Ma dysbiose est génétique, mais je me soigne par Bruno Mairet

La dysbiose

Voici un terme que vous avez sans doute déjà lu ou entendu si vous vous intéressez à la santé intestinale. L’usage de ce mot a été largement développé avec les récentes découvertes sur le microbiote. En effet, la dysbiose est définie comme un déséquilibre quantitatif ou qualitatif du microbiote. Pour simplifier à l’extrême une situation très complexe (il y a plus de 400 espèces bactériennes dans un équilibre très subtil dans notre intestin) disons que la dysbiose peut se manifester notamment par une  perte de diversité bactérienne, une disparition de “bonnes” bactéries  ou une augmentation d’une flore pathogène. Ces déséquilibres sont  associés à des conséquences très néfastes pour la santé. Le terme dysbiose s’oppose à celui moins connu, d’eubiose, qualifiant un microbiote intestinal “sain”. Les causes de la dysbiose sont multiples et bien connues. Stress, alimentations inadaptées, prise de certaines classes de médicaments (notamment antibiotiques, inhibiteurs de sécrétion gastrique- IPP ) , dysfonctions gastriques, biliaires, ménopause, alcools, sports intensifs, toxines, polluants, … Savez-vous que des facteurs génétiques peuvent être aussi impliqués ? J’entends déjà certain se demander : “mais pourquoi consacrer un article à cela ?” A quoi bon savoir que nos douleurs intestinales, nos problèmes de constipations récurrentes, nos lourdeurs digestives chroniques sont génétiques ?” Certains diront même que c’est contre-productif, puisque c’est une fatalité contre laquelle nous ne pouvons rien. Cela peut même dangereusement conduire à une déresponsabilisation, à ce que l’on pourrait appeler des “bons prétextes génétiques”: “je n’y peux rien c’est génétique, pourquoi changer mon mode de vie?!”. Alors ne vaut-il mieux pas ne pas s’occuper de génétique, et agir sur les facteurs qui sont à notre portée, c’est à dire une bonne partie de ceux que nous avons évoqué quelques lignes plus haut? Cela parait évident et pleins de bons sens. Mais ce n’est plus vrai au XXIème siècle. Voyons cela de plus près.

Polymorphisme génétique

Je tiens à préciser que je laisse ici de côté l’épigénétique. J’ouvre d’ailleurs une petite parenthèse sur ce sujet qui est certes passionnant , très médiatisé, responsabilisant aussi (je peux changer malgré mes gènes!), mais aussi malheureusement trop vite récupéré par des laboratoires irresponsables. Dans un récent congrès de naturopathie, une communication proposait de “tester notre épigénome” à partir de nos cheveux ! Soyons sérieux, l’épigénétique est une science  très complexe, pratiquée dans des laboratoires de pointe et très loin d’être accessible à la routine d’une pratique de naturopathie/micronutrition ! Au mieux peut-on aujourd’hui proposer des produits qui facilitent un processus biochimique appelé méthylation dont on sait qu’il joue un rôle clef dans l’épigénétique. Mais là encore les laboratoires qui vendent ces produits en clamant leur “action épigénétique”, sont essentiellement dans du marketing, en surfant sur un terme très tendance. Fermons la parenthèse “épigénétique” et ouvrons en une plus accessible à la pratique: le polymorphisme génétique.

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Autant le terme “épigénétique” est maintenant assez connu, autant celui de “polymorphisme” est rarement évoqué. Et pourtant il s’agit de quelques choses de très important à connaitre avec des conséquences potentielles sur la prise en charge. De quoi s’agit-il ? Il s’agit le plus souvent de variations génétiques mineures touchant un seul nucléotide dans un gène (soit une lettre changée sur en moyenne 30.000 lettres pour un gène!!). Une grande partie de ces variations (dites “SNPs” pour Single Nucleotid Polymorphism) sont sans conséquences. Ainsi, une faute de frappe dans la recette d’un livre de cuisine ne vous empêchera pas dans la plupart des cas de réaliser la recette correctement. En revanche, pour continuer l’analogie, si au lieu de 6 œufs il est indiqué dans la recette 3 œufs (faute de frappe !variation d’un seul caractère) il se peut que le produit final soit légèrement modifié !! C’est ce qui se passe parfois avec les SNPs. Tous les gènes et donc toutes les protéines présentent des polymorphismes et donc une variabilité fonctionnelle. Donnons un exemple pour être concret. La toxicité au mercure. De petites variations génétiques sur une protéine sanguine, appelé apolipoprotéine (APO) rend plus vulnérable aux fameuses intoxications au mercure car une des fonctions de cette protéine (la chélation ou séquestration du mercure) est perdue. Deux petites lettres, grosses conséquences et une adaptation de mode de vie qui doit être entreprise en conséquence.

Le gène FUT2 dans la dysbiose

Revenons petit à petit au sujet de la dysbiose. Vous avez sans doute déjà entendu parler du mucus intestinal. Il s’agit d’une substance gélatineuse produite par la muqueuse intestinale dont on découvre chaque jour davantage l’implication dans l’équilibre du microbiote. Entre autre, et pour faire simple, disons qu’il sert d’ancrage et offre un support nutritif à certaines bactéries du microbiote. Or, il s’avère que ce mucus est constitué de protéines riches en groupements glucidiques. Pour bien comprendre plongeons un instant au cœur de la cellule intestinale (précisément la cellule de Goblet qui synthétise le mucus). Suivez le guide-biochimiste !!

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Nous rentons dans un petit compartiment de la cellule appelé appareil de Golgi et là nous voyons une enzyme à l’oeuvre (l’enzyme FUT2 ou Fucosyltransferase 2- qui est concentrée à l’intérieur de la cellule dans la zone en vert foncé sur le schéma) qui greffe un sucre sur une protéine pour finaliser la synthèse d’un mucus optimal. Mais il s’avère que chez 20% d’entre nous cette enzyme FUT2 est sujette à un polymorphisme la rendant inopérante. Il y a une ou plusieurs mutations sur le gène FUT2. En conséquence le mucus n’a pas sa glycosylation finale (l’ajout de sucre) et donc c’est une “mauvais mucus”. Il a été montré que ce polymorphisme FUT2, avec son mauvais mucus, est responsable d’un changement du microbiote. Il est d’autre part associé à un risque accru de candidose chronique, de maladie de Crohn, de maladie cœliaque, de diabète de type 1, d’infection du tractus urinaire… Mais ce qu’il faut retenir surtout pour cet article c’est que cette mutation a un effet “bifidoprive”, en d’autres termes cette mutation diminue la richesse du microbiote en bifidobactéries qui sont comme chacun le sait des “bonnes bactéries”. Résumons nous: mutation du gène FUT2  = concerne 20% d’entre nous = induit la production d’un mauvais mucus = générateur de dysbiose liée à un facteur génétique. Certains laboratoires d’analyses spécialisés ont mis en place la recherche de la mutation du gène FUT2. Il est donc  possible de savoir si l’on présente un polymorphisme sur ce gène (savoir si l’on fait partie des 20%).  

