SIBO : démêlons le VRAI du FAUX ? par Christian Boyer

Le SIBO n’est peut-ĂŞtre pas SI-BEAU… mais le connaissez-vous vraiment ? Etes-vous sĂ»r de savoir vraiment de quoi il s’agit, et surtout comment le prendre en charge ?

Nous voilĂ  donc sur la route du SIBO afin de dĂ©mystifier cet acronyme et de mettre un peu d’ordre dans tout ce que l’on entend !

Le SIBO : dĂ©finition 

Le SIBO est un acronyme anglais qui signifie Small Intestinal Bacterial Overgrowth. Cela se traduit en français par pullulation bactĂ©rienne de l’intestin grĂŞle. Par les mots « pullulation Â» et « intestin grĂŞle Â» nous avons donc deux notions, celle d’une surpopulation bactĂ©rienne et l’autre de la localisation : l’intestin grĂŞle. Le SIBO est donc une dysbiose (rupture de l’équilibre microbien) du grĂŞle. Il ne s’agit donc pas d’une infection bactĂ©rienne, comme une infection Ă  Clostridium difficile par exemple, car les bactĂ©ries qui pullulent sont tout simplement des bactĂ©ries dites commensales (faisant partie intĂ©grante de notre microbiote) et non de bactĂ©ries pathogènes. Il est vrai cependant que les bactĂ©ries qui sembleraient impliquĂ©es dans le SIBO sont plutĂ´t des bactĂ©ries problĂ©matiques en excès car ce sont des protĂ©obactĂ©ries, des bactĂ©ries gram nĂ©gatives, tels que Escherichia Coli et Klebsiella par exemple [1].

Cet excès de bactéries dans l’intestin grêle, qui en temps normal n’en contient pas beaucoup (contrairement au côlon), va provoquer des fermentations et productions de gaz en grande quantité, qui sont à l’origine de symptômes gastro-intestinaux. Le SIBO est d’ailleurs une cause courante de SII (syndrome de l’intestin irritable).

Quasiment tous les SII sont des SIBO ? VRAI ou FAUX ?

FAUX. Il est vrai que lorsque l’on regarde toutes les études, certaines études américaines mettent en avant des chiffres atteignant des pourcentages proches de 80-90% de SIBO chez les patients souffrant de syndrome de l’intestin irritable (SII). Il s’agit notamment des études d’un spécialiste gastro-entérologue Américain qui se nomme le Dr. Pimentel. On lui doit de nombreuses études et avancées sur le domaine du SIBO.

D’après une méta-analyse datant de 2022 et portant sur 37 études, la prévalence du SIBO était d’environ 49% chez les patients atteints de SII [2]. Il est possible de donner une fourchette réaliste qui se situerait entre 30 et 50% de SIBO chez les patients SII.

On peut donc dire que tous les SII ne sont pas des SIBO mais en revanche quasiment tous les SIBO sont des SII. En-effet les symptĂ´mes provoquĂ©s par le SIBO tels que les gaz, ballonnements, diarrhĂ©es et/ou constipation ainsi que les douleurs intestinales sont des symptĂ´mes rencontrĂ©s dans le SII. Il est important de rappeler que le SII n’est qu’un « syndrome Â», une « Ă©tiquette Â» qui ne fait que dĂ©crire un groupe de symptĂ´mes retrouvĂ©s chez les patients. Le SII est classĂ© comme un pathologie dite « fonctionnelle Â» en opposition aux pathologies organiques telles que les MICI (maladie de Crohn, rectocolite hĂ©morragique). Le SII a donc une ou des cause(s) et le SIBO en est souvent une !

Le SIBO ce sont des bactĂ©ries qui remontent du cĂ´lon dans l’intestin grĂŞle. VRAI ou FAUX ?

C’est FAUX dans la quasi-totalité des cas. En effet, une des premières hypothèses qui avait été émise consistait à dire que cet excès bactérien était le résultat de la migration rétrograde des microbes du côlon dans le grêle. Ce cas là est relativement rare et peut se présenter lorsqu’il y a une altération de la valvule iléo-caecale (aussi appelée valvule de Bauhin) pouvant notamment être provoquée par une chirurgie digestive proche de cette zone. Les différentes données scientifiques et les différents experts du SIBO comme le gastro-entérologue et chercheur le Dr Mark Pimentel (Cedars-Cinaï, Los Angeles, USA) réfutent totalement cette hypothèse. En effet, il s’agit plutôt d’une pullulation de certaines populations de bactéries déjà présentes dans l’intestin grêle. Par ailleurs un des premiers contributeurs au SIBO est une altération de la motilité de l’intestin grêle [3], ce qui entraîne un mauvais nettoyage des bactéries présentes dans cette zone, favorisant ainsi leur pullulation. Des études se sont intéressées à caractériser les différences retrouvées entre les populations de bactéries de l’intestin grêle et de celles du côlon et ont trouvé d’importantes différences. On retrouve notamment beaucoup de bactéries anaérobies (qui ne tolèrent pas l’oxygène) dans le microbiote colique qu’on ne retrouve pas dans celui de l’intestin grêle.

Une Ă©tude de 2017 a d’ailleurs conclu que « le sĂ©quençage de l’ADN du microbiote du jĂ©junum (portion de l’intestin grĂŞle) chez des patients diagnostiquĂ©s avec un SIBO, n’apporte aucune preuve d’une migration de bactĂ©ries provenant du cĂ´lon Â» [4].

Le SIBO est une maladie ? VRAI ou FAUX ?

C’est un FAUX avec un grand « F Â». Attendez un instant avant de me sauter Ă  la gorge… Dire qu’il ne s’agit pas d’une maladie ne minimise en rien les symptĂ´mes parfois très handicapants que peuvent ressentir les personnes ayant un SIBO ! Mais en effet il ne s’agit pas d’une maladie Ă  proprement parler mais d’un dĂ©sĂ©quilibre considĂ©rĂ© comme un « Ă©piphĂ©nomène Â» consĂ©cutif Ă  des dĂ©rĂ©gulations dans la physiologie du corps, ces dĂ©rĂ©gulations pouvant ĂŞtre causĂ©es par des maladies ! Le SIBO est TOUJOURS la consĂ©quence d’un autre problème qu’il faudra rechercher et identifier.

Le SIBO ne se guĂ©rit pas, c’est une problĂ©matique chronique. VRAI ou FAUX ?

En se basant sur la dĂ©finition du SIBO c’est FAUX. En effet, le SIBO est une consĂ©quence d’un autre problème. Il y a donc une ou des cause(s) sous-jacente(s). La rĂ©solution du SIBO et le fait qu’il peut ĂŞtre chronique ou non dĂ©pend donc de la cause. Si la cause du SIBO n’est pas identifiĂ©e ou s’il n’est pas possible de la rĂ©soudre, alors oui le SIBO peut devenir et rester une problĂ©matique chronique. Si on prend l’exemple d’un SIBO dont la cause serait une chirurgie digestive (by-pass par exemple), la cause est donc complexe voire impossible Ă  rĂ©soudre. Le problème Ă©tant « mĂ©canique Â» et dĂ©finitif, dans ce cas lĂ  le SIBO peut rentrer dans une forme de chronicitĂ©. Il y a cependant des mesures qui peuvent ĂŞtre prises pour amĂ©liorer le confort et les symptĂ´mes de la personne par une approche diĂ©tĂ©tique et micro-nutritionnelle.

Les causes du SIBO sont nombreuses et il est parfois compliquĂ© de les identifier. VRAI ou FAUX ?

Il s’agit ici d’un VRAI avec un grand V ! Les causes du SIBO sont nombreuses et peuvent parfois s’additionner chez une mĂŞme personne, ce qui peut dans certains cas rendre difficile leur identification.

On peut globalement les regrouper en 4 grandes catĂ©gories :

  • AltĂ©ration de la motilitĂ© de l’intestin grĂŞle (sous-entendu du fonctionnement du complexe moteur migrant)
  • AltĂ©ration du flux intestinal (c’est-Ă -dire un blocage dans la progression normale du flux)
  • DĂ©ficits dans la physiologie intestinale
  • Causes iatrogènes (provoquĂ©es par des mĂ©dicaments)

Retenez que l’altĂ©ration de la motilitĂ© du grĂŞle et donc du fonctionnement du CMM (complexe moteur migrant) est une cause principale de SIBO. Par ailleurs l’intoxication alimentaire est considĂ©rĂ©e comme une cause très frĂ©quente de SIBO (dit « post-infectieux). En effet, certaines gastro-entĂ©rites bactĂ©riennes (notamment causĂ©es par des bactĂ©ries du genre Campylobacter, Salmonella, Shigella, Yersinia) peuvent provoquer le dĂ©veloppement d’auto-anticorps appelĂ©s « anti-vinculine Â» qui vont entrainer une altĂ©ration du fonctionnement du CMM. Ces anticorps anti-vinculine induisent une rĂ©duction de nos « cellules pacemaker Â» intestinales appelĂ©es cellules de Cajal [5].

Si le patient a dĂ©veloppĂ© un SIBO suite Ă  une infection bactĂ©rienne, il y a de forte chance qu’il soit positif pour ces anticorps anti-vinculine, et que la cause de son SIBO soit alors un dysfonctionnement du CMM. Le mauvais fonctionnement du CMM est une cause courante de rechutes du SIBO et cela nĂ©cessite d’introduire dans le protocole de prise en charge des complĂ©ments et/ou de mĂ©dicaments ayant une action dite « prokinĂ©tique Â». Un agent prokinĂ©tique va stimuler le fonctionnement du CMM et par consĂ©quent aider Ă  amĂ©liorer la motilitĂ© de l’intestin grĂŞle. Dans les prokinĂ©tiques naturels on retrouve notamment le gingembre, le 5-htp (5-hydroxytryptophane), le safran (titrĂ© en safranal), l’acetyl-l-carnitine, et de nombreuses plantes dites « amères Â» (gentiane, artichaut, …). 

On parle de SIBO mais en fait il en existe plusieurs types, VRAI ou FAUX ?

C’est tout Ă  fait VRAI. En effet, on entend frĂ©quemment le mot SIBO mais on devrait prĂ©ciser qu’il existe deux types de SIBO, le SIBO hydrogène (H2) et hydrogène sulfureux (ou H2S). Il existe un troisième type qu’on appelait SIBO mĂ©thane (CH4) mais qui a Ă©tĂ© redĂ©fini il y a quelques annĂ©es sous le terme d’IMO pour Intestinal Methanogens Overgrowth ou pullulation d’archĂ©es mĂ©thanogènes [6]. Cette redĂ©finition a pris en compte le fait que les mĂ©thanogènes pouvaient pulluler aussi bien dans le cĂ´lon que dans l’intestin grĂŞle. Si on doit dĂ©finir les cas les plus frĂ©quemment rencontrĂ©s, il y a en premier le SIBO hydrogène, en deuxième l’IMO et en dernier le SIBO H2S. Par ailleurs il est possible de cumuler 2 ou 3 configurations, c’est-Ă -dire que les plus malchanceux peuvent avoir un SIBO H2, H2S et un IMO. 

