Envie de sucre : Que faire ? 2 ème partie par Guénaëlle Abéguilé

Dans le précédant article, nous avons parlé des différentes causes responsables des envies de sucre de votre patient. Nous avons mis en évidence l’aspect multicausal de ce trouble et l’importance d’évaluer la dysfonction propre à votre patient. Cette évaluation est une étape indispensable à l’élaboration d’un protocole efficace, précis, adapté et individualisé. Ainsi si vous n’avez pas lu cet article, je vous invite à le faire avant de poursuivre sur celui-ci.

Nous allons maintenant donner les grands axes de prise en charge pour chacune des dysfonctions évoquées précédemment.

  1. Prise en charge des envies de sucres d’origine sérotoninergique

En cas de manque de sérotonine, au niveau nutritionnel, nous conseillerons au patient de prendre un gouter contenant des aliments à charges glycémiques basses accompagnés de gras végétal. Ainsi, un fruit et une poignée d’oléagineux permettront de favoriser la synthèse de sérotonine jusqu’à la fin de journée. Le dîner devra être végétarien voir végétalien, en effet les protéines animales limiteront la synthèse cérébrale de sérotonine.

Au niveau micronutrition, il faudra s’assurer que le patient ne manque pas de micronutriments indispensables à la synthèse du neurotransmetteur. Notamment les vitamines B6 et B9 et surtout le magnésium (qui est presque toujours déficitaire) !

Nous pourrons lui proposer en complément alimentaire, la prise de tryptophane, précurseur de la sérotonine,  vers 17h. Celui-ci ne sera en revanche pas efficace en cas de dysbiose ou d’inflammation. Le griffonia contenant un précurseur plus direct sera alors souvent plus efficace.

L’administration de lithium à faible dose (rien à voir avec les prescriptions psychiatrique) peut également avoir son intérêt, il favorisera le détachement du tryptophane de son transporteur, ce qui favorisera son passage dans le cerveau et donc, la synthèse de sérotonine.

  1. Prise en charge des envies de sucre d’origine dopaminergique

En cas de manque de dopamine, nous insisterons très lourdement sur l’importance du petit déjeuner protéiné et peu glucidique ! Œufs, jambon de qualité, volaille, poisson, tofu, graines de courge, de chanvre, oléagineux, fromages figureront au menu quotidien !

Entre nous, le passage au petit déjeuner protéiné est, je pense, le conseil alimentaire qui a le meilleur rapport bénéfices/contraintes.  Parole d’une ancienne addict au sucre.

Si ces changements ne suffisent pas, on peut recommander au patient la prise de 1g de tyrosine, précurseur de la dopamine, 20 min avant le petit déjeuner. Si toutefois le patient maintient son petit déjeuner sucré, cette recommandation sera vouée à l’échec !  Nous veillerons également à ce que le patient ait un statut optimal en Fer, B6, B9 et Zinc, indispensables à la synthèse de dopamine.

  1. Prise en charge des envies de sucre liées à la candidose intestinale

En cas de candidose, nous devrons….. sucrer les sucres !!!! Ce qui sera très difficile car tant que la candidose est présente, les envies de sucres persisteront ! Il faut donc traiter la candidose ! Cette mission est impossible en cas d’alimentation à charge glycémique élevée !

En parallèle de ces reformes alimentaires, nous administrerons des plantes ou huiles essentielles anti fongiques sur une durée déterminée suivie généralement de l’administration de probiotiques spécifiques.

Ce traitement peut être long et les changements alimentaires doivent être plus ou moins maintenus à vie. Mais bonne nouvelle, lorsque la candidose aura disparu, les envies de sucres feront partie d’un vague souvenir, les goûts de vos patients changeront littéralement !

  1. Prise en charge des envies de sucre liées à l’hypoglycémie réactionnelle

En cas d’hypoglycémie réactionnelle, le meilleur conseil à donner est de favoriser une alimentation à charge glycémique basse ! Gardons pour l’occasion les biscuits gâteaux et autres sucreries et tronquons les céréales raffinées par des céréales complètes cuites al dente (riz complet ou semi complet, sarrasin, millet…) ou par des légumineuses (lentilles, pois chiches, quinoa…). Par ailleurs nous n’avons nul besoin de manger de grandes quantités de féculents, l’assiette doit être composée d’une forte majorité de légumes.