Des produits bifidogènes qui compensent le polymorphisme FUT2

A partir de là, il faut savoir qu’il existe un produit (précisément un tri-saccharide composé de fructose- galactose – glucose, appelé 2′ fucosyllactose) commercialisé par plusieurs laboratoires en France (cet article n’est évidemment pas une pub, je ne cite donc pas de marque). Ce produit va venir compenser l’absence de l’activité enzymatique. Ici je suis précis. Le produit ne va pas permettre à l’enzyme d’apporter le sucre manquant à votre mucus (c’est impossible- seule la thérapie génique permettrait cela! Or, cette dernière concerne uniquement des protocoles très lourds dans des pathologies graves: thalassémie- hémophilie …). Votre mucus restera donc “défectueux”. Cependant,  il a été montré que ce produit pouvait palier à l’activité “bifidoprive” induite par un “mauvais mucus”.  On va donc qualifier ce produit de bifidogène.  Très bien, mais peut-on savoir si ce produit est intéressant même sans avoir fait le test FUT2 ?  Plusieurs indices peuvent  donner envie de le tester.

En premier lieu la présence d’une dysbiose (plutôt sévère).

Cette dysbiose n’est pas épisodique mais à tendance chronique. Elle est présente depuis longtemps et réfractaire.

D’autre part, cette dysbiose est plutôt très résistante aux probiotiques, c’est à dire que malgré une complémentation correctement conduite, les probiotiques n’ont aucun effet sur vous. C’est sans doute un des signes principaux. En d’autres termes, vous êtes non répondeurs aux probiotiques. Pourquoi ? On peut dire que votre mucus “ne retient pas” les bonnes bactéries apporter par les probiotiques. Vous n’êtes donc pas sensibles aux tentatives pour réensemencer votre intestin avec des bonnes bactéries, ce qui, normalement, dans des protocoles bien conduits corrige la dysbiose.

Enfin vous êtes concernés par les pathologies évoquées comme étant à risque (voir quelques lignes plus haut).

La morale de ce texte ? Si vous entendez quelqu’un dire “c’est génétique je n’y peux rien”, vous pourrez lui répondre que non seulement il peut corriger les autres facteurs de risques de son problème (se prendre en charge en somme), mais dans certaines situations il peut aussi “soigner” son problème génétique! Elle est pas belle la science ?!

Bruno Mairet, Consultant et formateur en Santé Fonctionnelle et co fondateur de DFM Formations

Pour aller plus loin :

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Candida où es-tu ? Que fais-tu ? par Guénaëlle Abéguilé – Partie 2

Cet article est la suite de l’article : connaitre l’ennemi c’est mieux le combattre « Candida pas si Candide

Maintenant que vous me connaissez mieux, MOI, Candida Albicans, vous savez que je peux être responsable de différents troubles : Est-ce moi qui justifie votre fatigue, votre déprime, votre faiblesse immunitaire ? Suis- je le responsable de vos troubles digestifs, de vos mycoses récidivantes ? Est-ce que sans moi vous seriez plus motivé, plus concentré ? Votre libido serait-elle amplifiée ?

Sachez que Je ne choisis pas ma proie au hasard. Je suis peu compatible avec une bonne flore intestinale (microbiote eubiotique). Vos bactéries eubiotiques sont mes pires ennemis ! Lorsque vous préservez votre microbiote, vos bactéries me laissent peu de place pour me développer, de plus elles favorisent la fabrication d’un tapis protecteur pour l’intestin appelé mucines (mucosités protectrice de l’intestin). Les mucines de qualité représentent une formidable niche écologique favorisant le développement de vos bactéries eubiotiques et défavorisant le mien.

Je sommeille donc tranquillement dans votre intestin afin d’attendre le moment opportun pour me développer. Le moment où vos bactéries intestinales sont au plus faibles et vos mucines sont altérées. Si vous souhaitez comprendre comment je me développe, je dois vous livrer encore quelques petits secrets.

J’ai un pécher mignon :

LE SUCRE !!!!! J’adore le sucre ! En revanche, je suis un vrai flémard : j’aime le sucre facilement disponible ! J’ai l’habitude de me faire servir sur un plateau d’argent : bonbons, gâteaux, sucre de table, confiture, yaourts industriels, soda, miel, mais aussi : pain blancs, riz blanc et pâtes blanches et autres céréales raffinées. Plus l’aliment est transformé, raffiné, plus son index glycémique est rapide, et plus je me régale !! Quand tu en manges, je suis au paradis, rien de tel pour me donner un gros coup de fouet et me multiplier. J’utilise cela contre toi, en te donnant des envies irrépressibles de sucre. Mon meilleur ami est l’industrie agroalimentaire ! D’ailleurs je me réjouis d’avance du remaniement ministériel ! Avec l’entrée de mon amie Emmanuelle Wargon, ex lobbyiste en chef de Danone au gouvernement, je sais que j’ai un bel avenir devant moi !

J’élirai plus difficilement domicile chez vous qui consommez beaucoup de fibres alimentaires (fruits, légumes, céréales complètes, légumineuses). Je n’aime pas ça moi, les fibres ! Elles me donnent beaucoup trop de travail pour récupérer les sucres qu’elles contiennent ! En plus elles boostent la croissance de mes pires ennemies : tes meilleures amies : tes bactéries eubiotiques!

Mon 2ème meilleur ami est l’industrie pharmaceutique ! Ils ont découvert plusieurs molécules, parfois utiles, mais souvent utilisées à tord, qui ont fait de moi le maître de ton intestin !