Par ailleurs même si les études sont moins fournies et claires à ce sujet, les causes du SIBO H2S et de l’IMO peuvent être les mêmes que celle du SIBO hydrogène, à la différence que l’intoxication alimentaire n’est pas reconnue comme une cause d’IMO (à moins qu’il ne soit associé avec un SIBO).

On peut savoir si on a un SIBO d’après les symptĂ´mes, les tests sont inutiles ! VRAI ou FAUX ?

Bien Ă©videmment FAUX… mĂŞme s’il y a un petit fond de VRAI. A moins d’être un adepte des devinettes, ne jouez pas avec cela ! Les symptĂ´mes du SIBO peuvent ĂŞtre parfois diffĂ©rents en fonction des personnes et il est difficile pour ne pas dire IMPOSSIBLE d’identifier via les symptĂ´mes si la personne a un SIBO hydrogène, ou un IMO, ou encore si elle cumule les deux par exemple. Les symptĂ´mes du SIBO H2S sont un peu plus particuliers mais encore une fois, difficile de ne pas se tromper sans tests adĂ©quats. Les symptĂ´mes frĂ©quemment rencontrĂ©s en cas de SIBO (ou d’IMO) sont des ballonnements, troubles du transit (diarrhĂ©es et/ou constipation), douleurs abdominales, Ă©ructations, flatulences, nausĂ©es, reflux gastro-Ĺ“sophagiens, …

Il est couramment admis que le SIBO hydrogène est plutĂ´t reliĂ© Ă  de la diarrhĂ©e, le SIBO H2S Ă  de la diarrhĂ©e (avec un caractère « d’urgence Â» / selles impĂ©rieuses) et l’IMO est très souvent corrĂ©lĂ© avec de la constipation.

Si on regarde les données, on retrouve presque autant de patient avec de la diarrhée que de la constipation chez les patients ayant un SIBO [7]. Chez les patients avec un profil mixte (SIBO et IMO) on retrouve une prévalence plus importante de constipation que de diarrhées, et chez les patients avec un IMO une prévalence de 100% de constipation, dans l’étude du Dr. Pimentel publiée en 2003 [7]. La configuration H2S est plutôt bien corrélée avec des diarrhées également [8].

Finalement on peut ĂŞtre constipĂ© et avoir un IMO ou un SIBO ou encore le mix des deux ! Comment faire alors pour identifier la configuration du patient ?!

Vous comprendrez donc que les tests sont bien loin d’être inutiles ! Non seulement ils vont nous aider Ă  mettre en avant la configuration du patient (SIBO ou IMO) mais aussi nous informer sur la sĂ©vĂ©ritĂ© de la problĂ©matique, qui conditionne derrière les protocoles et leurs durĂ©es. De plus, sans test initial, en cas d’échec du protocole vous ne pourriez pas savoir si le protocole est en Ă©chec car il n’a pas fonctionnĂ© ou alors vous vous ĂŞtes tout simplement trompé… et vous avez ciblĂ© un SIBO qui n’en Ă©tait pas un !  

Pour mettre en Ă©vidence un SIBO, un des premiers tests qui a Ă©tĂ© utilisĂ© et est encore considĂ©rĂ© comme le « gold-standard Â» est l’aspiration du contenu jĂ©junal (le jĂ©junum est une portion de l’intestin grĂŞle) avec mise en culture du fluide. Le SIBO est dĂ©finit comme une prĂ©sence de bactĂ©ries ≥ 10E3 UFC (unitĂ© formant colonie) par mL de fluide jĂ©junal [1]. Bref… passons les chiffres

Bien que considĂ©rĂ© comme le « gold standard Â», l’aspiration du liquide jĂ©junal n’est que peu utilisĂ©e en routine car il s’agit d’une mĂ©thode invasive et qui nĂ©cessite un Ă©quipement spĂ©cifique permettant de faire des prĂ©lèvements stĂ©riles, en Ă©vitant une contamination par la flore oro-pharyngĂ©e (flore buccale et dans l’œsophage).

Le test validĂ© internationalement Ă  l’heure actuelle pour le diagnostic du SIBO est le « breath test Â» (test respiratoire) au glucose ou au lactulose. Par ailleurs le consensus Nord-AmĂ©ricain de 2017 [9] qui a rĂ©unis des dizaines de spĂ©cialistes (cliniciens et chercheurs) a dĂ©coulĂ© sur de nombreuses recommandations. L’article publiĂ© Ă  la suite de ce meeting de spĂ©cialistes conclut que « Le test respiratoire est un test diagnostique utile, peu coĂ»teux, simple et sĂ»r dans l’Ă©valuation des problèmes gastro-entĂ©rologiques courants Â» [9].

Pour finir il est important de savoir qu’il existe Ă  l’heure actuelle un vrai dĂ©bat entre la fiabilitĂ© des substrats utilisĂ©s : glucose ou lactulose (et pas lactose !). La sensibilitĂ© et la spĂ©cificitĂ© du test au glucose a Ă©tĂ© Ă©valuĂ©e comme Ă©tant un peu plus Ă©levĂ© que celle du lactulose [10]. Il est cependant Ă©galement admis que le glucose pourrait donner plus de « faux nĂ©gatifs Â» car le substrat Ă©tant plutĂ´t absorbĂ© dans les premières portions de l’intestin grĂŞle (intestin proximal), il serait possible de passer Ă  cĂ´tĂ© d’une pullulation de bactĂ©ries situĂ©e dans la partie distale de l’intestin grĂŞle. C’est pour cela qu’en cas de forte suspicion de SIBO ou d’IMO et d’un test nĂ©gatif au glucose, il est intĂ©ressant d’effectuer un test au lactulose.

Il existe Ă©galement une grande hĂ©tĂ©rogĂ©nĂ©itĂ© dans les critères d’analyses des tests respiratoires en fonction des pays, et mĂŞme au sein d’un pays (comme la France) les critères peuvent parfois varier d’un hĂ´pital voire d’un praticien Ă  l’autre ! Il existe cependant des critères d’analyses validĂ©s, notamment des critères d’analyses provenant du consensus de Rome (en 2009) et des critères d’analyses dĂ©finis par le consensus Nord-AmĂ©ricain (en 2017). La plupart des experts SIBO utilisent les deux critères (critères de Rome et Nord-AmĂ©ricains) car cela se rapproche de manière plus juste de la « rĂ©alitĂ© clinique Â».

L’hydrogène sulfureux n’est toujours pas dosĂ© en 2024 dans la majoritĂ© des pays europĂ©ens. Il existe cependant depuis 2020 un test appelĂ© « Trio-Smart Â» qui mesure les 3 gaz (H2, CH4 et H2S), mais il n’est pour l’instant disponible qu’aux États-Unis et plus rĂ©cemment en Australie.

Il est clair que l’interprĂ©tation des tests respiratoires nĂ©cessite une rĂ©elle connaissance des critères validĂ©s ainsi qu’une certaine expĂ©rience pratique dans le domaine. Retenez que la fiabilitĂ© du test respiratoire dĂ©pend en premier du bon respect des consignes de prĂ©requis strictes avec notamment un rĂ©gime alimentaire de prĂ©paration qui doit durer entre 24 et 48H en fonction du transit du patient (48H de rĂ©gime voire plus pour les personnes constipĂ©es). Le test respiratoire doit Ă©galement toujours s’analyser avec les symptĂ´mes du patient et de son historique mĂ©dical (maladies diagnostiquĂ©es ? antĂ©cĂ©dents de chirurgie digestive ? etc)

On m’a diagnostiquĂ© un SIBO avec une analyse du microbiote, apparemment c’est fiable ? VRAI ou FAUX

FAUX et VRAI… JOKER !

Plus sérieusement je vais vous expliquer pourquoi la réponse n’est ni négative, ni affirmative et il faut vraiment bien comprendre à quoi correspond une analyse du microbiote et son intérêt / fiabilité d’après les connaissances scientifiques actuelles.

Comme vous le savez sĂ»rement lorsque l’on parle d’analyse de microbiote (souvent un sĂ©quençage de l’ARN16S bactĂ©rien), il s’agit de l’analyse du microbiote fĂ©cal qui est lui-mĂŞme un reflet du microbiote colique. Etant donnĂ© que dans le SIBO il s’agit d’une problĂ©matique impliquant le microbiote de l’intestin grĂŞle il semble donc difficile de rechercher un SIBO dans les selles ! Surtout que comme nous l’avons Ă©voquĂ© plus haut, il semble que les bactĂ©ries qui pullulent dans le cadre du SIBO n’ont pas grand-chose Ă  voir avec celles du cĂ´lon.

Lorsque l’on regarde les études, on trouve une grosse proportion qui ont recherché des altérations du microbiote des selles chez les patients atteints de SII. Seulement bien souvent la présence de SIBO chez ces patients n’a pas été recherchée, et il est difficile d’extrapoler ce qui a été mis en évidence dans le cadre du SIBO (car tous les SII n’ont pas de SIBO). Sur les quelques études ayant recherché des altérations du microbiote fécal chez les patients avec un SIBO, les résultats sont contradictoires. Les résultats ne montrent pas nécessairement des différences entre les patients sains et atteints de SIBO [11], ou alors une présence plus importante de Faecalibacterium Prausnitzii (une bactérie productrice de butyrate) et de Prevotella copri par rapport aux patients sains dans une étude [12]. On retrouve notamment des biais dans les études citées ci-dessus car les critères diagnostics considérés pour les tests respiratoires ne sont pas forcément corrects et/ou ne sont pas les mêmes entre les deux études, ce qui rend difficile la comparaison, en plus du faible nombre de patients enrôlés.

Une Ă©tude très intĂ©ressante publiĂ© en 2022 dans l’American Journal of Gatroenterology [13] a clairement mis en Ă©vidence qu’il y avait une corrĂ©lation entre la prĂ©sence d’une augmentation d’archĂ©es mĂ©thanogènes (Methanobrevibacter smithii) dans les selles des patients avec un test positif au mĂ©thane (IMO). Pour les patients avec un test respiratoire positif Ă  l’H2S, une augmentation d’espèces du genre Fusobacterium et Desulfovibrio dans les selles a Ă©tĂ© mise en Ă©vidence. L’analyse du microbiote pourrait donc ĂŞtre intĂ©ressante pour mettre en Ă©vidence la configuration « mĂ©thane Â» (CH4) ou « hydrogène  sulfureux Â» (H2S). Des Ă©tudes antĂ©rieures avaient dĂ©jĂ  confirmĂ© la corrĂ©lation positive entre les niveaux de CH4 Ă©mis au test respiratoire et la prĂ©sence de M. smithii dans l’analyse de microbiote.