Nous conseillerons au patient d’augmenter sa consommation de graisses. En effet, le gras permettra, d’une part de substituer avantageusement les apports alimentaires diminués et d’autre part de diminuer la charge glycémique des repas.  Nous lui recommanderons alors d’ajouter une cuillère à soupe d’huile végétale dans toutes ses assiettes (colza- lin- olive par ex) et de favoriser les bons gras tel que les olives, avocats, oléagineux, petits poissons gras etc…

Au niveau micronutrition, nous pouvons proposer d’ajuster le statut biologique de Zinc, de Vit D et d’administrer du chrome. Ces 3 micronutriments sont indispensables à la fonctionnalité du récepteur à l’insuline.

  1. Prise en charge des envies de sucre liées à la fatigue surrénalienne

En cas de déficit de cortisol, nous devrons prescrire au patient de la zen-attitude ! Yoga, sophro, méditation, cohérence cardiaque, chacun trouvera chaussure à son pied.

Par ailleurs impossible de remonter une carence en cortisol si nous ne donnons pas de la régularité, de l’ampleur et du contraste à nos biorythmes ! Adieux la grasse mat du week-end, qui fait plonger notre patient encore plus bas ! Se lever à heure fixe semaine et week-end. Réserver l’obscurité, le calme, le silence, l’inactivité, le sommeil à la nuit ainsi que la lumière, le bruit, l’activité, le mouvement à la journée ! Faites les sortir à la lumière dès le réveil ou conseillez leur de s’exposer devant une lumière de luminothérapie pendant leur petit déjeuner. A l’inverse le soir ils abaisseront leurs lumières pour préparer le cerveau à la synthèse de la mélatonine, notre hormone du sommeil ! 

Au niveau micronutrition, pour limiter la vulnérabilité au stress, responsable de l’épuisement du cortisol, nous proposerons une forte dose d’un magnésium de grande qualité (glycérophosphate, bisglycinate ou citrate) ainsi que des plantes adaptogènes comme la rhodiole ou l’ashwagandha. Nous pouvons en parallèle proposer des plantes pour booster la synthèse du cortisol comme la réglisse (contre indiquée en cas d’hypertension artérielle) ou la gemmothérapie de cassis.

Vous l’aurez compris, il n’existe pas et il n’existera jamais de remède universel contre l’envie de sucre. Nous chercherons alors à évaluer ce qui se cache derrière le trouble alimentaire de notre patient. Ceci nécessite de réaliser une petite enquête pour déterminer  la ou les dysfonctions présentes, ainsi que leurs causes. Seule cette démarche nous permettra de proposer une prise en charge individualisée adaptée et précise. Ceci est certes, plus complexe que de prescrire la pilule « StopOsucre », mais tellement plus efficace et satisfaisant !

Guénaëlle Abéguilé

J’ovule donc je suis ! par Guénaëlle Abéguilé

Les menstruations sont souvent des périodes non confortables pour la femme. Leur caractère imprévisible, la sensation d’être sale, la peur de tâcher son pantalon, l’état de fatigue, de douleurs ou éventuellement d’irritabilité qui peuvent accompagner cette période sont souvent mal vécues…

A quoi sont dues les menstruations ?

Les menstruations sont la conséquence de la chute de 2 hormones en fin de cycle menstruel, les œstrogènes et la progestérone. Elles correspondent à la desquamation de la couche fonctionnelle de l’utérus. Les règles sont donc un mélange de sang et de muqueuse utérine. Cette muqueuse se développe sous l’effet des œstrogènes, lors de la première phase du cycle, celle qui précède l’ovulation, appelée phase folliculaire. Les œstrogènes ont donc un rôle prolifératif, ils favorisent les divisions cellulaires des cellules oestrogéno-dependantes dont font partie les cellules de la paroi utérine.

La progestérone, quant à elle, est produite par le corps jaune provenant de la transformation du  follicule ovarien après l’ovulation, pendant cette période appelé phase lutéale. La progestérone permet de stopper le développement de la muqueuse utérine et de la préparer à une éventuelle grossesse. Le corps jaune produit alors des œstrogènes et de la progestérone pendant une période de 11 à 16 jours avant de s’atrophier et d’entrainer une chute hormonale en l’absence de fécondation. C’est cette chute hormonale qui entraine les menstruations.

Les règles sont donc la preuve que j’ai ovulé ?

Oui, les règles n’apparaissent que chez les femmes ayant des cycles ovulatoires. Sans ovuler, la femme peut toutefois saigner pour d’autres raisons, ce ne sont donc pas des menstruations. La présence de saignements n’indique alors pas toujours qu’il y a eu ovulation.  