Sur la première marche du podium de ces molécules fantastiques je nommerai : les antibiotiques ! Comme vous le savez, ce sont des antibactériens. Ils n’éliminent pas que vos mauvaises bactéries, les bactéries de votre microbiote sont également très vulnérables à ces molécules. En diminuant votre diversité microbienne intestinale, c’est pour moi le moment propice de coloniser votre intestin ! C’est pour cela que vous faites des mycoses vaginales ou péniennes à chaque traitement antibiotique. Vous pouvez toujours appliquer une crème antifongique sur vos parties intimes, mais je reviendrai, car je suis dans votre intestin !

D’autres molécules interfèrent également négativement avec votre microbiote :

Si vous consommez des AINS (anti inflammatoire non stéroïdien) vous altérez vos mucines, ainsi vos bactéries eubiotiques sont plus fragiles ce qui me donne l’avantage.

Si vous prenez des inhibiteurs de la pompe à proton (anti- acides pour l’estomac), vous modifiez le PH du contenu intestinal et vous altérez la digestion de vos protéines alimentaires: ceci altère la flore intestinale. Vous me voyez venir ??? Encore une fois, c’est moi qui en profite ! Je vous vois réagir : Les IPP sont souvent donnés pour éviter les brûlures gastriques qui accompagnent la prise d’anti inflammatoires !!!! Et là, pour moi, c’est le kiffe total !

La pilule contraceptive n’est pas en reste. Elle n’a pas permis de libérer que la femme ! En diminuant la diversité microbienne de votre intestin, je suis le premier à crier « LIBERTE » !!!

Par ailleurs, Je vous ai parlé du rôle de vos mucines dans l’équilibre de votre flore. La qualité des mucines est très liée à la qualité du microbiote, mais pas uniquement. Sachez que vous avez besoin d’un outil biochimique (une enzyme) qui permet d’attacher un sucre spécifique à ce tapis protecteur. Si vous faites partie des 20% de la population ayant cet outil non fonctionnel (d’origine génétique : FUT 2 non sécréteurs), votre flore sera plus vulnérable, et vous aurez un mal fou à vous débarrasser de moi !

Votre flore sera également altérée si vous ne mastiquez pas ou que vous êtes stressé. Dans ces conditions, vous faites entrer dans votre intestin des aliments non digérés, ceci alimente une flore dysbiotique (désequilibrée), altère vos mucines, ce qui me laisse, encore une fois de plus, de la place pour me développer.

Maintenant que je me suis un peu plus livré, vous comprenez ce qu’il faut faire ou ne pas faire pour éviter ma prolifération ! Entre nous : qui peut prétendre manger suffisamment de fibres, pas trop de sucre ou d’aliments à charges glycémiques élevées? Manger sans stress, bien mâcher. Ne pas prendre de médicament ni de pilule contraceptive ? Je suis un produit de l’évolution, j’ai su profiter de l’inadaptation entre votre microbiote et votre comportement! Et tout ça avec un minimum d’effort !

Vous avez bien compris, si vous ne voulez pas de moi : respectez votre microbiote intestinal qui est l’un des piliers fondamentaux pour la santé !

Je pensais vous livrer tous mes secrets en 2 articles , mais je suis un grand bavard et je ne suis pas encore prêt pour vous présenter mon talon d’Achille. Je vous livrerai donc cela dans un troisième article ! Ceci me laisse encore quelques jours pour me servir de vous !

Naturellement Votre !

Guénaëlle Abéguilé, Consultante et formatrice en santé fonctionnelle – Cofondatrice de DFM Formations

Candida Albicans : pas si candide ! Par Guénaëlle Abéguilé – Partie 1

Candida, un nom si doux, si pur, si innocent ; Et pourtant, lorsque j’envahis votre intestin, je parviens à prendre le contrôle de votre organisme, de votre comportement, à leurrer votre système immunitaire et à interférer avec votre cerveau !

Je suis une levure naturellement présente dans votre intestin. Lorsque votre flore intestinale est de bonne qualité, je reste sous forme de spore et me multiplie peu car vos bonnes bactéries intestinales eubiotiques (votre flore intestinale équilibrée) créent un climat non propice à mon développement. Dans ces conditions, nous vivons en symbiose.

Je suis un OPPORTUNISTE, lorsqu’on m’en laisse la possibilité je me développe, me multiplie et envahit votre intestin.

Je suis également un TRANSFORMISTE : je peux me métamorphoser et passer de la forme de « spore » à une forme « micellaire » : j’émets alors des filaments me permettant de me déplacer avec aisance dans votre intestin et même au delà : dans votre milieu intérieur en traversant la barrière intestinale. Je suis alors un ENVAHISSEUR. Je peux vous créer des mycoses un peu partout dans votre organisme. Au passage j’altère votre intestin en le rendant poreux, ce qui entraîne un état inflammatoire de bas grade, faisant le lit de nombreuses maladies de civilisation.

De l’autre côté de votre intestin je côtoie votre système immunitaire. Le système immunitaire est votre système de défense et de tolérance. Lorsque tout va bien, il est censé éliminer l’ennemi (= virus, bactéries, cellules cancéreuses…) et tolérer l’ami (= fractions d’aliments issus de la digestion, bactéries eubiotiques…).

Votre système immunitaire devrait donc sortir l’artillerie lourde afin de m’éliminer. Cependant, j’ai plus d’un tour dans mon sac! Ma première ligne de défense sont les filaments que j’ai développé. En plus de m’aider dans mes déplacements ils me permettent également de mettre en difficulté les cellules immunitaires qui tentent de me phagocyter (c’est-à-dire, de m’englober dans le but de me détruire).

Puisqu’on n’est jamais trop prudent, je fabrique des toxines me permettant de leurrer votre système immunitaire, de diminuer votre système de défense afin de me faire tolérer : un vrai COLLABO !! Ce faisant, j’affaiblis vos défenses, ce qui vous rend plus vulnérable aux infections, allergies etc …

Et puisque je veux être certain de pouvoir régner en maître dans votre intestin, je développe mon propre biofilm. C’est une sorte de « mucosité » me rendant résistant aux attaques de votre organisme et aux antifongiques qui pourraient m’être délétères. Dans mon biofilm, je suis protégé et parviens à me développer à l’abri de toute attaque ennemie.