Et la petite dernière pour la fin : Le SIBO se traite avec des cures d’antibiotiques ? VRAI ou FAUX

J’ai très envie de dire VRAI mais je vais mettre un grand « MAIS Â». Je vais me rĂ©pĂ©ter mais pour la prise en charge du SIBO (ou de l’IMO) cela commence dĂ©jĂ  par la prise en charge de la cause. Ensuite effectivement peuvent venir les antibiotiques ou encore les antimicrobiens naturels. En effet, l’utilisation d’antimicrobiens naturels (formules Ă  base de plantes par exemple) a montrĂ© une efficacitĂ© comparable Ă  l’antibiotique de rĂ©fĂ©rence (la rifaximine) dans le traitement du SIBO hydrogène [14].

Si on doit rĂ©sumer la prise en charge d’un SIBO H2, H2S ou d’un IMO il faut cumuler :

  • La prise en charge de la ou les cause(s)
  • L’adaptation du rĂ©gime alimentaire: bas en soufre pour la configuration H2S, faible en glucides et Ă©lĂ©ments fermentescibles comme les FODMAPs pour le SIBO H2 et l’IMO avec un rĂ©gime un peu plus « vĂ©gĂ©tarien Â» en cas d’IMO
  • L’utilisation d’antibiotiques ou antimicrobiens adaptĂ©s : berberine, neem, origan, extraits de grenade et autres polyphĂ©nols (en particulier pour l’H2S) par exemple. L’autre option est un traitement antibiotique avec par exemple la rifaximine et/ou le metronidazole en fonction de la configuration (H2 ou CH4). A savoir que la rifaximine seule n’est pas efficace sur les mĂ©thanogènes, c’est pour cela qu’on la couple souvent avec un autre antibiotique (comme le metronidazole).
  • L’utilisation de prokinĂ©tiques mĂ©dicamenteux (prucalopride, Ă©rythromycine Ă  faible dose par exemple) ou naturels (gingembre, triphala, 5-htp, mĂ©lange de plantes amères, …) particulièrement en cas de SIBO et d’altĂ©ration du CMM (complexe moteur migrant) suspectĂ©e ou confirmĂ©e
  • L’utilisation Ă©ventuelle de prĂ©biotiques validĂ©s pour le SIBO ou l’IMO comme la gomme de guar hydrolysĂ©e (Optifibre)
  • L’utilisation Ă©ventuelle de probiotiques validĂ©s par des Ă©tudes pour le SIBO, l’IMO ou encore la configuration H2S. L’utilisation des probiotiques, bien que controversĂ©, peut ĂŞtre un rĂ©el atout. Il faut cependant connaĂ®tre et maĂ®triser l’utilisation des souches compatibles. On retrouve notamment le probiotique L. reuteri DSM17938 (Biogaia Protectis) [15] qui a montrĂ© un effet positif sur la constipation et la rĂ©duction des archĂ©es mĂ©thanogènes

CONCLUSION :

Les données scientifiques et les dernières recherches ont permis de faire évoluer les connaissances sur le SIBO mais il s’agit d’un domaine encore en pleine exploration sur lequel il faut en permanence actualiser ses connaissances. L’approche en santé fonctionnelle et en micronutrition s’intègre parfaitement dans la prise en charge de cette problématique multifactorielle. Le SIBO doit donc être vu comme une dysbiose quantitative et qualitative de l’intestin grêle, qui est consécutive à des problématiques impliquants : (i) une altération de la motilité de l’intestin grêle et impliquant un dysfonctionnement du CMM (ii) une altération du flux intestinal (iii) une problématique touchant la physiologie intestinale (c’est-à-dire le fonctionnement normal de l’intestin) (iv) une cause iatrogène (médicaments). Le test respiratoire reste considéré comme l’analyse de référence bien que d’autres outils soient en cours de développement comme une capsule à avaler capable d’analyser directement les gaz expirés ou encore de faire des prélèvements de microbiote directement dans l’intestin.

La prise en charge du SIBO H2, H2S ou encore de l’IMO passe par la mise en place de protocoles pouvant allier des antibiotiques ou antimicrobiens naturels adaptés, un régime alimentaire adapté à la configuration ainsi que l’utilisation de prokinétiques (lorsque cela est nécessaire). Parallèlement, la prise en charge de la cause du problème est primordiale pour que le patient ne rechute pas.

Christian Boyer

Pour aller plus loin :

Cas pratiques et stratégies avancées pour les troubles digestifs fonctionnels

Références :

[1] Leite G, Rezaie A, Mathur R, Barlow GM, Rashid M, Hosseini A, Wang J, Parodi G, Villanueva-Millan MJ, Sanchez M, Morales W, Weitsman S, Pimentel M; REIMAGINE Study Group. Defining Small Intestinal Bacterial Overgrowth by Culture and High Throughput Sequencing. Clin Gastroenterol Hepatol. 2024 Feb;22(2):259-270. doi: 10.1016/j.cgh.2023.06.001. Epub 2023 Jun 12. PMID: 37315761.

[2] Poon D, Law GR, Major G, Andreyev HJN. A systematic review and meta-analysis on the prevalence of non-malignant, organic gastrointestinal disorders misdiagnosed as irritable bowel syndrome. Sci Rep. 2022 Feb 4;12(1):1949. doi: 10.1038/s41598-022-05933-1. PMID: 35121775; PMCID: PMC8817019.

[3] Bhagatwala, Jigar & Yu, Siegfried & Erdoğan, Aşkın & Leelasinjaroen, Pornchai & Sharma, Amol & Mack, Arie & Rao, Satish. (2016). 451 Altered Small Bowel Motility and Small Intestinal Bacterial Overgrowth: Time to Target the Culprit?. Gastroenterology. 150. S97. 10.1016/S0016-5085(16)30436-X.

[4] McCallum, R. W., Mendoza-Ladd, A., Zeng, M., Diaz-ArĂ©valo, D., Morales, E., Fagan, B. M., … & Sundin, O. H. (2017). Jejunal flora of patients with small intestinal bacterial overgrowth: dna sequencing provides no evidence for a migration of colonic microbes. Gastroenterology, 152(5), S629.

[5] Kim JH, Nam SJ, Park SC, Lee SH, Kim TS, Lee M, Park JM, Choi DH, Kang CD, Lee SJ, Ryu YJ, Lee K, Park SY. Association between interstitial cells of Cajal and anti-vinculin antibody in human stomach. Korean J Physiol Pharmacol. 2020 Mar;24(2):185-191. doi: 10.4196/kjpp.2020.24.2.185. Epub 2020 Feb 20. PMID: 32140042; PMCID: PMC7043993.

[6] Takakura W, Pimentel M. Small Intestinal Bacterial Overgrowth and Irritable Bowel Syndrome – An Update. Front Psychiatry. 2020 Jul 10;11:664. doi: 10.3389/fpsyt.2020.00664. PMID: 32754068; PMCID: PMC7366247.

[7] Mark Pimentel; Andrew G. Mayer; Sandy Park; Evelyn J. Chow; Aliya Hasan; Yuthana Kong (2003). Methane Production During Lactulose Breath Test Is Associated with Gastrointestinal Disease Presentation., 48(1), 86–92. doi:10.1023/a:1021738515885 

[8] Pimentel, Mark & Hosseini, Ava & Chang, Christine & Mathur, Ruchi & Rashid, Mohamad & Sedighi, Rashin & Fowler, Halley & Torosyan, John & Wang, Jiajing & Rezaie, Ali. (2021). EXHALED HYDROGEN SULFIDE IS INCREASED IN PATIENTS WITH DIARRHEA: RESULTS OF A NOVEL COLLECTION AND BREATH TESTING DEVICE. Gastroenterology. 160. S-278. 10.1016/S0016-5085(21)01391-

[9] Rezaie A, Buresi M, Lembo A, Lin H, McCallum R, Rao S, Schmulson M, Valdovinos M, Zakko S, Pimentel M. Hydrogen and Methane-Based Breath Testing in Gastrointestinal Disorders: The North American Consensus. Am J Gastroenterol. 2017 May;112(5):775-784. doi: 10.1038/ajg.2017.46. Epub 2017 Mar 21. PMID: 28323273; PMCID: PMC5418558.

[10] Losurdo G, Leandro G, Ierardi E, Perri F, Barone M, Principi M, Leo AD. Breath Tests for the Non-invasive Diagnosis of Small Intestinal Bacterial Overgrowth: A Systematic Review With Meta-analysis. J Neurogastroenterol Motil. 2020 Jan 30;26(1):16-28. doi: 10.5056/jnm19113. PMID: 31743632; PMCID: PMC6955189.

[11] Sundin, J., Aziz, I., Nordlander, S. et al. Evidence of altered mucosa-associated and fecal microbiota composition in patients with Irritable Bowel Syndrome. Sci Rep 10, 593 (2020). https://doi.org/10.1038/s41598-020-57468-y

[12] Noh CK, Lee KJ. Fecal Microbiota Alterations and Small Intestinal Bacterial Overgrowth in Functional Abdominal Bloating/Distention. J Neurogastroenterol Motil. 2020 Sep 30;26(4):539-549. doi: 10.5056/jnm20080. PMID: 32989189; PMCID: PMC7547202.

[13] Villanueva-Millan MJ, Leite G, Wang J, Morales W, Parodi G, Pimentel ML, Barlow GM, Mathur R, Rezaie A, Sanchez M, Ayyad S, Cohrs D, Chang C, Rashid M, Hosseini A, Fiorentino A, Weitsman S, Chuang B, Chang B, Pichetshote N, Pimentel M. Methanogens and Hydrogen Sulfide Producing Bacteria Guide Distinct Gut Microbe Profiles and Irritable Bowel Syndrome Subtypes. Am J Gastroenterol. 2022 Dec 1;117(12):2055-2066. doi: 10.14309/ajg.0000000000001997. Epub 2022 Sep 6. PMID: 36114762; PMCID: PMC9722381.

[14] Chedid V, Dhalla S, Clarke JO, Roland BC, Dunbar KB, Koh J, Justino E, Tomakin E, Mullin GE. Herbal therapy is equivalent to rifaximin for the treatment of small intestinal bacterial overgrowth. Glob Adv Health Med. 2014 May;3(3):16-24. doi: 10.7453/gahmj.2014.019. PMID: 24891990; PMCID: PMC4030608.

