gluten à travers la muqueuse. Qui est la poule, qui est l’œuf ? Est-ce le gluten qui provoque le leaky gut ? Ou le leaky gut qui provoque le passage du gluten et donc l’hypersensibilité ? Il est fort probable que les deux mécanismes s’auto-alimentent.

Cette conclusion a des conséquences importantes. Si on se contente de supprimer le gluten mais qu’il existe un leaky gut ayant une autre cause que le gluten (ou ayant plusieurs causes dont le gluten !), que va t-il se passer ? Certes, il est fort probable que les problèmes intestinaux s’estompent grandement. Mais il est aussi probable que le leagy gut perdure. Or, un leaky gut est une source d’inflammation chronique bien problématique: hyperinsulinisme, surpoids, risques cardiovasculaires, problèmes neurologiques, articulaires, … Bref, on peut en supprimant le gluten se débarrasser de nombreux symptômes mais laisser perdurer un état de leaky gut néfaste pour la santé sur bien des aspects. C’est ainsi que le gluten devient l’arbre qui cache la forêt. On s’occupe du gluten, on ne voit que lui, mais on oublie le reste qui est sans doute tout aussi important et notamment ce fameux leaky gut.

Soigner le leaky gut

Pour en revenir à notre test IgG anti gluten. Il est intéressant dans la mesure où on l’associe à une évaluation de l’ensemble du microbiote et de la barrière intestinale. Parmi les principaux tests citons:

  • Test de l’évaluation de l’activité métabolique du microbiote: DMI (Dysbiose Mycose Intestinale) ou MOU (Métabolite Organique Urinaire) suivant le laboratoire.  Ce test permet en premier lieu d’objectiver la présence d’une dysbiose. Si cette dernière est présente, il permet de qualifier la dite dysbiose. Est-on en présence d’une prolifération fongique (candidose précisément) ? Ou s’agit-il plutôt d’une dysbiose de fermentation ? D’une dysbiose de putréfaction ? Cette qualification orientera grandement la prise en charge.
  • Test de la Zonuline,  une protéine synthétisée par les cellules de la muqueuse ( et par l’hépatocyte également). Cette protéine régule la fonction de barrière intestinale. Une augmentation de la Zonuline est liée à une perte de cette fonction, à des “fuites” d’antigènes alimentaires et de pathogènes, associées à des risques accrues de maladies inflammatoires chroniques.
  • Test de la LBP.  Sans doute, un des marqueurs les plus spécifiques. Un intestin poreux conduit à un passage de bactéries dites gram négatif dans la circulation sanguine. Cette catégorie de bactéries présente à sa surface une molécule complexe (un lipopolysaccharide), le LPS. Pour neutraliser ce type de pathogènes le foie produit une protéine  inflammatoire, appelé LBP, dirigée contre le LPS. Ce qui est important pour nous en micronutrition c’est que cette protéine inflammatoire est un très bon marqueur révélant la présence de passage de bactéries intestinales dans le sang … et donc mettant en évidence la perméabilité intestinale.

Ainsi vous l’avez compris, en micronutrition on va chercher à obtenir une image précise de la fonction barrière pour pouvoir la soigner dans son ensemble. Au lieux d’une exclusion totale du gluten (qui pourra cependant peut-être s’imposer parfois !) on pourra proposer plusieurs choses dans une démarche globale de rééducation en micronutrition. Savez-vous déjà que manger stressé et ne pas mastiquer est une source importante d’inflammation et donc de leaky gut ? Il est donc bien possible qu’en mastiquant mieux  et en diminuant les quantités de gluten on puisse éviter une exclusion totale ! Tout simplement. Mais aussi on peut proposer une restauration de la barrière intestinale: il existe des nutriments spécifiques pour cela. Enfin une pourra corriger une éventuelle dysbiose grâce à une alimentation adaptée. Bref, il faut s’occuper de la forêt et pas uniquement de l’arbre gluten qui est devant !  Ceci est une vraie démarche de santé intégrative.

Candida Albicans: basta! Par Guénaëlle Abéguilé – Partie 3

Maintenant que vous savez qui je suis, où je suis et ce que je fais, vous vous demandez certainement : « Comment se débarrasse-t-on de toi ? »

Laissez-moi-vous dire, que ce n’est pas une mince affaire! Vous devrez vous armer de patience et de motivation. Cependant, les cartes sont entre vos mains. Bien que j’influence la plupart de vos fonctions (comportement alimentaire, motivation, digestion, énergie…), vous êtes le seul à contrôler mon alimentation.

J’adore manger et je me sers avant vous ! Vous ne pourrez donc pas m’éliminer sans m’affamer ! Le secret de la réussite : arrêter de manger ce que j’aime ! Sucre et autres aliments à index glycémique élevé : bonbons, gâteaux, sucre, miel, la plupart des aliments ultra transformés, mais aussi : pain blanc, riz blanc, pâtes blanches et autres céréales raffinées.