Revenons à mes armes secrètes : je suis une vraie USINE CHIMIQUE ! Je fabrique plus de 35 différentes toxines. Certaines sont capables de passer la barrière intestinale et d’interférer sur vos fonctions organiques.

Connaissez-vous l’acétaldéhyde ? Non ? Mais si ! C’est le produit provenant de la dégradation de l’alcool par l’organisme, il est responsable de la gueule de bois ! Pas besoin de boire pour s’alcooliser et métaboliser cette toxine! Je le fais à votre place ! L’acétaldéhyde est également responsable d’une diminution de synthèse de dopamine. La dopamine est le starter du début de journée, favorisant l’entrain, la motivation, la concentration, la libido!

Je suis également très fière de fabriquer du tartarate bloquant l’activité de vos chaudières énergétiques appelées mitochondries. Ceci entraîne une diminution de la synthèse d’énergie (donc de la fatigue) et une augmentation des déchets (les radicaux libres !)

Je synthétise également des toxines opioïdes responsables d’un abaissement du seuil de la douleur : je fais de vous de véritables chochottes ! Ces toxines interfèrent sur les récepteurs à l’opium au niveau du cerveau ! Elles stimulent l’aire cérébrale de la récompense, ce qui vous donne des envies irrépressible de sucre !!! Et tout ça pour : MOI, qui règne dans votre organisme!! Car le sucre est MON carburant ! Ainsi en succombant à vos pulsions, vous me nourrissez, MOI, afin que je puisse mieux vous envahir. Ceci fait de moi le meilleur des MANIPULATEUR.

Je fermente le sucre que vous consommez dans votre intestin : Une vrai USINE A GAZ ! Comme dans une bouteille de bière, la fermentation conduit à une production importante de gaz, ce qui entraîne des désagréments digestifs : ballonnements, troubles du transit, diarrhée, constipation, production de gaz, spasmes…

Opportuniste, Transformiste, envahisseur, Collabo, manipulateur, usine chimique, usine à gaz, je peux être à moi seul responsable de votre déprime, fatigue, mycoses récidivantes, envie irrépressibles de sucres, faiblesse immunitaire, allergies, baisse de motivation de concentration, troubles du transit, ballonnements, prise de poids….

Dans le prochain épisode (article 2) je vous expliquerai comment je parviens à mieux me développer chez certains individus, comment savoir si je vous habite et je vous livrerai peut-être quelques secrets afin que vous ayez une chance de vous débarrasser de moi !!!!

En attendant, n’hésitez pas à partager l’article. Cela me permettra de maintenir la motivation nécessaire pour continuer à prendre du temps pour partager mes connaissances avec vous!

Naturellement Votre !

Guénaëlle Abéguilé, Consultante et formatrice en santé fonctionnelle – Cofondatrice de DFM Formations

Irritabilité, impulsivité, compulsion alimentaire: Et si c’était un déficit de sérotonine ? Par Guénaëlle Abéguilé

La sérotonine est un neurotransmetteur (molécule chimique qui assure la transmission des messages d’un neurone à l’autre) responsable du bien-être, du lâcher prise, de la sérénité. C’est le “frein physiologique” de la fin de journée. La sérotonine est également le précurseur de la mélatonine (Hormone du sommeil): pas de bon sommeil récupérateur sans sérotonine !

Les personnes souffrant d’un manque de sérotonine seront alors souvent impatients, agacés, irritables, parfois même agressifs. Ils peuvent souffrir également de compulsions alimentaires de type sucré ou gras en fin de journée. D’autres seront reconnaissables car ils ne lâchent jamais prise, ils doivent tout maîtriser et ruminent en permanence ! « Mon cerveau ne s’éteint pas, je ne trouve pas le bouton off »…Lorsque nous leur évoquerons ce neurotransmetteur de la sérénité, du lâcher prise, nous verrons leurs yeux s’illuminer et ils nous diront « ça fait rêver », tandis que d’autres s’enfonceront dans leur chaise et vous diront : « je ne connais pas »

La sécrétion de sérotonine obéit à un rythme biologique circadien (sur 24 h). Son principal pic de sécrétion à lieu vers 17 h, permettant une fin de journée apaisée, sereine, tandis que la première partie de journée, sous la dépendance de la dopamine, doit être plus combative, plus énergique.

Ce neurotransmetteur est synthétisé à partir d’un précurseur : l’acide aminé tryptophane. La synthèse de la sérotonine à partir de cet acide aminé n’est pas un long fleuve tranquille. De l’assiette jusqu’à sa synthèse et au-delà. Voyageons au côté du tryptophane pour comprendre les différents obstacles rencontrés lors de cette grande aventure.

Les principaux freins à la synthèse de la sérotonine sont les suivants :

  • Détournement du tryptophane de la voie de synthèse de sérotonine
  • Obstacles empêchant son entrée dans le cerveau.
  • Déficits micronutritionnels de cofacteurs indispensables à sa synthèse.
  • Difficulté de communication neuronale par insuffisance de fluidité membranaire

Le tryptophane dans l’assiette

Le tryptophane est un acide aminé essentiel, c’est-à-dire que notre organisme ne peut pas le synthétiser, il doit être alors apporté en quantité suffisante par l’alimentation. Ceci représente un premier frein à la synthèse de sérotonine. Nous trouvons du tryptophane dans de nombreux aliments d’origine végétale et animale.

1 – Les voies de détournement du tryptophane:

La Dysbiose (=déséquilibre du microbiote)

Dans l’intestin il rencontrera alors son premier obstacle. Il rentre en contact avec notre microbiote intestinal. Il ne craindra pas un microbiote équilibré, en revanche, les bactéries de putréfaction telles que les clostridiums raffolent du tryptophane. Elles le dévoreront, celui-ci ne sera donc plus disponible pour synthétiser de la sérotonine. Une personne souffrant de dysbiose de putréfaction (facilement reconnaissable à l’odeur de ses gaz!) sera alors beaucoup plus sujet au déficit de sérotonine. Si nous apportons du tryptophane en complément alimentaire dans ce cas, non seulement nous n’aurons pas l’effet escompté, mais nous nourrirons ces mauvaises bactéries et aggraverons la dysbiose. Il paraît alors évident que le traitement du microbiote permettra d’améliorer la biodisponibilité du tryptophane qui pourra alors être absorbé et, si les autres obstacles sont maîtrisés, il pourra se transformer en sérotonine. Notre sujet retrouvera alors bien-être et sérénité ! Ceci illustre un des liens entre microbiote et cerveau ;-).