[15] Ojetti V, Petruzziello C, Migneco A, Gnarra M, Gasbarrini A, Franceschi F. Effect of Lactobacillus reuteri (DSM 17938) on methane production in patients affected by functional constipation: a retrospective study. Eur Rev Med Pharmacol Sci. 2017 Apr;21(7):1702-1708. PMID: 28429333.

Les IPP, mĂ©dicaments antiacides : Le point de vue de la santĂ© fonctionnelle – par GuĂ©naĂ«lle AbĂ©guilĂ©

À la rencontre de ce mal aimé : l’acidité gastrique

Notre estomac fabrique de l’acide chlorhydrique. Dit comme ça… Ça fait un peu peur ! Et pourtant, cette acidité gastrique est essentielle à notre pleine santé.

À quoi sert cette acidité gastrique ?

L’acidité gastrique à de multiples fonctions, parmi lesquelles :

  • La stĂ©rilisation du bol alimentaire.
  • L’activation de la pepsine, enzyme protĂ©olytique (qui digère les protĂ©ines).
  • L’activation de la lipase gastrique (enzyme qui digère les graisses), favorisant la vidange de l’estomac.
  • L’activation de la synthèse et de la sĂ©crĂ©tion de la bile, qui permet de digĂ©rer et d’absorber les graisses et molĂ©cules liposolubles (Vitamines A, D, E, K, CoQ10, polyphĂ©nols, carotĂ©noĂŻdes…).
  • L’activation de la synthèse et de la sĂ©crĂ©tion des sucs pancrĂ©atiques, qui digèrent l’ensemble des nutriments.
  • Le maintien d’un Ph intestinal modĂ©rĂ©ment acide, permettant une meilleure absorption des micronutriments et le maintien d’un microbiote optimal.
Que se passe-t-il en cas de manque d’acidité gastrique ?

L’hypochlorhydrie correspond à l’insuffisance de production d’acide chlorhydrique par l’estomac. Étant donné l’importance de l’acidité gastrique et ses multiples fonctions, en cas d’hypochlorhydrie, les conséquences seront multiples et variées. Je vous laisse les découvrir en schéma :

Schéma : « Hypochlorhydrie : conséquences »

Notons que les conséquences ici décrites vont à leur tour perturber de très nombreuses fonctions. Ainsi, les déficits micronutritionnels et les dysbioses induites par les IPP peuvent perturber toutes les fonctions de l’organisme : fonctions digestives, mais aussi fonction détox, fonctions immuno-inflammatoires, fonctions métaboliques, fonctions neuropsychiques et fonctions hormonales.

Comment savoir si je suis en hypochlorhydrie ?

La clinique est assez informative : ballonnements ressentis au niveau de l’estomac, pesanteur gastrique, éructations, parfois haleine putride peuvent nous mettre la puce à l’oreille.

Pour le vérifier, nous pouvons conseiller le test au bicarbonate de soude. Ce test n’est pas parfait, il est toutefois assez amusant et peut nous orienter.

Test au bicarbonate de soude :

Comment procéder ?

  • Ă€ jeun le matin, mettre 1 c.Ă .c de bicarbonate de soude dans un demi-verre d’eau.
  • Boire et lancer aussitĂ´t le chronomètre.
  • Un rĂ´t doit arriver. Plus il arrive tĂ´t, plus cela signe une bonne aciditĂ© gastrique.
  • Renouveler 3 fois, toujours Ă  jeun, et faire une moyenne des scores.

Interprétation :

  • RĂ´t immĂ©diat → hyperchlorhydrie (excès d’aciditĂ© gastrique)
  • RĂ´t entre 1 Ă  2 min → Normochlorhydrie (aciditĂ© gastrique optimale)
  • RĂ´t entre 2 et 5 minutes → Hypochlorhydrie (insuffisance d’aciditĂ© gastrique)
  • RĂ´t > 5 min ou inexistant → hypochlorhydrie sĂ©vère
Quelles sont les causes d’hypochlorhydrie ?

Face à toute hypochlorhydrie, il faudra s’interroger sur la cause : sommes-nous en présence d’une hypothyroïdie, de stress, d’un âge avancé ? Et bien sûr les inhibiteurs de la pompe à proton, les IPP, ces fameux médicaments contre l’acidité gastrique !

Que faire en cas d’hypochlorhydrie ?

La réponse est : prendre en charge la cause !

Plus difficile lorsque celle-ci est l’âge…

Quoi qu’il en soit, en attendant que la cause soit prise en charge, ou s’il est impossible de la prendre en charge, on peut recommander la prise d’acide chlorhydrique bétaïne en complément alimentaire. Vous en trouverez en gélule dans les laboratoires spécialisés en micronutrition ! Il en existe seul ou accompagné d’enzymes digestives. Nous recommanderons une prise en début de repas. La fréquence de prise est à adapter en fonction du ressenti du patient. Ce type de complément peut s’avérer très efficace, mais ne doit pas être suffisant en soi : n’oublions pas de prendre ne charge la cause !

L’acide chlorhydrique bétaïne sera contre-indiqué en cas d’ulcère, d’œsophagite ou en cours de sevrage d’IPP.

Les IPP : ces médicaments antiacides, mais pas que…

Les IPP, inhibiteurs de la pompe à proton, sont les médicaments « anti-acide», prescrits dans le but de réduire la production d’acide gastrique.

Pourquoi vouloir la réduire alors qu’elle est essentielle à notre pleine santé ?

De la même façon que l’on prend souvent une pilule contraceptive à cause de la non-considération de l’ovulation Power, on prend un IPP à cause de la mauvaise considération de l’acidité gastrique !  L’acidité gastrique est victime d’un délit de sale gueule.

  • J’ai du reflux! → C’est parce que vous avez trop d’aciditĂ© gastrique !
  • J’ai la gorge qui gratte le matin ! → C’est parce que vous avez trop d’aciditĂ© gastrique !
  • J’ai l’estomac lourd après mangé ! → C’est parce que vous avez trop d’aciditĂ© gastrique !
  • J’ai mal au ventre quand je suis stressé ! → C’est parce que vous avez trop d’aciditĂ© gastrique !
  • Je rote tout le temps ! → C’est parce que vous avez trop d’aciditĂ© gastrique !

Et j’en passe ! Tout prétexte est bon pour mettre en cause l’excès d’acidité gastrique. Ainsi présenté, la solution est toute trouvée → Prenez des IPP !

Précisons que les plaintes évoquées ci-dessus correspondent la plupart du temps à des troubles fonctionnels et non médicaux, ainsi, la prise en charge adaptée devrait être fonctionnelle et non médicamenteuse !

Présenté alors comme LA solution, prescrits à outrance, les IPP font des ravages !

Quelles sont les conséquences de la prise d’IPP ?

Parmi les conséquences de ces médicaments, citons : l’altération de la digestion dans sa globalité, dysbiose de putréfaction et ses conséquences, SIBO, déficit en zinc, en fer, en cuivre, en manganèse, en vitamine B12, mais aussi en magnésium.

Comme nous pouvons le lire dans le Vidal®, les carences profondes en magnésium induites par les IPP, peuvent, dès 3 mois de traitement entraîner des troubles plus ou moins graves comme de la fatigue, de la tétanie, des bouffées délirantes, des convulsions, des sensations vertigineuses, de l’arythmie ventriculaire.

Avez-vous reçu ces informations lorsque l’on vous a prescrit ou renouvelé votre traitement ? Vous a-t-on conseillé de prendre du magnésium pour compenser cet effet anti-nutritionnel ?

Et ce n’est pas tout !

Ces médicaments augmentent de 20 à 50% le risque de développer une insuffisance rénale chronique. (1)

Les fonctions cognitives ne sont pas en reste, puisqu’une vaste étude de cohorte effectuée en 2022 a conclu, après ajustement des facteurs de confusion, que les IPP augmentent significativement le risque de démence ! (2)

Probablement à cause des dysbioses et carences induites par les IPP, des études ont mis en évidence un risque majoré de déclarer un Covid 19, et ce, dès aout 2020 (3) !

Comme la plupart des médicaments, ils ont pourtant bien leur place. Leur prescription devrait se limiter à ces seules indications : ulcère gastro-duodénal, œsophagite (de grade C ou D selon la classification de Los Angeles) et œsophage de Barett. La coprescription, souvent systématique avec les AINS n’a pas lieu d’être. Elle peut avoir un intérêt uniquement pour les personnes à risques de complications gastro-duodénales (4). Même dans ces cas, le renouvellement de la prescription ne doit pas être systématique. Le traitement doit être réévalué régulièrement. Sortis de ces critères, ils n’ont pas d’utilité ! Malheureusement, ces indications légitimes ne représenteraient que 5% à 10% des prescriptions. En d’autres termes : 90 à 95% des patients sous IPP devraient être sevrés !

Quid de l’impact des IPP sur l’équilibre hormonal ?
  • En entrainant des dysbioses de putrĂ©faction, l’IPP favorise le passage de fraction bactĂ©rienne, que nous appelons LPS (pour lipopolysaccharides) dans l’organisme. Ces molĂ©cules franchissent la barrière intestinale et peuvent venir se fixer sur des rĂ©cepteurs hormonaux. Ainsi, ils peuvent ĂŞtre responsables de rĂ©sistance aux hormones. L’hormone ne peut plus se fixer sur son rĂ©cepteur, la place est dĂ©jĂ  occupĂ©e.
  • Ces mĂŞmes molĂ©cules, les LPS, induisent de l’inflammation. Ce terrain inflammatoire modifie considĂ©rablement l’imprĂ©gnation hormonale. Ainsi, l’inflammation augmente notre sensibilitĂ© aux Ĺ“strogènes, tandis qu’elle nous rend rĂ©sistants Ă  la progestĂ©rone. Ceci peut expliquer une clinique Ă©voquant un dĂ©sĂ©quilibre oestro-progestĂ©ronique malgrĂ© un statut hormonal optimal. L’inflammation modifie Ă©galement notre sensibilitĂ© aux androgènes et aux hormones thyroĂŻdiennes.
  • La dysbiose impacte Ă©galement l’élimination des Ĺ“strogènes, ce qui contribue Ă  l’hyperĹ“strogĂ©nie.
  • Enfin, du fait des carences induites par les IPP, les micronutriments indispensables Ă  la synthèse, Ă  la conversion, Ă  l’activation des rĂ©cepteurs et/ou Ă  la dĂ©toxication des diffĂ©rentes hormones peuvent manquer. S’ensuivent des perturbations profondes de l’imprĂ©gnation hormonale.
  • La carence de magnĂ©sium peut, quant Ă  elle, induire du stress, qui Ă  son tour impactera l’équilibre hormonal dans son ensemble.
Comment aider au sevrage des IPP ?