C’est d’ailleurs ce qui se passe lorsqu’elle prend une pilule contraceptive de manière séquentielle : La chute d’hormones synthétiques à l’arrêt de la pilule entraine, non pas des menstruations, mais des saignements de privation. En effet la pilule empêche le développement de  la couche fonctionnelle de l’utérus, il n’y a donc pas de menstruations possibles.

C’est pour cela que j’ai moins mal pendant mes saignements lorsque je prends la pilule ?

Les femmes souffrant de règles douloureuses, d’endométriose ou d’autres troubles hormonaux tels que l’acné androgénique ou le Syndrome des ovaires polykystiques, se verront en effet, souvent proposer la pilule contraceptive en solution magique! En apportant des hormones de synthèse, la pilule bloque l’ovulation, donc adieux les troubles hormonaux! … C’est sans considérer que la pilule ne résout absolument pas les dysfonctions à l’origine de ces troubles. Pire, elle en créera d’autre en perturbant notre fonctionnement hormonal, bien au-delà des hormones sexuelles et en causant de nombreuses carences en micronutriments. En effet, le fonctionnement des glandes thyroïdiennes et surrénaliennes pourront également être impacté par ce perturbateur endocrinien. S’en suit des troubles physiques et psychiques, effet secondaires bien connu, pourtant pas toujours reconnu des contraceptions hormonales.

La pilule n’est bien sûr pas la seule cause d’anovulation ou de dysovualtion. Le stress, les perturbateurs endocriniens, les dysfonctions métaboliques, les dysfonctions hormonales, l’insuffisance de cholestérol, l’excès de sport, la maigreur peuvent également perturber nos cycles menstruels. L’ovulation peut alors être considérée comme un signe de bonne santé physique et psychique.

Mais pourquoi devrai-je ovuler si je ne souhaite pas de bébé ?

En consultation, mes patientes sont souvent surprises par ma volonté de les faire ovuler correctement en dehors des désirs de procréation.

Elles ont parfois souffert de règles douloureuses, de troubles du comportement ou d’acné autour des périodes de menstruations. D’autres voient dans la pilule un confort, celui de pouvoir anticiper voir contrôler leur menstruations… qui… vous l’aurez compris, n’en sont pas. Elles sont donc parfois réticentes à renouveler l’expérience de l’ovulation. Et pourtant, tous ces signes dont elles ont souffert m’indiquent l’existence d’une dysfonction.  La pilule ne prend en charge que le symptôme en laissant les mécanismes physiopathologiques gagner du terrain en silence. Ces dysfonctions pourraient pourtant trouver des solutions fonctionnelles efficaces et physiologiques si nous prenions le temps d’évaluer les mécanismes à leur origine. En prime, la prise en charge des dysfonctions permet l’apparition d’effets secondaires très positifs !

Que peut m’apporter une belle ovulation ?

L’ovulation est le processus ultime d’une cascade d’évènements. Elle est déclenchée par le pic de sécrétion d’une hormone de l’hypophyse appelée hormone lutéinisante ou LH. Cette hormone est sécrétée lorsque le taux d’œstrogène, hormone ovarienne est suffisamment élevé. Celle-ci sera suffisamment élevée si et seulement si une autre hormone hypophysaire, la FSH, est présente en quantité suffisante. Avant et autour de l’ovulation, nous avons donc un taux d’œstrogène élevé.

Mais les œstrogènes c’est dangereux pour ma santé ?!

Ce qui est dangereux c’est lorsqu’ils sont en excès ou lorsqu’il n’y a pas suffisamment de progestérone pour contrebalancer leurs effets. On parle alors de déséquilibre oestro-progestatif.  Dans ces situations, on peut avoir des règles douloureuses, abondantes et majorer les symptômes de l’endométriose ou même favoriser un cancer hormono dépendant. D’où la crainte des œstrogènes. Mais si vous ovulez bien, votre progestérone sera optimale et vous protègera !

Malgré leur mauvaise réputation, les œstrogènes sont des supers hormones qui font de vous des femmes formidables ! Ils renforcent vos os, vous protègent des risques cardio-vasculaires, améliorent votre métabolisme, votre fertilité, vous rendent plus combative. Par ailleurs ces hormones sculptent vos courbes féminines, lissent votre peau, améliore votre libido, votre assurance et votre sensualité. Les études montrent mêmes que les hommes sont plus attirés par les femmes lorsque leur taux d’œstrogène est au plus haut!