L’inflammation

La deuxième voie de détournement du tryptophane est l’inflammation. Celle-ci fait dévier le tryptophane vers la voie de la kinurénine. Non seulement le tryptophane ne sera plus disponible pour fabriquer de la sérotonine, mais en plus, l’inflammation lui fera emprunter cette voie neuro toxique responsable de dépression et d’anxiété. Les études indiquent bien une corrélation entre inflammation et dépression. Il paraît alors nécessaire de moduler l’inflammation pour améliorer la synthèse de sérotonine. Cette prise en charge nécessite de repérer et de traiter les causes fonctionnelles responsables de cette inflammation.

Le déficit de vitamine B3

Enfin, la 3ème voie de détournement est la carence en vitamine B3. Cette dernière est fabriquée à partir du tryptophane. En cas de carence de vitamine B3, une grande quantité du tryptophane absorbé sera consommé pour synthétiser cette vitamine. Une optimisation du niveau de Vitamine B3 épargnera le tryptophane qui pourra alors emprunter la voie de synthèse de sérotonine.

Dans ces 3 conditions (inflammation, dysbiose et carence de Vit B3), l’apport de tryptophane sera inefficace. En revanche, le 5 HTP contenu dans la Griffonia échappera à ces voies de détournement. Il pourra alors trouver sa place dans le traitement des déficits de sérotonine. En revanche, contrairement au tryptophane, le 5HTP échappera au rétrocontrôle sur la synthèse de sérotonine. C’est-à-dire que si nous apportons trop de 5 HTP par rapport aux besoins, nous synthétiserons trop de sérotonine. Il faut donc rester prudent lors de son administration en cas de traitement antidépresseur type inhibiteur de la recapture de sérotonine (ISRS). Dans ce cas évitez une complémentation sans consultation auprès d’un professionnel de santé formé en micronutrition ou en phytothérapie.

Dans tous les cas, la priorité sera de repérer et de traiter les éventuelles causes de détournement du tryptophane pouvant être à l’origine du déficit de sérotonine. Le traitement du microbiote, la prise en charge de l’inflammation et la restauration d’un statut optimal en B3 pourront alors suffire pour retrouver notre sérénité.

Lorsque les voies de détournements sont maîtrisées, il faut s’assurer que le tryptophane puisse passer à travers la barrière hémato-encéphalique pour entrer dans le cerveau, lieu de la synthèse de cette sérotonine centrale.

2- Les obstacles empêchant l’entrée du tryptophane dans le cerveau

Détachement de l’albumine

Dans le sang, le tryptophane est pris en charge par un transporteur : l’albumine qui le conduit jusqu’au cerveau. Il doit alors se détacher de ce transporteur afin de traverser la barrière hémato encéphalique (barrière entourant le système nerveux central) et d’entrer dans le cerveau.

Pour favoriser son détachement de l’albumine, plusieurs stratégies existent : L’activité physique, la sexualité et la consommation de gras favoriseront cette opération (ainsi que le lithium). C’est ainsi que le sport augmente la sécrétion de sérotonine, un des facteurs responsables du bien-être ressenti pendant l’activité physique. Certains grands addicts au sport sont de grands déficitaires de sérotonine qui dès lors seront bien équilibrés par le sport. Lorsqu’ils doivent arrêter leur activité physique pour blessure ou autre, ils sont parfois très irritables, impatients et parfois même aggressifs ….D’autres trouveront une autre compensation en se jetant sur la nourriture !

En compétition pour l’entrée dans le cerveau!

Une fois détaché de l’albumine, le tryptophane emprunte un autre transporteur (sorte de porte d’entrée) pour passer la barrière hémato-encéphalique (BHE) et entrer dans le cerveau, lieu de la synthèse de sérotonine centrale. Le tryptophane doit « partager cette porte d’entrée » avec d’autres acides aminés compétiteurs, notamment ceux qu’on appelle les acides aminés branchés et la tyrosine. Plus ces acides aminés seront présents « à la porte », moins le tryptophane pourra rentrer dans le cerveau.

Ces acides aminés branchés sont présents en grande quantité dans les protéines animales. Ainsi la consommation de viandes, charcuteries (et dans de moindre proportion : les poissons, les œufs et produits laitiers) apportera de grandes quantités d’acides aminés branchés au niveau du transporteur de la BHE, limitant l’entrée du tryptophane dans le cerveau. Pour rappel, nous avons besoin de sérotonine en fin de journée. Pour améliorer sa synthèse, nous devons caler notre rythme nutritionnel sur notre rythme biologique : il est alors judicieux d’éviter les protéines animales à ce moment de la journée. Ce type d’approche porte le nom de chronobiologie alimentaire. En cas de déficit de sérotonine, privilégiez un dîner végétalien pour faciliter l’entrée du tryptophane dans le cerveau. Votre soirée sera alors plus zen et votre sommeil plus profond !

D’autres stratégies permettent de détourner les acides aminés compétiteurs du tryptophane et donc de laisser la porte totalement disponible pour l’entrée du précurseur de la sérotonine dans le cerveau. Ces stratégies consistent à faire monter notre taux d’insuline. L’insuline, hormone produite en réponse à l’augmentation du taux de « sucre » dans le sang, détournera les acides aminés branchés de notre cerveau. Ils seront alors moins nombreux à se bousculer aux portillons et le tryptophane entrera plus facilement dans le cerveau. Ainsi, la consommation d’aliments glucidiques entraîne une augmentation de la sérotonine. Ceci explique les compulsions alimentaires de fin de journée de types sucrées ressenties par les personnes souffrant de déficit de sérotonine. Le problème c’est que ces compulsions nous dirigent vers des aliments de type « sucres rapides » augmentant rapidement l’insuline donc la sérotonine (d’où un sentiment de mieux être) mais cette augmentation trop rapide sera suivie d’une hypoglycémie réactionnelle donc d’une chute de l’insuline et de sérotonine. Cette chute expliquera alors le changement d’humeur, l’irritabilité et de nouveau les compulsions alimentaires entretenues par la consommation de « sucres rapides ».