Le sevrage des IPP est souvent appréhendé par nos patients. En effet, la plupart souffrent dès qu’ils oublient un comprimé pendant une journée.

  • « Cela est bien la preuve que j’en ai besoin ! »

Non, pas du tout ! Pendant que l’on prend un IPP, notre synthèse d’acide chlorhydrique est bloquée. Essayant toujours de rétablir l’équilibre, notre organisme va tout faire pour relancer la machine. Une hormone va alors augmenter : la gastrine. Dans les conditions physiologiques, cette dernière a pour but d’augmenter la synthèse d’acide chlorhydrique. En présence d’IPP, rien ne se passe comme prévu. La gastrine est au plafond, mais les cellules à l’origine de la production d’acide gastrique ne sont pas en mesure de répondre.

En revanche à l’arrêt de l’IPP, la production d’acide chlorhydrique est de nouveau possible. Possible, et même très intense, puisque la gastrine, qui est au plafond stimule cette production. Il y a donc une hyperchlorhydrie (excès d’acide chlorhydrique) réactionnelle à l’arrêt de l’IPP. Désagréable, voire insupportable pour le patient, ce phénomène est responsable des nombreux échecs de sevrage.

Ainsi, il faudra en tenir compte dans nos recommandations.

Sevrage des IPP, mes conseils :

  • Il faudra ĂŞtre PROGRESSIF+++. Aussi progressif que le patient en a besoin. C’est lui et lui seul qui guidera la vitesse de son sevrage, en fonction de ses dĂ©sagrĂ©ments. Certains y parviendront très rapidement, d’autres auront besoin de plusieurs mois.
  • En amont du sevrage : se complĂ©menter en magnĂ©sium pendant 1 mois minimum. Poursuivre la complĂ©mentation pendant toute la durĂ©e du sevrage. Dosage Ă  Ă©valuer avec votre praticien de santĂ© fonctionnelle.
  • Bien mastiquer++++
  • Pratiquer de la cohĂ©rence cardiaque 5 min avant le repas : cela stimule le nerf vague qui aide Ă  la digestion
  • Aidez-vous avec la ou les plantes les plus adaptĂ©es Ă  votre terrain. La sĂ©lection des plantes, leur posologie et leur forme sont Ă  Ă©valuer avec votre praticien formĂ© en santĂ© fonctionnelle. Il vĂ©rifiera Ă©galement l’absence de contre-indications en fonction de votre terrain et de vos antĂ©cĂ©dents. Je les cite ici Ă  but informatif uniquement.
    • En cas de digestion lente, difficile, pesanteur gastrique après le repas : gingembre
    • En cas de brĂ»lure gastrique : rĂ©glisse, aloe vera, fleurs de mauves, racine de guimauve…
    • En cas de troubles gastriques accentuĂ©s par le stress : mĂ©lisse, gentiane…

Guénaëlle AbéguiléFormatrice en Santé Fonctionnelle, spécialisée en Hormonologie

(1)   Lazarus B, Chen Y, Wilson FP, Sang Y, Chang AR, Coresh J, Grams ME. Proton Pump Inhibitor Use and the Risk of Chronic Kidney Disease. JAMA Intern Med. 2016 Feb;176(2):238-46. doi: 10.1001/jamainternmed.2015.7193. PMID: 26752337; PMCID: PMC4772730.

(2) Zhang P, Li Z, Chen P, Zhang A, Zeng Y, Zhang X, Huang Q, Liu D, Qi S, Mao C. Regular proton pump inhibitor use and incident dementia: population-based cohort study. BMC Med. 2022 Sep 1;20(1):271. doi: 10.1186/s12916-022-02478-y. PMID: 36045363; PMCID: PMC9434890.

(3) Almario CV, Chey WD, Spiegel BMR. Increased Risk of COVID-19 Among Users of Proton Pump Inhibitors. Am J Gastroenterol. 2020 Oct;115(10):1707-1715. doi: 10.14309/ajg.0000000000000798. PMID: 32852340; PMCID: PMC7473791.

(4) Bon usage des inhibiteurs de la pompe à proton (IPP) ; haute autorité de santé ; recommander les bonnes pratiques. 2022 Sep

Pour aller plus loin

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La démarche fonctionnelle appliquée à la prise en charge des troubles du microbiote : SIBO, IMO et SIFO

Porosité intestinale : késako et cause, mise en évidence biologique et prise en charge par Bruno Mairet

Quand la muqueuse intestinale souffre de perméabilité…

La recherche nous amène tous les jours à en devenir toujours plus conscients :  le microbiote intestinal a une influence sur des organes précis (axe intestin-cerveau, axe intestin-poumon, … ) mais en réalité son déséquilibre peut avoir un impact sur le corps entier. En effet, toutes les dysbioses, ou désordres intestinaux, peuvent provoquer ce que l’on appelle une « perméabilité intestinale ». Lorsque l’écosystème intestinal est « en bonne santé », la muqueuse de nos intestins est imperméable aux bactéries et aux fragments alimentaires non digérés. Seuls les nutriments digérés peuvent passer cette barrière (schéma ci-dessous). En cas de dysbiose, la muqueuse intestinale peut devenir poreuse  : elle présente de véritables trous, qui laissent passer des éléments étrangers dans notre corps.

Cette fuite intestinale (les Anglo-Saxons parlent de leaky gut, ou « intestin qui fuit ») est à l’origine d’une inflammation, car notre système immunitaire réagit alors contre  les antigènes bactériens et contre les fragments d’aliments non digérés qui traversent notre intestin, devenu une passoire ! Des molécules de l’inflammation vont alors diffuser dans tout notre corps et avoir des impacts multiples. Les désordres intestinaux permanents peuvent ainsi conduire à une inflammation chronique de tout notre organisme.

Les conséquences de la perméabilité intestinale

Nous savons depuis quelques années déjà que cet état inflammatoire a des conséquences majeures sur notre santé  : surpoids, obésité, maladies cardio-vasculaires, auto-immunité, cancers, dépressions, maladies dégénératives… Cette inflammation chronique semble aussi avoir des conséquences sur les risques de complications inflammatoires dans les cas de maladie infectieuse, comme la Covid-19. Nous savons d’instinct que tout feu peut s’embraser plus vite sur des braises. Il en est de même pour les feux inflammatoires de notre corps. Si vous avez en permanence un petit feu dans votre sang, alors un gros départ de feu lié à un virus mal contrôlé (comme le SARS-CoV-2) peut conduire à un incendie mortel ! C’est une des raisons pour lesquelles les personnes en surpoids ou obèses risquent plus de faire une forme grave de Covid  : ils sont toujours en état inflammatoire chronique (lié en partie à leur intestin, mais également à leurs tissus gras, qui génèrent aussi de l’inflammation). Ainsi, plus qu’on ne l’avait jamais imaginé, prendre soin de son intestin est vraiment vital et doit devenir une stratégie de prévention anti-infectieuse.

Identifier les causes de la porosité intestinale

Vous le savez, les dysbioses s’accompagnent souvent d’un intestin hyperperméable, mais elles ne sont pas la seule cause de cette affection. Beaucoup de maux imputables à la consommation de gluten (la protéine du blé et d’autres céréales, comme l’avoine, l’orge, le seigle ou l’épeautre) sont liés à cette porosité intestinale. En effet, par une action directe sur notre muqueuse intestinale, le gluten peut amener notre intestin à devenir une véritable passoire. Il n’est pas le seul à avoir ce pouvoir nocif ! La liste est longue  : de l’hypersensibilité alimentaire à des médicaments bien connus en passant par le stress et à la pratique intensive du sport…