Je sais que vos changements de comportements alimentaires peuvent m’être fatals ! C’est pour cela que je fabrique des substances chimiques te donnant des envies irrépressibles de sucre. Ce ne sera donc pas facile pour toi de lutter contre ces compulsions. Afin de rendre la bataille plus équitable, je vais t’aider en te donnant quelques astuces !

Je suis une levure, ce que je crains donc le plus sont les antifongiques. Tout comme les antibiotiques qui éliminent les bactéries, les antifongiques me sont fatals. Il en existe de synthèse, qui peuvent être prescrit par un médecin. Tout comme certaines bactéries résistent à certains antibiotiques, je ne craindrais pas tous les antifongiques de la même façon.

Il existe également plein d’antifongiques dans la nature !

– Le plus connu est l’ail, cet aliment aux mille vertus est un ennemi redoutable ! Cru, cuit, intégrez le à toutes vos recettes !

– Egalement bien documenté pour son action antifongique, je citerai l’huile de coco! L’huile végétale qui a le vent en poupe ! Et pour cause ! Malgré sa richesse en graisses saturées, ses acides gras, ont la particularité de rentrer beaucoup plus facilement dans nos chaudières énergétiques et donc d’être une bonne source d’énergie et d’être moins stockés ! Bon, là n’est pas le sujet. Cette huile contient de l’acide caprique, de l’acide caprylique et de l’acide laurique: tous les 3 ont démontré leurs actions antifongiques !!!! D’ailleurs certains laboratoires vous vendent ces acides gras en gélules pour lutter contre moi! Plus facile et plus économique: achetez de l’huile de coco ! Son point de fumé est très élevé, vous pouvez donc l’utiliser sans problème pour vos cuissons. N’hésitez pas à la rajouter également dans vos smoothies peu glucidiques, vos chia pudding, votre café (avant de le passer au blender), à faire des beurres de coco maison etc… Je tiens tout de même à préciser que cette huile ne doit pas remplacer vos huiles riches en oméga 3 qui sont indispensables à votre santé !

– La 3 ème arme naturelle est une résine antiseptique redoutable, récoltée sur les bourgeons des arbres par nos amies les abeilles afin de protéger leur ruche. Cette résine a fait ses preuves dans la lutte contre de très nombreux pathogènes et notamment sur ma prolifération ! Le nominé est : la propolis! Rapprochez vous des apiculteurs qui vous livrerons tous leurs secrets !

– 4 ème nominé antifongique et pas que … Je cite : la chlorophylle! Pigment qui donne cette couleur verte aux végétaux, la chlorophylle est un puissant antifongique. Vous profiterez également de ses autres avantages: assainissante, améliore le transit, régule la fermentation intestinale, antioxydante etc.. Où la trouver ? Dans les végétaux verts bien sûr !!! Epinards, mâche, roquette,le chou kale, brocolis, jeunes pousses, les aromates, mais aussi dans les oubliés de nos assiettes : Dans les algues, les fanes de carottes, de radis, dans les plantes sauvages : ortie, pissenlit etc… Alors mettez du vert dans vos assiettes ! N’hésitez pas à préparer à l’avance un pesto végétal, un tartare d’algue. Vous pouvez également compter sur les jus et green smoothies ! Il est également possible de trouver des gélules de chlorophylle à différentes concentrations.

– Autres armes antifongiques faciles d’utilisation, même chez l’enfant : les extraits de pépin de pamplemousse. Leur utilisation va par ailleurs soutenir votre système immunitaire ce qui est essentiel dans votre bataille.

Je ne pourrai pas faire le tour de tous les antifongiques dont regorge la nature, mais je me dois de vous toucher un mot sur les huiles essentielles !

– Produites par distillation de plantes aromatiques. L’huile essentielle est une véritable bombe de concentré de molécules actives. Certaines de ces molécules sont antifongiques. Leur indication dépendra de la nature et de la concentration en molécules aromatiques de l’huile essentielle. Certaines huiles sont très délicates d’utilisation, elles peuvent être toxiques pour le foie ou le système nerveux, je ne vous en parlerai donc pas. Leur efficacité peut cependant être redoutable ! Seul un praticien formé à l’aromathérapie pourra vous en indiquer après avoir éliminé les contres indications. Il la prescrira sur un temps bien déterminé en respectant des temps d’interruption, une posologie précise et une association permettant de limiter la toxicité.

– D’autres huiles essentielles antifongiques, sont à l’inverse très « safe » d’utilisation ! Je suis sûre que vous les connaissez déjà ! Je pense bien sur à l’huile essentielle de tea tree et de Palmarosa! Safe, ne veut pas dire inefficace !