En revanche, nous pouvons utiliser cette stratégie d’une manière plus raisonnée : Prendre un goûter vers 17 heures (heure du pic de sécrétion de sérotonine pour respecter notre chronobiologie) contenant des sucres lents. Ceux-ci permettront de faire monter doucement et durablement l’insuline, entraînant une augmentation stable et durable de la sérotonine jusqu’en début de soirée permettant une humeur plus sereine, une meilleure maîtrise du stress, un meilleur contrôle des compulsions alimentaires et une bonne synthèse de mélatonine nocturne ! Ca fait rêver non ? Donc vers 17 heures, consommez quelques oléagineux accompagnés de chocolat noir ou d’un fruit !

3- Déficits micronutritionnels de cofacteurs indispensables à la synthèse de sérotonine

Par ailleurs, une fois rentré dans le cerveau, le tryptophane doit être transformé en sérotonine, pour cela il aura besoin d’un bon niveau de magnésium, vitamine B9, B12, de Zinc et de Fer. Si un seul manque, la synthèse sera limitée. Un statut optimal en vitamines et minéraux est alors indispensable.

4- Difficultés de communication neuronale par insuffisance de fluidité membranaire

Enfin, comme pour tout neurotransmetteur, pour être efficace, la sérotonine produite à besoin d’être bien déversée dans la fente synaptique (espace entre 2 neurones) et bien réceptionnée par le neurone postsynaptique pour véhiculer son « message de bien-être ».

Pour cela des membranes neuronales souples sont indispensables ! Ces membranes sont constituées de grandes quantités d’acides gras (=les graisses). Les acides gras permettant d’avoir des membranes cellulaires bien souples sont les acides gras insaturés et tout particulièrement les omégas 3. Alors usons et abusons des bonnes huiles végétales riches en oméga 3 (colza, lin, cameline) et des petits poissons gras (sardines, maquereaux, anchois, hareng).

Et puisque nous ne pouvons pas évoquer les omégas 3 sans parler des antioxydants, je rajouterais simplement un mot pour dire que ces acides gras sont magiques à condition qu’ils ne soient pas oxydés par les radicaux libres ! Pour cela une alimentation riche en anti oxydants est indispensable ! Remplissez vos assiettes de couleurs ! Les fruits et légumes les plus colorés sont souvent les plus riches en antioxydant et polyphénols ! Favorisez une alimentation biologique ou raisonnée, abusez des aliments tel que thé vert, curcuma, gingembre, aromates, chocolat noir, baies, légumes feuilles vertes ! Une étude a même démontré que l’optimisme était corrélé au taux de caroténoïde sanguin ! Le Docteur Coudron vous dirait : « Ma grand-mère avait raison ! « Les carottes, ça rend aimable » ! »

Vous avez dès lors compris qu’une bonne synthèse de sérotonine est loin d’être gagnée d’avance. Une bonne maîtrise et compréhension des voies biochimiques menant à sa synthèse est nécessaire afin de lever tous les freins responsables de son déficit. Ceci passera par la mise en place d’un protocole nutritionnel chronobiologique ainsi qu’une complémentation alimentaire adaptée, précise et individualisée en fonction de votre clinique et de votre biologie.

En vous souhaitant une belle sérénité,

Naturellement Votre 😉

Guénaelle Abéguilé, Consultante et formatrice en Santé Fonctionnelle, co fondatrice de DFM Formations

Thyroïde: ne vous inquiétez pas, votre TSH est dans les normes! Par Guénaëlle Abéguilé

Les recommandations de l’HAS (Hautes Autorité de Santé) concernant le diagnostic et la prise en charge de l’hypothyroïdie sont tout simplement DRAMATIQUES et SCANDALEUSES. Elles ne prennent absolument pas en compte la physiologie et la biochimie cellulaire. Je vous mets en pièce jointe dans les commentaires ces recommandations HAS.

La sonnette d’alarme est sonnée uniquement lorsque la TSH et la T4L sont augmentées! Si seule la TSH est augmentée, ils recommandent de redoser quelques mois plus tard!!!!!!…..? Et pendant ce temps, que se passe-t-il….? Et bien on attend que tout se dérègle pour que vous rentriez dans une case, si le patient n’est pas tombé en dépression entre temps …. A la prochaine visite, avec un peu de chance votre TSH et votre T4L seront “anormales” et on vous proposera un traitement : celui qui porte le nom d’un dinosaure digne d’un traitement de son époque (du moins s’il est pris sans assurer sa conversion en hormone active).

Effectivement cette molécule est de la T4 (et bien oui, elle est enfin basse, donc il faut la remonter!). Mais savez-vous que cette hormone est très peu active? Il faut au préalable qu’on lui retire un atome d’iode pour se transformer en T3 qui elle, est active. La T3 à dosage optimal (qui ne correspond pas aux normes des laboratoires) vous permet de “fabriquer” de l’énergie, de brûler vos calories, de réguler votre température, d’améliorer votre masse musculaire, votre libido, votre moral, etc….

Donc si vous êtes capable de transformer votre médicament en T3, tout devrait bien se passer….Mais est-ce vraiment le cas ? De quoi avons-nous besoin pour transformer ce “dinosaure” en T3 ? Cela nécessite des micronutriments, indispensables à l’activité de l’enzyme qui permet cette opération, la 5’Déiodinase. Ces micronutriments sont le zinc, le sélénium, le magnésium et le fer. Une fois synthétisée, la T3 doit passer la membrane cellulaire, cette étape des membranes cellulaires souples (oméga3). Enfin pour agir la T3 nécessite de la Vitamine A. Par ailleurs, cette conversion T4 en T3 est bloquée par la présence de stress ou de métaux lourds (qui vont entraîner une conversion T4 en T3 “reverse” qui est inactive).

En bref, l’administration du fameux médicament n’a quasiment aucune chance d’être optimale sans faire un dosage, puis optimiser les cofacteurs déficitaires (sélénium, zinc, fer, magnesium, vit A et oméga 3). Il est également nécessaire de prendre en charge le stress et de limiter l’exposition aux métaux lourds.

Mais bien avant la prise de ce médicament, si vous souffrez de quelques signes d’hypothyroïdie : fatigue, constipation, prise de poids, difficulté à perdre du poids, moral fluctuant, migraines, frilosité, gonflement des extrémités et des yeux le matin, chute des cheveux, ongles cassants, baisse de la libido, reflux ou gène gastrique, il est nécessaire de faire doser la TSH qui doit être inférieur à 1,5 et non pas à 4 comme le recommande l’HAS!!!! La T3 doit être élevée, mais la présence de T3 reverse peut induire en erreur. Si la T4 est basse par rapport à la TSH, cela peut indiquer une difficulté de synthèse pouvant évoquer un déficit d‘iode ou de fer indispensable à la synthèse de T3.