Et la progestérone dans tout cela ?

La progestérone sera donc sécrétée après l’ovulation. Elle ne sera présente en quantité suffisante que si vous avez une ovulation de qualité. Et vous aurez compris, pour avoir une belle ovulation, il faut suffisamment d’œstrogène…

Pas d’œstrogènes, pas d’ovulation et pas d’ovulation, pas de progestérone !

La progestérone est tout d’abord un grand régulateur hormonal. Elle contre balance les effets des œstrogènes, elle vous protège donc de leur potentiels effets délétères qui font si peur.  Elle module également les androgènes qui sont nos hormones masculinisantes responsables, lorsqu’ils sont en excès de l’hirsutiusme, de l’acné et du syndrome des ovaires polykystiques.  La progestérone module également la prolactine et favorise la conversion des hormones thyroïdiennes T4 inactives et T3 actives.  En permettant l’obtention d’un  bon taux de progestérone, une belle ovulation optimise alors  le fonctionnement du système endocrinien dans sa globalité !

Comme les œstrogènes, la progestérone favorise également la solidité de l’os et la santé cardiovasculaire. Au niveau neuropsychique, la progestérone fera de vous en phase folliculaire des femmes zen et sereines grâce à leur action anxiolytique et sérotoninergique. Enfin la progestérone à un effet anti diurétique et favorise la nidation de l’embryon en cas de fécondation.

En cas de progestérone basse, pouvant résulter d’une ovulation non fonctionnelle, les signes de dominance œstrogénique apparaitront. Ceux-ci peuvent être à l’origine du panel de symptômes accompagnant le syndrome prémenstruel, tel que l’irritabilité, les tensions mammaires, la rétention d’eau ou encore de maux de tête. Cette situation majore également les risques de développement des pathologies hormono dépendantes.

 

En empêchant le déroulement de la cascade d’évènements à l’origine de l’ovulation, la pilule contraceptive ou autre contraception hormonale prive la femme de ce qui fait d’elle une femme. Des femmes combatives mais sereines, des femmes actives mais douces, des femmes avec une bonne santé osseuse et cardio vasculaire…

Alors ovulons bien parce que nous le valons bien !

Guénaëlle Abéguilé

Envie de sucre : que faire ? 1ere partie par Guénaëlle Abéguilé

  • Mon problème c’est le sucre, aidez-moi !
  • Pas d’inquiétude, nous avons la solution, avec « StopOsucre », vos envies de sucre ne seront plus un problème !

Etes-vous prêt à avaler vraiment n’importe quoi ? S’il existait une solution universelle contre les envies de sucre, je crois bien que le surpoids et l’obésité seraient un mythe ! En effet, le sucre, et autres aliments à charges glycémiques élevées sont les principaux responsables de la prise de poids de nos patients. Le sucre peut également provoquer de l’inflammation et être responsable de candidose et de leurs conséquences. Mais alors, que ce soit pour leur ligne ou pour leur santé, comment aider nos patients à lutter contre leurs envies de sucres parfois incontrôlables ?

La seule prise en charge efficace, sera la prise en charge de la ou des causes des envies de sucre de votre patient. Il n’existe malheureusement pas une seule cause à ce trouble, il y a donc de nombreuses stratégies de prises en charges possibles. Seule la prise en charge du dysfonctionnement propre à votre patient sera pertinente. Dans cet article nous allons énumérer les différentes dysfonctions pouvant être responsables de ces envies de sucre, nous expliquerons également comment différencier ces causes. Dans un prochain article nous évoqueront des stratégies de prises en charges fonctionnelles propres à chaque situation.

 Dans un premier temps, étudions les différentes dysfonctions possibles et leurs caractéristiques :

  1. Le manque de sérotonine

La sérotonine est le neurotransmetteur de la sérénité, du lâcher prise, du bienêtre, nous le synthétisons majoritairement en fin de journée.

Les envies de sucre d’origine sérotoninergique se manifesteront  plutôt en fin de journée.  Le patient cherchera à compenser quelque chose. Il trouvera dans le sucre un aliment thérapeutique, une sensation de réconfort.

Par ailleurs, le patient aura souvent d’autres signes tels que de l’irritabilité, de l’impatience, de l’impulsivité, il aura tendance à ruminer et ne parviendra souvent pas à lâcher prise. Ces signes cliniques seront améliorés suite à la consommation de sucre puis réapparaitront quelques temps plus tard. Certains patients déficitaires en sérotonine se dirigeront également vers le gras.