  • Les « allergies » alimentaires : il n’est pas question ici des allergies alimentaires vraies (allergies induisant la production d’une catĂ©gorie d’anticorps appelĂ©s IgE), celles qui donnent des symptĂ´mes aigus et violents avec de petites quantitĂ©s d’aliments (crustacĂ©s, arachide, soja…), mais des « allergies alimentaires » Ă  IgG, qui provoquent une inflammation chronique de l’intestin (pour Ă©viter la confusion avec les allergies vraies, on parle, pour ĂŞtre prĂ©cis, d’hypersensibilitĂ© alimentaire ou d’allergie alimentaire de type III). Ces hypersensibilitĂ©s peuvent ĂŞtre la cause et la consĂ©quence d’une porositĂ© intestinale. Outre le gluten, on retrouve souvent des hypersensibilitĂ©s Ă  la casĂ©ine (protĂ©ine du lait), Ă  l’ovalbumine ou Ă  d’autres protĂ©ines de l’œuf (très frĂ©quent), ou encore aux olĂ©agineux. En rĂ©alitĂ©, tous les aliments peuvent potentiellement conduire Ă  une hypersensibilitĂ©. Il existe des tests pour les rechercher. Une fois qu’ils sont identifiĂ©s, on procède Ă  une Ă©viction du ou des aliments incriminĂ©s pendant une pĂ©riode plus ou moins longue, pour permettre de calmer l’inflammation et de rĂ©parer la muqueuse.
  • Les antibiotiques sont encore trop souvent automatiques ! Ce sont de vĂ©ritables bombes pour notre microbiote et notre Ă©cosystème intestinal. Certes, grâce Ă  leur usage, on tue des bactĂ©ries pathogènes, mais les dĂ©gâts collatĂ©raux sont parfois considĂ©rables. Les traitements antibiotiques rĂ©currents chez les enfants ou chez les personnes âgĂ©es fragiles sont une catastrophe pour le microbiote et la muqueuse intestinale. On devrait toujours s’occuper de sa muqueuse intestinale après une antibiothĂ©rapie.
  • Les antiacides (IPP) sont prescrits en cas de reflux gastro-Ĺ“sophagien, mais les usages abusifs et trop prolongĂ©s sont frĂ©quents. En diminuant l’aciditĂ© de l’estomac, ils rĂ©duisent celle de l’intestin grĂŞle, or le climat lĂ©gèrement acide de ce dernier empĂŞche certaines bactĂ©ries d’y prolifĂ©rer. Les IPP peuvent ainsi ĂŞtre responsables du dĂ©veloppement d’un SIBO, qui est, rappelons-le, une dysbiose de prolifĂ©ration de bactĂ©ries dans le grĂŞle. Il a Ă©tĂ© montrĂ© Ă©galement que la prise d’IPP augmente le risque d’infection Ă  la Covid-19. Les anti-inflammatoires non stĂ©roĂŻdiens altèrent la production du mucus intestinal, Ă©lĂ©ment protecteur de la muqueuse. Il est Ă  noter que ces produits, comme leur nom l’indique, vont certes calmer les Ă©tats inflammatoires dans notre corps, mais ils vont d’un autre cĂ´tĂ©, par le biais de la porositĂ© intestinale qu’ils induisent, provoquer un Ă©tat d’inflammation chronique, et donc augmenter les problèmes initiaux. Il faut donc essayer de faire appel Ă  d’autres stratĂ©gies anti-inflammatoires.
  • Les chimiothĂ©rapies : les dĂ©sordres intestinaux importants font partie des effets secondaires frĂ©quents des chimiothĂ©rapies. On devrait toujours s’occuper de la muqueuse intestinale après une chimiothĂ©rapie. En effet, celle-ci a pour objet de freiner le dĂ©veloppement des cellules Ă  division rapide, dont font partie les cellules cancĂ©reuses. Les cellules de la muqueuse intestinale Ă©tant aussi des cellules Ă  division rapide (50 milliards de cellules intestinales sont produites par jour pour rĂ©gĂ©nĂ©rer la muqueuse), la chimiothĂ©rapie les affecte considĂ©rablement. C’est la raison pour laquelle les principaux effets secondaires des chimiothĂ©rapies touchent l’intestin.
  • Beaucoup d’autres mĂ©dicaments ont des effets nĂ©fastes sur le microbiote. On comprendra, en voyant cette liste (notamment antibiotiques, antiacides, anti-inflammatoires), pourquoi nos seniors ont tant de dĂ©sordres au niveau de leur Ă©cosystème intestinal et prĂ©sentent tant de risques de porositĂ© inflammatoire. Le vieillissement en lui-mĂŞme fragilise d’ailleurs la muqueuse intestinale. C’est une des explications, parmi bien d’autres, de la vulnĂ©rabilitĂ© de nos seniors face Ă  la Covid-19.
  • Les pesticides : on sait que ce sont des produits mutagènes, des perturbateurs endocriniens, mais on sait moins combien ils perturbent nos intestins de manière insidieuse. Une raison de plus de se tourner vers les produits d’origine biologique certifiĂ©s sans pesticides. Les additifs alimentaires  : le dioxyde de titane (ou E171) par exemple, que l’on trouve dans de nombreux produits alimentaires, provoque une inflammation intestinale Ă  l’origine de la porositĂ©. La solution est simple, il faut manger des aliments primaires, non transformĂ©s.
  • L’alcool : la porositĂ© intestinale induite par une consommation chronique et excessive d’alcool est sans doute une des raisons des dĂ©sordres hĂ©patiques. Les fonctions du foie sont perturbĂ©es dès que l’on a un peu d’inflammation dans notre corps (l’activitĂ© de dĂ©tox naturelle, entre autres, est ralentie).
  • Le stress : il provoque Ă©galement une fragilitĂ© de notre muqueuse intestinale (notamment de la muqueuse gastrique). Les solutions sont nombreuses pour y remĂ©dier (cohĂ©rence cardiaque, mĂ©ditation, stimulation nerf vague …)
  • Le jeĂ»ne prolongé  : eh oui, prudence avec les jeĂ»nes prolongĂ©s (plus de 7 jours) car, par diffĂ©rents mĂ©canismes, ils peuvent conduire Ă  une fragilitĂ© de l’intestin… Mais ce n’est pas le cas des jeĂ»nes brefs (de un Ă  trois jours), oĂą les intestins sont mis au repos.
  • Le sport intensif : il gĂ©nère lui aussi une hyperpermĂ©abilitĂ© intestinale. Pour quelle raison ? Pendant l’effort intensif, le flux sanguin va ĂŞtre majoritairement dirigĂ© vers les muscles, le cĹ“ur, les poumons. L’intestin, non essentiel Ă  la rĂ©ussite de l’effort sportif, va ĂŞtre hypoperfusĂ© en sang (le flux sanguin diminue au niveau de l’intestin). Lors d’un marathon, par exemple, l’intestin ne va recevoir que 10 % de la quantitĂ© de sang qu’il reçoit habituellement ! Cette hypoperfusion va induire un manque d’oxygène au niveau de l’intestin (une ischĂ©mie), qui va alors fragiliser la muqueuse en crĂ©ant un stress oxydatif. Lorsque l’effort cesse, le sang revient brusquement dans l’intestin (reperfusion). Ce flot de sang peut lui aussi fragiliser la muqueuse. Ces deux processus, ischĂ©mie et reperfusion, peuvent conduire Ă  un intestin poreux. Le sportif doit donc prendre grand soin de ses intestins.

Mise en évidence : Comment savoir si mon intestin est poreux ?

  • La clinique

Si vous avez en permanence des troubles intestinaux (ballonnement, diarrhée, constipation, douleurs…), la probabilité que vous ayez un intestin poreux est grande. Et c’est la même chose si vous prenez régulièrement certains des médicaments évoqués ou si vous présentez des facteurs de risque (stress, repas rapide, sport intensif, alcool…). Il y a aussi des symptômes extradigestifs qui sont évocateurs : fatigue, maux de tête (pour les femmes, en particulier avant les règles), eczéma, douleurs articulaires, brouillard mental. Pour lever le doute sur la présence d’une porosité intestinale, et donc un surrisque inflammatoire, vous pouvez demander à un professionnel de santé formé en santé fonctionnelle un dosage de marqueurs de porosité. Il en existe deux principaux.

  • Les marques de porositĂ©
    • Le dosage de la zonuline (qu’on rechercha plutĂ´t dans les selles) permet de mettre en Ă©vidence une porositĂ© de la muqueuse de l’intestin grĂŞle. On fera plutĂ´t ce test en cas de suspicion de SIBO, de candidose, de prise d’antiacides (IPP), de stress, d’allergies alimentaires ou d’intolĂ©rance au lactose…
    • Le dosage des LBP (lipopolysaccharides binding protein) dans le sang permet de rechercher une porositĂ© de la muqueuse du cĂ´lon. On fera plutĂ´t ce test en cas d’absence de mastication, de prise chronique d’antibiotiques, de sport intensif, de dysbiose de fermentation ou de putrĂ©faction suspectĂ©e, de prise d’alimentation industrielle, d’inflammation chronique.
  • Autres biologies nutritionnelles

Zonuline et LBP sont des marqueurs spécifiques pour rechercher une porosité intestinale, mais en réalité de nombreuses biologies nutritionnelles peuvent nous donner une idée sur une fragilité de la barrière : le zinc, la vitamine D, la vitamine B12, la vitamine A, la CRPus.

Ci-dessous biologie d’un patient avec une forte suspicion de fragilité de barrière : B12, zinc et vitamine D effondrée… (et CRPus élevée mais à ce taux-là se cache une autre cause !!)

Comment soigner un intestin poreux et inflammatoire ?

En premier lieu, on doit déjà considérer la cause du problème, en éliminant ou en modérant les facteurs déclenchants évoqués dans la liste ci-dessus. Nous ferons également appel à certaines substances qui vont avoir un rôle cicatrisant sur la muqueuse intestinale. Il y a des trous dans la muqueuse intestinale, il faut les réparer, les aider à cicatriser, de la même manière qu’on aide à cicatriser une blessure cutanée. Parmi ces compléments, certains nous sont déjà connus pour leur action sur l’immunité. Ils permettront de faire d’une pierre deux coups… La glutamine est un carburant essentiel pour toutes les cellules qui ont un taux de multiplication rapide, or la muqueuse intestinale de l’intestin grêle se régénère toutes les 36 heures. Si elle est trop exposée à des agressions, elle n’arrive pas à se réparer. La glutamine est le premier cicatrisant intestinal à privilégier. On le prendra à la dose de 3 g par jour, le temps de la disparition des symptômes. Les cellules de la muqueuse du côlon, elles, ont besoin d’un acide gras spécifique comme carburant, le butyrate. Lorsqu’il y a une perméabilité du côlon, qui est à l’origine d’une inflammation, on pourra apporter du butyrate sous forme de complément alimentaire, à raison de 500 mg par jour jusqu’à la disparition des symptômes. Le zinc est un micronutriment que l’on connaît bien. Pour se multiplier rapidement, les cellules intestinales sont dépendantes d’un bon taux de zinc. Si le vôtre est bas, c’est un facteur de risque supplémentaire pour la fragilisation de votre muqueuse intestinale. Voilà une raison supplémentaire pour demander à un professionnel de santé formé à la micronutrition de le doser par des analyses

Les vitamines A et D sont aussi essentielles à la muqueuse intestinale. Enfin, on pourra associer des plantes ou des épices qui ont une action antivirale et anti-inflammatoire, comme le boswellia (de 300 à 400 mg par jour) ou le curcuma (200 mg par jour), ou encore la quercétine (500 mg par jour), le temps de la disparition des symptômes.

Ce texte est un extrait du livre de Bruno Mairet « DĂ©fendez-vous – Contre les infections, taillez-vous une immunitĂ© sur mesure »

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Au sujet du gluten, y a de quoi s’engluer ! Par Bruno Mairet

En nutrition, le gluten est sans doute aujourd’hui l’ennemi publics N° 1.  Or, nous allons montrer qu’il y a parfois association de malfaiteurs (!) et que l’accusation suivie de l’exclusion systĂ©matique du gluten peut ĂŞtre une solution un peu (trop) facile. Mais avant d’aller plus loin, prĂ©cisons certaines choses. D’un point de vue biochimique, il faut dĂ©jĂ  prĂ©ciser que ce que l’on appelle communĂ©ment le gluten, n’est pas une unique substance, mais un ensemble de molĂ©cules : il s’agit prĂ©cisĂ©ment de deux familles de protĂ©ines. Il faut savoir que plusieurs dizaines de rĂ©sidus protĂ©iques ont Ă©tĂ© identifiĂ©s comme toxiques ! Cette prĂ©cision pour dire d’emblĂ©e que le sujet du jour (le gluten) est plus complexe qu’il n’y parait. ComplexitĂ© qui apparaĂ®t aussi dans les 3 types de problèmes de santĂ© que peut gĂ©nĂ©rer le gluten. Il est important de les distinguer. On peut ĂŞtre allergique aux protĂ©ines du gluten (avec asthme, rhinite, eczĂ©ma, vomissement…) comme on peut ĂŞtre allergique aux protĂ©ines de lait . On peut dĂ©velopper avec le gluten, la maladie auto-immune appelĂ©e maladie cĹ“liaque. Et on peut ĂŞtre hypersensible au gluten.  C’est de ce dernier problème, dit hypersensibilitĂ© non cĹ“liaque au gluten, dont nous allons parler dans cet article.

Gluten free : j’y vais ou j’y vais pas ?