Il est très intéressant, même en prévention, de faire doser l’iode dans les urines, le dosage optimum doit être autour de 150 microgrammes/L! Même chez moi, en bord de mer, en Bretagne, je retrouve souvent des taux entre 25 et 50!!! Un faible taux d’iode prédispose à l’hypothyroïdie et favorise le développement de l’auto immunité= maladie de Hashimoto. Ceci est d’autant plus probable qu’il existe un déficit en Vit D (elle doit être au-dessus de 60 ng/ml ! Et oui, chez moi en Bretagne il m’arrive de voir des déficits en vit D ;)… Bon OK, je dois vous avouer: je n’ai jamais vu un bon dosage en vit D sans complémentation ….

Par ailleurs, un bon statut en iode chez la femme enceinte, est indispensable au développement du système nerveux de son bébé, il est dommageable de ne pas le faire doser en systématique en périconception. Un taux bas chez maman est inversement corrélé au Q.I de l’enfant… Et puis on s’étonne du développement d’hypothyroïdie après la grossesse, ceci pourrait être évité si la maman n’entamait pas sa grossesse avec un taux d’iode aussi bas.

Dans les recommandations de l’HAS, il n’y a aucune place pour le dosage de ces micronutriments (Zinc, Selenium, Fer, Magnesium, iode, vitD, Vit A, oméga 3)…. Comme si ces derniers étaient totalement ignorés du corps médical! Ce sont pourtant des substances indispensables au fonctionnement de l’organisme. Malheureusement ces derniers ne sont pas brevetables, ils n’attirent donc pas l’attention des lobbyistes.

Enfin, les signes cliniques doivent attirer l’attention même avant que la biologie soit évocatrice, car les normes de la population générales ne sont pas forcément vos normes à vous. Le bon traitement de la thyroïde, n’est pas celui qui normalise votre TSH, mais bien celui qui améliore votre bien être physique et moral !

Naturellement Votre

Guénaëlle Abéguilé

Avez vous pensé à l’histamine ? Bilan complet face à une suspicion par Bruno Mairet

Migraines, maux de tête, vertiges, problèmes gastro-intestinaux (crampes, diarrhées, ballonnement), tachycardies, faiblesses musculaires, rhinites, dépression, éruptions cutanées, rougeurs,  bouffées de chaleur, troubles du cycle chez les femmes..

  • Vous cochez certaines de ces cases, avec plus ou moins d’intensité ?
  • Vous avez remarqué que ce sont des symptômes variés, non spécifiques, qui ressemblent à des allergies ou à d’autres intolérances alimentaires.
  • Vous avez déjà lu ou entendu que tous ces symptômes pouvaient être causés par une substance appelée histamine?
  • Vous avez peut être retenus que notre propre corps produit cette histamine notamment dans au cours des réactions allergiques (d’où les symptômes qui minent l’allergie)
  • Vous avez aussi lu ou entendu que l’on pouvait atténuer ou au mieux faire disparaître ces symptômes par des exclusions alimentaires ciblées ?

 Pourquoi la “Low amine diet” ?

Comment expliquer l’impact positif de ce régime, “low amine diet”,  (traduisez “régime avec des taux faibles en histamine”) ?  Il faut savoir que certains aliments sont plus riches en histamine que d’autres.  Il faut aussi garder à l’esprit que notre muqueuse intestinale est normalement équipée d’une enzyme appelée DiAmine Oxydase (DAO) qui dégrade l’histamine. En simplifiant on pourrait dire que cette DAO est une enzyme de “détox” puisque l’histamine présente des risques toxiques pour notre corps.  Malheureusement cette “enzyme détox” peut être soit insuffisamment présente (“carence”), déficiente (elle “travaille mal”) soit “débordée” par la charge de travail lors qu’il y a trop d’histamine dans l’alimentation (ou d’autres substances appelées “amines biogènes” que la DAO doit “détoxifier” également). En conséquence, dans ces contextes de “carence”, d’inefficacité ou de surcharge de travail de cette “enzyme détox”, le taux d’histamine augmente, passe dans la circulation sanguine et provoque l’ensemble des manifestations “allergie-like” décrites au début de cet article. Mais il y a d’autres explications à ce taux élevé d’histamine, nous le verrons plus loin.

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Un régime d’éviction des aliments riches en histamines peut en effet régler partiellement ou totalement le problème (voir la liste proposée en fin d’article).  On peut d’ailleurs doser l’histamine dans les selles ou doser l’activité de cette “enzyme détox” dans le plasma sanguin. Cela permet déjà d’avoir une certaine idée de ce qui se passe (carence, déficience ) et de suivre l’évolution de la situation biologique (taux d’histamine qui reste très élevé, qui diminue,  qui se normalise).  Quoiqu’il en soit le régime d’exclusion reste une grosse contrainte et il peut être difficile à tenir dans le temps. Certes, parfois la modération d’une consommation massive d’un aliment à fort teneur en histamine peut régler définitivement le problème sans trop de contrainte. Mais sinon, la seule stratégie d’éviction qui est une démarche symptomatique peut conduire à une impasse car on ne recherche pas en profondeur la cause du problème.