– Certaines souches probiotiques spécifiques ont fait leur preuve de leur action contre le candida albicans. Et même certaines levures comme saccharomyces boulardii ! De très nombreuses personnes disent d’éviter les levures en cas de candidose intestinale, pourtant saccharomyces boulardii limite à lui seul ma transformation, ma multiplication et mon adhésion à l’intestin !

Voilà, maintenant que vous savez comment vous débarrasser de moi, il vous reste plus qu’à passer à l’action!

En revanche, souvenez-vous ! Je ne me développe que sur une flore intestinale altérée . En effet, un bon microbiote ne me laisse pas la place de me développer. Le secret pour te débarrasser définitivement de moi est de rétablir ton microbiote! Sans quoi, tôt ou tard, lors d’un moment de fatigue, de faiblesse, ou la prise d’un médicament je me réveillerai !

Rétablir votre microbiote passe par des changements alimentaires. C’est la composition de votre assiette et la qualité de votre digestion qui détermine la nature de votre microbiote. Pour nourrir vos bonnes bactéries, il faut consommer des fibres prébiotiques: Légumes, fruits, céréales complètes et légumineuses ! Il est également possible de prendre des prébiotiques (aliments des bactéries probiotiques) ou des probiotiques (bonnes bactéries intestinales) sous forme de compléments alimentaires. Nous pouvons également en apporter sous forme d’aliments lacto fermentés. Ceci parait simple, mais ce n’est pas toujours aussi facile ! Outre les personnes qui n’aiment pas les aliments riches en fibres, d’autres ne les tolèrent pas ! Leur ingestion leur provoque des ballonnements, des spasmes, des altérations du transit pouvant être insupportables ! Ceci peut être le témoin d’une dysbiose de fermentation ou d’un SIBO (prolifération anormale de bactéries dans l’intestin grêle, alors que celles-ci devrait plutôt migrer dans le colon), pouvant eux-mêmes provenir d’une insuffisance de fabrication ou d’excrétion d’acides biliaires par le foie. Il faudra alors intégrer les fibres très progressivement, en favorisant dans un premier temps les fibres cuites et broyées… Les probiotiques ne seront pas forcement recommandés chez ces personnes. Il sera nécessaire pour certains de travailler sur la fabrication et/ou l’excrétion des acides biliaires.

Pour assurer une bonne digestion nécessaire à l’équilibre de la flore intestinale, il est indispensable de bien mastiquer ! Les aliments insuffisamment mastiqués viendront nourrir un microbiote dysbiotique (déséquilibré). Il est également indispensable de manger dans le calme sans stress, sans quoi, vos enzymes digestives ne seront pas correctement produites ou déversées. Ceci aboutissant à la même conséquence : les aliments insuffisamment digérés parviennent dans l’intestin où ils régaleront vos bactéries indésirables, d’où l’installation d’une dysbiose .

Comme largement évoqué dans l’article précédent, il est également nécessaire d’éviter la prise de médicaments non indispensables entraînant des dysbioses.

Par ailleurs, certaines personnes possèdent des mucines intestinales (tapis muqueux protecteur) défavorables car elles ont une baisse d’activité de l’enzyme « Fucosyl Transférase » permettant d’accrocher un sucre spécifique aux mucines. Ces personnes seront beaucoup plus vulnérables aux altérations du microbiote, donc aux troubles digestifs, candidoses, infections urinaires, mycoses vaginales ou pénienne etc… Cette affection d’origine génétique se vérifie par un test génétique (pour en savoir plus lire l’article suivant) et se traite par la prise d’un complément alimentaire permettant de pallier à ce déficit.

Traiter l’origine du problème voilà tout l’intérêt du travail micronutritionnel ! En revanche n’oublions pas de traiter les conséquences ! La candidose altère la barrière intestinale conduisant à un état d’inflammation de bas grade et de très nombreux troubles associés (allergies, fatigue, altération immunitaire, risque d’autoimmunité, fatigue hépatique, etc…). Il faudra donc également traiter la porosité intestinale !

Une prise en charge par un professionnel de santé formé à la micronutrition sera alors très utile pour déterminer et traiter la cause du problème et ses conséquences !

Je tiens à préciser que les symptômes de la candidose ne sont pas uniquement spécifiques du candida albicans. Certaines maladies peuvent conduire à ce type de symptômes, d’où l’importance de consulter votre médecin afin de s’assurer de l’absence de pathologie.

De la même façon, d’autres troubles fonctionnels tels qu’une altération du fonctionnement de nos chaudières énergétiques (nos mitochondries), une dysfonction hépatique, un déficit thyroïdien ou bien encore, une porosité intestinale peuvent également donner plusieurs de ces symptômes. Le rôle du micronutritionniste ou thérapeute en santé naturel est de trouver l’origine de vos troubles et de les traiter.

Naturellement Votre !