  1. Manque de Dopamine

La dopamine est le neurotransmetteur de la motivation, de la concentration, de la bonne humeur, c’est le starter du début de journée. Nous la synthétisons majoritairement entre 6 et 8h.

Les envies de sucre seront alors très compulsives, très difficile à maîtriser. Le patient aura besoin de sa dose tel un toxico.

Par ailleurs, la chute de dopamine est le principal responsable des échecs de sevrage de tout type (y compris du sucre). Dernièrement des recherches ont permis de mettre en évidence que la dopamine influençait l’expression de gènes qui contrôlent nos comportements addictifs ! Le manque de dopamine peut donc être responsable des envies de sucre et le sevrage du sucre va à son tour faire chuter la dopamine responsable d’une recherche de récompense que trouvera le patient en ….mangeant du sucre…. Véritable cercle vicieux à rompre absolument !

En cas de manque de dopamine le patient souffrira généralement d’autre troubles tel que : difficulté de motivation, de concentration, baisse d’envie, de projet, de libido….

  1. La candidose intestinale

La candidose correspond à une prolifération de levure de type candida dans le tube digestif. Elle se développe sur un microbiote dysbiotique et en présence de substrats énergétiques glucidiques.

Les envies de sucre seront irrépressibles et se manifesteront généralement tout au long de la journée. Le sucre nourrit alors la candidose qui entretien les envies de sucre. Se dessine alors un autre cercle vicieux.

En cas de candidose,  le patient aura généralement d’autres signes associés tel que des mycoses, une fatigue, un système immunitaire peu combatif, des ballonnements provoqués par les aliments glucidiques, un prurit anal…

  1. L’hypoglycémie réactionnelle

Elle est la résultante de la forte synthèse d’insuline par le pancréas suite à l’ingestion d’aliments à charge glycémique élevée et/ou de résistance à l’insuline.

Dans ce cas, les envies de sucres se manifesteront en général dans les heures qui suivent les repas glucidiques. Elles seront diminuées si le patient baisse ses charges glycémiques et qu’il augmente ses apports alimentaires de gras et de protéines au cours des repas.

Ses envies s’accompagneront d’autres signes comme de l’étourdissement, de la confusion, parfois des tremblements ou chez l’enfant par de l’énervement ou de l’agitation. Il consommera alors des « sucres  rapides » qui prépareront sa prochaine hypoglycémie, de nouveau, un véritable cercle vicieux !

  1. La fatigue surrénalienne

Dans  ce cas, il y aura une baisse de synthèse de cortisol par les glandes surrénales.

Le cortisol est connu comme étant l’hormone du stress, mais c’est aussi et surtout l’hormone qui nous permet de faire face au stress. De fuir ou de combattre. Le cortisol stimule alors l’éveil, nous permet d’avoir des substrats énergétiques très rapidement disponibles ou encore d’augmenter la force musculaire. Le cortisol étant hyperglycémiant, le patient souffrant de fatigue surrénalienne pourra avoir des glycémies relativement basses. Il cherchera alors un effet booster qu’il trouvera dans le sucre.

La fatigue surrénalienne se reconnaitra par une clinique bien marquée. Le patient sera épuisé, vaseux, confus, se sentira incapable de gérer les situations de la vie courante, sa fatigue sera majorée par le stress, il peut souffrir de maux de tête, de chute de tension (notamment en se levant), de mains moites etc. Il cherchera parfois aussi à se rebooster avec du café.

Manque de sérotonine ? Manque de dopamine ? Candidose intestinale ? Hypoglycémie réactionnelle ou fatigue surrénalienne ? Nous venons d’évoquer les différentes causes à l’origine des envies de sucre de vos patients. Sachez toutefois que plusieurs causes peuvent s’entremêler. Vous êtes maintenant en mesure d’évaluer les causes fonctionnelles propres à votre patient. Cette évaluation est indispensable à l’élaboration d’un protocole de prise en charge individualisé, précis et adapté. Protocole qui sera le seul efficace pour lutter contre son fléau. L’envie de sucre étant la partie émergée de l’iceberg, en prenant en charge l’origine du problème, votre patient profitera également de l’amélioration de nombreux autres signes cliniques.

Dans le prochain article nous parlerons de la prise en charge fonctionnelle de chacune de ces causes.

Guénaëlle Abéguilé