Rechercher une dysfonction de “l’enzyme détox” DAO

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Plusieurs pistes vont être à explorer pour déterminer la cause d’une intolérance à l’histamine. On peut déjà essayer de savoir si le problème est d’ordre génétique. A-t-on  affaire à ce que l’on appel un polymorphisme génétique ? De quoi s’agit-il ? C’est un concept très important en micronutrition. Il s’agit le plus souvent de variations génétiques mineures touchant un seul nucléotide dans un gène (soit une lettre changée sur en moyenne 30.000 lettres pour un gène!!). Une grande partie de ces variations (dites “SNPs” pour Single Nucleotid Polymorphism) sont sans conséquences. Ainsi, une faute de frappe dans la recette d’un livre de cuisine ne vous empêchera pas dans la plupart des cas de réaliser la recette correctement. En revanche, pour continuer l’analogie, si au lieu de 6 œufs il est indiqué dans la recette 3 œufs (faute de frappe avec variation d’un seul caractère) il se peut que le produit final soit légèrement modifié !! C’est ce qui se passe parfois avec les SNPs. Tous les gènes et donc toutes les protéines présentent des polymorphismes et donc une variabilité fonctionnelle. La DAO, cette “enzyme détox” n’échappe pas à cette règle! Ainsi chez certains personnes (1% de la population caucasienne) cette enzyme fonctionne mal (voire très mal), avec en conséquence une possible accumulation d’histamine et des taux sanguins trop forts amenant tous les symptômes de l’intolérance à l’histamine. On peut tester la présence de ce polymorphisme*. Si il y a cette faiblesse d’activité de “l’enzyme détox” il faudra, à vie, faire attention aux aliments à fortes teneurs en histamines et éventuellement prendre différents compléments alimentaires **

Exploration nutritionnelle et fonctionnelle globale

Si cette cause génétique est écartée, si la surconsommation d’un ou plusieurs aliments à fort teneur en histamine n’est pas présente, si la “low amine diet” donne pas ou peu de résultats,  il faut chercher ailleurs. Et c’est là que la démarche globale de micronutrition est intéressante. Car une intolérance à l’histamine peut apparaître dans de très nombreuses situations. La liste est non exhaustive:

  • Une carence en cuivre. La DAO est une enzyme qui a comme co-facteur le cuivre. Ainsi une carence en cuivre induit potentiellement une baisse d’activité de la DAO et donc risque d’apparition des “symptômes à l’histamine”. Or, dans mes statistiques d’analyses nutritionnelles sur 2019, 7 personnes sur 10 sont en dessous des normes santé pour le cuivre! Avec 1 patient sur 2 en vraie carence fonctionnelle ! C’est la carence en oligoélément la plus fréquente dans ma pratique (après l’iode !!). Il ne faut pas hésiter à le faire doser et à le corriger (avec prudence, le cuivre étant pro oxydant à des forts taux).
  • Les forts taux d’œstrogènes vont faire augmenter les taux d’histamine. Toutes les situations d’hyperoestrogénie (même relatives) vont être à risque de “symptômes à l’histamines” (syndromes pré-menstruels par exemple ou femme sous pilule œstrogénique). Sur des terrains déjà limites au niveau du taux d’histamine (forte consommation de certains aliments), l’hyperoestrogénie va être la goutte d’eau qui va faire déborder le vase !
  • Même problématique pour le cortisol. Par un mécanisme complexe (stabilisation des mastocytes) le cortisol réduit la production d’histamine endogène. Ainsi dans le cas d’un épuisement surrénalien (stress chronique décompensé) avec très forte baisse de production de cortisol (ce qui arrive lors du type burn-out par exemple) les taux d’histamine vont grimper induisant potentiellement l’apparition du cortège de “symptômes à l’histamines” (en plus des problèmes dus au faible taux de cortisol). Les taux de cortisol peuvent se mesurer simplement à partir d’un test salivaire.
  • Une dysbiose intestinale, peut aussi engendrer une intolérance à l’histamine. Particulièrement une dysbiose de putréfaction qui conduit à la production d’amines biogènes (cadavérine, putrescine, …). Ces dernières peuvent surcharger de travail “l’enzyme détox” DAO puisque elle est aussi en charge d’éliminer ces substance nocives. En conséquence, le taux d’histamine augmente avec les risques des “symptômes à l’histamines”. La présence de ce type de dysbiose peut être objectiver par l’analyses des métabolites urinaires (suivant le laboratoire on parle de MOU ou DMI …).
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  • Un insuffisance biliaire peut aussi conduire à des déficits d’activité de “l’enzyme détox”. Par plusieurs mécanismes, l’action de cette dernière est en effet favorisée par les sels biliaires. On peut suspecter ce type d’insuffisance biliaire (selles grasses, difficulté de digestion des gras, problème pour remonter des taux de vitamine D malgré supplémentation bien conduite, … ), mais on peut aussi le mettre en évidence grâce à un bilan des acides biliaires qui donne des informations très intéressantes sur la synthèse des acides biliaires (carences de synthèse biliaire, difficulté de vidange biliaire, … ).
  • Une inflammation, d’origine intestinale notamment, augmente la production d’histamine. On doit considérer une “low amine diet”, lorsque l’on retrouve une CRPus élevée avec des “symptômes à l’histamines” présents.
  • Très important également, la présence d’un leaky gut ou hyperperméabilité intestinale, amène une baisse d’activité de la DAO, et donc risque de  symptômes à l’histamines”. Le leaky gut peut aussi être recherché par différentes analyses (Zonuline, LBP)…
  • Enfin, et c’est sans doute une des premières choses à considérer, beaucoup de médicaments perturbent l’activité de la DAO ou sont libérateurs d’histamines. La liste est longue, renseignez vous.

En conclusion, le régime d’exclusion des aliments riches en histamines (voir ci-dessous) ou libérateurs d’histamines (alcool, chocolat, fraises, tomates, œufs, bananes…)  est loin d’être toujours la seule stratégie possible face à des symptômes d’intolérance à l’histamine. Une exploration globale, systémique, qui est au cœur de la démarche de micronutrition, va bien souvent permette de s’attaquer à la cause du problème (inflammatoire, intestinale, biliaire, hormonale, …) avec en plus des “bénéfices collatéraux” … Ainsi, par exemple, régler un problème biliaire aura des répercutions non seulement sur l’activité de la DAO, mais sur la bonne absorption des acides gras essentiels, de la vitamine D, une meilleure digestion et meilleurs flore intestinale (les acides biliaires éliminent les pathogènes dans l’intestin grêle), etc…  Qu’on se le dise !!

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** Il existe beaucoup de solutions pour gérer ces symptômes, mais ce n’est pas ici le sujet de cet article. Sachez cependant que cette “enzyme détox”, la DAO peut se donner directement sous forme de compléments;  la mélatonine (oui, vous avez bien lu, on lui découvre régulièrement de nouvelles actions, son rôle ne se limitant pas au sommeil!) donne de très bon résultats avec doses adaptées;  la quercétine aussi est un anti histaminique naturel qui est très intéressant… et bien d’autres choses …

Bruno Mairet, Consultant et formateur en Santé Fonctionnelle et cofondateur de DFM Formations