La description de l’hypersensibilitĂ© au gluten date de 1978, mais c’est seulement Ă  partir de 2010 que l’intĂ©rĂŞt d’un nombre important de scientifiques pour cette maladie se manifeste dĂ©finissant les annĂ©es suivantes ses caractĂ©ristiques (1). Vous avez des douleurs abdominales, des ballonnements, des diarrhĂ©es/constipations, des prurits, de la fatigue chronique, des douleurs musculaires et articulaires, et des migraines. Vous avez lu ou on vous a dit qu’il s’agissait peut ĂŞtre d’une sĂ©rie de problèmes liĂ©s au gluten… et vous avez aussi lu ou entendu qu’en supprimant le gluten de votre alimentation vous alliez retrouver la santĂ© ! La proposition est tentante, mais vous ĂŞtes encore prudent parce que vous avez le sentiment aussi que le gluten-free est une vaste mode et/ou un problème de santĂ©… de riche. Bref, vous hĂ©sitez Ă  franchir le pas vers un rĂ©gime contraignant pour vous et votre famille (et coĂ»teux), sans avoir la certitude que c’est bien le gluten la clef de votre problème.  Est-ce rĂ©ellement la  bonne chose Ă  faire ? On (encore lui !!) vous a dit qu’il existait un test pour savoir si l’on Ă©tait hypersensible au gluten. C’est un test de recherche des IgG anti gluten, comme il y a des tests pour la recherche d’IgG anti casĂ©ine (protĂ©ine de lait), IgG anti ovalbumine (protĂ©ine de l’œuf)… etc… Il existe des centaines de recherches d’IgG anti protĂ©ines alimentaires… Ce test vous parait la solution pour que vous soyez confirmĂ© (ou pas) dans votre gluten-free transition !  Mais vous avez dorĂ©navant une nouvelle question.

Le test IgG anti gluten est-il fiable ?

On retrouve les IgG anti gliadine (une des protĂ©ines du gluten) dans 56% des cas de personnes hypersensible au gluten, soit environ 1 cas sur 2. Autant dire que c’est un test peu fiable. Vous pouvez avoir des faux nĂ©gatifs, c’est Ă  dire que vous pouvez avoir une hypersensibilitĂ© au gluten (non cĹ“liaque) sans avoir de rĂ©ponses positives aux IgG anti gliadine. Il existe aussi des faux positifs : vous pouvez retrouver les IgG anti gluten Ă©levĂ©es sans avoir de troubles fonctionnels (2). Peut-on conclure pour autant qu’il ne sert Ă  rien de faire ce test ?! Je ne serai pas si radical. Je dirai plutĂ´t que ce test doit ĂŞtre entrepris dans un cadre plus vaste d’exploration du microbiote et de la muqueuse intestinale.

Hypersensibilité au gluten et leaky gut

Savez-vous que dans des conditions de santĂ©, la muqueuse de notre intestin doit ĂŞtre semi-permĂ©able, c’est-Ă -dire permĂ©able très essentiellement Ă  des petites molĂ©cules alimentaires (acides aminĂ©s, glucose, acides gras, vitamines…), mais impermĂ©able Ă  des moyennes ou grosses molĂ©cules (protĂ©ines ou polypeptides notamment) et Ă  des micro organismes comme des bactĂ©ries. Notre muqueuse intestinale a donc une double fonction. La plus connue c’est sa fonction d’absorption des nutriments. Moins connue, mais non moins fondamentale, la muqueuse possède aussi une fonction de barrière. Elle s’oppose Ă  la pĂ©nĂ©tration des Ă©lĂ©ments protĂ©iques non digĂ©rĂ©s qui sont dangereux pour notre corps car antigĂ©niques. Lorsqu’une protĂ©ine de lait de vache traverse la barrière intestinale, notre corps pense qu’il est envahi par les vaches !!  Image caricaturale mais cependant bien rĂ©elle car le corps va traiter cette protĂ©ine de vache comme un Ă©lĂ©ment Ă©tranger et dĂ©clencher la guerre : l’inflammation ! Ainsi, si cette fonction de barrière est altĂ©rĂ©e de nombreux antigènes passent dans notre corps et une inflammation se dĂ©clenche. C’est ce qui se passe dans le cas de l’hypersensibilitĂ© au gluten. Il a Ă©tĂ© en effet montrĂ© que la gliadine (une des protĂ©ines du gluten) provoque une altĂ©ration de la fonction de barrière chez les gens hypersensibles au gluten (3). On appelle cela un leaky gut : un intestin poreux, ou intestin hyper permĂ©able. Ce concept de leaky gut est très important pour comprendre de nombreuses souffrances  intestinales et aussi de nombreux problèmes chroniques. Le gluten donc altère la barrière intestinale. Mais c’est un cercle vicieux car l’altĂ©ration de la barrière intestinale augmente le passage des protĂ©ines du gluten Ă  travers la muqueuse. Qui est la poule, qui est l’œuf ? Est-ce le gluten qui provoque le leaky gut ? Ou le leaky gut qui provoque le passage du gluten et donc l’hypersensibilitĂ© ? Il est fort probable que les deux mĂ©canismes s’auto-alimentent.

Cette conclusion a des consĂ©quences importantes. Si on se contente de supprimer le gluten mais qu’il existe un leaky gut ayant une autre cause que le gluten (ou ayant plusieurs causes dont le gluten !), que va t-il se passer ? Certes, il est fort probable que les problèmes intestinaux s’estompent grandement. Mais il est aussi probable que le leagy gut perdure. Or, un leaky gut est une source d’inflammation chronique bien problĂ©matique : hyperinsulinisme, surpoids, risques cardiovasculaires, problèmes neurologiques, articulaires… Bref, on peut en supprimant le gluten se dĂ©barrasser de nombreux symptĂ´mes mais laisser perdurer un Ă©tat de leaky gut nĂ©faste pour la santĂ© sur bien des aspects. C’est ainsi que le gluten devient l’arbre qui cache la forĂŞt. On s’occupe du gluten, on ne voit que lui, mais on oublie le reste qui est sans doute tout aussi important et notamment ce fameux leaky gut.

Soigner le leaky gut

Pour en revenir Ă  notre test IgG anti gluten. Il est intĂ©ressant dans la mesure oĂą on l’associe Ă  une Ă©valuation de l’ensemble du microbiote et de la barrière intestinale. Parmi les principaux tests citons:

  • Test de l’Ă©valuation de l’activitĂ© mĂ©tabolique du microbiote : DMI (Dysbiose Mycose Intestinale) ou MOU (MĂ©tabolite Organique Urinaire) suivant le laboratoire.  Ce test permet en premier lieu d’objectiver la prĂ©sence d’une dysbiose. Si cette dernière est prĂ©sente, il permet de qualifier la dite dysbiose. Est-on en prĂ©sence d’une prolifĂ©ration fongique (candidose prĂ©cisĂ©ment) ? Ou s’agit-il plutĂ´t d’une dysbiose de fermentation ? D’une dysbiose de putrĂ©faction ? Cette qualification orientera grandement la prise en charge.
  • Test de la Zonuline,  une protĂ©ine synthĂ©tisĂ©e par les cellules de la muqueuse ( et par l’hĂ©patocyte Ă©galement). Cette protĂ©ine rĂ©gule la fonction de barrière intestinale. Une augmentation de la Zonuline est liĂ©e Ă  une perte de cette fonction, Ă  des « fuites » d’antigènes alimentaires et de pathogènes, associĂ©es Ă  des risques accrues de maladies inflammatoires chroniques.
  • Test de la LBP.  Sans doute, un des marqueurs les plus spĂ©cifiques. Un intestin poreux conduit Ă  un passage de bactĂ©ries dites gram nĂ©gatif dans la circulation sanguine. Cette catĂ©gorie de bactĂ©ries prĂ©sente Ă  sa surface une molĂ©cule complexe (un lipopolysaccharide), le LPS. Pour neutraliser ce type de pathogènes le foie produit une protĂ©ine  inflammatoire, appelĂ© LBP, dirigĂ©e contre le LPS. Ce qui est important pour nous en micronutrition c’est que cette protĂ©ine inflammatoire est un très bon marqueur rĂ©vĂ©lant la prĂ©sence de passage de bactĂ©ries intestinales dans le sang … et donc mettant en Ă©vidence la permĂ©abilitĂ© intestinale.

Ainsi vous l’avez compris, en micronutrition on va chercher Ă  obtenir une image prĂ©cise de la fonction barrière pour pouvoir la soigner dans son ensemble. Au lieux d’une exclusion totale du gluten (qui pourra cependant peut-ĂŞtre s’imposer parfois !) on pourra proposer plusieurs choses dans une dĂ©marche globale de rééducation en micronutrition. Savez-vous dĂ©jĂ  que manger stressĂ© et ne pas mastiquer est une source importante d’inflammation et donc de leaky gut ? Il est donc bien possible qu’en mastiquant mieux  et en diminuant les quantitĂ©s de gluten on puisse Ă©viter une exclusion totale ! Tout simplement. Mais aussi on peut proposer une restauration de la barrière intestinale: il existe des nutriments spĂ©cifiques pour cela. Enfin une pourra corriger une Ă©ventuelle dysbiose grâce Ă  une alimentation adaptĂ©e. Bref, il faut s’occuper de la forĂŞt et pas uniquement de l’arbre gluten qui est devant !  Ceci est une vraie dĂ©marche de santĂ© intĂ©grative.

Bruno Mairet, Consultant et formateur en Santé Fonctionnelle et cofondateur de DFM Formations. Il est l’auteur des livres “Défendez-vous !” et “Maitrisez votre protocole santé avec les analyses nutritionnelles et fonctionnelles”.

Le cursus Duo Pratik

DFM formations c’est tout d’abord son cursus de formation en micronutrition : le cursus « Duo Pratik » par Guénaëlle Abéguilé et Bruno Mairet. Il est la véritable colonne vertébrale de notre organisme de formation.

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Candida Albicans : basta ! Par GuĂ©naĂ«lle AbĂ©guilĂ© – Partie 3

Maintenant que vous savez qui je suis, où je suis et ce que je fais, vous vous demandez certainement : « Comment se débarrasse-t-on de toi ? »

Laissez-moi-vous dire, que ce n’est pas une mince affaire! Vous devrez vous armer de patience et de motivation. Cependant, les cartes sont entre vos mains. Bien que j’influence la plupart de vos fonctions (comportement alimentaire, motivation, digestion, énergie…), vous êtes le seul à contrôler mon alimentation.

J’adore manger et je me sers avant vous ! Vous ne pourrez donc pas m’éliminer sans m’affamer ! Le secret de la réussite : arrêter de manger ce que j’aime ! Sucre et autres aliments à index glycémique élevé : bonbons, gâteaux, sucre, miel, la plupart des aliments ultra transformés, mais aussi : pain blanc, riz blanc, pâtes blanches et autres céréales raffinées.

Je sais que vos changements de comportements alimentaires peuvent m’être fatals ! C’est pour cela que je fabrique des substances chimiques te donnant des envies irrépressibles de sucre. Ce ne sera donc pas facile pour toi de lutter contre ces compulsions. Afin de rendre la bataille plus équitable, je vais t’aider en te donnant quelques astuces !

Je suis une levure, ce que je crains donc le plus sont les antifongiques. Tout comme les antibiotiques qui éliminent les bactéries, les antifongiques me sont fatals. Il en existe de synthèse, qui peuvent être prescrit par un médecin. Tout comme certaines bactéries résistent à certains antibiotiques, je ne craindrais pas tous les antifongiques de la même façon.

Il existe également plein d’antifongiques dans la nature !

– Le plus connu est l’ail, cet aliment aux mille vertus est un ennemi redoutable ! Cru, cuit, intĂ©grez le Ă  toutes vos recettes !

– Egalement bien documentĂ© pour son action antifongique, je citerai l’huile de coco! L’huile vĂ©gĂ©tale qui a le vent en poupe ! Et pour cause ! MalgrĂ© sa richesse en graisses saturĂ©es, ses acides gras, ont la particularitĂ© de rentrer beaucoup plus facilement dans nos chaudières Ă©nergĂ©tiques et donc d’être une bonne source d’énergie et d’être moins stockĂ©s ! Bon, lĂ  n’est pas le sujet. Cette huile contient de l’acide caprique, de l’acide caprylique et de l’acide laurique: tous les 3 ont dĂ©montrĂ© leurs actions antifongiques !!!! D’ailleurs certains laboratoires vous vendent ces acides gras en gĂ©lules pour lutter contre moi! Plus facile et plus Ă©conomique: achetez de l’huile de coco ! Son point de fumĂ© est très Ă©levĂ©, vous pouvez donc l’utiliser sans problème pour vos cuissons. N’hĂ©sitez pas Ă  la rajouter Ă©galement dans vos smoothies peu glucidiques, vos chia pudding, votre cafĂ© (avant de le passer au blender), Ă  faire des beurres de coco maison etc… Je tiens tout de mĂŞme Ă  prĂ©ciser que cette huile ne doit pas remplacer vos huiles riches en omĂ©ga 3 qui sont indispensables Ă  votre santĂ© !

– La 3 ème arme naturelle est une rĂ©sine antiseptique redoutable, rĂ©coltĂ©e sur les bourgeons des arbres par nos amies les abeilles afin de protĂ©ger leur ruche. Cette rĂ©sine a fait ses preuves dans la lutte contre de très nombreux pathogènes et notamment sur ma prolifĂ©ration ! Le nominĂ© est : la propolis! Rapprochez vous des apiculteurs qui vous livrerons tous leurs secrets !

– 4 ème nominĂ© antifongique et pas que … Je cite : la chlorophylle! Pigment qui donne cette couleur verte aux vĂ©gĂ©taux, la chlorophylle est un puissant antifongique. Vous profiterez Ă©galement de ses autres avantages: assainissante, amĂ©liore le transit, rĂ©gule la fermentation intestinale, antioxydante etc.. OĂą la trouver ? Dans les vĂ©gĂ©taux verts bien sĂ»r !!! Epinards, mâche, roquette,le chou kale, brocolis, jeunes pousses, les aromates, mais aussi dans les oubliĂ©s de nos assiettes : Dans les algues, les fanes de carottes, de radis, dans les plantes sauvages : ortie, pissenlit etc… Alors mettez du vert dans vos assiettes ! N’hĂ©sitez pas Ă  prĂ©parer Ă  l’avance un pesto vĂ©gĂ©tal, un tartare d’algue. Vous pouvez Ă©galement compter sur les jus et green smoothies ! Il est Ă©galement possible de trouver des gĂ©lules de chlorophylle Ă  diffĂ©rentes concentrations.

– Autres armes antifongiques faciles d’utilisation, mĂŞme chez l’enfant : les extraits de pĂ©pin de pamplemousse. Leur utilisation va par ailleurs soutenir votre système immunitaire ce qui est essentiel dans votre bataille.

Je ne pourrai pas faire le tour de tous les antifongiques dont regorge la nature, mais je me dois de vous toucher un mot sur les huiles essentielles !

– Produites par distillation de plantes aromatiques. L’huile essentielle est une vĂ©ritable bombe de concentrĂ© de molĂ©cules actives. Certaines de ces molĂ©cules sont antifongiques. Leur indication dĂ©pendra de la nature et de la concentration en molĂ©cules aromatiques de l’huile essentielle. Certaines huiles sont très dĂ©licates d’utilisation, elles peuvent ĂŞtre toxiques pour le foie ou le système nerveux, je ne vous en parlerai donc pas. Leur efficacitĂ© peut cependant ĂŞtre redoutable ! Seul un praticien formĂ© Ă  l’aromathĂ©rapie pourra vous en indiquer après avoir Ă©liminĂ© les contres indications. Il la prescrira sur un temps bien dĂ©terminĂ© en respectant des temps d’interruption, une posologie prĂ©cise et une association permettant de limiter la toxicitĂ©.

– D’autres huiles essentielles antifongiques, sont Ă  l’inverse très « safe » d’utilisation ! Je suis sĂ»re que vous les connaissez dĂ©jĂ  ! Je pense bien sur Ă  l’huile essentielle de tea tree et de Palmarosa! Safe, ne veut pas dire inefficace !

– Certaines souches probiotiques spĂ©cifiques ont fait leur preuve de leur action contre le candida albicans. Et mĂŞme certaines levures comme saccharomyces boulardii ! De très nombreuses personnes disent d’éviter les levures en cas de candidose intestinale, pourtant saccharomyces boulardii limite Ă  lui seul ma transformation, ma multiplication et mon adhĂ©sion Ă  l’intestin !

Voilà, maintenant que vous savez comment vous débarrasser de moi, il vous reste plus qu’à passer à l’action!

En revanche, souvenez-vous ! Je ne me développe que sur une flore intestinale altérée . En effet, un bon microbiote ne me laisse pas la place de me développer. Le secret pour te débarrasser définitivement de moi est de rétablir ton microbiote! Sans quoi, tôt ou tard, lors d’un moment de fatigue, de faiblesse, ou la prise d’un médicament je me réveillerai !

RĂ©tablir votre microbiote passe par des changements alimentaires. C’est la composition de votre assiette et la qualitĂ© de votre digestion qui dĂ©termine la nature de votre microbiote. Pour nourrir vos bonnes bactĂ©ries, il faut consommer des fibres prĂ©biotiques: LĂ©gumes, fruits, cĂ©rĂ©ales complètes et lĂ©gumineuses ! Il est Ă©galement possible de prendre des prĂ©biotiques (aliments des bactĂ©ries probiotiques) ou des probiotiques (bonnes bactĂ©ries intestinales) sous forme de complĂ©ments alimentaires. Nous pouvons Ă©galement en apporter sous forme d’aliments lacto fermentĂ©s. Ceci parait simple, mais ce n’est pas toujours aussi facile ! Outre les personnes qui n’aiment pas les aliments riches en fibres, d’autres ne les tolèrent pas ! Leur ingestion leur provoque des ballonnements, des spasmes, des altĂ©rations du transit pouvant ĂŞtre insupportables ! Ceci peut ĂŞtre le tĂ©moin d’une dysbiose de fermentation ou d’un SIBO (prolifĂ©ration anormale de bactĂ©ries dans l’intestin grĂŞle, alors que celles-ci devrait plutĂ´t migrer dans le colon), pouvant eux-mĂŞmes provenir d’une insuffisance de fabrication ou d’excrĂ©tion d’acides biliaires par le foie. Il faudra alors intĂ©grer les fibres très progressivement, en favorisant dans un premier temps les fibres cuites et broyĂ©es… Les probiotiques ne seront pas forcement recommandĂ©s chez ces personnes. Il sera nĂ©cessaire pour certains de travailler sur la fabrication et/ou l’excrĂ©tion des acides biliaires.

Pour assurer une bonne digestion nécessaire à l’équilibre de la flore intestinale, il est indispensable de bien mastiquer ! Les aliments insuffisamment mastiqués viendront nourrir un microbiote dysbiotique (déséquilibré). Il est également indispensable de manger dans le calme sans stress, sans quoi, vos enzymes digestives ne seront pas correctement produites ou déversées. Ceci aboutissant à la même conséquence : les aliments insuffisamment digérés parviennent dans l’intestin où ils régaleront vos bactéries indésirables, d’où l’installation d’une dysbiose .

Comme largement évoqué dans l’article précédent, il est également nécessaire d’éviter la prise de médicaments non indispensables entraînant des dysbioses.

Par ailleurs, certaines personnes possèdent des mucines intestinales (tapis muqueux protecteur) dĂ©favorables car elles ont une baisse d’activitĂ© de l’enzyme « Fucosyl TransfĂ©rase » permettant d’accrocher un sucre spĂ©cifique aux mucines. Ces personnes seront beaucoup plus vulnĂ©rables aux altĂ©rations du microbiote, donc aux troubles digestifs, candidoses, infections urinaires, mycoses vaginales ou pĂ©nienne etc… Cette affection d’origine gĂ©nĂ©tique se vĂ©rifie par un test gĂ©nĂ©tique (pour en savoir plus lire l’article suivant) et se traite par la prise d’un complĂ©ment alimentaire permettant de pallier Ă  ce dĂ©ficit.

Traiter l’origine du problème voilà tout l’intérêt du travail micronutritionnel ! En revanche n’oublions pas de traiter les conséquences ! La candidose altère la barrière intestinale conduisant à un état d’inflammation de bas grade et de très nombreux troubles associés (allergies, fatigue, altération immunitaire, risque d’autoimmunité, fatigue hépatique, etc…). Il faudra donc également traiter la porosité intestinale !

Une prise en charge par un professionnel de santé formé à la micronutrition sera alors très utile pour déterminer et traiter la cause du problème et ses conséquences !

Je tiens à préciser que les symptômes de la candidose ne sont pas uniquement spécifiques du candida albicans. Certaines maladies peuvent conduire à ce type de symptômes, d’où l’importance de consulter votre médecin afin de s’assurer de l’absence de pathologie.

De la même façon, d’autres troubles fonctionnels tels qu’une altération du fonctionnement de nos chaudières énergétiques (nos mitochondries), une dysfonction hépatique, un déficit thyroïdien ou bien encore, une porosité intestinale peuvent également donner plusieurs de ces symptômes. Le rôle du micronutritionniste ou thérapeute en santé naturel est de trouver l’origine de vos troubles et de les traiter.

Naturellement Votre !

GuĂ©naelle AbĂ©guilĂ©, consultante et formatrice en SantĂ© Fonctionnelle, co fondatrice de DFM Formations, auteure du Livre « Troubles Hormonaux reprenez le pouvoir«Â